CHAPITRE 64 : CAROLINE

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"Le bonheur est la seule chose qui se double si on le partage"

Albert Schweitzer

 Nous sommes toujours en Floride, certains de nos amis sont restés après le mariage de Nathalie afin de passer quelques semaines de vacances avec nous, d'autres sont rentrés. Cela fait plus d'une année maintenant que nous vivons au rythme de la "dolce vita" et c'est plus qu'agréable. J'apprécie mon mode de vie, mon travail, ma vie de famille. Mes enfants ayant réussi leurs examens, ils profitent eux aussi du soleil. Mélanie entamera sa dernière année au mois de septembre et mon fils Stephen entrera en deuxième année de bachelor. Mélanie et Jackson ne se quittent plus, et j'avoue que cela m'a fait rire. Il y a quelques nuits, je ne pouvais pas dormir, bébé bougeait beaucoup.  Je me suis levée pour aller chercher de quoi boire à la cuisine et Jackson était à la porte de la chambre de Mélanie, je l'ai saisi en lui disant :

— Je peux savoir ce que tu fais dans la chambre de ma fille ?

 Il est devenu rouge pivoine, Mélanie m'a souri et a ajouté "viens rentre, je t'avais dit que maman était au courant".

 Il est rentré et le lendemain, il a transféré ses affaires dans la chambre de Mélanie. Au petit-déjeuner, il est arrivé le premier et entame la conversation :

— Bonjour Caro, ça va ?

— Bonjour Jackson, oui bien et toi ?

— Bien, Caro j'ai quelque chose à te dire, suite à cette nuit…

— Non, je ne veux pas savoir ce que tu faisais dans la chambre de ma fille, la question était purement rhétorique, je lui réponds avec un grand sourire.

— Tu ne sauras pas, promis, je voulais juste te dire que je suis heureux avec Mélanie. Je ne joue pas avec ses pieds. Je ne sais pas ce que les femmes de ta famille ont fait aux hommes de la mienne, mais vous nous menez par le bout du nez !

— Je suis heureuse que ma fille passe du temps avec un homme comme toi, mais fais attention, elle a dix ans de moins que toi, laisse lui sa jeunesse, et si tu ne te conduis pas bien avec elle, je te fais remarquer que je connais ton père et plutôt bien ! j'ajoute en lui faisant un clin d'œil.

— Tu n'es pas contre que l'on soit ensemble ?

— Absolument pas, cela se voit depuis des semaines !

— Non, tu te trompes, cette nuit c'était la première, je te le jure.

— Je ne dis pas le contraire, mais depuis que vous vous connaissez, vous vous tournez autour, cela se voit comme le nez au milieu du visage.

— Ouais, là tu marques un point. J'avoue qu'elle m'a tapé dans l'œil la première fois que je l'ai vue. Merci Caro, j'ai besoin de savoir que tu n'es pas contre, me dit-il en se passant la main dans les cheveux.

 Il a la même façon de le faire que Thomas, ses cheveux sont tout aussi longs et blonds.

— Tu es un homme bon Jackson, je t'apprécie beaucoup. Je suis heureuse que tu sois avec ma fille, vraiment, je te l'assure, je lui confirme en le prenant dans mes bras.

— J'ai raté quelque chose ? dit Thomas en entrant dans la cuisine et en nous embrassant à tour de rôle.

— Je t'ai toujours dit que Jackson et Mélanie étaient une affaire qui tourne. Cette nuit, Jackson est entré dans sa chambre et j'en suis très heureuse.

— Calme fiston avec les femmes de la famille !

— Promis papa, j'en suis tombé amoureux et ce depuis le premier jour où je l'ai vue.

— Je sais de quoi tu parles, ajoute Thomas en me prenant dans ses bras et en m'embrassant tendrement.

 Julian entre à son tour en faisant une remarque, comme d'habitude,

— Salut les amoureux ! Et mec, le tiroir est plein je te signale !

 Jackson lui tape dans l'épaule en disant "hey, calme avec mon frère ou ma sœur" !

 C'est toujours dans la bonne humeur que nos journées débutent. Nous passons beaucoup de temps tous ensemble : on se comprend, se soutient, s'apprécie, s'écoute, on s'aide, surtout lorsque quelques semaines plus tôt, Thomas a reçu un coup de fil de la part de Dorothé. Elle était sur le point d'accoucher et en vous voyant tous réunis ici, je me dis que la vie n'aurait pas été la même si vous n'étiez pas tous présents à ce que Thomas soit là. Ses paroles résonnent encore dans mon esprit. Mon coeur était pris dans un étau lorsque je l'ai entendu :

— Ma princesse, c’était Dorothé. Elle est rentrée à l'hôpital et elle demande que je sois présent.

— Alors attrape un avion et vas la rejoindre. Je sais que si tu es le papa du bébé, tu veux avoir ta place dans sa vie et je le comprends. Jamais je ne t'empêcherai de voir ton enfant, jamais Thomas. Mais je ne t'accompagne pas, je suis trop fatiguée pour prendre l'avion, mais s'il te plaît tiens-moi au courant.

— Je ne suis pas certain d'être le papa de cet enfant-ci. Je ne le ressens pas Caro.

— Vas-y, dans tout les cas. Tu es le père de quatre de ses enfants, même si celui-ci n'est pas à toi, elle te demande d'y aller, alors vas-y et tu verras après. Je t'aime et j'ai confiance en toi Thomas.

 Une heure plus tard, Thomas et Julian prenaient l'avion et allaient rejoindre Dorothé dans une clinique des environs de New-York. Thomas a assisté à l'accouchement, vu qu'elle prétendait qu'il était le papa. Julian m'a expliqué plus tard qu'il était sorti de la salle d'accouchement en faisant des bons de joie.

 Je me souviens que j'étais allongée sur un des transats qui bordent la piscine, un bon bouquin en mains, mais je n'arrivais pas à me concentrer. J'ai du vérifier que je n'avais aucun appel sur mon portable, un bon millier de fois ! L'écran va être usé à force de vérifier. Puis, je les entends arriver, enfin et j'avoue que je ne sais pas comment réagir ? Que dois-je faire ? Lui dire que je suis heureuse qu'il ait un enfant de plus, lui demander si tout va bien ? Je ne suis pas jalouse du bébé, mais du fait que Dorothé lui ait donné un enfant de plus, cela fait le cinquième, même si je sais qu'il m'a dit en partant qu'il ne pensait pas être le papa. L'ombre des oliviers bordant la piscine me protège du soleil. Je vois enfin Thomas : il court vers moi, un sourire aux lèvres.

— Ma princesse ?

— Je suis là Thomas !

 Il s'approche de moi, s'assied sur le transat et me sourit. Il prend mes mains dans les siennes et les embrasse. J'ai confiance en lui. Je l'aime d'un amour inconditionnel et je n'ai pas peur de le partager avec un enfant de plus. Mais elle, je ne veux plus en entendre parler, ce qui va être sacrement difficile vu qu'elle est la mère du bébé.

— Thomas, dis quelque chose s'il te plaît !

— Je t'aime ma princesse, chuchote-t-il en embrassant chacun de mes doigts.

— Je reformule la question, dis-moi quelque chose que je ne sache pas et qui est en rapport avec le bébé. Tout s'est bien déroulé ?

— Oui, l'accouchement s'est bien déroulé, le bébé va bien et Doro aussi.

— Doro, je t'avoue que je m'en fou, je lui rétorque en rougissant légèrement.

 Elle a été son épouse pendant près de vingt ans, elle lui a donné des enfants. Il doit tout de même ressentir quelque chose pour elle.

— Thomas, je suis désolée, je ne devrais pas dire ce genre de choses, excuse-moi.

— Tu peux le dire, tu le penses  ! me répond-t-il en faisant un clin d’œil.

— Oui, c'est vrai. Oh et puis merde, je déteste ton ex-femme ! Comment va le bébé, tu es son papa  ?

— Je ne suis pas le père !

 Ces six mots me font l'effet d'un boulet de canon. Je respire enfin, j'ai l'impression d'avoir contenu ma respiration au plus profond de mes poumons depuis que je l'ai vu arriver dans le hall.

— Tu es certain ? Vous avez fait des tests de paternité ? Je ne veux pas qu'elle vienne dans quelques mois avec une demande quelconque d'un juge.

— Oui, je suis certain, non pas de test.

 Je veux parler, mais Thomas dépose son index sur mes lèvres.

— Chuuuuut, je parle ! Oui je suis certain de ne pas être le papa, il n'y a aucun doute à ce sujet. Non, pas de test de paternité. Mais le bébé a le teint et les traits d'un homme de couleur, et je te jure qu'il n'y a aucun homme de couleur dans ma famille, aucun.

 J'ai fermé les yeux et j'avoue que j'ai savouré ce moment. Je n'ai rien contre le fait que Thomas ait des enfants. Il a vécu avant de me connaitre, mais un enfant de plus avec Dorothé, c'était un enfant de trop. Son index a été remplacé par ses lèvres et cela me fait un bien fou d'avoir sa bouche sur la mienne.   Je passe mes mains dans ses cheveux et il me sourit.

— Je n'ai pas été tranquille durant toute la journée. Tu n'as pas téléphoné, Julian non plus. Je t'avoue que toutes les idées noires possibles et imaginables se sont installées dans mon cerveau !

— Tu penses de trop ! Mais n'oublies jamais une chose, toi, tu es la personne la plus importante de ma vie. D'autres femmes peuvent prétendre que je suis le père de leur enfant, peuvent t'expliquer tout et n'importe quoi, ne les écoute pas, c'est toi et toi seule que j'aime. Je suis tombé fou amoureux de toi un soir d'été à Londres. Tu as bouleversé ma vie. Aujourd'hui j'ai la chance que tu me donnes un enfant, alors aucun doute, aucun songe, aucune idée négative, c'est toi et toi seule que je veux dans ma vie, dans mon lit, dans mon cœur et dans mon âme, toi, uniquement toi.

 Thomas est un homme très démonstratif et peu avare en déclaration, ni en caresse. Il joint le geste à la parole et ses lèvres retrouvent leur place sur les miennes. Bébé s'y mêle et Thomas reçoit un coup de pied dans la main qu'il a déposé sur mon ventre. Il s'interrompt, me sourit et parle à notre bébé:

— Mon bonhomme, ou ma puce, je ne sais pas, il va falloir que tu t'y fasses ! J'aime ta maman et je vais passer beaucoup de temps avec elle, à la caresser, à l'embrasser et ce avec ou sans ton consentement. Tu n'as absolument pas de droit de vote dans ce cas précis. Quand j'ai envie d'embrasser ta maman, je le fais.

 Il termine sa phrase en se baissant et en déposant de petits baisers sur mon ventre. Bébé se calme, les coups de pieds cessent. J'ai l'impression d'avoir un petit être jaloux en moi, cela ne sera pas facile à gérer, mais je suis tellement heureuse à l'idée de lui donner naissance ! Pour moi, cela fera mon troisième enfant, Thomas a été plus productif, il en sera à son septième. Le bonheur et l'amour sont incommensurables et il y en a assez pour tous, c'est certain.

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