CHAPITRE 52 : THOMAS

5 minutes de lecture

 Caroline est magnifique, elle est vêtue d'une longue robe blanche très ample, avec un grand décolleté de forme carrée, qui met, je dois dire, sa poitrine en valeur et j'adore cela ! Si nous sommes en smoking pour les fêtes officielles ou les cérémonies, aujourd'hui, nous sommes tous habillés simplement. Je sais qu'elle aime mon jean bleu clair et la chemise qui est assortie, c'est ce que j'ai enfilé. Il parait que ce jean me fait des « fesses en forme de Granny Smith » et elle adore les pommes. Elle pourrait me dire n'importe quoi, du moment qu'elle aime le reste je ne m'en occupe plus.

 Oliver est entré avec une feuille en mains et il nous demande notre attention. Le champagne coule à flots, et lorsque j'entends ce qu'Oliver nous raconte, je me dis que le champagne est de mise.

— Les gars, je vous demande votre attention. Je sais bien que vous ne faites plus attention à ce genre de choses, mais je pense que tout travail mérite récompense.  Comme chaque année, je suis là avec mes recherches, mes statistiques et....

— Ouais, des trucs chiants que personne ne regarde, il n'y a que toi pour faire cela, Julian est intervenu comme à son habitude.

 Jessica se rapproche de lui et l'embrasse, il se tait pour quelques instants.

— Merci Jessi, je vais pouvoir continuer.  Je disais donc que oui, je fais des trucs chiants pour reprendre l'expression de notre ami, mais je veux vous faire part des trucs chiants et je ne serai pas long, c'est promis. Jessi continue à l'embrasser s'il te plait, je peux parler ainsi.

 Jessica ne se fait pas prier, tout le monde sourit, y compris les amis de Caroline. Ils ont vite compris que nous étions une famille heureuse, et nous n'avons pas peur de montrer nos sentiments. Oliver reprend son discours :

— Les gars, nous sommes le dernier jour de l'année et les statistiques proviennent de ce matin, on peut donc parler d'une année complète, surtout que vous ne tournez plus avant deux semaines. Cette année, vous avez donné deux cents concerts, pas mal, pas comme il y a quelques années, mais pas mal.  Vous êtes le groupe qui a rapporté le plus en termes de recettes par rapport aux ventes des billets et du merchandising. Julian dirait « c'est normal avec le physique que j'ai ».

 La remarque lui dessine un sourire sur les lèvres et moi aussi car c'est tout à fait le genre de réflexion qu'il mentionnerait, mais une fois de plus Jessica l'empêche de parler. J'aime voir ma fille heureuse.  Je n'ai jamais pensé que son fantasme était Julian. Ils ont toujours été très proches, mais j'ai toujours cru que c'était de l'amour comme celui que l'on trouve au sein d'une relation « père-fille », c'est le genre de chose que je ne vois pas.

 Si Caroline ne m'avait pas mentionné que Jackson et Mélanie passaient du temps ensemble, je ne l'aurai pas vu non plus.  Mais c'est vrai qu'en les regardant maintenant, je constate que Jackson a passé son bras autour des épaules de Mélanie et qu'elle le tient par la taille en déposant sa tête sur son épaule. Des gestes simples mais qui me rappellent ceux que je pose avec Caroline, des gestes d'amour.

— Vous êtes le groupe qui vend ses billets au prix le plus bas, vous avez une moyenne de quarante-cinq dollars par billet, ce qui est très peu, vu le monument du rock que vous représentez. Pour l'année prochaine, il reste cent concerts, tous sold out, bravo ! Cette année, vous avez dépassé les records de « Thriller », comme je vous l'ai dit en juin à Hyde Park, vous avez aussi vendu le plus d'albums et de single au cours de l'année. Avec les ventes que vous avez réalisées cette année, vous êtes arrivés à cinq cents millions d'albums vendus. Personne ne l'a fait, aucun groupe, ni les Stones, ni U2, personne. Cette année vous avez aussi rassemblé très exactement dix-huit millions, neuf cent cinq mille et deux-cent vingt-trois personnes, on a compté les six cents mille personnes du concert de Slane Castle, vous n'êtes pas loin des vingt millions de personnes, j'avoue que je suis impressionné de travailler pour vous, bravo les mecs  !

 Un tonnerre d'applaudissements retentit et j'avoue que je suis fier, très fier de ce que nous raconte Oliver. Je me souviens de la période des vaches maigres et je me dis que nous avons parcouru du chemin, beaucoup de chemin. Julian s'est séparé de Jessica et il me rejoint.  Il me saute dessus et je l'accueille, nous tournons dans les bras l'un de l'autre comme un vieux couple peut le faire.  Nous n'y serions pas arrivés l'un sans l'autre, tant au point de vue privé qu'au point de vue professionnel.

 Une fois de plus, nos larmes se mêlent à nos rires.  Je dépose Julian et je lui souris, tout en passant ma main dans ses cheveux, ils sont en bataille comme d'habitude, son regard est vissé au mien et je sais qu'en ce moment il pense à la même chose que moi :  l'un sans l'autre nous n'existons pas. Il me sourit, remet ma mèche rebelle en place, me prend dans ses bras et me dit « Je t'aime grand frère », je lui réponds simplement « moi aussi je t'aime Julian ». Hugo et Hector nous rejoignent et cela nous procure le plus grand bien d'avoir les personnes que l'on aime auprès de soi. Des félicitations arrivent de toutes parts, mais j'avoue que celles que je préfère proviennent de Caroline. Elle a servi le champagne à tout le monde, puis me rejoint, elle me tend un verre et me sourit :

— Je voulais vous féliciter Messieurs, vous avez effectué un travail extraordinaire, bravo à vous tous  ! Bravo d'avoir persévéré dans ce que vous vouliez accomplir, bravo d'avoir cru en vous. Je me souviens de la première fois que je vous ai vus. J'avais une quinzaine d'années, j'étais à New-York en voyage scolaire et la prof d'anglais, qui était la maman de Nathalie, nous a emmenés dans le vrai New-York comme elle disait.  Nous nous sommes promenés.  En réalité, nous étions dans les faubourgs de la ville et nous nous sommes arrêtés dans une espèce de brasserie, taverne, je ne sais pas exactement. Nous avons commandé à manger, puis un groupe est monté sur scène et c'était vous. J'ai été subjuguée.  Je n'ai rien mangé, j'ai écouté votre musique de façon religieuse et à partir de ce moment-là, j'ai suivi les concerts que vous faisiez, sans internet, sans facebook, pas évident, mais c'était génial. Nathalie est tombée elle aussi sous le charme d'Hector et j'avoue que déjà à l'époque je suis tombée sous le charme de Thomas et aujourd'hui presque trente ans plus tard, nous sommes ici avec vous. À vous Messieurs et au travail que vous avez accompli, à vous !

 Elle lève son verre et tout le monde l'imite. La femme que j'aime est tombée sous mon charme à l'âge de l'adolescence, je ne savais pas que je l'avais marquée déjà à cet âge-là.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 2 versions.

Recommandations

Vous aimez lire Tara Jovi ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0