CHAPITRE 42 : THOMAS

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« Il existe des personnes qui sont des lumières pour tous, parce qu'elles savent aimer.

Quand on les rencontre, elles nous remplissent de joie car par leur attitude,

elles remettent de l'ordre dans le monde des valeurs. »

Auteur Inconnu

 J'avoue qu'elle m'a fait rire en me disant que mon corps n'avait pas reconnu ses mains, c'est tout bonnement impossible. J'ai l'impression que nous sommes connectés d'une façon ou d'une autre. Je n'arrive pas à l'expliquer, mais quand elle est présente, je le sais, même avant de l'avoir vue et puis j'avoue que j'avais besoin de ce massage, je me suis laissé faire, ce qui n'était pas désagréable.

 La tournée est rude, nous sommes sur scène cinq soirs sur sept. Je sais bien que tout le monde travaille au minimum cinq jours par semaine, mais lorsque vous faites un job, vous avez le droit de souffler, nous pas, lorsque nous mettons un pied sur la scène c'est pour au moins trois heures, souvent quatre. Notre répertoire est vaste, nous chantons depuis presque trente ans, forcément, nous avons quelques chansons en stock.

 Notre public est très varié, nous avons des personnes qui sont plus âgées que nous, elles nous ont entendus lorsqu'elles avaient une bonne trentaine d'années.  Nous avons la catégorie qui a le même âge que nous, et puis nous avons les petits jeunes qui ont découvert notre musique souvent grâce à la catégorie précédente. C'est la raison pour laquelle nous restons aussi longtemps sur scène, on essaye de toujours mettre un large éventail de style dans nos concerts. Bien sûr au fil du temps, les albums se sont accumulés, les hits aussi, l'ensemble de nos albums s'est glissé dans le top ten du Bilboard, j'avoue que ce genre de chiffres me fait toujours chaud au cœur.

 Je sais bien que tout ce que je viens d'évoquer n'est qu'une multitude d'excuses afin de sentir ses mains sur moi et le problème c'est que cette demi-heure ne m'a absolument pas satisfait, j'en veux plus, beaucoup plus. Cela fait cinq semaines que nous ne nous sommes pas touchés et j'ai l'impression d'être un junkie dans sa phase de manque. J'ai beau m'occuper l'esprit, j'ai beau écrire, passer du temps avec mon public, avec les personnes que j'aime, invariablement mon cerveau se retourne et se met en direction de cette femme, de MA femme. Je pense à elle toute la journée, du réveil jusqu'au coucher, et même dans mes rêves. Une mélodie à la radio va me faire penser à elle, une rose dans un jardin, ou une femme qui a de longs cheveux blonds comme les siens. Je peux me concentrer en écrivant pendant plusieurs heures, je dépose mon stylo et la première image qui apparait dans mon esprit est cette splendide créature qui se trouve ici devant moi, dans mes bras.  Alors quand elle croit que mon corps n'a pas reconnu ses mains, elle est tellement loin de la réalité.

 Mes mains ont parcouru ses avant-bras, ses mains, ses doigts, ma bouche s'est promenée sur la sienne, sur son cou, sur sa mâchoire, j'ai envie d'elle, c'est un besoin et ma tenue d'Adam ne va pas me permettre de lui raconter le contraire. Je sais qu'elle ne peut pas avoir de rapports intimes durant quelques semaines suite à la perte de notre bébé, mais bon sang, ce que cette femme peut me manquer, pourtant je ne la toucherai pas si elle devait me dire qu'elle a mal, qu'elle a encore quelques soucis de ce côté-là. J'ai envie d'elle, mais je veux qu'elle me donne son feu vert, pas question que je lui saute dessus comme je fais d'habitude.  Malgré la distance et le décalage horaire, nous nous sommes parlés au téléphone tous les jours, ou via Skype, merci la technologie  ! Mais rien de tel que de sentir son parfum, de sentir ses doigts sur ma peau, ses mains dans mes cheveux, ses lèvres sur moi, jamais je ne m'en lasserai, c'est impossible. J'ai cette femme dans la peau et au fur et à mesure que nous passons du temps ensemble, je me dis que cela va se calmer, mais à chaque fois que je la vois, j'ai encore plus envie d'elle que la dernière fois.

 Julian m'a un jour demandé si je l'aimais plus que Sarah, à cette époque j'ai hésité une fraction de seconde, mais aujourd'hui je sais que si Sarah était encore en vie, je partirais avec Caroline. J'ai pu aimer Sarah à la folie, Dieu m'en est témoin, mais Caroline, bon sang, je n'arrive pas à exprimer ce que je ressens pour elle. Depuis que nous nous sommes quittés, j'ai écrit deux textes dont je suis très fier, je voudrais les lui faire lire. Ils parlent d'elle bien sûr, tous les deux. Le premier a pour titre « You » et le second « Words Can't Say What Love Can Do ». Si elle les apprécie, je demanderai au groupe de mettre de la musique là-dessus. Personne ne les a lus, même pas Julian, c'est tout dire. Elle me sort de ma rêverie en me disant  :

— À quoi penses-tu mon prince ?

— Au fait que je t'aime, au fait que j'ai écrit plusieurs textes, mais je voudrais ton avis sur deux en particulier.  Si j'ai ton accord, on mettra de la musique dessus.

— Mon accord ?

— Oui, je voudrais ton avis, et ton accord, c'est toi qui me les as inspirés, alors oui je souhaite que tu les lises, je lui réponds en l'embrassant dans le cou.

 Mon corps va s'embraser si elle reste aussi proche de moi. C'est vraiment une catastrophe physique d'être aussi près d'elle. Un volcan est en ébullition dans mes veines. Je pense que si l'on prend ma température interne en ce moment, je fais exploser le thermomètre.

— D'accord, je ferai cela. Je t'ai inspirée ?

— Tu es ma muse depuis que je t'ai rencontrée. Chaque artiste en a une, tu es la mienne.

 Elle me sourit et m'embrasse tendrement. Ses doigts se perdent dans mes cheveux, ma main gauche est dans son dos et je l'ai encore approchée de la table. Ma main droite est en train de serrer cette maudite table, j'ai les jointures des doigts toutes blanches, je ne vais pas pouvoir résister à son corps très longtemps. Ses baisers se font moins ardents, mais un sourire coquin se dessine sur ses lèvres.

— Cher Monsieur Da Vinni, je ne pense pas avoir terminé mon massage. Il y a encore plein d'huile à notre disposition, nous n'allons tout de même pas la gaspiller, cela serait dommage  !

— Tout à fait d'accord avec vous, Madame Lance. Que proposez-vous ?

— Je propose de reprendre le massage où je l'avais arrêté. Couchez-vous sur le ventre s'il vous plait.

 Je m'exécute. Ses mots ont un pouvoir sur mon corps. Je lui obéis au doigt et à l'œil. Je suis certain que mon cerveau n'analyse même plus ce qu'elle me demande de faire, j'agis, c'est tout et je ne le regrette pas, c'est certain.

 Je veux remettre la serviette autour de mes hanches, mais elle n'est pas du même avis, et elle a entièrement raison. J'entends qu'elle retire son pull, son t-shirt. Je me tourne et le spectacle qui s'offre à moi est magnifique. Elle s'est déshabillée, il ne lui reste qu'un slip et un soutien gorge. Je constate que c'est un ensemble que je ne connais pas, je ne l'ai jamais vue dans des dessous de couleur orange. Elle a l'habitude d'assortir ses sous-vêtements à la couleur de son t-shirt ou de son chemisier. En tout cas, j'adore, la couleur lui va parfaitement au teint et la forme en corbeille met sa poitrine en valeur. J'ai beau avoir l'habitude de la voir comme cela, je déglutis toujours lorsqu'elle est habillée ainsi.

— On se détend cher Monsieur, allongez-vous et laissez-moi faire.

 Une dizaine de mots qui déclenchent un torrent en moi. Je vais avoir difficile physiquement d'être à plat sur le ventre, ce n'est pas possible, mais je m'installe comme elle le demande. Je suis allongé, les bras vers l'avant. Elle passe devant moi, attrape mes cheveux, fait une tresse dedans et les noue. Je ne connais rien de plus agréable que ses mains dans ma tignasse. Je sais qu'elle aime que je les porte long, depuis que nous nous connaissons, je ne les ai plus coupés. Elle prend de l'huile dans ses mains et l'étale sur mes bras, en passant entre chacun de mes doigts jusqu'à la base de mon cou. Quel sentiment délicieux, j'adore ! Puis elle recommence à me masser le dos. Elle est face à moi, ses mains descendent dans mon dos, ses cheveux effleurent mes épaules, sa poitrine gonflée fait des allers-retours le long de mon dos. Après de nombreux mouvements comme cela, elle change de position, sans enlever ses mains de mon corps. Elle se met sur mon côté gauche, prend de l'huile dans les mains et me masse les fesses. Pour être un massage total, c'est un massage total, enfin je voudrais qu'il soit plus que complet. Elle le sait, elle le ressent, je me tais en savourant simplement le contact de sa peau sur la mienne.

 Elle est plutôt sage, ce qui m'étonne et me déçoit en même temps. Ses mains passent sur mes fesses, ma raie anale n'a eu droit qu'à un seul passage et mes deux orphelines aussi et je veux plus, beaucoup plus. Ses mains descendent le long de mes jambes, elle me masse les cuisses, les genoux, les mollets, les pieds en s'attardant à chacun des orteils. Si je devais mourir que ce soit aujourd'hui, j'aurais connu l'extase d'être au paradis. Elle remonte ses doigts tout au long de mon corps, ses cheveux se mettent devant moi et elle me murmure « tourne-toi, mets-toi sur le dos ».

 Je ne me fais pas prier, je m'exécute directement. Elle prend de l'huile dans ses mains, me masse le torse, elle dessine mes abdos, toujours en étant au-dessus de ma tête, ses bras se frottent contre mes flancs et plus d'une fois, elle me fait gémir de plaisir. Je n'ai aucune honte à cela, cette femme me plait et je le lui fais savoir. Si elle dessine plusieurs fois la ligne en V qu'elle aime tant, elle prend soin de ne pas toucher mon sexe et je déteste cela, mais je la laisse faire. Une fois de plus, elle change de position, se met le long de mon corps, masse une fois encore mes abdos, caresse les deux côtés de mes aines, passe dans ma toison dorée, mais jamais ne s'arrête sur mon sexe. Si elle continue comme cela, je vais exploser sans qu'elle ne me touche, c'est vraiment un supplice. Elle le sait, lorsque je la regarde, son regard est soudé à mon corps, elle analyse la moindre de mes réactions et s'en délecte.

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