CHAPITRE 30 : THOMAS

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« Un ami est celui qui vous laisse l'entière liberté d'être vous-même »

Jim Morrison

 Mon réveil sonne quelques secondes après que j'ai ouvert les yeux, je l'éteins avant qu'il ne fasse trop de bruit et qu'il ne réveille Caroline. Nous avons passé une superbe nuit, elle est toujours lovée dans mes bras. Je me suis éveillé cette nuit car mon pantalon et mon boxer me serraient les jambes, j'ai vraiment un problème de vêtements. Je me suis déshabillé et j'ai repris ma place, à côté d'elle, son corps collé au mien. En bougeant je comprends pourquoi je me suis réveillé avant que mon réveil ne le fasse, je suis aussi tendu qu'un arc à flèches, il n'y a pas que mon pantalon qui me pose des problèmes, ce qu'il y a dedans aussi. J'ai passé toute une partie de la nuit à faire l'amour avec cette splendide femme, je me réveille quelques heures plus tard, et mon corps a toujours aussi faim d'elle, si physiquement cela peut sembler être parfois embêtant, émotionnellement, je n'ai jamais été comblé comme cela. Aucune femme ne m'a jamais fait l'amour comme peut le faire Caroline. Je dépose un baiser sur son épaule, elle se retourne, ouvre un œil et je lui souris :

— Bonjour ma princesse, tu as bien dormi  ? Faut que je me mette en route si je ne veux pas rater l'avion, on joue au Madison ce soir, et c'est vrai, nous devons encore traverser l'Atlantique, il faut que l'on se mette en route.

— Bonjour mon prince, oui bien dormi, mais pas assez, me dit-elle, tu occupes mes soirées, ajoute-t-elle en se mettant sur le dos.

 Lorsqu'elle bouge, la couette glisse de son corps, une jambe nue sort de l'édredon et sa poitrine se découvre elle aussi. Elle passe ses mains dans mes cheveux et me sourit en ajoutant :

— Tu as bien encore dix minutes à me consacrer, non ?  un sourire coquin sur les lèvres.

 Je ne peux pas lui résister, je ne le veux pas, et je lui réponds : « un quart d'heure même  ». Je m'installe au-dessus d'elle, ses jambes s'écartent le plus naturellement possible et mon corps se fond dans le sien. Elle a raison, dix minutes suffisent afin que nous nous emmenions mutuellement aux portes de la jouissance. Je suis essoufflé, allongé, au-dessus d'elle, ses mains passent des milliers de fois dans mes cheveux et j'adore ses gestes. Nos corps semblent repus, enfin pour quelque temps je pense. Je l'embrasse sur les lèvres et sur le nez et je lui dis « il faut que j'y aille, je t'appelle dès que nous arrivons ». Je passe ma main le long de sa mâchoire, cette femme est faite pour moi, son corps réagit à chaque mouvement du mien. Elle me sourit, m'embrasse et me dit « soyez prudents et téléphone-moi. Je t'aime Thomas ».

— Je t'aime aussi ma princesse.

 Je me lève, remonte la couette sur son corps et vais prendre une douche. Les jets chauds de l'eau me font beaucoup de bien, ils détendent les nœuds que j'ai dans le dos. On accomplit beaucoup d'exercices, mais on dort peu, il va falloir que l'on trouve un rythme. Nos corps ont besoin de repos, mais je pense qu'ils ont encore plus besoin l'un de l'autre. Je m'habille en passant un jean bleu, une chemise bleu ciel, un pull sur mes épaules, j'enfile mes baskets et prends en main mon passeport, mon portable, mon portefeuille. En passant, j'ai pris une rose rouge du bouquet et la dépose à côté de son visage. Je l'embrasse, mais elle s'est rendormie. Je lui murmure à l'oreille : « fais de beaux rêves ma princesse, prends soin de notre bébé, je t'aime, je vous aime ».

 Je sors de l'appartement et notre voiture arrive, tout le monde est déjà prêt, nous nous dirigeons vers l'aéroport, notre avion nous attend. C'est l'avantage d'avoir de l'argent. On ne dépend pas d'un avion de ligne, on voyage ensemble, mais nous avons de l'espace, des chambres, un bar, absolument tout ce qu'il nous faut pour passer un bon voyage.

— Bonjour, bien dormi les gars  ? dis-je en rentrant dans la voiture.

— Nous oui, mais toi tu n'as pas l'air d'avoir beaucoup dormi, constate Hector.

— C'est toi qui me fais la morale.... Tu as la même tête que la mienne, je lui rétorque en souriant.

— Thomas, merci, c'est grâce à toi que j'ai cette tête-là, précise Hector.

Julian met son grain de sel, bien sûr en demandant : « quoi, vous baisez ensemble  ? Mais c'est dégeu, beurkkkkkk  ! ».

— Idiot va, je lui dis en frappant son épaule de mon poing. Il me sourit et me fait un clin d'œil : « je suis ravi pour vous deux, vous êtes heureux et cela se voit ».

— Sérieusement merci Thomas, c'est toi qui as vu Caroline en premier et qui as demandé à Oliver de s'occuper des filles pour un premier rendez-vous. Si tu ne l'avais pas vue, je n'aurais pas rencontré Nathalie, alors merci, répète Hector en me regardant droit dans les yeux.

— Avec plaisir, je lui dis en lui faisant un clin d'œil.

 Cela fait pratiquement trente ans que l'on se côtoie, on connaît nos goûts, notre façon de parler, nos idées sur la musique ou sur la politique, alors quand ce gars me dit « merci » c'est qu'il le pense. Nous avons toujours eu pour principe de nous dire ce que l'on pensait. On ne s'est jamais fait de cachotterie et je crois que c'est la base de notre amitié, sans cela nous ne serions jamais arrivés là où nous sommes.

 Comme à son habitude, Oliver s'est occupé de tout, nous devons juste passer la douane afin de montrer si nos passeports sont en règle. Aucune inquiétude de ce côté, vu que Katie s'occupe de cela depuis plus de vingt ans. Une fois installés dans l'avion, nous passons en revue la liste de la tournée, nous avions un trou d'une semaine, mais Oliver nous a fait rempiler pour quatre soirs au Madison Square Garden. J'aime cet endroit, les gens y sont accueillants, l'acoustique est très bonne et puis c'est aussi le premier grand stade que l'on a rempli, on est un peu à la maison au Madison. Après un peu plus de deux heures de briefing, Oliver nous fait comprendre que tout est dit et que s'il n'y a plus de questions, on devrait se reposer. Hector ne se fait pas prier et se dirige dans une des chambres, Hugo l'accompagne. Je pense qu'ils tombent dans les bras de Morphée dès qu'ils ont déposé leur tête sur les coussins, en tout cas, on ne les entend que quelques minutes avant l'atterrissage. J'en profite pour m'installer confortablement auprès de Julian, il n'a pas quitté son smartphone, c'est une chose qu'il ne fait jamais, je m'interroge, ces derniers temps, diverses petites choses ont changé :

— Ca va mec  ? Tu sembles soucieux, je m'inquiète en prenant sa main dans la mienne.

— Je ne vais pas dire que ça va, tu sais très bien que ce n'est pas vrai, mais je ne sais pas comment en parler, et certainement pas comment t'en parler à toi, me répond-il en pressant ses doigts aux miens.

 Il me regarde et ses yeux sont humides, mais il ne pleure pas, même s'il sait que je ne perçois pas cela comme une faiblesse. C'est important de montrer ses sentiments auprès des personnes que l'on aime, et comme je l'ai déjà dit, on fait tous partie des grandes gueules qui montrent leurs sentiments, surtout vis-à-vis les uns des autres.

— Prends ton temps, sache que je serai là quand tu seras prêt.

— Je sais, me dit-il, en se couchant dans mes bras.

 Il dépose son visage sur mon épaule et ferme les yeux. Je passe mon bras autour de ses épaules. De mon autre main, j'attrape ma veste et je la dépose sur lui. J'embrasse ses cheveux et je le serre dans mes bras en ajoutant : «  je suis là et je t'aime petit frère  ». Il ne me répond pas, mais quelques instants plus tard, je sens son souffle ralentir, sa main sur ma hanche devient plus flasque, il s'est endormi, il a besoin d'être rassuré. Je ne sais pas ce qu'il a, mais dans tous les cas, il aura mon soutien et celui d'Hector et d'Hugo. Julian dort toujours dans mes bras, il devient lourd, mais je n'ai pas envie de le bouger de sa place. J'ai l'impression que cela fait des jours qu'il ne s'est pas reposé comme cela.

 Je n'arrive pas à dormir, j'ai un poids sur l'estomac : un mec de quatre-vingts kilos. Mais je ne bouge pas, je me remémore la discussion que j'ai eue hier avec Stephen et Mélanie. Je leur ai demandé si je pouvais leur parler et cela m'a fait du bien. Je leur ai expliqué que j'étais tombé follement amoureux de leur mère et que c'était réciproque. Je ne veux pas perdre de temps, j'aime cette femme, j'aime cette famille et je veux en faire partie. Stephen m'a juste expliqué que si je faisais du mal à sa mère, il me casserait la figure, au moins c'est clair, je n'ai pas besoin d'autres explications. Ils adorent leur mère, l'un comme l'autre et lorsque je leur ai mentionné que nous avions une nouvelle importante ce soir, ils ont souri tous les deux. Caroline est entrée à ce moment-là et nous leur avons annoncé qu'ils allaient avoir un petit frère ou une petite sœur. Stephen a fait le dur, mais lorsqu'il a fait tourner sa mère dans ses bras, ses yeux étaient humides. Mélanie m'a fait remarquer : «  tu ne perds pas de temps, futur beau-père  ! bienvenu dans la famille  », j'adore cette gamine. Elle est plus réservée que sa maman ou son frère. Elle parle peu, mais ses mots sont toujours précis.

Hugo et Hector sortent de la chambre et viennent nous rejoindre.

— Bien dormi ? je leur demande .

— Oui, cela a fait un bien fou et toi  ? Pas trop lourd à porter notre grande gueule, demande Hector en passant sa main dans les cheveux de Julian.

— Je ne sais pas ce qu'il a, mais quelque chose le tourmente. Il m'a dit qu'il ne savait pas comment en parler, et surtout qu'il ne savait pas comment m'en parler, à moi personnellement. Vous savez quelque chose que je devrais savoir aussi ? je les questionne.

— Non, rien Thomas, juste que je trouve qu'il est vraiment calme ces derniers temps, enfin avec les femmes je veux dire. Cela fait plusieurs mois qu'il agit comme cela. Il regarde, comme il a toujours fait, mais il ne prend plus de numéros de téléphone, il ne sort plus jusqu'au milieu de la nuit, il a changé, mais je ne sais pas à cause de quoi, me dit Hector.

— Ou à cause de qui, précise Hugo.

— Quoi, tu penses qu'une nana a pris son cœur ? Lui le Don Juan de service, je déclare incrédule.

— Je pense qu'une femme peut changer un homme et ce n'est pas toi qui vas me contredire, précise Hugo en souriant, et je sais de quoi je parle, même si je suis marié depuis vingt ans, Jennifer me fait toujours autant tourner la tête, je vous l'assure, nous avoue-t-il en ouvrant une bouteille d'eau.

— Sérieusement, tu vois Julian casé, lui qui change de femme comme de chemise...

— S'il a trouvé la perle rare, pourquoi pas  ? En tout cas, il faudra qu'elle soit sacrément patiente, un mec comme lui ne s'est jamais contenté d'une seule femme, laisse tomber Hector.

 Nous arrivons sur le tarmac de JFK à New-York, nous avons vingt minutes d'avance sur notre planning, nous passons les services de sécurité et nous mettons en route pour le Madison. Dans la voiture qui nous fait traverser New-York, j'attire l'attention de mes frères sur un sujet qui me préoccupe énormément, à savoir Caroline, je ne veux pas qu'elle reste loin de moi, surtout depuis que je sais qu'elle est enceinte, il n'en est pas question.

— Je ne sais pas ce que l'on peut faire, mais je ne veux pas vivre sans elle, je décrète en ouvrant la conversation.

— Si on disait la vérité, simplement la vérité, nous suggère Julian.

 J'avoue qu'à ce moment-là, nous restons tous les trois sans voix.

— Tu es prêt à faire cela ? Je lui demande, même si je connais la réponse. S'il a proposé de le faire, oui, il est prêt à le faire.

— Moi oui, Thomas je n'ai pas honte de ce que j'ai fait, oui on a fait les gigolos et alors  ? On était majeur, les femmes étaient consentantes, on n'a commis aucun viol, aucun abus n'a été fait. Toutes les femmes qui sont passées dans notre lit, le voulaient. Aucune obligation de notre part et on a reçu une rémunération pour service rendu. Si je devais le refaire, oui je le ferai sans aucune hésitation. Alors oui, je suis prêt à dire la vérité et je pense honnêtement que les fans apprécieront plus si on le dit durant la tournée, si on l'annonce nous-mêmes que s'ils devaient l'apprendre via un journal à scandales quelconque. Si on en parle nous-mêmes, on raconte notre histoire, sans tabou, sans préjugé, c'est notre histoire, on la connaît mec, on peut en parler, qu'en pensez-vous les gars  ? nous dit Julian.

— Je suis pour, nous confirme Hugo.

— Moi aussi, ajoute Hector, Julian a raison, personne d'autre ne connaît mieux notre histoire que nous-mêmes, non  ? À toi de voir Thomas, mais si Dorothé révèle ce qu'elle pense connaître, cela sera-t-il raconté sans tabou, sans oubli, sans déformation  ? Nous on y était, on sait de quoi on parle, on l'a vécu, je pense que Julian a raison. Réfléchis, tu sais bien que l'on ne fera rien sans ton accord, on a toujours tout décidé ensemble, penses-y, mais tu peux compter sur nous.

 Je sais pourquoi je considère ces hommes comme mes frères. J'ai les yeux humides, ils sont prêts à expliquer ce qu'ils ont fait pour élever mes enfants, ils n'en ont pas honte, aucun d'entre eux et je les remercie pour cela. Cela ne va pas paraître très viril, mais j'ai besoin d'avoir ces hommes dans mes bras. Je leur dis :

— Certains les gars, tous  ? Ils me répondent tous les trois en chœur : « tout à fait certains ».

— On devrait en parler ici au Madison, on est chez nous, propose Julian. Je pense que le dernier soir serait une bonne chose. On pourrait remettre les écrans pour les réseaux sociaux comme on a fait à Slane Castle, on verrait directement la réaction des fans.

— C'est un quitte ou double, j'articule.

— Mec, si après trente ans de carrière, on ne peut pas dire la vérité sur notre passé, personne ne pourra le faire. Notre public nous aime pour les paroles que l'on a écrites, pour la musique que l'on compose. Ils apprécient les musiciens tout d'abord, on est connu pour notre musique, alors s'ils ne peuvent pas accepter les hommes qui sont derrière les musiciens, ils n'ont pas compris grand-chose à notre groupe. On a toujours été soudé et on s'est juré de faire une croix sur cet épisode de notre vie, mais aujourd'hui ton bonheur dépend de notre passé. Hugo, Hector et moi-même on est prêt à faire face. Tu veux rester marié à Dorothé et être malheureux ? Tu as été séparé de Caroline deux semaines, tu étais un squelette ambulant, tu n'as rien écrit pendant ce temps-là, incapable de te concentrer et de fournir du bon travail. Bien sûr tu as chanté, mais sans tes tripes, sans ton âme, c'était une caisse vide qui résonnait. Tu as trouvé ton équilibre en rencontrant Caro et je veux que tu sois heureux, alors oui je suis prêt à prendre le risque de voir quelques fans qui se cassent. Tu vaux plus, beaucoup plus que tous les fans du monde, essaye de te mettre cela en tête, me conseille Julian en me prenant dans ses bras.

— Pour une fois que tu ne lâches pas de connerie, je suis d'accord avec toi, ajoute Hector en passant sa main dans les cheveux de Julian. « Tout à fait  »  appuie Hugo.

— Bon si tout le monde est d'accord, je prends la parole. Je parlerai à nos fans.

— Non, mec, nous parlerons. On a toujours tout affronté tous ensemble, on continue, pour le meilleur comme pour le pire, non, on est plus qu'un vieux couple tous les quatre  !   explicite Julian.

— D'accord tout le groupe, les gars, le dernier soir du Madison, avec les écrans  ? On est d'accord  ? je leur demande.

— Tout à fait, me répondent-ils tous les trois.

 Je sais pourquoi je les aime, ce sont de belles personnes sur lesquelles on peut compter, toujours, dans toutes les circonstances et une fois de plus, cela se fait sentir.

 Tout est en ordre, comme d'habitude et nous entamons notre entrée au Madison. Rien à faire, même si cela fait des dizaines de fois que j'entre dans ce temple, je suis toujours aussi impressionné. C'est idiot, je sais, mais cet endroit est un véritable sanctuaire pour n'importe quel musicien qui se respecte. Le Madison c'est un culte, une religion, une fois que vous faites la scène du Madison, vous pouvez vous dire que vous foulez les mêmes planches que les personnages mythiques de la musique ont foulées et même si je n'aime pas avoir la grosse tête, nous aussi, nous sommes au Madison et c'est magique.

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