CHAPITRE 56 : CAROLINE

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 Je suis allongée sur Thomas, je sens le remous qui nous entoure. C'est très agréable ce mélange de sensations, la chaleur de son corps, la fraîcheur des vagues. Je lève mon visage et je souris, il a les yeux clos, son souffle se calme, il a les lèvres légèrement entre–ouvertes. Il récupère petit à petit, et moi aussi. Chaque fois que l'on fait l'amour, nous avons cette sensation en nous : nous n'en avons pas assez. On peut faire ce que l'on veut, ce n'est jamais assez, jamais. Nos corps et nos âmes en demandent plus à chaque fois. J'enlève quelques mèches qui collent sur son front, ses cheveux sont mouillés par les vagues et s'étalent autour de lui. Quelques mèches sont coincées dans les anneaux qu'il porte aux oreilles, je les enlève et caresse le lobe par la même occasion. Je sais qu'il adore cela et moi aussi je dois dire.

 Il me sourit, il a ouvert les yeux. Ses yeux bleus me dévorent, jamais je ne me lasse de le regarder. Je dessine l'arrête de son nez droit, descends le long de sa mâchoire carrée, remonte le long de son visage et dessine ses arcades sourcilières. Vu qu'il est blond, ses sourcils sont clairs, mais bien fournis, il a de grands yeux, de très longs cils d'un noir corbeau qui mettent parfaitement en valeur le bleu lagon de ses yeux. Depuis notre première rencontre, je suis fascinée par ses yeux, je n'arrive pas à me détacher de son regard. Il attrape ma main et la fait descendre à nouveau à la hauteur du lobe de son oreille, il ferme les yeux et savoure ce moment. Je le caresse lentement, comme il aime et quelques instants plus tard, le son guttural que j'aime tant franchit ses lèvres. Je suis certaine qu'avec un peu d'entraînement, j'arriverais à le faire jouir juste en jouant avec son oreille. Cette pensée me fait sourire, il le remarque et demande tout en caressant mon dos  :

— À quoi penses-tu ma princesse  ?

— Je me dis qu'avec un peu d'entraînement j'arriverai à te faire jouir juste en jouant avec ton oreille.

— Tu crois cela  ? me demande-t-il avec un ton légèrement incrédule.

— Tu voulais savoir à quoi je pense, je te réponds, oui je cherche une façon supplémentaire pour te faire jouir.

— Tu as dit avec de l'entraînement, à combien de séances d'entraînement penses-tu  ?

— Je dirai que l'on doit essayer et ce qui est important c'est l'objectif à atteindre  ? Non  ? Tu veux bien essayer  ?

— Je suis sous tes ordres, tu fais de moi ce que tu veux, quand tu veux et comme tu veux !

— J'adore l'idée que tu sois sous mes ordres  ! je lui réponds en déposant un baiser tendre sur ses lèvres.

 Nous nous sommes enfoncés dans le sable, nos corps sont recouverts de sable et de sel. Nous nous levons et nous attrapons nos vêtements. Main dans la main, nous nous dirigeons vers la maison. Cela doit faire un bout de temps que nous sommes partis, plus aucune lumière n'est allumée, plus aucun son de musique ne se fait entendre. De plus en regardant l'horizon, nous constatons que l'aube pointe. Nous rentrons via le living et nous sourions en voyant Nathalie et Hector enlacés par terre. Ils n'ont pas pu se retenir non plus ces deux-là. Je ne sais pas ce que ces hommes ont de plus que les autres, mais ils nous marquent, c'est certain. Thomas sourit aussi en les voyant et ajoute :

— On n'est pas les seuls à baiser comme des lapins. Réveille Nathalie, je continue et je t'attends dans notre chambre.

 Chose que je fais. Je lui secoue l'épaule, elle ouvre un œil, je lui murmure :

— Finissez dans votre lit, n'oublie pas que Christophe est un lève tôt. Je pense qu'il serait choqué de vous voir ainsi.

— Tu sais que tu es nue pour me dire cela  ? me dit-elle.

— Tout à fait, je termine dans mon lit aussi. On a fêté la nouvelle année sur le sable, à notre manière. À tout à l'heure  !

 Je m'éloigne et j'entends qu'ils se lèvent tous les deux. Je suis en haut des marches et eux en bas. On a besoin de dormir, les uns comme les autres. Je rejoins notre chambre et Thomas sous la douche. Il me tourne le dos et est occupé à se laver les cheveux. Son dos est large, puissant, musclé, ses fesses bien dessinées surplombent deux magnifiques et interminables jambes. Il m'a entendu rentrer, me regarde dans le miroir et me dit :

— Tu es en train de me mater, ou je me trompe  ?

— Parfaitement  ! N'oublie pas que tu fais partie des cent plus beaux hommes de la planète et que tu te trouves dans la même douche que la mienne, alors je ne vois pas pourquoi je ne te materais pas.

 Il sourit et continue à se laver les cheveux. Il me fait un clin d'œil et me dit de le rejoindre, ce que je fais sans me le faire répéter !

 Le sable colle à nos corps et une douche est plus que nécessaire, pour l'un comme pour l'autre. Il sort le premier, met une serviette autour de sa taille et une autour de ses cheveux. Je termine de me rincer, il me tend la main pour m'aider à sortir de la douche et ouvre un drap de bain dans lequel il m'enveloppe. Il a fermé le drap de bain sur le dessus de ma poitrine, son menton est posé sur mon épaule, il me sourit, nos yeux se croisent dans le miroir, ses bras m'entourent, il dépose un baiser sur ma joue et me dit :

— Madame Caroline Da Vinni, j'aime bien, cela sonne bien.

 Il prend ma main gauche et embrasse l'anneau qu'il vient de me donner quelques heures plus tôt. Demain, nous annoncerons la bonne nouvelle à nos amis, à notre famille. Dès que nous nous sommes séchés, nous nous dirigeons vers notre lit et nous nous écroulons. Je pense être la première à rejoindre Morphée, cela fait un bien fou  ! Le sport c'est excellent pour la santé, mais au niveau auquel nous le pratiquons, nous avons besoin de récupérer, l'un comme l'autre.

 J'ouvre un œil vers onze heures. Thomas est déjà réveillé, il est allongé dans le lit, occupé à écrire. Je remarque que son stylo a déjà rempli plusieurs pages. Il écrit, il dessine, il fait un mélange de mots et de notes de musique. Je savais que c'était un cadeau utile et j'en suis heureuse.

— Bonjour ma princesse, me dit-il en déposant son carnet, son stylo et en embrassant le bout de mon nez.

— Bonjour mon prince, bien dormi  ?

— Oui, comme un loir et toi  ?

— Merveilleusement bien, mais j'ai faim.

— Moi aussi. On se lève et on va faire un tour en cuisine  ?

— Excellente initiative  !

 En quelques minutes, nous sommes habillés et nous descendons. Nous sommes les derniers à arriver. La table est bien garnie, une formidable ambiance règne dans la maison. Julian est debout avec du café en main. Il se dirige vers nous, mais il ne dit rien, ce qui n'est pas dans ses habitudes. Il a remarqué que je porte un anneau de plus. Il m'embrasse sur la joue en me disant bonjour, puis il se poste en face de Thomas et lui sourit. Il a compris. Les deux hommes se prennent dans les bras l'un de l'autre. Des larmes coulent le long des joues de Julian. Il passe ses mains dans les cheveux de Thomas, ils ont déposé leur front l'un contre l'autre et je l'entends murmurer  :

— Alors tu t'es enfin décidé  ? Cela a mis le temps  !

— D'accord ce fut long, mais elle a dit oui, c'est le principal  !

Le reste de la table s'est tourné vers nous et Jessica nous demande :

— Tout va bien  ? Julian, papa, que se passe-t-il ?

Julian se retourne et répond :

— Tout va bien ma chérie, tout va bien  !

— Tu es certain, tu pleures  !

— Ce n'est pas la première fois que ton père me fait pleurer et cela ne sera pas la dernière, mais ce sont des larmes de joie, je te le promets  ! Il se tourne vers Thomas et ajoute « apprends-leur, ils ont le droit de savoir »

— Nous dire quoi  ? demande Nathalie.

 Thomas me prend dans ses bras, enfin dans son bras droit car Julian est toujours scotché à son côté gauche, il se racle la gorge plusieurs fois et ajoute :

— Comme vous le savez, j'aime Caroline, ce n'est pas un scoop, tout le monde le sait. Cela fait un peu plus de six mois que l'on se connaît, et nous avons déjà partagé beaucoup de choses c'est certain. Toutes ces épreuves m'ont fait comprendre que Caroline est la femme avec laquelle je veux passer le restant de mes jours et hier soir, je me suis dit que j'allais prendre de bonnes résolutions pour l'année nouvelle et la première a été de demander Caroline en mariage et elle a dit oui et fait ainsi de moi l'homme le plus heureux de la planète. Merci ma princesse.

 Les félicitations arrivent de toutes parts, même de Christophe. Il sait que ma vie avec son meilleur ami est une page qui est tournée, je dois avancer et il l'accepte et cela me fait très plaisir. Julian est le premier à nous féliciter. Il a pris mes mains dans les siennes et m'embrasse sur la joue :

— Il a beaucoup de chance, tu es une femme extraordinaire. Il a changé depuis que tu es entrée dans nos vies et en bien. Je ne sais pas ce que tu lui fais, mais continue.

— On baise comme des lapins, c'est sans doute ça.

 Il me sourit, me prend dans ses bras et murmure à mon oreille : « continue à baiser comme un lapin, j'ai retrouvé mon frère et c'est grâce à toi, merci ma belle ».

 Nous nous installons enfin pour déjeuner, nous avons réellement faim, les émotions et le sport à haut niveau ont creusé notre appétit. Mon fils et ma fille sont assis en face de nous et Stephen me sourit en disant :

— Il t'a enfin fait sa demande, il lui en a fallu du temps  ! Heureusement qu'il écrit plus vite, autrement ils n'en seraient qu'à leur troisième album  !

— Tu étais au courant  ?

— Bien sûr maman, Thomas est venu nous trouver un soir au mois de novembre en nous expliquant qu'il t'aimait et qu'il voulait te demander en mariage et j'avoue que cela m'a fait bizarre au début, mais en vous voyant quotidiennement, je sais que vous êtes faits l'un pour l'autre, cela se voit. Vous êtes deux moitiés qui sont faites pour créer un tout. Tu n'as jamais été aussi rayonnante que depuis le mois de juin, pourtant je pense que l'on a vécu plus d'épreuves sur six mois que sur les dix dernières années, mais Thomas est toujours présent. Vous avez toujours été là l'un pour l'autre et lorsque tu es partie de Rome, je t'ai vu te dessécher sur quelques jours, cet homme est ton essence, ta vie, ton oxygène, alors quand il nous a dit qu'il voulait t'épouser, je me suis dit que tu avais droit au bonheur aussi. On ne doit pas être égoïste, on est grand aujourd'hui et on comprend que ta vie se fasse avec un autre homme que papa. Je vous souhaite beaucoup de bonheur à tous les deux  !

— Merci Stephen, cela me fait très plaisir, merci Mélanie.

 Ce sont les seuls mots qui arrivent à sortir de ma bouche, je suis bien trop émue par les mots que mon fils vient de prononcer. Une fois de plus c'est Julian qui brise le silence en ajoutant :

— Ne t'inquiètes pas, maman ne desséchera plus, Thomas l'arrose régulièrement  !

 Quelques mots qui font rire toute la table. Thomas a attrapé une bouteille vide en plastique et la lance en direction de Julian. J'adore ces hommes.

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