Sous le lierre (Léa Silhol)

2 minutes de lecture

Résumé : Début du XX° siècle. Une riche héritière anglaise, libre et indépendante, découvre un complot séculaire au sein de sa famille, lié au riche domaine sylvestre que sa lignée gère depuis plusieurs siècles. Lorsque ce complot menacera celui qu'elle aime, elle fera tout pour en dévoiler les mystères, quitte à s'y brûler les ailes...

Souvent quand je lis un bouquin de cette auteure, je suis obligée de le reposer par moments, et de revenir dessus plus tard. Elle a un style très dense et ampoulé, et l'univers qu'elle nous dévoile l'est tout autant. Malgré cela, j'ai réussi à lire celui-là en 3 jours. Cela veut dire qu'il m'a passionné, et que, tout en reconnaissant certains personnages et ficelles utilisées, je n'avais aucune idée de comment il allait se terminer.

Ce livre appartient au genre fantastique du "réalisme magique". C'est-à-dire qu'il est implanté dans une réalité historique très bien documentée et que le fantastique n'y fait son apparition que progressivement, par petites touches, et sans réelles explications. Cela permet de s'immerger tout de suite dans l'aventure, sans qu'il y ai besoin de lourdes exégèses pour présenter l'univers et le contexte. Ce qu'il y a à expliquer faisant partie du mystère, le lecteur le découvre progressivement. Cela permet d'instaurer un suspense haletant et participe à instaurer une ambiance profondément gothique, dans le sens classique d'une histoire à l'ambiance romantique et mystérieuse où l'héroïne est prise dans une trame qui la dépasse, rencontre un protagoniste masculin potentiellement source de problèmes mais qui se révèle un agent de résolution. Je me suis donc sentie en terrain connu et j'ai aimé y être. Tous les livres de Léa Silhol sont liés entre eux, icebergs épars d'un monde en train de sombrer, qu'elle nous narre. Je savais, donc, que j'allais retrouver des figures familières. Quel plaisir de retrouver, parmi eux, mon personnage préféré de la Sève et le Givre, son opus phare ! Pour ne pas divulgâcher le roman, je ne vous dirai pas de qui il s'agit. Tout ce que je peux vous dire, c'est qu'il tombe une fois de plus entre les griffes de femelles voraces et machiavéliques. ;)

Le bouquin, un gros pavé de près de 500 pages, n'est pas exempt de défauts et longueurs. Certains personnages (humains et animaux) sont un petit peu caricaturaux (le cheval, la nounou, le meilleur ami, la marâtre, la cousine fofolle notamment). Mais l'intensité des sentiments, la sensualité suave jamais vulgaire ou facile, le fracas byronien de l'intrigue, le côté tellement "over the top" de l'œuvre garantit un grand moment de lecture. Le livre est très bien construit et tout prend son sens dans les derniers chapitres, lorsque se pose enfin la dernière pièce du puzzle. L'épilogue offre des passages oniriques à couper le souffle et à faire perler la larme à l'œil.

Avec quelques descriptions minimales et ciselées (chaque phrase compte, on le sent bien), tout un monde de profondeur, d'érudition et de sous-entendus est évoqué. L'auteure connait son boulot. Vraiment bien. Et surtout, elle fait à chaque fois le job : me faire rêver. Pendant des jours, des mois, des années. Et c'est ça que moi, je demande à un auteur. Qu'il me fasse rêver.

(Chronique originellement publiée sur Babelio en mai 2020, remaniée).

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