CHAPITRE 62 : THOMAS (public averti)

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"Hâtons-nous de succomber à la tentation, avant qu'elle ne s'éloigne."

Epicure

 Je me réveille de bonne heure ce matin, c’est un grand jour. Nous assistons au mariage d’Hector et de Nathalie. Il y a une semaine, nous avons fait le voyage en Floride.  Ils veulent se marier les pieds dans le sable et ils le feront. Un tas d’amis de Nathalie ont fait le voyage avec nous. Elle aura quarante et un an le dix-neuf juin, nous sommes le dix-sept, comme prévu elle se marie l’année de ses quarante ans.

 Cela fait maintenant un peu plus de trois mois et demi que je m’endors et que je me réveille tous les jours à côté de Caroline mais rien à faire, j’ai toujours le souffle coupé dès que mes yeux se posent sur elle. Elle est au pays des songes, allongée sur le dos, les bras au-dessus de sa tête, ses cheveux sont étendus sur l’oreiller.  Mes yeux détaillent son corps, la courbe de ses seins fermes, pleins, arrondis depuis qu’elle porte notre bébé, sa jambe droite est allongée et la gauche est pliée, sa nuisette remonte le long de ses cuisses, son petit ventre est magnifique et je ne peux m’empêcher de le caresser.  Je m’approche d’elle, je lui masse le ventre en disant « bonjour bébé c’est papa, tu vas bien ? » un coup de pied me répond directement et j’adore cela ! Un bébé, elle porte mon bébé et j’en suis très fier. Je dépose ma main sur son ventre, la chaleur de ma paume calme souvent notre enfant, je ne veux pas qu’elle soit réveillée en sursaut. Bébé se détent et je m’allonge auprès d’elle. Je souris car je ne l’ai touchée qu’à la hauteur du ventre et déjà ses seins pointent vers moi, alors qu’elle est encore dans les bras de Morphée. Il est vrai que je suis réveillé, qu’elle ne m’a pas touché et que moi aussi je pointe vers elle. Il parait que la passion s’affaiblit avec le temps, l’espace, les années qui passent, chez nous, ce n’est pas le cas et jamais au grand jamais, cela ne le sera. Je l'espère ! 

 Le mariage de Nathalie et Hector est prévu pour quinze heures, ce qui nous laisse encore quelques heures. Tout est prêt, et la cérémonie se fait à quelques rues d’ici. Elle me surprend entrain de l’examiner, je suis pris en flagrant délit, même si je voulais dire que je ne fais rien, mon corps me trahit. J’ai toujours eu l’habitude de dormir nu et cela n’a pas changé en dormant avec la femme de ma vie. Donc même si je lui disais que je ne pense pas à elle, il lui suffirait de regarder vers le milieu de mon corps pour savoir que ce que je raconte est totalement faux.

 Je m’installe sur le côté, je lui caresse les cheveux, mon pouce descend le long de sa mâchoire et dessine le creux qui se trouve en dessous de sa clavicule. Mes doigts se perdent le long de la dentelle de sa nuisette, puis remontent sur ses lèvres. En passant, elle mord mon pouce et comme à chaque fois, ce simple mouvement actionne un levier en moi et un torrent de passion circule dans mes veines. Je m’approche d’elle et dépose un baiser sur ses lèvres :

— Bonjour ma princesse, tu as bien dormi  ?

— Bonjour mon prince, oui, cela fait du bien et toi  ?

— Toujours quand je suis à tes côtés, je lui dis en l’embrassant.

 Et c’est vrai. Elle a réussi a chassé mes démons. Il m’a fallu de nombreuses nuits pour trouver le sommeil après la mort de Sarah et de nombreuses fois Julian s’est trouvé au milieu de mon lit en me se serrant dans ses bras et en m’expliquant que tout allait s’arranger. Aujourd’hui, je suis calme, paisible, serein, j’aime la vie que le mène. Le destin me laisse respirer et mon oxygène se trouve à mes côtés.

 Mon baiser chaste se transforme très vite en baiser beaucoup moins chaste. Une fois de plus, nos corps se cherchent, se trouvent, se découvrent. Parfois cela me fait peur de devoir dépendre de Caroline comme je peux être à sa merci. Nous ne faisons plus qu’un, un seul corps, une seule âme, un seul cœur. J’aime cette femme jusqu’au plus profond de moi, je n’arrive pas à décrire ce qui se passe dans mon corps lorsqu’elle est auprès de moi. Mon cœur s’emballe tout en cessant de battre, mon sang se fige dans mes veines tout en faisant exploser un volcan.

 Ses lèvres sont douces, son corps est dur, elle me pousse gentiment sur le dos et s’installe à cheval sur moi. J’aime la voir comme cela au-dessus de moi. Elle fait passer sa nuisette au-dessus de sa tête et son corps s’offre à moi. Elle est enceinte de six mois et je n’ai jamais vu plus beau corps.  Ses seins sont fermes, ses hanches pleines magnifiquement formées, son ventre se dessine de plus en plus et je passe des heures à l’admirer. Je connais son corps, la moindre parcelle a été explorée par mes yeux, par ma bouche, par mes doigts, mais rien à y faire au plus je la regarde, au plus j’ai envie d’elle.

 Elle me sourit et passe ses mains sur mon torse. Elle aime jouer avec ma toison dorée, ses mains remontent et dessinent mon visage. Elle essaye de démêler mes cheveux qui sont en bataille et toujours longs, elle les aime comme cela et puis j’adore le temps qu’elle passe à jouer avec ma crinière. Elle s'approche de moi et ses lèvres se déposent sur les miennes, ses mains ont pris les miennes et elle remonte mes bras au-dessus de ma tête. Elle me sourit, m’embrasse tendrement, puis attrape ma lèvre inférieure et la mordille, ses lèvres sont humides et rosées, elles se déplacent vers le lobe de mon oreille et une fois de plus, elle me fait gémir. Cela fait quelques minutes qu’elle est réveillée auprès de moi et déjà je suis aux portes de la jouissance, alors qu’elle m'a à peine touché. Ses caresses sont la plus douce des tortures, elle le sait, et je le lui confirme lorsqu’une fois de plus, elle joue avec le lobe de mon oreille, l’anneau qui y est accroché et la partie la plus sensible de mon corps qui se situe juste en-dessous. Ses seins sont lourds et se déposent sur moi, quelle sensation magique de les sentir durcir même si je ne fais rien, ou presque. J’ai laissé mes bras au-dessus de ma tête comme elle les a mis, mais mon corps bouge pour être au plus près du sien, c’est un mouvement instinctif que je ne peux pas contrôler, et même si je le pouvais, je ne le voudrais pas.

 Ses mains parcourent mes flancs, ses lèvres déposent des milliers de baisers sur mon torse, elles s’arrêtent à ma poitrine et jouent avec mes tétons, elles agacent le gauche, le droit, le droit, le gauche et j’adore sentir ses lèvres sur moi. Elle a légèrement bougé, ses jambes sont autour du haut de mes cuisses, son sexe est collé à mes bourses et leur procure le meilleur des massages qui puisse exister. Elle m’embrasse à pleine bouche et sa main droite s’est emparée de ma queue, ses doigts sont doux et jouent avec elle. Ils lui impriment un mouvement de va et vient indescriptible, surtout lorsqu’ils s’arrêtent à la hauteur de mon gland. J’ai cambré le dos, je veux être auprès elle, en elle, j’ai besoin d’elle physiquement et émotionnellement. Quelques doux mouvements plus loin, j’attrape le drap qui est au-dessus de ma tête, mon corps s’est mis à bouger, je ne peux pas lui résister, surtout lorsqu’elle me regarde, elle me sourit, passe sa langue sur ses lèvres et descend encore sur mon corps afin de donner un ultime coup de langue à mon gland. Ce dernier mouvement m’envoie sur le chemin de la jouissance, et je me répands dans ses mains. Mon corps se calme, elle s’est couchée sur moi et c’est magique de sentir son corps sur le mien. Je relâche le drap, j’ai des morceaux de tissus en mains, on va devoir en acheter de nouveaux. Elle me sourit, m’embrasse et sa main pleine de ma semence se mêle à nos lèvres. C’est probablement le mouvement le plus érotique que je lui connaisse, je ne peux pas lui résister lorsqu’elle m’embrasse comme cela.

 Je m’assieds et je la soulève en même temps, elle est assise sur mes cuisses, mon sexe a faim d’elle et je veux m’immerger en elle. Mes doigts se faufilent dans la moiteur de ses chairs intimes, un doigt s’enfonce, un deuxième le rejoint, un troisième lui fait fermer les yeux et mon pouce lui massant son bouton tout rose la fait exploser sur ma main. Elle s’est lovée contre moi et je sens ses dents à la hauteur de ma clavicule, j’adore qu’elle me marque comme elle le fait, je lui appartiens et elle est ma propriété, mais ces petits gestes sont à nous et représentent énormément l’un pour l’autre. Elle m’embrasse, passe sa main dans mes cheveux, je sors mes doigts de son intimité et je les lèche, j’aime son goût. Nos doigts se mêlent, ainsi que nos langues, se découvrent une fois de plus et s’apprécient une fois encore. Elle s’est mise sur ses genoux, j’ai la tête en arrière et sa langue descend de plus en plus profondément dans ma bouche et j’adore cela. Nos mains se cherchent et se caressent, mes pouces pourraient passer des heures à masser le dessous de ses paumes et c’est ce qu’ils font en ce moment. Nos corps se rapprochent de plus en plus, j’ai faim d’elle, mon sexe a envie d’elle et c’est tout naturellement qu’il s’insinue dans sa moiteur. Elle est faite pour moi, mon gland entre doucement en elle, son fourreau est étroit, chaud, humide, façonné pour moi. Elle m’embrasse de plus en plus goulument et sans crier gare, elle s’empale sur moi. Mon sexe bute au fond du sien, je la regarde, je lui souris, j’empoigne ses hanches, si elle bouge d’un demi millimètre, j’explose en elle.

 Elle le sait, j’essaye de la maintenir en place, mais une fois de plus je perds le combat, ses lèvres jouent sur les miennes, ses mains sont sur mon corps, une sur le dessus, l’autre est passée derrière elle, puis en dessous afin d’aller jouer avec mes bourses, son majeur fait deux aller-retour, j’ai cédé en fermant les yeux et en rejetant la tête en arrière, ses hanches ont bougé sur les miennes et quelques secondes plus tard, j’explose en elle. Son sexe se frotte au mien et deux ou trois mouvements plus tard, elle me rejoint sur le chemin de la volupté. On a fait l’amour des centaines de fois, et à chaque fois, je me dis que c’est mieux que la précédente et je le pense, c’est magique de faire l’amour avec elle. C’est vrai qu’elle me fait jouir, aucun doute à ce sujet, mais il n’y a pas que le côté sexuel lors de nos ébats, elle a capturé mon corps, mon cœur, mais surtout elle a fait s’envoler mon âme vers des sommets qu’elle est la seule à m’avoir fait atteindre.

 Nous sommes affalés l’un contre l’autre, nos corps se supportent mutuellement afin de ne pas tomber. Elle ouvre les yeux, me regarde, me sourit. Nos mains parcourent nos corps mais sans connotation sexuelle, on a simplement besoin de sentir ce contact, de se toucher.

— Je t’aime Thomas.

— Je t’aime aussi ma princesse.

 Nous sommes toujours soudés l’un à l’autre, mais il y a une troisième personne qui donne des coups de pieds. Je pense que j’ai envahi une propriété privée, bébé n’est pas d’accord que je sois à cet endroit-là.  Je me retire d’elle, je la soulève afin d’avoir son ventre en face de mon visage.

— Bébé, c’est papa. On va mettre les choses au point et directement. Cet endroit du corps de ta maman est à moi et je m’y mettrai aussi souvent qu’elle le voudra. Tu n’as absolument rien à dire à ce sujet. J’aime ta maman, et je t’aime toi aussi.

 Je lui embrasse le ventre et je sens les coups de bébé se poser sur ma bouche. Bébé a compris, ses coups sont beaucoup moins forts qu’il y a quelques instants.

 Caroline s’assied à nouveau sur moi et m’embrasse tendrement en ajoutant :

— Cet endroit t’appartient et tu iras à cet endroit aussi souvent que je le désire ? C’est bien cela, j’ai bien compris ? me dit-elle en se frottant contre moi.

— Oh oui, tu as bien compris ma princesse.

 Nos corps ne forment plus qu’un. Heureusement que l'union de Nathalie et d’Hector est en milieu de journée, autrement, nous serions en retard et on n’arrive pas en retard à une noce, surtout pas au mariage d’un de mes frères.

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