CHAPITRE 53 : THOMAS

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« Soyez plus fort que votre passé,

le futur vous accordera peut-être une chance ».

George Michael

 Nous sommes à l'aube d'une année nouvelle. Ma famille réunie, nous avons passé de très bons moments durant Noël et à voir la fourmilière qui traverse la maison de part en part, je pense que nous aurons encore de bons moments pour le nouvel an.

 Caroline a fait venir plusieurs de ses amis pour fêter l'an neuf. Au début, je suis sans doute un peu maladroit, et surtout avec Christophe qui est le meilleur ami de son ex-mari. J'ai l'impression de ne pas être à ma place. Ils se connaissent tous depuis de nombreuses années, ils ont l'habitude de fêter les fêtes de fin d'année ensemble, mais je dois dire que cela me fait très plaisir de faire la connaissance du reste de ses amis. Ils sont tous gentils, prêts à donner un coup de main. J'essaye de m' incruster dans leur groupe, mais ce n'est pas facile, je m'en rends compte. Tout le monde se trouve en cuisine, on remarque qu'ils ont l'habitude de vivre ensemble, de fêter ensemble.

 Après quelques heures de discussions, de blagues, de retrouvailles, j'avoue que Christophe est vraiment un mec sympa, même si j'ai eu quelques appréhensions à son égard, je suis tout de même parti avec la femme de son meilleur ami. Dans le courant de la journée, nous avons fait deux allers retours à l'aéroport car ses amis venaient avec des vols séparés. Ils sont seize à avoir fait le déplacement. Je sais qu'elle a payé une partie du billet d'avion, elle ne me dit rien, mais je me rends compte que ses amis n'ont pas les moyens financiers dont je dispose. C'est un des traits de caractère que j'aime aussi chez Caroline, au début de notre relation, elle m'a expliqué qu'elle ne disposait pas des mêmes moyens financiers que les miens, mais je lui ai ouvert un compte, j'y ai déposé de l'argent et nous n'avons plus jamais parlé de ce sujet.

 Cela peut paraître présomptueux de ma part, mais l'argent ne fait pas partie de mes priorités.  Cela n'a jamais été le cas, même si je peux dire que j'ai été dans la merde et que sans mes parents, je n'y serais pas arrivé. Je suis fils d'ouvrier, mon papa avait trois salons de coiffure et ma maman travaillait chez Playboy, au début en tant que Playmate et après, elle a terminé au service à la clientèle. Nous n'avons jamais manqué de rien, nous avions un toit sur la tête, des assiettes bien remplies, des vacances, et puis surtout nous avions de l'amour. Et encore aujourd'hui quand je vois ma maman, Carole prendre son arrière-petite fille Victoria dans ses bras, je constate que l'amour est toujours présent et c'est le bien le plus précieux que je possède dans ce monde. Je suis appuyé sur la balustrade de l'étage et je regarde tout ce petit monde évolué autour de moi, enfin en dessous de moi pour être plus précis.

 Caroline arrive par derrière et passe ses bras autour de ma taille, j'aime toujours autant son contact sur mon corps, jamais je ne cesserai de ressentir cette joie que j'ai dans le cœur quand cette femme, quand MA femme s'approche de moi. Je passe mes mains sur les siennes et je me dis que je dois me décider, je dois lui faire ma demande en mariage, plus rien ne s'y oppose, nous sommes divorcés tous les deux. J'ai parlé à ses enfants pour commencer, j'ai besoin d'elle, je veux que cette femme fasse partie de ma vie officiellement, je l'aime comme un fou, j'ai vraiment besoin d'elle.

— À quoi penses-tu mon prince  ? me dit-elle en déposant son visage dans mon dos.

— À toi, à nous, à notre famille que je vois ici en bas, à tes amis.

— Pas facile avec Christophe  ?

— Non, mais maintenant je trouve que c'est un gars sympa. Je le comprends, je t'ai volée à son meilleur ami. J'accepte ses remarques, elles sont justifiées. Il ne me connait pas, mais je pense que nous sommes partis sur de bonnes bases, en travaillant un peu, je sais que nous serons amis, un jour.

— Je lui ai parlé il y a quelques instants et je lui ai expliqué que c'était ma décision aussi. Je ne voulais plus rester lorsque Paul m'a frappée. Il ne le savait pas, Paul ne lui a pas parlé de cet épisode, donc il faut le comprendre, il n'avait pas tous les éléments en mains pour juger.

— Je suis content en tout cas que toutes ces personnes soient venues jusqu'ici, cela me fait plaisir de faire leur connaissance. Toi tu connais toute ma tribu, tu en es une pièce maitresse, alors j'avais envie de rencontrer des personnes qui te sont chères.

— Merci Thomas de les accueillir aussi, je suis heureuse de les voir. J'ai eu l'habitude de vivre avec ces personnes, alors c'est vrai que lorsque j'ai pris la décision de rejoindre ton monde, j'ai laissé tomber une partie du mien.

— Tu le regrettes ?

— Pas le moins du monde, n'aie aucun doute à ce sujet, aucun doute  ! me dit-elle en me retournant et en essayant de remettre mes cheveux en place. Elle reprend :

— Je t'aime Thomas Da Vinni, toi, et les tiens. Je suis contente d'avoir pris la décision que j'ai prise et d'avoir tout laissé tomber. Je suis heureuse de vivre avec les tiens, je suis comblée de vivre avec toi. Tu es un homme exceptionnel, j'aime ton charisme, ta gentillesse, ta douceur, ta joie de vivre, j'aime ton caractère fort qui dit non et qui le pense, j'aime remettre tes mèches en place, j'aime la façon que tu as de regarder tes enfants, te voir prendre tes petits enfants dans tes bras et leur chanter une chanson, j'aime la rose que je trouve le matin sur mon oreiller, j'aime me réveiller dans tes bras, de passer la nuit à faire l'amour avec toi, de te voir concentré, occupé à écrire, je t'aime toi, tout simplement, tu es absolument tout ce que je désire, absolument tout.

 Pendant que je l'écoute, mes mains dessinent le contour de son visage et se perdent dans ses cheveux, Seigneur, merci de me l'avoir envoyée  ! Cette femme représente tout ce dont j'ai besoin dans ma vie, elle est mon oxygène, ma lumière, le sang qui coule dans mes veines, elle est mon âme sœur, ma muse, la femme qu'il me faut, la femme avec laquelle je veux vieillir, elle est MA femme. Cette idée passe de plus en plus dans mon cerveau, il faut que je trouve le bon moment pour la demander en mariage.

 J'attrape l'anneau que je lui ai offert à Rome lorsque je lui ai dit la première fois que je l'aimais. Elle le porte tous les jours, même si d'autres bagues sont à ses doigts, cet anneau, elle ne l'enlève jamais et ça me fait sourire. Je lui prends la main et j'embrasse chacun de ses doigts. Mes yeux rencontrent les siens, mon regard se visse au sien, mes lèvres trouvent les siennes et je scelle son discours par un tendre baiser, qui est soudain interrompu par Julian. Il est sous l'escalier et me dit :

— Et mec, arrêtez de vous tripoter comme cela, vous allez encore baiser comme des lapins  !

— J'aime baiser comme un lapin, lui répond Caroline en me souriant.

 C'est sa place, elle est là où elle doit être, chez moi, auprès de moi ! Sa réflexion me fait sourire, mais elle a raison, on aime cela .

 Nous descendons et nous donnons un coup de main afin de tout mettre en place pour fêter le nouvel an. Nous sommes une bonne cinquantaine ce soir à dîner ensemble et je constate que tout le monde aide tout le monde. Même si aujourd'hui nous avons du personnel à demeure, il n'est pas question que l'on reste à regarder, sans bouger, ce n'est pas notre genre. Carmen est en cuisine, elle gère le repas, mais elle sera assise avec nous à table afin de fêter le passage à l'an neuf.

 Je passe en cuisine afin de demander à Carmen si elle a besoin de quelque chose, et elle me répond que mon aide est la bienvenue. Il faut remplir les frigos de boissons, ce que je fais. Je m'interroge juste de savoir dans quel état nous serons lorsque les frigos seront vides, entre la bière que Caroline a fait venir de Belgique, la meilleure du monde selon elle et elle a raison, le vin blanc, le champagne, le limoncello, la grappa et tout un tas de bouteilles que je ne connais pas, je me dis que je n'arriverai jamais à remonter dans ma chambre cette nuit, enfin demain matin.

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