CHAPITRE 51 : CAROLINE

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 Jessica et les enfants rentrent en fin de semaine, toute la petite famille se porte bien.  Julian est aux anges, mais parfois j'ai l'impression que cela ennuie Jessica. Il en fait trop, comme toujours, mais là c'est uniquement concentré autour de Jessica et je pense qu'elle a besoin de respirer.

— Jessica, si nous allions faire un tour, faire du shopping, il manque quelques cadeaux de fin d'année, je lui propose.

— D'accord, j'apprête les jumeaux et j'arrive, me dit-elle.

— Non, on part, toi et moi, tu as besoin de respirer, on va faire les magasins, manger une glace, s'aérer le corps et l'esprit et pas de discussion, j'ajoute.

— Mais Caro, je ne peux pas laisser les enfants.

— Qui te dit de laisser les enfants  ?

 Les deux miens arrivent en portant les jumeaux.  Mélanie et Stephen ont l'habitude des enfants, j'ai été la première à avoir des enfants, ils ont toujours surveillé de plus petits. Jessica est rassurée lorsqu'elle voit ses enfants installés dans les bras des miens, ils savent s'occuper d'enfants et de bébés  !

 Nathalie et Jennifer se joignent à nous, nous passons une après-midi entre filles et cela nous fait du bien à toutes. Ce n'est pas toujours facile d'être la femme d'une rock star  ! Ces hommes, nos hommes ne vivent pas comme tout le monde et le côté « quotidien » du monde réel, ils ne le connaissent pas. Ils savent que les enfants vont à l'école bien sûr, mais ce n'est pas eux qui se lèvent le matin afin que tout soit prêt pour les enfants, même si aujourd'hui nous sommes en congé.  Nous profitons des vacances de Noël, cela nous permet de souffler un peu. Mélanie et les jumeaux de Nathalie ont bien réussi leurs examens, aucun échec. Stephen étudie un peu plus de six heures par jour, à la plage, sous le soleil de la Floride, mais il le fait. Ses examens se déroulent au mois de janvier, vu qu'il est à l'université.

 Nous nous rendons dans un « shopping outlet », et comme des gamines, nous passons une excellente après-midi.  Nous avons essayé toutes sortes de robes, de chaussures, de tailleurs, de robe de soirée, d'étoles, de sac à main. Nous rigolons comme des folles en rentrant dans chaque magasin, à chaque essayage. La pause se fait autour d'une glace italienne.  Nous sommes dehors au mois de décembre, ce qui est nouveau pour Nathalie et moi-même. Chez nous, en Belgique, il fait souvent froid à cette période de l'année. Le mois de décembre se déroule à la maison, sous une couette, une tasse de chocolat chaud dans une main et un bon bouquin dans l'autre. Nous n'avons pas l'habitude d'un temps estival pour les fêtes de fin d'année, mais c'est une période formidable et nous en profitons.

 Jessica a besoin de parler, elle nous raconte ses quelques jours à l'hôpital et puis elle arrive à un sujet qui a l'air de la mettre mal à l'aise, les enfants. Elle nous explique que suite à l'opération qu'elle a subie, elle ne pourra plus en avoir, elle souhaitait une grande famille... J'étais au courant mais les autres filles ne le savaient pas.

— Jessica, vous avez deux magnifiques enfants, une fille, un garçon, il ne vous manque rien, vous êtes heureux ensemble, que demander de plus  ?

— Tu crois que cela suffira à Julian, me demande-t-elle  ?

— Jessi, le premier soir où je vous ai vus ensemble, le soir à Hyde Park, j'ai su que vous étiez faits l'un pour l'autre. Cet homme te dévore du regard.  Il ne regarde que toi, il n'a d'yeux que pour toi, alors oui, toi et les enfants vous lui suffisez. Tu sais, lorsque le médecin a demandé de faire un choix, je n'ai jamais entendu un homme crier comme lui l'a fait. Il te veut toi, personne d'autre.  Rien que toi, alors tu viens de lui donner deux magnifiques bambins en plus, il ne souhaite rien d'autre, personne d'autre.

— Caroline a tout à fait raison, Jessi. Julian a toujours été amoureux de toi, même s'il y a eu beaucoup de femmes dans sa vie, il est toujours revenu vers toi, alors sois confiante.  Il est aimé par des milliers de femmes, comme tous les hommes du groupe, mais dis-toi une chose, c'est chez nous que ces hommes rentrent le soir.  C'est avec nous qu'ils dorment la nuit, c'est avec nous qu'ils se réveillent chaque matin.  Les autres femmes, ils n'en veulent pas et crois-moi, je suis mariée à Hugo depuis vingt ans, et je ne vais pas dire qu'il n'a jamais regardé autre part, ce n'est pas vrai et cela ne serait pas normal, mais le soir c'est dans mon lit qu'il rentre et pas dans le lit d'une autre. Et c'est pareil pour Julian, pour Hector ou pour Thomas.  Ces hommes sont à nous les filles, et aucune ne sera remplacée, aucune, ils nous aiment pour ce que nous sommes.  Sois confiante ma chérie, Julian est fou de toi, totalement fou de toi.

 J'avoue que le discours de Jennifer me fait chaud au cœur, pour Jessica et pour nous aussi. Nous connaissons les Hard Night, bien sûr les musiciens, le chanteur, les concerts, mais cela ne fait que quelques mois que nous vivons avec ces hommes et parfois j'ai eu des doutes.  Je me suis demandé si j'étais capable de suffire à un homme comme Thomas. Comme l'a dit Jennifer, le quatuor fait fantasmer des milliers de femmes et d'hommes chaque jour. Julian et Thomas font partie du « top ten » des plus beaux hommes de la planète et depuis presque trente ans, alors oui bien sûr je me suis posé des questions, tout comme Nathalie. Serons-nous capables de satisfaire des hommes comme eux ? Même si j'ai déjà eu la réponse, qui est positive, le discours de Jennifer ne fait que renforcer ce que je ressens au plus profond de moi. Thomas et moi, nous sommes faits l'un pour l'autre, nous avons trouvé notre âme sœur, notre double, notre moitié, je ne sais pas comment nous pouvons l'appeler.

 Il y a l'essentiel dans notre couple : l'amour, le respect, la patience, la complicité, l'amitié, mais il y a aussi les étincelles, ce petit plus que l'on découvre tous les jours, jour après jour. Les fleurs envoyées quand il est à l'autre bout de la planète, les sms échangés, parfois en plein milieu de la nuit, car nous n'avons pas fait attention au décalage horaire, une rose sur un coussin lorsque je me réveille et qu'il est parti courir sur la plage, le verre de vin que je vais lui servir quand il rentre d'une journée d'enregistrement. Toutes ces simples gestes qui font qu'un couple vit, grandit chaque jour un peu plus. Toutes ces petites choses que je n'ai jamais connues lors de mon premier mariage, qui ont fait défaut et qui inconsciemment m'ont poussé vers autre chose, vers quelqu'un d'autre, vers Thomas.

 Nous rentrons les bras chargés de sacs et de cadeaux pour les fêtes de fin d'année. C'est notre premier Noël ensemble, et je voulais offrir un petit présent spécial à Thomas. En passant devant un magasin d'écriture, mon regard est attiré par un magnifique stylo Mont Blanc, une plume en or, une bonne prise en main, large et longue. Thomas a de grandes et belles mains, il écrit toujours avec de longs porte-plume, autrement il ne sait pas les tenir correctement. Les filles me font la réflexion qu'il va apprécier, lui qui écrit encore sur du papier. J'ajoute au stylo, un gros carnet à spirale de format A4, relié de cuir. Les années passant, nous trouverons des carnets entiers remplis de l'écriture de Thomas, de nombreuses chansons ou mélodies qui sont devenues un hit mondial ou qui n'ont jamais vu le jour, mais à partir du moment où il a eu son carnet et son stylo en mains, il ne s'en n'est plus séparé, ni de l'un ni de l'autre  !

 Noël se déroule sur la plage, les pieds dans l'eau. La famille est réunie. Stephen, le garde du corps de Thomas est lui aussi venu accompagné de son épouse Emeline, et de leurs jumeaux. Nous sommes tous ensemble et cela nous stimule. L'amitié, l'amour qui unissent cette tribu font du bien au moral, quelques-uns sont liés par les liens du sang, les autres par quelque chose de plus fort.

 Les parents de Thomas ainsi que ses frères sont venus se joindre à nous.  Malgré la complicité qu'il peut y avoir entre ces trois hommes, cela ne ressemble en rien à ce qu'il peut y avoir entre Julian et lui. La connivence qui existe entre ces hommes est bien plus grande que les liens de sang qui peuvent exister entre les trois frères.

 Ce premier Noël est exceptionnel,  mais il n'est que le premier d'une longue, très longue liste de bons moments.

 Après Noël, le Nouvel An fait lui aussi son apparition, une année s'achève, une autre commence, une page de ma vie se tourne, une année charnière c'est certain. La crise de la quarantaine, un burn out au boulot, une prise de conscience, une remise en question, je ne sais pas comment je peux la nommer, mais c'est une chose formidable qui vient de m'arriver.  Jamais je n'oublierai l'année de mes quarante ans  ! Même si cela n'a pas été facile : j'ai divorcé, j'ai quitté mon boulot, j'ai malheureusement perdu un enfant, mais j'ai surtout gagné un homme formidable durant cette année, un homme exceptionnel, un homme qui m'a donné sa vie, un enfant, une famille, un homme qui va m'entraîner sur un long, très long chemin, le chemin du bonheur, le sentier de la joie, le parcours de l'amour.

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