CHAPITRE 19 : THOMAS (public averti)

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 Nous sommes bien installés, la salle à manger est pour nous et même si les serveurs ont demandé quelques photos et quelques autographes, le repas se déroule très bien, c'est bon, varié, accompagné de sublimes vins. Nous sommes dans les faubourgs de Dublin, le centre-ville est à une quinzaine de kilomètres. Le repas se termine, nous rentrons à l'hôtel. La nuit est douce, la lune est pleine, le temps est clair. Je vais prendre une douche et j'avoue que j'espérais que Thomas me rejoigne, mais quand nous rentrons il me dit  :

— Il faut que l'on discute de certaines choses, ma princesse, alors non je ne t'accompagne pas dans la douche, pas maintenant, me dit-il en passant ses doigts dans mes cheveux.

 Il part s'installer sur la terrasse. Quelques minutes plus tard je le rejoins. Il nous a servi un verre de Limoncello.

— Viens, assieds-toi, me dit-il.

— Thomas, que se passe-t-il ? Tu m'as l'air soucieux. Je n'aime pas de te voir dans cet état.

 Je prends mon verre de Limoncello et vais m'asseoir près de lui, le transat est assez grand pour nous accueillir tous les deux. Il est allongé sur le dos, les boutons de sa chemise sont tous ouverts et laissent la place à son sublime buste. Il est pieds nus comme à son habitude. Le bas de son jean est usé à force de marcher dessus. Ses cheveux sont étalés sur le matelas du transat et sa chaine de Superman est toujours accrochée à son cou. Je me couche auprès de lui et même si j'ai envie de le toucher, de faire l'amour avec lui, je remarque qu'il a besoin de cette conversation. J'ai peur, j'ai goûté au bonheur et n'ai pas envie de tout perdre.

— Thomas, s'il te plait, parle.

— Je ne sais pas par où commencer. Il y a un tas de choses que tu connais via la presse, mais il y a un tas de choses dont tu n'es pas au courant et j'estime que tu dois savoir.

— Je me contenterai de ce que tu voudras me dire, prends ton temps. Toi, tu ne connais pas grand-chose de moi non plus, il va nous falloir du temps.

 Il change de position, prend un plaid qui se trouve sur la chaise voisine et l'étend sur nos jambes. J'ai faufilé mes jambes entre les siennes et il m'accueille volontiers. Nos corps sont faits pour s'entendre, alors on devrait pouvoir faire de même avec nos âmes.

— Tu sais, ma princesse, la musique c'est toute ma vie. Je chante depuis toujours, j'ai appris le piano et la guitare en même temps, j'avais quatre ans. Le piano est venu comme cela, naturellement. Ma maman joue du piano et un jour j'ai grimpé sur le siège, j'ai ouvert le cache, j'ai déposé mes doigts et j'ai joué. J'ai adoré cela et j'aime encore cela aujourd'hui. La guitare a été plus scabreuse, surtout la guitare classique. Disons que j'étais moins doué. Un de mes profs a dit à mes parents que je devrais faire un métier manuel, que je n'avais pas le rythme dans le sang, que je ne serais jamais capable de lire, écrire et certainement pas de composer quoi que ce soit.

 Je l'écoute en souriant, mais je ne veux pas l'interrompre. Il a besoin de parler. Il est en train de me faire le fil de sa vie, j'espère juste qu'il y a une suite après Dublin, une suite pour nous deux. Il poursuit  :

— Tu peux rigoler, ce gars avait raconté cela à ma mère. Elle qui adore la musique lui a expliqué que c'était un parfait imbécile et que je finirai par remplir des stades. Elle avait raison, une maman a toujours raison  ! Enfin bref, la musique représente ce que j'aime, ce que je connais, ce que je sais faire, ce que je veux faire, c'est indispensable pour moi, c'est ma vie, mon oxygène. Mais depuis deux jours, je me suis rendu compte qu'il y avait autre chose dans ma vie et c'est toi. Alors si tu me demandais un jour de laisser tomber ce que je fais, ce que je suis, pour toi je le ferais sans hésitation. Je me rends compte de te l'avoir dejà dit, mais je le confirme.

 En entendant ces mots, une boule se forme dans ma gorge. Je ne peux retenir une larme, elle roule sur ma joue et termine sur la poitrine de Thomas, là où je me suis blottie, à ma place. Thomas me serre un peu plus fort dans ses bras.

— J'ai fait des études artistiques et c'est là que j'ai rencontré Julian. On allait à la même école, on avait huit ans. Il était le gamin qui jouait un peu de la guitare, du violon et du violoncelle, peu d'élèves l'appréciaient. Le violon n'est pas un instrument attrayant, tandis que moi je faisais de la guitare, c'était plus à la mode. On s'est entendu immédiatement et à la fin du trimestre on a présenté un duo guitare-violon. C'était plutôt inhabituel, mais cela a bien fonctionné. On est devenus inséparables et je pense qu'on le restera. Rien ni personne ne peut détruire ce qu'il y a entre nous. On a fait les quatre cents coups ensemble, la première cigarette, la première bière, la première moto et même la première fille. On a été tellement nul ce jour-là l'un comme l'autre qu'elle nous a dit de nous remettre à la musique car vu que l'on n'était pas doué pour le sexe, on aurait au moins une guitare pour emballer les filles.

 En l'entendant, je ne peux réprimer un rire, je les imagine tous les deux, avec leur guitare à la main pour emballer les filles.

— Toi, pas doué pour le sexe  ???? Je ne suis pas d'accord, absolument pas  ! Elle s'est trompée cette fille, je lui dis en souriant et en embrassant sa gorge.

— Non, elle avait raison, c'était notre première fois à tous les deux. On avait dix-sept ans. Mais depuis lors on s'est entrainé et puis surtout, personnellement j'ai trouvé la bonne personne et ça je pense que c'est la chose la plus importante dans un couple.

 En me disant ces paroles, il me soulève le menton et ses lèvres capturent les miennes. Il m'entraîne à nouveau dans les recoins de la passion. Tout est clair chez Thomas, c'est tout ou rien, c'est blanc ou noir, jamais gris. Quand ses lèvres se déposent sur les miennes, il le fait sans aucune retenue, il le fait avec amour, avec passion, avec joie. Cet homme est entier, incontrôlable et surtout une petite voix dans ma tête me dit que cet homme est à moi, pour aujourd'hui, demain et les siècles qui suivent. Après plusieurs minutes de cet intense baiser, Thomas se retient, ses gestes se font plus lents, sa bouche moins gourmande, moins avide et lorsqu'il me prend dans ses bras en déposant de petits baisers sur mes cheveux, je sais que je suis au bon endroit.

— C'est aussi dans cette école que j'ai rencontré Sarah, la maman de Jessica et de Jackson. Cela a été un coup de foudre. Elle est arrivée en dernière année. Je venais de me faire traiter de nul au lit et Sarah est apparue deux jours après, à la rentrée. On était dans la même classe, elle jouait du violoncelle. On est entré en cours un mercredi et le vendredi soir Sarah était dans mon lit. Elle y est restée jusqu'à la naissance des jumeaux. On était heureux, tout à fait insouciants, on mordait la vie à pleines dents. On a réussi notre année scolaire même si après quelques semaines Sarah est tombée enceinte. Quand elle me l'a annoncé, elle était resplendissante, je ne l'avais jamais vue aussi heureuse. Elle a terminé en m'expliquant qu'elle ne me demandait rien et que j'étais libre de partir, mais elle, elle voulait ce bébé. On a décidé de le garder. Quelques jours plus tard, on savait qu'elle attendait des jumeaux. Ses parents l'ont mise à la porte, ma maman a aménagé le grenier afin que nous puissions nous installer, ce que l'on a fait. Entre-temps, on avait signé avec un manager véreux, c'est la raison pour laquelle on n'a plus de manager depuis. On avait emprunté quatre-vingt mille dollars pour le tournage de notre premier clip. Je ne te dis pas, on était dans une merde pas possible. On a terminé notre année, on a fait la connaissance de Jon et on est partis sur la route avec eux. On ne faisait que cela, plus on travaillait, moins de recettes on avait. Et puis ...

 Je le sens se crisper. Je suppose qu'il va m'annoncer une mauvaise nouvelle. Je n'ai pas encore vu Sarah. Il en parle avec beaucoup de douceur, de gentillesse, d'amour. Son bras se resserre autour de mon épaule, je l'entends déglutir, sa voix se brise. Sa main libre monte vers le dessus de son corps et redescend pour s'essuyer. Il essuie des larmes. Je ne dis rien, je ne veux pas l'interrompre.  Je le serre seulement un peu plus fort et dépose de petits baisers sur sa poitrine. J'essaye de lui enlever une partie de sa douleur, mais suis-je capable de faire cela, une personne sur cette planète est-elle capable de le faire  ?

— Et puis, Sarah a accouché. Cela s'est très mal passé, elle n'avait pas d'assurance hospitalisation, tu sais à l'époque les frais médicaux étaient exorbitants . On l'a conduite dans un hôpital public, elle a donné naissance à Jessica puis à Jackson. J'étais avec elle dans la salle d'accouchement et Julian aussi. Quand Jessica est née, il a été subjugué par ce petit être. Il l'a prise dans ses bras avant moi, je pense que c'est de là qu'eux d'eux c'est pour la vie, me dit-il en embrassant mes cheveux.

 Pourquoi un tel malheur a dû le frapper? Il était si jeune ! À cet âge, on n'est pas prêt pour encaisser de telles choses. Perdre une personne que l'on aime est toujours difficile à gérer, mais aussi jeune, c'est impensable. En l'écoutant, je commence à comprendre les liens qui le lient aux autres membres et à Julian en particulier.

— Sarah est décédée, elle a fait un empoisonnement du sang, erreur médicale ou pas, je n'en sais rien, je n'ai pas eu la force de faire des recherches à l'époque. Je me retrouvais à dix-huit ans avec deux enfants sur les bras et des dettes considérables. On était à l'autre bout du pays quand c'est arrivé. On a fait transporter Sarah en avion pour l'enterrer près de chez nous. Sa famille n'est même pas venue à son enterrement. Mes enfants ne connaissent pas leurs grands-parents maternels.

— Avant que Sarah ne décède, elle m'a dit que je lui avais fait le plus beau des cadeaux qui puissent exister, sentir la vie grandir en elle était la chose la plus merveilleuse qu'elle avait connue. J'étais complètement abattu, heureusement que Julian, Hector et Hugo étaient là. Ils se sont occupés de mes kids comme s'il étaient les leurs. Les biberons, les couches, les nuits sans sommeil, rien ne les a effrayés, rien. Ils se relayaient sans arrêt. On était dans un véritable merdier, Julian a téléphoné à Jon et le lendemain, nous faisions la connaissance d'Oliver. Quand on l'a vu on s'est dit qu'il était bien jeune pour nous aider, mais il l'a fait et sans lui, sans Jon on ne s'en serait pas sortis. Jon nous a fourni des moyens logistiques, un avion et Oliver et nous sommes rentrés chez nous. On est arrivés dans un endroit rempli de chaleur humaine. Mon père nous a aidés à vider les deux camionnettes qui contenaient nos affaires et il m'a dit que j'avais pris une très sage décision. Tu vas adorer mes parents et mes frères aussi, tu vas voir : Matthew et Luke sont géniaux. On avait un toit sur la tête et à manger. Mais je savais que mes parents n'allaient pas tenir le coup longtemps, six personnes de plus, cela faisait beaucoup. Hector et Hugo sont originaires d'Amérique du Sud, loin de chez eux, on n'avait pas d'aide de ce côté-là.

 Si ses frères lui ressemblent, c'est certain que je serai contente de les rencontrer. Je ne connais pas sa famille, à part deux de ses enfants, mais c'est clair qu'ils ont affronté beaucoup de choses dans leur vie, malgré tout ils étaient ensemble, unis face au destin. Il a besoin de parler, je garde mes réflexions pour moi.

— Nos vies à Julian et à moi, ont basculé un soir dans un bar. On a trouvé des engagements hebdomadaires dans le country club de la ville. C'était peu, mais mieux que rien, on pouvait au moins répéter. Tous les gens qui y étaient avaient de l'argent, beaucoup d'argent, de nombreuses femmes étaient très riches, mais pas heureuses. Un mari travaillant beaucoup, sans être présent à la maison, on avait besoin d'argent ma princesse, et j'ai trouvé un moyen de m'en procurer sans faire trop d'efforts, l'argent facile. J'espère que tu ne me jugeras pas trop mal sur ce que j'ai fait, s'il te plait ne dis rien, laisse-moi terminer me replique-t-il en pressant un doigt sur mes lèvres.

— Ce soir-là, une habituée du club m'a demandé de la raccompagner chez elle, c'est ce que j'ai fait. Quand on est arrivés chez elle, elle m'a proposé deux mille dollars pour passer la nuit avec elle. Elle avait l'argent en mains, j'ai pris les billets, je les ai mis dans ma poche et j'ai baisé toute la nuit. Je suis rentré chez moi avec le premier bus, je me suis enfermé dans la salle de bain. Je ne sais pas combien de temps je suis resté là. À un moment, Julian est entré, il n'a pas posé de question, il s'est simplement assis derrière moi, il m'a pris dans ses bras et il m'a bercé comme un enfant. Il a réussi à me calmer et j'ai pu lui expliquer que j'avais vendu mon corps pour deux mille dollars. Il m'a fait prendre une douche. Il a déposé la moitié de l'argent pour nos dettes et l'autre moitié il l'a donné à mes parents en leur faisant promettre de ne pas poser de questions. La seule objection de ma maman a été de s'exclamer que si cet argent provenait de la drogue, elle n'en voulait pas. On lui a juré que non, ce qui était vrai, bien sûr. Le soir on a à nouveau chanté, mais cette fois-ci Julian est resté avec moi en me notifiant que si je valais deux mille dollars, lui aussi. J'ai protesté, je ne voulais pas qu'il fasse cela, mais tu le connais un peu maintenant, il est aussi têtu qu'une mule... La femme de la veille était là et elle m'a proposé le même marché, j'ai dit oui. Elle a vu que Julian était dispo aussi, elle a téléphoné à une de ses amies et nous nous sommes retrouvés à quatre dans sa limousine et avec quatre mille dollars en mains. On a fait cela pendant plusieurs mois afin de rembourser notre emprunt, les frais médicaux de l'accouchement de Sarah et son enterrement aussi. On a aidé mes parents qui avaient pris une grosse partie de leur épargne. Notre manager nous a fait un procès pour abandon en pleine tournée, là aussi on a payé un paquet de fric, mais on s'en est sorti. On avait nos clientes régulières, toujours dans de beaux endroits,  on a toujours refusé de baiser sans préservatif, l'un comme l'autre, au moins on était prudents de ce côté-là. On a accumulé un petit pactole pour pouvoir produire notre premier album sous notre logo et c'est ce que l'on a fait et que l'on fait encore toujours .

 Il s'arrête de parler et je ne sais pas quoi lui dire. On reste quelques minutes dans les bras l'un de l'autre, je passe mes doigts sur sa poitrine, soulève mon visage et le regarde  :

— Je peux  ?

— J'ai peur de ta réaction, je viens de te dire que j'ai été gigolo pendant plusieurs mois, mais je veux être honnête avec toi, pas de secret entre nous, me confesse-t-il en fermant les yeux et en inspirant profondément.

— Thomas, je te remercie d'être honnête avec moi, et je veux que tu saches que ça ne change rien, j'ai aussi des enfants et je ferais n'importe quoi pour eux. Oui, s'il le faut, je ferais le trottoir pour pouvoir leur donner ce dont ils ont besoin, alors non, cela ne me choque pas du tout. Quand on est parent, nos enfants prennent tellement de place que la seule chose importante, c'est eux. Je peux comprendre que vous ayez été dans la merde, vous ayez trouvé une porte de sortie et de façon légale je suppose, non  ? Toutes ces femmes étaient consentantes, majeures  ? 

— Oui, je te le jure ma princesse, aucune ado, aucune jeune fille, aucun viol, jamais. Toutes ces femmes nous ont engagé l'un comme l'autre, me répond-il en me serrant dans ses bras.

 Je me dégage de ses bras et je m'installe à cheval sur ses hanches, ses mains se fixent aux miennes et nos regards se croisent.

— Thomas, je n'ai aucun problème avec ce que tu viens de me dire et comme je te l'ai dit, je te remercie de ta franchise. Même si peu de personnes sont au courant, je préfère l'apprendre par toi que par quelqu'un d'autre. Je te félicite d'avoir trouvé le courage de le faire, vous n'avez jamais renoncé à ce que vous vouliez faire, à ce que vous êtes. Et vous aviez dix-huit ans, des dettes, des enfants à élever. Je pense sincèrement que vous vous en êtes bien sortis.

—  Hector et Hugo ont aussi fait leur job pendant cette période, ils s'occupaient de Jessica et de Jackson la nuit quand on avait fini de chanter. Ils ont aussi composé la musique de nombreux morceaux comme « Never Say Always », sans eux, on ne serait pas ici non plus tu sais. On est une famille même si j'ai des frères que j'adore, mais ces gars ici sont mes âmes sœurs tous autant qu'ils sont,  me dit-il en s'asseyant et en m'embrassant.

 Ses lèvres sont chaudes, douces. Il embrasse très tendrement plusieurs fois ma lèvre inférieure. Avec ce geste, j'ai l'impression qu'il me demande s'il peut aller plus loin. Son regard est profond, je passe mes mains dans ses cheveux, je remets sa mèche rebelle derrière son oreille et il secoue légèrement la tête afin que je recommence. De petits gestes qui semblent anodins aux étrangers mais qui pour nous sont un rituel, ces gestes sont simples, mais ils nous appartiennent.

 Ses lèvres reprennent possession de ma bouche et sa langue se fait plus pressante, elle s'introduit entre mes lèvres et s'enroule autour de la mienne. Elle est chaude, douce, entreprenante, tout comme ses mains qui ouvrent la ceinture de mon peignoir. Ses lèvres s'aventurent le long de mon cou, ses mains empoignent mon peignoir et le font descendre jusqu'au milieu de mes bras. L'air est doux, mais plus frais et fait dresser la pointe de mes seins. Il me sourit et se frotte à mon entre-jambes. Mes mains attrapent sa chemise déjà ouverte et la lui enlèvent. Son corps est splendide et je ne me lasse pas de le regarder, de le toucher, de le caresser. Je m'approche de lui et embrasse sa mâchoire, son cou, sa clavicule puis je remonte en sens inverse et m'arrête au lobe de son oreille afin de le mordiller. Jamais je ne me lasserai d'entendre le gémissement qui sort de ses lèvres à ce moment précis, ce son est doux et je suis fière que ce soit moi qui lui fasse un tel effet. J'adore le mâchonner à cet endroit, enfin comme sur l'ensemble de son corps, mais le lobe de son oreille est l'endroit le plus sensuel de celui-çi. Il ne gémit jamais de la même façon quand j'embrasse le reste de son anatomie. Nos lèvres se rencontrent à nouveau, ses mains changent de position et attrapent la ceinture de mon peignoir. Il la dénoue et m'enlève mon peignoir, il me sourit et me susurre à l'oreille « tu me fais confiance ? » « Oui bien sûr » je lui réponds sans même réfléchir. Je pense que suite aux révélations de cette nuit, il est la personne la plus digne de confiance dans mon entourage.

— Lève-toi, me dit-il en se levant aussi.

 Il se place derrière moi, prend mes mains dans les siennes et les place devant moi. « Garde tes poignets l'un contre l'autre » me murmurre-t-il en enroulant la ceinture autour. Ses lèvres parcourent mon cou, mon épaule, son membre se fait dur en passant sur mes fesses. Il m'embrasse lentement sur les épaules et dans le dos, puis il remonte et s'occupe de l'autre épaule. Ses mains sont à l'œuvre le long de mes flancs et de mes hanches. Il se plante devant moi et m'embrasse sur les lèvres en souriant et en tenant la ceinture qui enserre mes poignets. De sa main libre, il ouvre son pantalon et s'en débarrasse de quelques mouvements de jambes et de chevilles. Son boxer est tendu et je ne peux m'empêcher de regarder son membre dur et raide qui tend son sous-vêtement. Il s'approche et se frotte contre moi. Mes poignets sont à la hauteur de son torse et je dépose ma main dessus pour pouvoir caresser sa peau. Il sourit de plus belle et me susurre à l'oreille,

— Je veux ma revanche...

— Quelle revanche  ? Je ne t'ai pas attaché les mains, je lui réponds un sourire sur les lèvres.

— Bien dommage d'ailleurs. Tu as, la nuit dernière, délibérément attaché mes jambes en descendant mon pantalon et mon boxer au-dessus de mes genoux, alors voilà, moi, je t'attache les mains... 

— Moi  ? J'ai fait cela  ?  je m'offusque en me mordant la lèvre inférieure. Tu penses que j'oserai faire cela ? 

— Tout à fait, ma princesse, et j'ai adoré, me soupire-t-il en m'embrassant dans le cou et en descendant le long de ma poitrine.

 Son souffle est chaud sur mon sein gauche, ce qui contraste avec le vent frais qui circule et rafraîchit mon corps. Il se recule légèrement afin de pouvoir continuer à descendre. Une de ses mains saisit ma hanche, l'autre se trouve dans son boxer et mes yeux ne peuvent se détacher de ce magnifique spectacle. Son gland est rosé et humide. Il capte mon regard et murmure :

—  Tu aimes  ? 

— Non j'adore, je lui réponds en passant ma langue sur mes lèvres.

 Sa main quitte ma hanche et se glisse sous l'élastique de son boxer pour s'en débarrasser. Ses mains prennent possession de sa queue et après quelques mouvements, un liquide blanc, crémeux et brillant se trouve sur ses doigts. Il approche sa main de ma bouche afin que je puisse y goûter, mais au dernier moment, il suce ses doigts dans un geste incroyablement sensuel. Je déglutis en le voyant faire, je n'ai qu'une envie c'est d'y goûter moi aussi. Ses mains se remettent à l'ouvrage sur son sexe tendu et récoltent une fois encore ce délicieux liquide laiteux.

— Tu en veux aussi ?  me demande-t-il en approchant ses doigts de mes lèvres.

— Oui, s'il te plait.

 C'est plus une requête qu'une demande, ma voix est cassée, cet homme me fait vibrer de tout mon être. Mon corps a faim de lui, de son odeur, de son goût. Il s'approche enfin de moi et inserre son index entre mes lèvres. Son goût est toujours aussi délicieux. Je ferme les yeux afin de goûter pleinement à ce doux nectar.

— Ouvre les yeux, je veux voir l'effet que mon goût a sur toi.

  Il sort son index et enfonce son majeur puis son pouce que je suce avec avidité. Sa main a quitté son sexe et s'est introduite entre mes chairs humides. Instinctivement mes jambes se sont écartées afin de lui laisser de la place, il entre un doigt en moi, puis deux, puis trois. Son pouce fait des allers-retours sur mon petit paquet de nerfs. J'entourre sa nuque de mes bras, il faut que je prenne appui, mes jambes commencent à trembler. Ses lèvres sont impatientes et parcourent mon buste. Ses doigts quittent mon entre-jambe et viennent se mettre entre nos deux visages. Il me tend son index et je le déguste, il lèche son majeur puis nos langues se caressent. C'est délicieux, son goût mélangé au mien est excellent.

 On en veut plus, l'un comme l'autre. Nos corps sont avides l'un de l'autre. Sans prévenir, ses mains se fixent sur mes hanches et il me retourne, je passe mes bras au-dessus de sa tête, mon corps ondule contre le sien. Je n'arrive pas à me contrôler, tout ce que je veux c'est appartenir à cet homme. Ses mains remontent le long de mes flancs, puis prennent mes seins, son pouce et son index s'occupent de mes tétons qui durcissent encore plus en quelques secondes. Cet homme me fait chavirer une fois de plus. Mais avant que je n'explose, il me mord légèrement l'épaule, place ses mains sur mes hanches. « Doucement ma princesse, je n'en n'ai pas encore fini avec toi ». À cet instant, je sens son sexe s'introduire entre mes fesses. Il fait de longs et lents mouvements. Il me tient fermement les hanches afin que mon bassin suive le mouvement qu'il imprime à nos deux corps. Je sens ses genoux qui viennent plier sur les miens et son sexe caresse toute la longueur de mes chairs intimes pour venir buter sur mon clitoris. Ses mouvements sont délicieux et je me perds dans sa chaleur. Son pouce vient prendre la relève sur mon bouton rose, il me penche en avant, je sens son souffle dans mon cou, son gland vient butter à l'entrée de mon vagin et s'y introduit avec une lenteur désespérée.

 Je veux cet homme, maintenant. Lui, il s'évertue à faire durer le plaisir. Son pouce me titille de nombreuses fois, mais s'arrête toujours aux portes de la jouissance, puis sans avertissement, nos corps ne sont plus d'accord et s'accordent d'eux-mêmes. Je m'empale sur lui et mon vagin se contracte autour de sa queue, sur toute sa longueur, je ne veux plus le laisser partir. Mon corps est cambré, et je m'accroche à sa nuque, les mains toujours attachées, je sens son sexe me pilonner à une vitesse de plus en plus rapide. Une de ses mains agace mon sein, l'autre main se délecte de l'humidité qui se trouve entre mes jambes. J'explose en milliers de morceaux sur sa main et autour de sa queue, sa jouissance ne se fait pas attendre et de longs jets chauds de sa semence me remplissent. Nous sommes à bout de souffle, l'un comme l'autre. Il me colle à lui et s'assied sur le transat. Mon dos s'appuie à son torse, malgré la fraîcheur de la nuit, nous transpirons tous les deux. Je soulève mes bras au-dessus de nos têtes, il doit m'aider car j'ai des fourmis dans les bras. Il enlève la ceinture de mon peignoir, prend mes poignets en main et les masse délicatement. Nos deux sexes sont toujours en éveil, rien à y faire. Je l'embrasse sur la joue et je lui chuchotte en ondulant du bassin :

—  Je veux ma revanche, moi je t'avais entravé les jambes.

— Quand tu veux, tu m'attaches les mains, mais j'ai le droit de t'attacher les jambes alors, marché conclut  ? acquiesce-t-il en souriant d'un sourire dévastateur.

— Marché conclu, je lui réponds en l'embrassant.

 J'ai les joues rosies par l'exercice que nous venons de faire, mais j'en veux plus et lui aussi. Son sexe est toujours raide en moi. Il me sourit, me caresse la poitrine et fait onduler son bassin.

— J'ai un souci, ma princesse, bredouille-t-il en bougeant son sexe en moi. Ce valeureux seigneur ne veut pas rendre les armes sans une ultime confrontation.

— C'est ça ton souci ? je lui rétorque en me levant, et en me retournant pour m'installer à cheval, face à lui.

 Je croise mes jambes dans son dos, ses mains empoignent mes fesses et une fois de plus nous tombons dans les abîmes de la jouissance. Jamais je ne me lasserai de cet homme, jamais, c'est mon homme pour aujourd'hui, demain et les siècles à venir.

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