CHAPITRE 4 : CAROLINE

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"Au fond, ce fameux coup de foudre dont on fait si grand cas n'est sans doute

qu'un choc de cymbales. La simple percussion de deux disponibilités urgentes."

Alexandre Millon

 Avec Nathalie, nous suivons Oliver. Je ne sais pas où... Je suppose que Thomas lui a glissé un mot lorsque le slow s'est terminé. Nous avons passé une superbe soirée, comme à chaque fois  !

— Où allons-nous ?  me demande Nathalie.

— Aucune idée, je lui réponds.

— Comment  ? Ce n'est pas au programme  ? Toi la pro de l'organisation, tu ne sais pas où l'on va  ?

— Pas du tout  ! Thomas souhaitait que nous allions dîner avec eux. J'ai accepté. La consigne est de suivre Oliver après le concert.

— Thomas ? Tu l'appelles déjà par son prénom ?  me demande-t-elle avec un grand sourire.

 Je ne sais pas quoi lui répondre, c'est son prénom... Je la regarde avec un grand sourire moi aussi. J'ai l'impression que nous avons quinze ans toutes les deux. La soirée a été exceptionnelle et nous sommes aussi excitées que deux gamines qui vont à leur premier rendez-vous  !

 Oliver nous conduit dans un dédale de couloirs. Qui pourrait imaginer qu'il y ait autant de place derrière une scène ? Nous avons reçu aussi un nouveau badge. Cela nous fait sourire, il est inscrit « only friends&family ». Nous le passons autour du cou et cela ressemble plutôt à un trésor Inca. N'importe quel fan « tuerait » pour en avoir un comme celui-là en main, et nous avons la chance de le posséder. Oliver inscrit notre nom, notre date de naissance dans un grand registre avec notre numéro de badge.

— Les filles, vous devez laisser votre badge lorsque vous êtes de ce côté-ci de la scène et si on vous le demande, il faut donner vos noms et vos dates de naissance. 

— Pas de soucis, merci !  lui répondons-nous en cœur.

 Nous arrivons dans une sorte de loge, décorée dans des tons pastel, des tables sont dressées avec un grand choix de boissons et de nombreuses friandises sucrées, salées. Les guys nous y rejoignent. Il y a aussi une partie de leur famille. On reconnait les enfants d'Hector et la femme d'Hugo. Nous sommes accueillies très chaleureusement par cette dernière.

— Bonsoir ! Vous êtes la nana dont Thomas est tombé raide dingue sur scène ? On ne l'a jamais vu comme cela ! Je ne sais pas ce que vous lui avez fait, mais il est sous le charme  ! Je m'appelle Jennifer, soyez les bienvenues, nous dit-elle.

— Heu... Je ne sais pas si je suis la nana dont Thomas est tombé raide dingue sur scène... mais je sais que nous avons passé une excellente soirée et que Thomas nous a invitées à dîner. Je m'appelle Caroline et voici mon amie Nathalie. Merci pour votre accueil, cela fait plaisir.

 Jennifer est une charmante petite brune, très pétillante et sympathique. Elle est plus petite que nous, malgré des talons vertigineux. Je ne sais pas comment elle fait pour tenir là-dessus, c'est un vrai mystère. Des taches de rousseurs recouvrent ses avant-bras et ses joues. Ses grands yeux verts très expressifs nous mettent directement à l'aise. Nous nous sentons chez nous, au milieu de nos nouveaux amis. Un peu comme si nous connaissions ces gens depuis des années.

 Après Jennifer, nous faisons la connaissance des enfants d'Hector. Ce sont des jumelles d'une vingtaine d'années, aussi sympathiques que Jennifer.

— Bonsoir et soyez les bienvenues, nous disent-elles.

— Si vous êtes la nana qui a tapé dans l'œil de Thomas, vous, vous êtes la nana qui a tapé dans l'œil de notre père  ! Il n'a pas fait beaucoup de fausses notes en concert, ce n'est pas arrivé souvent, contrairement à ce soir lorsqu'il vous regardait, nous dit la jumelle de droite en s'adressant plus spécifiquement à Nathalie, tout en lui tendant la main et lui faisant une bise sur la joue.

— Si vous le dites. Je n'ai pas entendu que votre père avait fait une fausse note... mais bon vous l'écoutez d'une façon différente.

— Je suis certaine de ce que je vous dis  ! Papa a fait une fausse note, nous dit-elle tout sourire.

— Au fait, je suis Talia, la fille d'Hector et voici Anna ma jumelle. 

— Nous sommes très heureuses de faire votre connaissance. Vous savez, cela n'arrive jamais que nous ayons des fans de ce côté-ci de la scène. Vous avez marqué deux des membres du groupe c'est certain.

 Je veux répondre à cela, mais je suis interrompue par un cri de guerre ou quelque chose dans ce genre. Je me retourne et je vois que le groupe entre dans la salle à cet instant, Jennifer se rue littéralement dans les bras de son mari. Il l'accueille bras ouverts. On pourrait croire que ceux-là se connaissent depuis quelques jours, ce qui est loin d'être le cas. Nous lui avons toujours connu la même épouse. Le premier à s'être casé dans le groupe et malgré le starsystem et toutes ses tentations, la presse à scandales n'a jamais pu profiter d'un écart de conduite et ce d'aucun des membres. Même si Hugo n'a pas été le premier à se marier dans le groupe, il est le seul à n'avoir eu qu'un seul et grand amour en la personne de Jennifer.

Jennifer les félicite tous les quatre.

— C'était génial comme d'hab, les gars  ! Good job  ! leur dit-elle en se serrant d'un peu plus près dans les bras d'Hugo.

— Jenni a raison, vous avez fait du bon boulot, enchaîne Talia,  quoiqu'il y ait eu une petite fausse note, papa  ! Va falloir être plus attentif !

 Hector les regarde toutes les deux, passe ses mains dans leurs cheveux en s'exclamant  :

— Comment ça, une fausse note  ? Venez ici toutes les deux, dit-il en les prenant dans ses bras.

 Julian et Thomas entrent en dernier. Thomas ferme la marche, une main posée sur l'épaule de son frère. Je vois qu'il parle à Oliver et celui-ci lui fait un petit signe de tête dans notre direction. Je peux lire un « merci » sur ses lèvres. Thomas se retourne et nos regards se croisent. Le temps arrête sa course, il est suspendu. Si à ce moment-là, vous m'aviez demandé si le soleil allait se lever le lendemain, je n'aurais pas été certaine de ma réponse. Je suis hypnotisée par ce magnifique regard bleu, plus rien n'a d'importance à cet instant précis. Il y a un magnétisme incroyable qui émane de cet homme, de son regard, de sa façon de bouger, un peu comme la force de gravité nous tient sur terre, le magnétisme de Thomas me fait tenir debout.

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