CHAPITRE 8 : CAROLINE

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"Sometimes to find the light, you have to go through the deepest darkness"

Jared Leto

 Le corps de Thomas est collé au mien, ses lèvres parcourent mon cou. Ma main caresse sa peau. J'aime son odeur, j'aime que ses muscles se mettent si souplement derrière moi. Que m'arrive-t-il  ? Je vais fêter mes quarante ans dans quelques semaines, je devrais être capable de me retenir non ? Je devrais être capable de contrôler mes réactions, mes mains  ? Tout ce que je sais, c'est que cet homme est celui avec lequel je veux être, maintenant, demain et les jours qui suivent.

— Tu comptes gagner la réponse comme cela  ?  lui dis-je, en souriant.

— Je mets tout en œuvre pour l'avoir, me dit-il en déplaçant sa main gauche au milieu de mon ventre en faisant de petits cercles qui diffusent un véritable feu au cœur de mon bas-ventre. Le problème c'est que le feu se propage. J'ai les jambes en coton et mon entre-jambes s'enflamme lorsque je sens son membre dur derrière moi en m'installant plus près de lui. Je m'étais dit que c'était une illusion, une idée de mon cerveau, mais non pas du tout.

 Mes yeux se ferment et je me laisse aller. Il a pris possession de mon corps, de mon esprit. Je ne suis plus capable de penser par moi-même. Ses lèvres se déplacent sur ma nuque, mon épaule, ma gorge. J'avoue qu'à cet instant je me demande ce que feraient ses lèvres si elles pouvaient parcourir le reste de mon anatomie. Il me sort de ma rêverie, en me demandant :

— Je m'y prends mal  ? Je n'ai aucune chance d'avoir une réponse  ? 

— Tu as une petite chance d'avoir une réponse, mais il va falloir travailler, encore et encore, je m'exclame.

— Je suis bûcheur, cela ne me fait pas peur, me dit-il en me retournant pour lui faire face.

 Je passe ma main dans ses cheveux. Il a les cheveux longs, ondulés, couleur miel. Je lui remets une mèche derrière son oreille et comme la première fois que j'ai fait ce geste, il secoue la tête afin que je refasse le mouvement. Ses boucles s'enroulent autour de mes doigts, elles ont trouvé leur place et j'adore faire cela. Cet homme est sexy, irrésistiblement sexy et érotique.

— Comme je te l'ai dit, cela ne serait pas poli que je te dise de quoi nous avons parlé. Certaines choses doivent rester entre filles. Je demande un joker pour cette question. 

— D'accord, je t'accorde un joker ce soir. Mais réfléchis, cela veut dire que tu devras répondre honnêtement à toutes les questions que je pourrai poser.

— Je prends le risque, mais je pose la barrière de vingt questions par soir. Cela te va ? 

— J'adore l'idée. Tu parles de vingt questions par soirée, donc tu as l'intention de me revoir, me dit-il un sourire plaqué sur les lèvres.

— Si tu veux de moi, je suis preneuse, lui dis-je en passant mes bras autour de son cou.

 Je ne sais pas depuis combien de temps nous sommes là, mais je me rends compte que nous sommes seuls, sur la piste du restaurant. Je regarde la grande horloge murale qui se trouve face à l'entrée et je remarque qu'il est quatre heures du matin. Je n'ai pas vu le temps passer et je pense que lui non plus.

— Il est quatre heures du mat. 

— Il sera encore plus tard aujourd'hui.

— Oui, je sais bien, mais il est quatre heures du mat et nous sommes seuls, tout le monde est parti.

 Thomas s'arrête de danser et nous regardons autour de nous.

— Merde, je n'ai pas remarqué, ajoute-t-il.

 Il me sourit, passe son pouce sur mes lèvres, j'embrasse son pouce. C'est bizarre ces petits rituels qui s'installent. J'ai l'impression que cet homme est à moi. Je veux être la seule à pouvoir mettre ses cheveux en place, à embrasser son pouce, je veux, je veux... Je ne sais pas ce que je veux. Ce que je sais c'est que cet homme me fait un effet qu'aucun autre homme ne m'a fait et ne me fera plus jamais. Non, plus jamais.

 Nous nous dirigeons vers le bar. Le barman est endormi derrière son bar. Thomas fait le tour et le secoue gentiment.

— Ola, ola... on s'en va.

— Hein  ?  nous répond le barman endormi.

— On s'en va. Je suis désolé, je n'ai pas vu l'heure. Nous n'avons pas remarqué que nous étions seuls. Merci pour l'accueil, nous reviendrons  !

— Merci à vous. Des clients comme vous c'est génial et bravo pour votre musique, j'adore votre groupe  ! 

— Vous avez des places pour le concert de demain, enfin de ce soir ? 

— Non, je n'ai pas eu l'occasion d'en avoir. Ce n'est pas évident, avoir des tickets pour l'un de vos concerts relève du miracle  !

— Donnez-moi une carte de visite avec votre nom. Je vous en fais déposer deux pour ce soir.

— Vous êtes sérieux ?  demande le barman les yeux grands ouverts, tout à fait réveillé  !

— Oui, bien sûr. Je vous vois ce soir au concert  !

 Ils se relèvent tous les deux. Le barman prend une carte de visite et inscrit son prénom. Thomas lui fait livrer des places en téléphonant à Oliver et en laissant un message sur son répondeur. Une lueur de bonheur brille dans les yeux du barman qui se nomme Tim.

 Nous sortons et Boris a stationné la limousine juste devant l'entrée du restaurant.

— Boris, désolé, nous n'avons pas vu l'heure, lui dit gentiment Thomas.

— Ne t'inquiète pas Thomas, pas de soucis. Je vous dépose à l'hôtel et puis je rentre. Stephen prendra la relève demain.

 Le cuir moelleux des sièges nous attend. Il fait doux, chaud dans la voiture. Thomas s'installe contre moi. Nous nous connaissons depuis quelques heures à peine et mon corps réagit au sien comme si cela faisait des années. D'instinct, mes jambes se placent à côté des siennes. Il passe un bras par-dessus mon épaule et m'attire vers lui. Son menton se perd dans mes cheveux et je sens qu'il dépose quelques petits baisers au sommet de mon crâne, j'adore cela. Je m'installe au creux de ses bras, la tête en arrière sur son bras et je lui donne l'adresse de notre hôtel.

— Cela ne sera pas nécessaire, me dit-il.

— Pourquoi  ? Faudrait que l'on aille dormir quelques heures, non ? 

— Oui d'accord, tu as raison. Il faut que je dorme, j'ai besoin de reposer ma voix et je dois avouer qu'avec toi à mes côtés, je n'ai vraiment pas envie de dormir, confesse-t-il une lueur espiègle dans le regard.

— Donc, nous allons à l'hôtel... 

— Exacte, nous nous rendons à l'hôtel, mais j'ai fait transférer vos affaires dans le même hôtel que le nôtre. Comme cela on ne perd pas de temps dans les transports. On se voit directement demain, dit-il en passant ses doigts dans mes cheveux.

— Thomas, j'apprécie et j'aimerais beaucoup, mais il y a deux problèmes : je voudrais rester avec Nathalie parce que l'on fait ce roadtrip ensemble. Elle est ma grande sœur, je ne veux pas la quitter et de deux, je ne peux pas payer le genre d'hôtel dans lequel tu descends.

— Autre objection  ? 

— Non, pas du tout Thomas, ce n'est pas une objection, c'est la vérité. On a plaqué notre boulot pour suivre la tournée et même si on n'a pas à se plaindre, je n'ai pas les finances pour payer ce type d'hôtel.

— Ne t'occupe pas de ce genre de détails. Les affaires de Nathalie sont transférées et sont bien arrivées d'après ce que m'a dit Hector. Et je prends en charge vos notes d'hôtel.

— Mais Thomas... 

— Pas de "mais", me dit-il en passant son pouce sur mes lèvres.


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