Rassemblement

3 minutes de lecture

Les Liniens se présentèrent chacun sous un nom qu’Owen ne retint pas. Ils ne manifestèrent pas une once d’hostilité et le prièrent de les suivre. Ils lui apprirent que Théodore et Aurore patientaient, au côté du reste de leur escouade, en lieu sûr. Owen obtempéra, se laissant guider par les pas prestes des Liniens. La bordure sud-est de la forêt ne tarda pas à s’esquisser. Le chevalier profita du moment d’accalmie pour rapporter son combat avec les deux titans. Les êtres sylvestres lui lancèrent des regards circonspects. S’offusquant, Owen convainquit les Liniens qu’il ne mentait aucunement. « Rares sont ceux ayant bénéficié de l’aide de Karr-l’ieh durant une bataille, attesta l’un des Liniens, pour clore ce chapitre. Qu’importe les enjeux, la Reine de la chasse affronte alliés comme ennemis. »

Owen ne le savait que trop bien. Il avait étudié avec minutie les cultures des différents peuples de Koordie et du reste du monde. Pourtant, cette rencontre ne relevait pas du songe. Avait-elle mis en lambeaux ce Worgro ? Était-ce réellement un suzerain-sorcier ? Si cela se confirmait, Celle qui chasse leur avait épargné un mal sans nom. Ceci n’expliquait, au demeurant, pas les cristaux d’améthyste plantés entre les poils de sa fourrure. Les supputations ne proliféraient pas. Un deuxième suzerain-sorcier avait traversé ce bois. Indubitablement. Peut-être se trouvait-il encore en Yvrefleur.

Quand les rayons de soleil frappèrent enfin leur visage, ceux-ci se teintèrent de nuances orangées. L’astre du jour s’en allait déjà. Une demi-journée s’était écoulée dans ce sous-bois. Le chevalier jura entre ses dents. Ses compagnons ainsi que trois autres Liniens attendaient son groupe, aux aguets.

En l’apercevant, Aurore fit un signe au Lion et lui lança un sourire revigorant. Théodore se contenta d’un signe de tête.

— Il était temps ! déclara l’un des Liniens de l’autre groupe — sûrement le meneur, sur un ton de semonce. Hyène Owen, est-ce bien cela ?

— Affirmatif.

— Selon les dires de vos petits amis, vous menez les pas de votre troupe.

— J’essaie, tout du moins.

— Bien. A mon avis, vous devriez poursuivre vers le sud-est. Rejoignez le village sur le rivage, prenez une embarcation là-bas et gagnez les plages au sud. Une fois dans les plaines orientales, il vous suffira de continuer en ligne droite pour entrer dans les terres du Méridian.

Owen hocha la tête. Il visualisait parfaitement le parcours que décrivait le Linien.

— Deux choses supplémentaires, reprit le meneur des chasseurs sylvains. Le battement des ailes du Roi du vent, qui fouettait l’air sans discontinuer, semble s’être interrompu.

— Vous ne pensez tout de même pas que…

— Regardez ce qu’ils ont osé faire à Karr-l’ieh. C'est envisageable, après tout.

— Par le Lion... Ne me dites pas que la seconde chose est également de mauvais augure.

— Une fumée noire s’élève depuis le village lacustre. Il se peut que vous n’y trouviez que la mort et sa funeste senteur. Pour toutes ces raisons, Ma-lio, Varlii et Draliaa vous accompagneront jusqu’aux plaines orientales.

Owen porta son regard sur les trois intéressés. Le peuple Linien ne pouvait se vanter du nombre de ses représentants. Se séparer de trois guerriers ainsi affaiblirait la forêt d’Yvrefleur et leur maison. Owen allait objecter, quand le Linien précisa que Ma-lio et Varlii brillaient par leur dextérité à la lance tandis que Draliaa était une archère expérimentée. Il éluda, par ses explications, les contestations du chevalier. Inutile de s’appesantir sur le sujet, jugea Owen. Il accepta finalement les renforts liniens et remercia leur chef.

Après de brefs aurevoirs, chaque groupe se souhaita du courage pour la suite des évènements. Chacun avait à présent son propre combat à mener. Celui du groupe d’Owen s’avérerait autrement pénible que ce à quoi tous s’attendaient.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 6 versions.

Recommandations

Défi
eliasakseladam

En attendant que l'orage passe, Edward écoutait de la musique tout en faisant un croquis. Il dessinait un portrait, le portrait de son bien-aimé. D'abord le contour du visage, puis les yeux, le nez, la bouche et enfin les cheveux. Edward souriait et était plutôt fier de son dessin.
Caroline, sa mère, entra dans la chambre afin de lui annoncer une nouvelle. Une nouvelle qui allait tout changer. Edward n'entendit pas celle-ci à cause de la musique forte qui résonnait dans toute la chambre. Il l'aperçut enfin et retira un écouteur.
"Je t'ai pas entendu entrer. Le dîner est prêt ?
- Pas encore mon chéri. Écoute j'ai eu le père d'Henry au téléphone, j'ai quelque chose à t'annoncer.
- Oh, d'accord. Je t'écoute. Qu'y a t-il ?
- Je ne sais pas comment te le dire. Je vais aller droit au but. Henry est décédé."
Edward resta muet et immobile pendant quelques secondes avant de réaliser ce qui venait de se passer. Comment une telle chose a pu arriver ? Henry n'était pas malade, il était jeune et avait tellement de choses encore à vivre. Le jeune garçon s'effondra. Il pleurait à chaudes larmes sans se soucier de la présence de sa mère qui vint le réconforter, en lui caressant le dos et en lui disant des mots rassurants.
Tout l'univers d'Edward s'écroula. Tout son bonheur partit en fumer. Toute cette fantaisie, qu'il vivait depuis maintenant un an avec son petit copain, s'envola. Il ne restait plus rien. Juste des souvenirs.
Il réfléchit pendant quelques minutes, à son futur sans Henry, sans l'amour de sa vie. Il ne pouvait croire que la vie pourrait continuer sans cet être cher. C'était la fin pour Henry, par conséquent la fin pour Edward également.
L'endeuillé se leva brusquement, déterminé. Il monta sur le toit de son immeuble et écrivit rapidement une lettre. Il la posa délicatement parterre puis se mit sur le bord de l'immeuble. Enfin, il se jeta. Il lui fallut cinq secondes pour atteindre le sol. Son corps s'écrasa alors en bas, et une flaque de sang commença à se former, s'étalant sur le trottoir.
Et c'est ainsi qu'il rejoignit son âme-sœur pour l'éternité.
0
0
0
2
Défi
Nougatine-la-croquante
Je t’invite à découvrir mon Abécédaire.
C’est bon ? Tu as ton billet ?
4
5
0
0
Ceryse
Le texte ici présenté reflète la cruauté de ces hommes qui participent au trafic d'êtres humains dans ces pays défavorisés et actuellement en conflits. Je tiens à préciser que mon texte n'est pas personnel. Je me suis inspiré de toutes ces femmes qui ont su et qui ont eu le courage de partager dans leur livre ce qu'elles ont vécu.

Je tiens également à préciser que les mots employés dans le texte sont crus. Âmes sensibles s'abstenir.
1
9
18
2

Vous aimez lire Florian Guerin ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0