CHAPITRE 17 : CAROLINE (public averti)

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 J'ouvre un œil et mon cœur fait un bond dans ma poitrine, Thomas est allongé auprès de moi. Je n'ai pas rêvé de la nuit que nous venons de passer. Je soulève ma tête, le réveil indique onze heures trente. Le soleil brille et une douce et chaude lumière envahit notre chambre, enfin celle de Thomas.

 Je me mets sur le côté face à lui, il parait paisible, tranquille, son souffle est régulier. J'enlève une mèche de cheveux qui lui barre le front. Il a une chevelure magnifique, je passerai mon temps à y glisser mes doigts. Ses coupes de cheveux ont toujours fait la une des journaux. Je me souviens d'une interview dans laquelle il avait dit au journaliste que s'il lui posait autant de questions sur sa musique que sur ses cheveux, ce dernier saurait qu'il fait du rock et pas de la pop. Il avait laissé le chroniqueur en plan en plein milieu de l'émission.

— Bonjour ma princesse, à quoi penses-tu ? me demande-t-il soudain.

— Bonjour mon prince, je pense à toi.

— Tu ne dois pas penser à moi, je suis là, me dit-il en se glissant vers moi.

 Le bruissement des draps éveille nos sens, sa bouche trouve la mienne. Ses mains se placent sur mes hanches et mon corps s'ouvre pour l'accueillir. Il est au-dessus de moi, son corps moulé sur le mien, mes mains parcourent les muscles noueux de son dos, mes jambes s'écartent afin qu'il puisse me pénétrer de plus en plus profondément. Une de ses mains se place sous mes fesses et les soulève et là une fois de plus, nos corps complètement tendus perdent le contrôle. Je sens ses soubresauts, et j'éclate en un millier de morceaux que lui seul parviendra à recoller. Ses baisers se font plus tendres, il embrasse ma lèvre inférieure, passe son pouce dessus et bien sûr mes dents mordillent sa pulpe. Son corps est lourd, pesant sur le mien, mais je suis bien, je suis en sécurité, je sais qu'il me protège.

 C'est une sensation étrange, mais tellement agréable. Nous avons brûlé les étapes c'est certain, mais que de bonheur en si peu de temps. J'ai l'impression de revivre dans ses bras. Le bonheur est passé et je l'ai attrapé au vol.

 Sans prendre garde, mon estomac gargouille, il me sourit.

— Je suis désolée Thomas, toutes mes excuses, je lui dis en plaquant ma main sur mon ventre pour essayer de faire taire l'intrus.

 Ma main rencontre ses abdos chauds, recouverts d'un léger filet de sueur. C'est agréable de se réveiller de cette façon.

— Pas de mal ma princesse. En réalité, je suis content d'être l'auteur de cette manifestation. Si je ne t'avais pas fait faire autant de gymnastique cette nuit, tu n'aurais pas faim, me dit-il avec un clin d'œil.

— Tu m'as fait faire de la gymnastique ???? Il ne faut pas inverser les rôles, c'est moi qui t'ai fait travailler. Je lui réponds en lui souriant.

— Je propose que l'on débatte du sujet ce soir, qu'en penses-tu ?

— Excellente idée, mais je t'avoue que j'ai vraiment faim. On peut commander quelque chose ?

— Je pense que Julian l'a fait, c'est un vrai goinfre, il ne sait pas rester sans manger, je vais voir si il y a un petit quelque chose pour nous.

 Il m'embrasse sur le bout du nez, se lève. J'admire son corps parfaitement proportionné, ses épaules sont athlétiques, sa taille fine, ses hanches bien dessinées, ses fesses en forme de Granny Smith, ses longues jambes musclées. Il se retourne, me regarde et demande :

— Que fais-tu ?

—  Je profite de la vue.

— Et c'est à ton goût ? me demande-t-il en ramassant son pantalon et en l'enfilant.

 Lorsque ses doigts prennent son sexe en main afin de pouvoir fermer sa fermeture éclair, je déglutis à plusieurs reprises, mes mains s'agrippent aux draps, mais en réalité elles voudraient être à la place des siennes.

— Pas mal du tout, mais je ne sais pas quelle face choisir la A ou la B ? Il faudra que je fasse de nouvelles recherches afin de me décider.

— Dès que l'on aura mangé. Toutes ces activités me donnent faim. Il se penche, m'embrasse délicatement, me sourit.

— Je t'attends sur la terrasse.

 Il se retourne et se met en route vers la terrasse. Lorsqu'il ouvre la porte, j'entends Julian et Hugo:

— Salut mec  ! Bien dormi ? J'ai gagné Hugo, il a une tête à avoir baisé toute la nuit, tu me dois cinq cents dollars, j'ai gagné  !

 La porte se referme, je ne comprends pas sa réponse, mais j'entends des éclats de rire. Je me lève et Julian a raison, je constate dans le miroir que j'ai aussi une tête à avoir fait des folies de mon corps toute la nuit. Je vais prendre une douche et quelques minutes plus tard, je me retrouve dans la chambre, j'enfile mon soutien-gorge, j'ouvre ses tiroirs et je lui prends un de ses boxers, je lui vole aussi une chemise. Je referme les boutons, je retrousse les manches et son odeur me parvient aussi agréable que l'éclosion d'une fleur au printemps. Je les entends parler, ils sont heureux, ils rigolent de tout. Je m'approche et je capte une partie de la conversation, discrètement j'écoute.

— Et mec, faut te secouer, tu as bien baisé, cela faisait longtemps, mais on ne connait pas cette femme. Tu oublies que l'on est des distributeurs de fric sur pieds, merde reviens sur terre, saute-la encore quelques fois et puis fais le point .

— Julian, ne parle pas d'elle comme cela  ! lui ordonne Thomas.

— Pourquoi, t'as fait autre chose que baiser cette nuit ? merde, fais pas le coincé avec moi  !

— Je ne dis pas, mais je n'ai pas baisé avec elle Julian, j'ai fait l'amour avec Caroline et je ne me suis jamais senti aussi bien que cette nuit.

— Ca veut dire quoi ????

— Je n'en sais rien, tout ce que je sais c'est que je veux plus, cette femme est mon refuge, ma vie, je veux être avec elle pour le restant de mes jours.

— Et mec, t'es marié je te signale, alors s'il te plait redescends sur terre.

— Julian elle... Elle... Elle a bouleversé ma vie à tout jamais. C'est elle que je veux... Elle me fait ressentir des choses que je n'avais plus connues depuis des années. Je sais que l'on précipite les choses, mais je ne veux pas perdre de temps, on n'a plus vingt ans mec. J'ai assez galéré.

— Ok, je vais te poser une question simple, si Sarah était encore là, que ferais-tu ?

— Si Sarah était encore là, j'irais la trouver pour lui dire merci de m'avoir donné deux magnifiques enfants, merci pour tout ce que l'on a partagé. Mais je lui dirais aussi que mon choix est fait et que la femme de ma vie se nomme Caroline.

 Il m'a fallu quelques secondes avant de répondre, mais c'est la vérité, c'est ce que je dirais à Sarah.

— Complètement fou mec, faut te ressaisir  !

 En entendant ces mots, mon cœur fait un bond dans ma poitrine, je mets ma main sur ma bouche pour étouffer un cri de joie. Il vient de dire : « la femme de ma vie se nomme Caroline ». Je sais que Julian a raison. On ne se connait pas, c'est vrai ce qu'il dit, beaucoup de personnes les ont approchés pour leur nom, leur argent, l'influence qu'ils peuvent avoir, c'est normal qu'il se méfie.

 J'ouvre la porte de la terrasse et je lance un « Bonjour », Hugo me fait la bise, Julian aussi. Je m'approche de Thomas qui dépose un léger baiser sur mes lèvres tout en passant sa main dans le creux de mes reins. Son portable sonne, il sourit, sa fille Stéphanie est en ligne, son nom était sur l'écran. J'en profite, je prends sa place, je me prélasse au soleil. Julian est assis confortablement, un café fumant, noir à la main, il me regarde et me dit  :

— Ma belle, je vais être franc, tu vois ce mec-là, c'est mon âme sœur, c'est mon frère, c'est mon double sans lui je ne suis rien. Alors si j'apprends que d'une façon ou d'une autre tu l'as utilisé, manipulé pour son nom, pour son fric, pour n'importe quelle raison, je t'écrase. Je suis clair ? me demande-t-il tout en prenant son café.

— C'est tout à fait clair, mais je me fous de votre fric, cela ne m'intéresse pas, absolument pas  !

— Cela fait vingt-quatre heures que tu es dans nos vies et il a changé, je ne sais pas ce que tu lui fais, mais il a changé.

— En bien ou en mal ?

— En bien, je pense. La carapace qui le recouvrait se brise, il est heureux. Cela fait des années que je ne l'ai pas vu comme ça, mais cela ne change rien, tu le brises, je t'écrase  !

— Il a de la chance d'avoir un ami comme toi, peu de gens connaissent une amitié comme celle-là. J'ai compris ce que tu m'as dit, c'est clair et je te jure que mes intentions sont bonnes. Je n'ai rien à cacher, vous savez que je suis mariée, j'ai des enfants. Je vous l'ai dit, j'ai été honnête.

— Je sais, tu es du genre à dire ce que tu penses .

— Toujours, ce n'est pas toujours bon, mais moi cela me convient. Quand je te dis que je ne lui dirai rien concernant ta relation avec Jessica, je ne le ferai pas, ce n'est pas à moi de le faire. Quand je te dis que je n'ai pas de mauvaises intentions, cela veut dire que je n'en ai pas.

Thomas revient vers nous, il s'accroupit et prend appui sur mes genoux.

— Vous parlez de quoi tous les deux ?

— J'expliquais à Julian que je disais toujours ce que je pense.

— Mon Dieu on n'est pas sorti de l'auberge, lui aussi dit toujours ce qu'il pense, me rétorque-t-il en exerçant une légère pression sur mes genoux.

 Julian se lève, va préparer un café noir pour Thomas. Il se retourne et me demande  :

— Pour toi ma belle, avec ou sans sucre ?

— Je vais être emmerdante là, mais je n'aime pas le café, un thé avec du sucre, cela sera parfait. Merci.

— Elle a un défaut mec, je te l'avais dit, une femme qui ne boit pas de café ?????

 Le reste du groupe arrive et s'installe pour manger. Je constate que je suis toujours en chemise, sans bermuda ou sans pantalon. J'aime avoir sur ma peau un boxer de Thomas. Nathalie et Hector arrivent en dernier en se tenant la main, elle est resplendissante, des cernes sous les yeux, mais son bonheur irradie de sa peau. Elle embrasse Hector et se dirige vers moi, elle s'installe à mes côtés sur un transat de libre.

— Bonjour, alors cette nuit ???? Tu n'es pas rentrée...

— Bonjour, je dirai aussi débridée que la tienne... J'ajoute avec un grand sourire.

— Je me sens bien, tu ne peux pas savoir. Je suis bien dans ses bras. On n'a pas beaucoup dormi, pourtant la nuit a été reposante. Et toi ? Ça marche, vous avez passé du bon temps ???

— Non pas du bon temps, la meilleure nuit de toute ma vie. Nath, je pense que je suis en train de tomber amoureuse.

— Tu n'es pas la seule dans ce cas-là...

 On se regarde, on éclate de rire et on termine ensemble la phrase en disant : « et ce n'était pas prévu au programme », phrase que l'on emploie régulièrement dans notre job.

 Comme hier, une splendide table est dressée, dans les tons jaune et orange. Le tout coordonné, les nappes, les serviettes, les fleurs tout s'accorde parfaitement, sans accroc. Tout comme ce petit groupe d'humains dans lequel nous venons de nous installer. Ils se connaissent tous, chacun sait ce que l'autre mange ou boit. Chacun sait si un tel ou un tel prend du sucre ou du lait dans son café. Ces gens sont des amis, une famille qui a grandi ensemble, qui ont évolué ensemble dans les bons comme dans les mauvais moments. Ils ont traversé de sérieuses épreuves pour se connaitre à ce point.

 Julian est assis en face de moi, Jessica à sa droite. Ils échangent tant de complicité, personne ne dit rien, ou alors personne n'a compris ce qui se passe entre eux. Pourtant, on parle de tout, de rien, aucun secret, aucun tabou, aucune langue de bois. Hector et Nathalie sont enlacés, Thomas et moi-même nous nous embrassons ouvertement, mais Julian et Jessica restent de marbre, enfin en apparence. C'est idiot, mais j'ai l'impression de voir leur amour au grand jour, je suis la seule à m'en rendre compte  ? Ce sont de petits gestes, mais tellement d'attention, un verre qui se remplit automatiquement, une tranche de pain avec un type de fromage, elle lui fait goûter son moelleux au chocolat, il lui donne un morceau de tarte au citron. Le tout sans avoir fait la moindre demande, leurs gestes sont naturels, ils se complètent à merveille.

 Deux bonnes heures après ce splendide repas, le groupe se met à part avec Oliver. J'entends qu'ils discutent de Dublin, le prochain arrêt. Nathalie est en pleine discussion avec Jenny concernant une recette de moelleux au chocolat. Jessica me sourit et me dit  :

— Tu ne veux pas aller paresser dans le transat, sous les arbres ?

— Volontiers, je te suis.

 On se lève et on va s'installer à l'ombre. Une sieste nous fera du bien, on n'a pas beaucoup dormi, ni elle, ni moi.

— Caro, je voudrais te demander un service.

— Vas-y, je t'écoute.

— Mon père a changé en faisant ta connaissance, par exemple, peu de personnes savent que nous sommes ses enfants. Il est souriant, il est d'une tendresse infinie avec toi. Je ne l'ai jamais vu agir comme cela avec Dorothé, crois-moi. Mais il n'est pas au courant pour Julian et moi, et je ne sais pas comment le lui dire.

— Parle-lui franchement. C'est un homme ouvert.

Elle sourit et continue  :

— Tu sais, je pense que je suis tombée amoureuse de Julian quand je devais avoir quelques heures. J'ai toujours été attirée par lui. Toute petite j'étais dans ses bras, je passais du temps avec lui. Il m'a offert mon premier bouquin, il m'a appris à jouer au tennis, à monter à cheval. Je n'ai pas passé un seul anniversaire sans lui. J'ai toujours eu deux papas. Si papa me disait non, j'allais voir Julian qui souvent me refusait aussi, mais enfin j'essayais. Julian c'est le moteur du groupe, de la famille, sans lui on est perdu. Quand papa s'est marié avec Dorothé, il a encore été plus présent, Dorothé ne nous aime pas, je ne sais pas pourquoi, c'est comme cela, elle ne le fera jamais.

 Souvent le soir, je les entendais se disputer, Dorothé voulait nous mettre en pension et papa n'a jamais voulu. Ces soirs-là, je courais me réfugier chez Julian en pleurant. J'ai toujours pu être dans ses bras en étant sa petite fille, puis sa fille, puis je suis devenue ado et vers mes seize, dix-sept ans j'ai compris que je voulais plus de la part de Julian. On s'est disputé à de nombreuses reprises à ce moment-là, une fois encore personne n'a rien vu. Je faisais ma crise d'adolescence avec mon père, alors je la faisais avec Julian aussi.

 Quand j'ai eu mon premier petit copain, je suis rentrée un soir en pleurs, Philip voulait que l'on fasse l'amour et je lui ai dit oui, c'était horrible. J'ai eu mal à crever et Philip a tenu le coup deux minutes trente, un vrai désastre. Je suis rentrée à la maison, Julian a compris ce qui s'était passé et nous avons discuté très longtemps. Nous sommes sortis sur la plage et il m'a prise dans ses bras et il m'a bercée pendant des heures. On s'est réveillé au petit matin car on avait un peu froid. Ce matin-là j'ai su que je voulais me réveiller tous les jours dans les bras de Julian. Je l'ai embrassé et il m'a rendu mon baiser, puis il m'a dit « jamais, cela n'arrivera jamais ». Philip est revenu un ou deux jours plus tard et Julian lui a foutu la raclée de sa vie. Je n'ai plus jamais vu mon petit copain.... –elle sourit en se remémorant la scène - Le temps est passé, je suis partie à la fac, j'ai fait partie d'une confrérie, et là j'ai découvert l'alcool et le sexe. Je n'en suis pas fière, mais quand je n'étudiais pas, je me faisais sauter par l'un ou l'autre du moment qu'il ne s'appelait pas Julian, ils faisaient tous l'affaire.

  À ma remise de diplôme, toute la famille est venue, mais c'est papa et Julian qui ont fait le discours d'ouverture et de remise des diplômes. À la fin de la soirée, j'ai demandé à Julian si on pouvait trouver un coin tranquille et discuter. On s'est éclipsé, et je lui ai expliqué que j'allais partir en Europe pour mon job, mais qu'avant de partir je me devais de lui dire quelque chose. Je lui ai expliqué que j'étais tombée amoureuse de lui depuis toujours, que je me mentais à moi-même en couchant avec tous ces gars, c'était juste une façon de l'oublier. Il n'a rien dit ce soir-là.

 Quelques jours plus tard, je suis partie à l'aéroport et lorsque j'étais assise dans l'avion, l'hôtesse a fait un appel, en expliquant qu'il manquait un passager. Il allait arriver mais de ce fait, on avait loupé notre slot et on devait attendre une vingtaine de minutes en plus. Julian s'est pointé, il a pris le micro de l'hôtesse en faisant un discours que je n'ai pas compris, j'avais mon casque sur les oreilles. Je me suis levée et je l'ai vu dans le couloir de l'appareil, il s'est approché de moi et il m'a dit : « comment une fille comme toi a fait pour tomber amoureuse d'un connard dans mon genre  ?  ». Les larmes aux yeux on s'est embrassés et l'ensemble des voyageurs a applaudi. On est sortis de l'appareil et on est ensemble depuis trois ans.

— Jessica tu dois l'expliquer à ton père, cela sera moins difficile si vous le lui dites que s'il devait l'apprendre autrement.

— Je pense que tu as raison, mais comment j'explique à mon père que je suis amoureuse de la personne qu'il considère comme étant son frère ????? Caro je n'ose pas le lui avouer.

— Il le faut, peut-être pas au milieu de la tournée, mais vous devez lui parler. Ton père t'aime. En tous cas, Julian cache bien son jeu, toujours une nana différente au resto, au théâtre, je ne l'ai compris que lorsque je vous ai vus à la sortie du resto  ! Vous vous teniez par la main, mais ce n'était pas de la tendresse qu'il y avait dans vos regards, c'était de l'amour.

— Caro, je ne sais pas pourquoi je te raconte tout cela ? J'ai besoin d'en parler et tu es là. Je n'ai pas une bonne relation avec Doro, et je ne me vois pas faire un compte rendu de mes nuits débridées avec ma petite soeur. Cela fait quelques heures que tu fais partie de la famille et j'ai l'impression de te connaitre depuis toujours. Tu es une parfaite inconnue, mais les mots sortent, je ne me l'explique pas. Merci de ton écoute !

— C'est reconnu, on parle facilement avec des inconnus ! Si je peux t'aider, je le ferai, mais je suis certaine d'une chose, dévoile le tout à ton père.

Julian s'approche de nous, une enveloppe à la main, le planning pour Dublin.

— Ça va les filles  ? Vous discutez de quoi  ?

— De toi, de Jessica.

— S'il te plait ma belle, ne me demande pas de choisir entre la femme que j'aime et mon frère. Je ne supporterai pas de les perdre, ni l'un ni l'autre. Ne me demande pas de choisir, s'il te plaît.

— Choisir entre quoi  ? demande Thomas que nous n'avons pas entendu approcher.

— Entre la blonde pulpeuse qui lui faisait du rentre dedans au resto ou la petite rousse qui se trémoussait sur scène hier soir, je réponds.

  Julian sourit à ma réponse et me fait un clin d'œil.

— Ne t'inquiète pas, il ne choisira pas, il les aura toutes les deux, répond Thomas.

— Non mais, tu imagines la réputation que tu me fais là  ?

— Tu es sans doute un enfant de chœur  ? lui demande Thomas en arquant les sourcils.

— Et mec, qui a baisé comme un lapin toute la nuit  ? Ce n'est pas moi...

— Dégage, lui répond Thomas en lui lançant un coussin. Il le rattrape et ajoute  :

— Je sais, la vérité fait mal... Je vous laisse, je vais nager à tout à l'heure.

— Ça, c'est Julian tout craché, il saute du coq à l'âne... il ne changera plus  ! ajoute Thomas avec un regard amusé.

— Tu l'aimes comme il est, non  ? je lui demande.

— Si je l'aime ? Je donnerai ma vie pour cet homme, il est, il est... je ne sais pas comment décrire ce qu'il représente, mais je sais que sans lui, ma vie ne serait pas pareille.

 Nous nous installons sur nos transats et le « ping » de mon portable se fait entendre. Un sms arrive d'un numéro que je ne connais pas. Jessica m'a envoyé COMMENT FAIRE, TU ENTENDS CE QU'IL RESSENT VIS-À-VIS DE JULIAN JE FAIS QUOI  ???????????????????????????????????????????????????????????

 Je me tourne vers elle, lui souris, et enregistre son numéro. Je n'ai pas de réponse, je ne sais pas ce que l'on peut faire.

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