CHAPITRE 2 : CAROLINE

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 Elle me suit, d'un pas lourd. Je veux lui faire une petite surprise pour son anniversaire. Vu que nous sommes en balade pour fêter nos quarante printemps, nous avons décidé de ne pas faire de dépense inutile. Suite à l'achat des tickets, j'ai choisi de lui offrir malgré tout un petit quelque chose, mais qui sera inoubliable pour des fans telles que nous.

 Elle reste dans mes pas et commence à se poser des questions. Pourquoi bouger ? Nous sommes au premier rang, il n'y a pas meilleure place pour un fan, être aussi près des musiciens est un régal pour les yeux et pour les oreilles.

 Nous partons à l'assaut du côté gauche de la scène, comme c'est inscrit sur nos billets et un gars charmant répondant au prénom d'Oliver nous accueille.

— Ah les filles, soyez les bienvenues. Vous êtes les deux premières. On attend vingt personnes en tout. Tenez votre badge, à mettre autour du cou, à ne pas perdre  ! Dirigez-vous vers la droite. Merci, à tout de suite. 

Nathalie me regarde et me prend dans ses bras lorsque je lui souhaite un « joyeux anniversaire »

— Hey, on avait dit pas de cadeau...

— Oui c'est vrai, on l'a dit, mais on n'a pas quarante ans tous les jours non ?

Elle me regarde, me sourit et je vois des larmes dans ses yeux.

— C'est le plus beau cadeau que l'on puisse me faire merci !

 Les autres fans arrivent. Nous sommes tous super, hyper excités. Le petit groupe de fans dont nous faisons partie saute, danse sur place au son de la batterie d'Hector. C'est un moment unique, il faut en profiter. On sait que l'on a encore devant nous un peu plus de deux heures à partager avec le groupe. Leurs concerts sont toujours magiques et certains d'entre eux durent plus de quatre heures, c'est le cas pour Hyde Park. Ils sont à la maison comme ils disent et ils en tirent profit.

 Oliver nous rejoint et nous accompagne sur scène. Les précédents fans retrouvent leur place dans la foule et nous, nous prenons place à côté de la batterie d'Hector. Nathalie est sur un petit nuage, je ne l'ai jamais vue aussi heureuse, aussi rayonnante. Hector nous accueille et salue le groupe de fans qui entre sur scène. Hugo s'est installé à la basse afin de nous livrer un solo. Nous sommes installées à côté de la batterie d'Hector et ce dernier nous fait la bise comme à chacune des femmes et serre la main de chaque homme présent. La tension est présente dans l'air et quelque chose se passe à ce moment-là... Hector serre Nathalie d'un peu trop près ou elle reste un peu trop longtemps à son contact...

 Julian remonte sur scène, vêtu d'un jean et d'un t-shirt dans les tons gris/noirs, comme à son habitude. Thomas revient en scène, le poing levé comme à chacune de ses apparitions, un bandana bleu dans les cheveux, un pantalon et une veste noirs sans oublier un t-shirt qui rappelle le bleu de ses yeux. Le concert reprend et je dois dire que c'est vraiment différent  ! En tant que fan, il y a eu l'époque des gradins, on suivait le concert via les écrans géants, puis on s'est abonnée au fan club et petit à petit on a eu les moyens de s'acheter des places de plus en plus proches de la scène. Et si un concert en gradins est génial, vivre un concert sur scène avec le groupe est tout à fait indescriptible. J'ai l'impression d'être dans un rêve, c'est tout simplement exceptionnel. Le concert reprend et la foule est de nouveau en transe. Vraiment, en voyant cela de ce côté-ci, je commence à comprendre ce que les artistes peuvent ressentir.

— Hey, tu imagines, il y a cent mille personnes devant nous, me fait remarquer Nathalie, ébahie.

— Ouais... je me faisais la même réflexion, c'est tout simplement grandiose, et ce n'est pas fini  !  lui dis-je en lui faisant un clin d'œil.

 Les morceaux s'enchaînent, une partie rock, une partie ballade comme lors de la première moitié du concert, sauf qu'un évènement majeur va survenir à cet instant et va bouleverser ma vie pour le restant de mes jours...

 Comme Monsieur Météo l'avait annoncé, il fait chaud, très chaud, trop chaud, mais la chaleur que je ressens en ce moment même n'a rien à avoir avec la température extérieure, ou si peu. Durant ma chanson favorite, « Never Say Always », Thomas se rapproche de nous et vient se mêler au groupe de fans qui est sur scène, comme il l'a fait au début et comme il le fera dans ses centaines de prochains concerts. C'est son habitude, il prend du temps avec ses groupies. Après avoir chanté une partie de la chanson en faisant la bise aux femmes et en donnant une poignée de main aux hommes, Thomas se trouve face à moi et mon cœur s'arrête de battre. Il me regarde de façon intense, son fameux sourire ravageur sur les lèvres, mon regard a capté le sien, il y a de la tension dans l'air, c'est palpable, incroyable. Une force magnétique entoure cet homme, une force qui m'attire vers lui et je suis sous son emprise, incapable de faire autre chose que de rester auprès de lui.

— Me feriez-vous l'honneur ? me dit-il.

 Nous sommes au milieu de la phase des ballades, plus précisément au milieu d'un slow magnifique et Thomas, mon idole, me demande de lui accorder quelques pas de danse... J'y réponds favorablement. L'ensemble des fans sur scène applaudit, ainsi que la foule. Julian entame son extraordinaire solo de guitare. Il y a cent mille personnes autour de nous, mais j'ai l'impression que nous sommes seuls au monde. Son regard n'a pas quitté le mien, sauf peut-être pour s'attarder sur mes lèvres, et j'ai fait la même chose. Je suis totalement conquise par ses magnifiques mirettes bleues qui me regardent, qui me transpercent jusqu'au plus profond de mon être. Ses yeux ressemblent à un lagon dans lequel on voudrait plonger pour ne jamais remonter à la surface. On a envie de se noyer dans un regard comme celui-là. Plus rien ne compte sauf ses éclats bleus plantés dans les miens.

 Je sors de ma béatitude à cause d'un fan qui émet un sifflement très sonore...

— Merci, merci pour tout ce que vous nous donnez depuis près de trente ans. C'est magique d'être ici  !

 Ses bras puissants me serrent d'un peu plus près. Il me toise de son mètre quatre-vingt cinq, ses cheveux sont longs, humides, ondulés et retenus par son bandana, mais quelques mèches s'en échappent. Ils ont une couleur de miel. Son corps est massif, robuste, dévastateur, tout comme son sourire. Il est heureux d'être là, cela se voit, se ressent. Il m'attire contre lui, mon corps se fond parfaitement auprès du sien. Je sens son souffle dans mon cou et même si je ne le vois pas en cet instant, je sais qu'un sourire se dessine sur ses lèvres. Mon Dieu, ses lèvres, magnifiques, pleines, qui appellent au baiser. Elles sont foncées, bien dessinées, légèrement humides. Il me serre encore un peu plus, me regarde et me dit :

— Je ne suis rien sans mon public, je ne suis rien sans tous ces fans, je ne suis rien sans les fans comme toi. Je donne sans doute, mais ma passion est mon travail, combien de personnes peuvent le dire ? Merci à toi d'être là, merci aux fans de la première heure. Vous avez cru en nous et nous sommes toujours là, grâce à vous, me dit-il en souriant et en me faisant un clin d'œil.

 Le solo de guitare de Julian se termine, mais ni Thomas, ni moi ne pouvons, ne voulons nous séparer. Ses yeux scrutent les miens, mes doigts s'enroulent autour des siens. Dans le lointain j'entends Julian qui reprend son solo de guitare depuis le début, et secrètement je l'en remercie. Cela me donne l'occasion de rester plus longtemps dans les bras de Thomas. J'ai trouvé ma place, c'est là que je veux être et nulle part ailleurs. Thomas me fait à nouveau tourner entre ses bras, me sourit et me dit :

— On se voit ce soir, d'accord  ? Quand je quitte la scène, tu pars avec Oliver. Tu es venue seule  ? 

— Non, nous sommes deux. 

— Allez rejoindre Oliver quand le concert est fini et suivez-le. On ira dîner. Cela te va ? 

 Quelle question ! je n'arrive même pas à lui répondre. Je hoche la tête. Il s'approche de moi en me disant :

— Réponds-moi, je veux une réponse !

Julian s'approche en lui disant :

— Mec, faut s'y remettre là... c'est à toi maintenant, deux solos ça suffit. Faut aller chanter. Elle est canon, mais faut chanter  ! 

— J'irai voir Oliver, c'est promis  !

— J'arrive  ! dit-il à Julian.

— Il est chiant ce mec... Je suis occupé...  me dit-il en me souriant. Je lui souris en retour. Il s'approche de moi, me prend dans ses bras, ses doigts parcourent mes lèvres, ma joue, ses lèvres effleurent les miennes en me disant « à tout à l'heure ».

Note (1):Santana et Richie, Richard Sambora sont deux guitaristes de groupe de rock. Richie a quitté le groupe Bon Jovi en 2013. Source : bonjovi.com

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