CHAPITRE 25 : CAROLINE

6 minutes de lecture

 Je me réveille, mais cette fois-ci j'arrive à ouvrir un œil. J'ai soif, terriblement soif. Je demande de l'eau et là, j'ai l'impression d'être dans un rêve, Thomas est penché au-dessus de moi. Je cligne plusieurs fois des yeux, mais non ce n'est pas un rêve. Il est là à mes côtés, j'essaye de lever ma main, j'ai besoin de toucher son visage. Mon bras pèse une tonne et je n'arrive pas à le bouger comme je le voudrais.

— Chuuut, ne bouge pas, tu as eu une épaule déboîtée, mais je vais te donner de l'eau et j'appelle un médecin, me chuchote-t-il .

 Il s'approche et me fait boire, un homme que je ne connais pas s'approche de moi, me regarde et me sourit.

— Bonjour, je suis le docteur Lemmens, comment allez-vous ? Pouvez-vous me dire quel jour nous sommes ? me demande-t-il.

— Vendredi, je lui réponds.

 C'est certain, je suis allée chercher Paul à l'aéroport vendredi. Mon Dieu, Paul c'est lui qui m'a frappée, c'est à cause de lui que je suis ici.

— Nous sommes dimanche, mais pas de soucis, pouvez-me dire le prénom de monsieur ici présent interroge-t-il gentiment.

— Thomas.

 Ce dernier me prend la main et je sens la chaleur de son corps se répandre dans le mien.

— Parfait, approuve le médecin. Ne vous inquiétez pas, on vous a injecté de quoi dormir pour vous éviter d'avoir mal. Vous avez une épaule déboîtée et des ligaments abimés dans la jambe, sans oublier des traces de coup sur la totalité du corps. Reposez-vous, je passerai vous voir ce soir. Dormez, c'est le meilleur moyen pour récupérer.

 Ses paroles sont apaisantes et la chaleur dans ma main me fait du bien, mes yeux se ferment. Je me réveille et je constate que Thomas est toujours là. Sa main est toujours dans la mienne et il s'est endormi le visage posé sur mon ventre. Mes enfants sont également là, Stephen se lève en me demandant si je vais mieux.

— Oui, merci ça va et toi  ?

 La porte s'ouvre et je vois Paul arriver. Mon fils longe mon lit, s'approche de son père et le somme de s'en aller.

— Tu me parles sur un autre ton Stephen, je suis ton père ! s'exclame mon mari sur un ton tranchant.

 Cela me fait peur, je ne veux pas qu'il arrive quelque chose à mes enfants. Mélanie, ma fille, s'est mise en boule dans le fauteuil près de mon lit. Thomas s'est réveillé et s'approche de Stephen en disant  :

— Laisse, je m'en occupe , il se tourne vers Paul et lui dit :  au cas où tu n'aurais pas bien compris, tu n'es pas le bienvenu ici, alors tu dégages comme l'a demandé ton fils. Tu n'es qu'un salaud, c'est facile de frapper une femme, je suis là, quand tu veux, mais eux tu les laisses tranquilles, alors tu dégages  et vite !

 Je constate que Stephen, le garde du corps de Thomas et Boris sont aussi présents dans la chambre, ils se lèvent et prennent Paul chacun d'un côté en le faisant sortir. Boris ajoute « je pense que tu n'as pas bien compris, tu dégages et j'ajoute personnellement que si tu touches à un cheveu d'une des personnes qui sont dans cette chambre, tu es un homme mort. J'espère que je me suis bien fait comprendre car je ne le répéterai pas. Dégage ». Paul est sorti cette fois-ci et les autres personnes reviennent au fur et à mesure dans la chambre. Je suis contente de voir mes enfants, Thomas, Nathalie. Ils vont tous bien et j'en suis heureuse.

 Le médecin Lemmens me rend visite alors qu'ils sont tous partis manger, sauf Boris bien sûr qui monte la garde avec Stephen afin d'être certains que Paul ne nous ennuie plus. Les menaces de Boris n'en sont pas, ce sont des promesses. En vivant au sein du groupe j'ai appris que Boris a fait partie des G.I. Il a malheureusement été combattre en Irak et en Afghanistan, il a vu de nombreuses horreurs. La violence, il la connait, le mal il l'a combattu et aujourd'hui il ne veut plus que ces mots fassent partie de son quotidien. Je sais que je suis en sécurité, tout comme mes enfants, tout comme Thomas.

— Vos examens sont bons, vous êtes anémique et je trouve que vous êtes fort maigre pour une femme de quarante ans, mais dans l'ensemble vous allez bien  ! Je vous garde encore quelques jours car je veux être certain que tout aille bien pour votre bébé. Il se porte bien, mais vu les coups que vous avez reçus, je préfère vous garder ici, et puis vous perdez du poids aussi, cela m'inquiète.

— Mon bébé  ? je m'exclame, franchement étonnée.

— Oui, vous êtes enceinte Caroline de six semaines.

— Non, docteur ce n'est pas possible, vous faites erreur. Je prends la pilule, vous vous trompez de personne, ce n'est pas moi.

 Je suis plutôt incrédule en l'entendant parler et puis mon corps me rappelle à l'ordre. C'est vrai que depuis plusieurs semaines, j'ai du mal à manger, j'ai perdu du poids, j'ai souvent la nausée... Tous les symptômes que j'ai eus lors de mes deux premières grossesses. Un sourire se dessine sur mon visage, mon corps et mon cerveau communiquent enfin, je réalise que je suis enceinte et c'est génial  !

— Caroline, je ne me trompe pas, vous êtes enceinte  ! Je voulais vous le dire quand vous étiez seule. Vous savez qui est le père ?

— Oui ! c'est Thomas, sans aucun doute.

— Thomas est l'amant dans l'histoire si j'ai tout bien compris.

— Oui, c'est l'amant, mais il est surtout l'homme que j'aime et c'est une super nouvelle, merci docteur. Je lui serre la main, un vrai sourire sur les lèvres « merci, merci beaucoup »

— Pas de merci, je n'ai rien fait dans l'histoire, me dit-il en me faisant un clin d'œil. Je m'inquiète, vous perdez du poids, je dois savoir d'où cela vient.

— Ne vous inquiétez pas trop, j'ai perdu neuf kilos pour mon fils et huit kilos pour ma fille et tous les deux sont arrivés à terme en bonne santé, mais merci  !

— Je vous garde tout de même encore quelques jours, vous avez besoin de repos, pas de discussion, c'est moi le médecin, tranche-t-il en se levant.

— Tout va bien  ? demande Thomas en entrant dans la chambre.

— Oui très bien  ! Je rétorque gaiement. Viens t'asseoir, il faut que l'on discute de certaines choses.

— Bonne nuit les amoureux, nous souhaite le médecin en se dirigeant vers la porte.

 Il s'arrête et discute avec Thomas  :

— Désolé de vous poser la question Thomas, mais qui êtes-vous  ? Vous avez des gardes du corps, il y a une nuée de gens qui défilent dans les couloirs. Votre nom est sur toutes les lèvres des femmes, ainsi que le nom de Julian, que faites-vous  ? Je suis vraiment désolé, mais je ne sais pas qui vous êtes, le questionne le docteur Lemmens, un peu gêné.

 Thomas sourit et lui apprend  :

— Aucun souci, je suis le chanteur des Hard Night, un groupe de rock et Julian est le guitariste du groupe, c'est la raison pour laquelle il y a tellement de personnes dans vos couloirs et croyez-moi j'en suis désolé. Je ne veux pas vous causer d'ennuis.

— Les Hard Night  c'est vous  ? demande le médecin.

— Oui, je vous assure, c'est nous.

— Mes filles sont dingues de vous. Elles étaient au concert du siècle m'ont-elles appris, il y a quelques semaines. Elles étaient en Irlande à Slane Castle, vous avez donné un concert avec un autre groupe de rock, U2, c'est ça ?

— Oui c'est bien cela, c'était nous à Slane Castle.

— Et bien quand je vais leur dire que vous êtes dans mon service, elles ne vont pas me croire  !

— Passez avec vos filles, cela me fera plaisir et merci doc pour tout ce que vous faites pour Caroline.

— Ne vous inquiétez pas, elle va de mieux en mieux. Ça alors, je n'en reviens pas, les  Hard Night  c'est vous, répète-t-il en fermant la porte derrière lui.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 6 versions.

Recommandations

J'arrive dans 5 minutes
J'avais cinq minutes de calme et beaucoup de choses à raconter. Ce jour là, mon premier vomi de mots s'est expulsé sur l'écran de l'ordinateur pour s'étaler comme une pâte à tartiner moelleuse. Du coup, le lendemain, j'ai continué et le jour d'après aussi.
Mais il raconte quoi le bouqin ?
Ben c'est un peu déprimant, tout de go, comme ça. Je vous laisse découvrir. En tout cas, il y a cinquante-deux billets à s'envoyer sans modération. À raison d'un par semaine, ça vous fera une très chouette année. Si si. Pour préciser, quand même, car c'est important de ne pas se lancer à l'aveugle, il y a des poissons rouges, de la philo low-cost et même du nichon, saupoudrés d'un peu d'émotion mais pas trop de sérieux, des belles citations de films, une super playlist et quelques mauvaises rimes.
Voilà, à tout de suite.
788
751
1247
203
Pierre Sauvage
1861. L’Empire s’étend sur toute l’Europe.

L’Aiglon, fils du Grand Napoléon, règne en maître sur des centaines de millions de citoyens. Dans cet univers militarisé, dans une capitale en proie aux meurtres et à la violence, l’inspecteur Lepois survit, exerçant son métier à sa façon.

--------------------------

Ce roman est issu de l’univers développé dans l’éveil (excellent roman au demeurant que je ne saurais que trop vous conseiller : https://www.scribay.com/text/537964749/l-eveil) et se déroule deux ans auparavant.
Il peut sans peine se lire de façon isolée (et je l’espère, il peut sans peine se lire tout court), pour qui n’aurait pas lu le précédent roman (honte sur vous !), les personnages et l’histoire étant différents.
Bonne découverte à vous et merci d’avance pour les échanges que nous aurons ensemble (en tout bien tout honneur).
155
375
1147
259
Antoine Anglade
Le sang a coulé de nouveau dans la jungle péruvienne. Pour Julien, aucun doute possible : le massacre d’un groupe de randonneurs fait écho à l’issue tragique de l’expédition d’Aurélia Erhard… soixante plus tôt. Même lieu, même mode opératoire, il lui faut mener l'enquête. Étudiant brillant en histoire pré-colombienne, ardent défenseur des travaux polémique de l’exploratrice disparue, il saisit l’opportunité de sa thèse pour se rendre à Lima. Il embarque dans l'aventure son meilleur ami, Mourad, un monstre de muscles au code de l’honneur indéfectible et la volubile et pétulante Sylvie. Le trio plonge au cœur du Pérou, hors des sentiers battus, sur les traces des Incas, cette civilisation fascinante qui n’a pas encore livré tous ses secrets. Selon Aurélia, les Incas vivraient toujours, cachés au fin fond de la forêt. Et si l'archéologue franco-péruvienne avait raison ? Cette quête de vérité se transformera en quête initiatique, chacun des trois aventuriers découvrant au cours de ce périple la part sombre de son âme.
266
346
1037
274

Vous aimez lire Tara Jovi ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0