Chapitre 6 - Morloc

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Hémolias parvenait à contrôler en totalité son enveloppe charnelle. Ses pouvoirs quant à eux mettaient plus longtemps à revenir, il retrouvait chaque jour un petit peu plus de ses facultés. La rumeur de son retour s’était répandue comme une traînée de poudre à travers le monde magique. Des descendants de grandes lignées de mages noirs avaient rejoints spontanément le château, facilitant ainsi la mission de Dareck de renforcer les rangs de l’armée du maître.

Il gara sa voiture en contrebas du chemin. Ne connaissant pas cet endroit reculé de France, il ne pouvait nullement prendre le risque d’être aperçu par un de ces satanés sans-pouvoirs.

« Que cette race soit maudite ! » pensa-t-il.

Avec le retour du Maître, cette époque serait bientôt révolue. Il était temps. Des siècles que sa famille vivait clandestinement, recluse au fin fond de l’Islande, obligée de se cacher pour pouvoir pratiquer leur magie.

Eclairé par la faible lueur de la lune décroissante, il remonta à pied, l’allée sinueuse qui menait au château. Il allait utiliser ces pouvoirs pour éclairer un peu plus le chemin quant il remarqua les panneaux d’informations à destination du public.

« Un lieu touristique ?! Ils n’ont pas trouvé mieux ? ».

Le château fort s’imposa à lui, immense. Les spots éclairant la façade lui donnaient une allure fantomatique, inquiétante. Le pont-levis était remonté. Il avait reçu pour instruction de contourner la face avant en longeant les remparts pour atteindre une poterne sur l’arrière du fort. Il se trouva face une grille de fer forgé verrouillée. Il remarqua alors le clocype positionné à hauteur de vue d’homme. La petite créature, que les sans-pouvoirs auraient comparé à un cafard, le fixait de son œil unique. Il récita :

«  Désireux de vous servir,

Observez la noirceur mon âme,

Et si vous la jugez infâme,

Laissez-moi m’avilir. »

Le clocype ferma son œil puis le rouvrit. L’organe irradiait d’une étrange lueur jaunâtre. Le sorcier sentit que quelque chose scrutait son esprit. Des extraits de sa vie défilaient devant ses yeux.

Un premier flash.

Il a tout juste six ans. Dans la cours de l’école, il est mis à l’écart, assis seul contre le mur. Les autres enfants ne veulent pas de lui pour jouer au football. Il les regarde envieux. Il sent la haine l’envahir. Il se met à fixer le ballon, ses yeux lui piquent tant il est concentré. Soudain le ballon explose. Ses camarades hurlent de peur, lui, il rigole.

Un second flash.

Il est encore un enfant. Il joue dans le jardin familial avec une de ses sœurs à attraper un lapin. Le premier qui y parvint, gagne. Il a presque réussi à attraper le lapin quand sa sœur utilise un sort pour

le tenir éloigné. Elle attrape le lapin. Il sent la colère l’envahir et fixe l’animal jusqu’à le faire exploser. Sa sœur le traite d’ignoble, il rigole.

Un troisième flash.

Il est adolescent. Au lycée, en classe de biologie, ils doivent disséquer des grenouilles. Certains refusent de faire l’exercice, d’autres le font avec un air de dégoût. Le comportement des sans-pouvoirs le fait rire, surtout celui des filles. L’une d’entre elle est debout sur sa chaise, une autre pleure. Il lui vint alors une idée en tête. Il se concentre mentalement sur les grenouilles jusqu’à les faire exploser répandant leurs chairs à travers la salle de cours. Ses camarades hurlent de peur, lui, il rigole.

Un quatrième flash.

Il y a quelques heures à peine, la nouvelle du retour d’Hémolias le remplit de joie. C’est jour de marché au village. Il a envie de s’amuser un peu. Il s’installe à la terrasse d’un pub, commande une pinte de bière et regarde les gens passer. Il remarque le boucher appuyé contre le montant de la porte de sa boutique, attendant le client. Il se met à le fixer, ses yeux lui piquent. Le bonhomme explose. Il sourit. La foule s’affole. Il fixe une vieille dame et la fait exploser. Il remarque un jeune couple qui s’enfuit de la scène d’horreur. Le couple n’a pas le temps d’atteindre une ruelle le mettant à l’abri du regard du sorcier, ils éclatent en mille morceaux. Des sirènes résonnent au loin, il vide son verre et quitte le pub en rigolant.

L’œil du clocype revint à la normale. La grille de la porte se déverrouille. Il regarde une dernière fois le cafard :

- Et oui je ne suis pas un ange !

Tout en rigolant il pénétra enfin l’enceinte du château. Sa rencontre avec le Maître était proche, il sentait l’excitation montée en lui. Il descendit les escaliers menant aux cachots. Deux sorciers postés au bas des marches le stoppèrent.

- Décline ton identité étranger ! – ordonna l’un d’eux en lui posant la main sur le torse.

- Morloc Einarsson, descendant d’Einar Jonsson.

Le silence s’installa. Le second gardien fit un léger signe de tête au premier.

- Bienvenue parmi nous l’islandais ! Tu peux attendre dans le premier cachot à gauche. Notre frère Dareck viendra te chercher pour rencontrer le Maître.

Ils s’écartèrent afin de le laisser poursuivre son chemin. Le cachot avait été emménagé telle une salle d’attente : fauteuils en cuir confortable, distributeur de boissons chaudes et froides, en-cas salés et sucrés, télévision…Il s’installa dans un fauteuil, un sandwich au poulet dans une main, une canette de soda dans l’autre. Il remarqua alors que l’on parlait de lui à la télévision sur la chaîne des informations en continue. C’était un flash info sur un attentat commis à Dalvik, une petite bourgade islandaise. Le bilan faisait état de quatre morts et les autorités ne parvenaient pas pour le moment à comprendre le déroulement et la raison de cet acte de barbarie. Il sourit en croquant sur son sandwich.

- J’ai immédiatement reconnu ta signature !

Dareck venait de rentrer dans la pièce. Morloc se leva et le fixa du regard avant d’éclater de rire. L’accolade entre les deux hommes fut chaleureuse.

- Mon cher cousin, il y a bien longtemps que l’on ne s’était pas vu ! Je suis heureux que tu rejoignes nos rangs.

- Tu en doutais ?

- Non ! Bien sûr que non. De toute notre famille, je pense que tu es le plus mauvais et le plus sadique – Dareck lui sourit – Tu as déjà pris de l’avance sur nous ! – ajouta-t-il en lui montrant les images à la télévision.

- Tu me connais je ne peux pas m’empêcher de malmener ces sales rats ! D’ailleurs, cela m’étonne que vous n’ayez pas encore agi.

- Le Maître préfère prendre le temps de retrouver toutes ses forces. Viens, je vais te conduire jusqu’à lui.

Ils quittèrent la pièce et longèrent le long couloir parsemé de cachots.

- C’est étrange le choix d’un lieu touristique comme repère…

- Nous ne voulions pas perturber le Maître à son réveil…et le Conseil n’aura pas l’idée de venir nous chercher ici – Dareck remarqua le regard interloqué de son cousin et précisa – Nous ne sommes qu’à quelques kilomètres de Vicard et il ne leur viendra pas à l’idée que nous soyons si proche des sans-pouvoirs.

- Et les ÉLUS ?

- Rayés de la surface de la terre…Il n’y a plus aucuns descendants…Kathy Gadisse, la dernière de la lignée qui aurait pu donner naissance à des jumeaux, a abandonné la sorcellerie à la mort de son père…puis elle a été victime d’un malheureux accident de voiture peu de temps après…

- Accident dont tu es responsable ?

- Exactement ! Pour donner un peu d’espoir à la population, le Conseil n’a pas d’autre choix que de désigner de nouveaux élus…mais ils n’auront jamais la puissance nécessaire pour vaincre le Maître !!!

Ils venaient de pénétrer dans la salle de torture du château. Elle servait désormais de salle d’entraînement physique. Hémolias s’entraînait à la lutte avec un de ces partisans. Morloc remarqua son imposante ossature tout en muscles.

- Vous avez fait fort pour son enveloppe charnelle !

Dareck rigola. Ils s’approchèrent du Maître et ils posèrent un genou à terre devant lui. La tête baissée et le regard posé sur le sol, Dareck l’interpella :

- Maître ! Je souhaite vous présenter un de mes cousins qui désire rejoindre votre armée.

Hémolias envoya son adversaire au tapis. Mettant ainsi fin au combat il prêta attention aux deux hommes agenouillés. Il posa sa main sur l’épaule de Dareck, l’invitant à se relever. Il s’adressa à Morloc.

- Comment t’appelles-tu ?

- Morloc Einarsson, descendant d’Einar Jonsson.

Il posa sa main sur son épaule. Morloc se releva et fit face au Maître. Hémolias le dévisagea de la tête au pied. Sa nouvelle recrue était à peine plus petit que lui, environ un mètre quatre vingt dix. Son tee-shirt noir moulant et son pantalon en cuir laissaient supposer des muscles bien développés, des épaules larges et un corps entretenu. Son visage était jeune, des yeux noirs, des cheveux bruns mi-long et légèrement ondulé, une mâchoire carrée. Un ténébreux d’à peine trente ans.

- Islandais ? – Morloc hocha la tête en guise de oui – Jeune, fort…Pourquoi vouloir nous rejoindre ?

- Je ne supporte pas les humains et les sorciers qui les considèrent comme leurs égaux. Ma famille est vouée à votre cause depuis des générations…

- Ta famille ? Et tu es seul à venir gonfler nos rangs ?

- Non Maître. Mes deux frères et ma sœur ne devraient plus tarder…Ils ont été retenus en Islande mais d’ici à quelques jours ils seront parmi nous.

Hémolias sourit. Au fil des jours son armée s’étoffait. Une cinquantaine d’hommes et de femmes étaient venus spontanément se vouer à sa cause. D’autres encore les avaient rejoints après avoir été enrôlés par Belloc ou Dareck. Ils ne devaient pas être loin de la centaine maintenant et il commençait à être difficile de contenir tout le monde dans les sous-sols du château.

- Montre-moi ton pouvoir principal.

Morloc regarda autour de lui et remarqua un tonneau entreposait dans un coin. Il le montra du doigt :

- Il contient quoi ?

- De l’eau…- lui précisa Dareck.

Morloc se concentra sur le tonneau et le fit exploser, arrosant au passage les quelques partisans présents.

- Un pouvoir explosif…- commenta Hémolias – Tu peux faire exploser tout ce que tu souhaites ?

Darek alluma alors le grand écran et mis la chaîne des informations. Hémolias regarda les images puis se retourna vers son nouveau soldat :

- C’est toi qui en es l’auteur ? – Morloc acquiesça, le Maître éclata de rire – EXCELLENT !!! Bienvenu dans mon armée ! J’aurais une mission à te confier d’ici peu…Nous avons trouvé l’endroit où le Conseil détient l’âme de ma bien-aimée et ton pouvoir nous servira à la libérer de sa prison – il se retourna vers Dareck et s’adressa à lui – Il faut que nous trouvions quelqu’un qui puisse le rendre invisible…

- Pardonnez-moi Maître – le coupa Morloc – mais je connais une personne possédant ce pouvoir…Ma sœur Dimétrine peut se rendre invisible et faire disparaître tout autour d’elle : personnes, objets, bâtiments…

- Et bien ! Me voilà plus que satisfait ! Dareck tu m’avais caché que ta famille serait aussi utile…et précieuse !

Annotations

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Adrien Herclinze

En principe, GL ne me quitte jamais d’une semelle. Il veut que je ‘‘croive’’ comme lui sa vérité principielle en rendant témoignage de la vérité : un devenir-improductif… Il me demande si, deleuziennement, mes axiomes, mes thétiques à moi, correspondent à ce dont il s’agit. L’achose par exemple. C’est-elle dans un devenir-gauchiste ? Il (GL) érige les femmes à une telle place. Viktor Frankl, ma petite cousine (8 ans) lisait le livre de Frankl hier que GL élève à la dignité biblique. Ma petite cousine à écrite la suite : Comment j’ai comprisse l’Amour ; dans ce Comment j’ai comprisse l’Amour ma petite cousine raconte, sans vergognes, qu’elle peut parler au nom des souffrants entier. Qu’il suffit, pour ce faire, de faire une expérience mentale que je vous raconte (André Comte-Sponville l’atteste !) : il suffit de se mettre un doigt dans le cul. Le majeur en particulier. En principe ça marche d’après Gilles L. pour certain. Les célébrités le font ! Chaque jour avant le repas de midi. Elles pètent avant, d’un coup solennel, et déclarent que ça marche.
GL m’accroche violemment :
« Donc ! Tu t’emploies toujours à t’opposer à l’homme, aux pauvres, je vois… !
– Mais non, tu y es pas du tout !
– Cafouilleux, plumitif, baveux de merde. L’Afrique c’est l’avenir uhm ! Tu ne comprends ‘‘pââsse’’ ?
– Je ne suis pas assez intelligent pour l’Afrique ! Je suis dans un improductif sans devenir car le devenir lacanien n’est pas le devenir de Deleuze, l’avenir du Lacanien se situe dans l’avoiement. L’avoiement relève de l’épure, ça y procède.
– L’Afrique c’est l’avenir ! Wakanda !
– Tu as bien raison ‘‘au fait’’… Mais tu sais l’ultime qui m’interroge, qui me fait travailler les mandibules du manducatoire bataillien, ce sont mes stances. J’ai des stances, j’ai des positions. Quand j’intuite j’ai une stance définie, laquelle ne fait pas le pont entre l’intellect et la raison de Hegel.
– Vive la psychanalyse ! Wakanda ! »
Tout ceci est bien gonflé je présume. Je vous le dis, riquiqui. Tremblez devant la néo-parution aux éditions de la Garçonnière, du grand-chef d’œuvre : La façon dont je Manifeste mon Mécontentement par Ulga Blum, Paracelse des temps modernes, rejetée des écoles. Elle vous explique des choses… Sans lacanité, sans conceptualité cochonne comme les miennes, en plus elle écrit pour Médiapart. Elle retweete le NYT, je viens de le voir, elle dispute chacun, Eugénie Bastié par exemple : faut-il avaler la pilule en même temps que le pain azyme ou après ? Le coitus interruptus a-t-il partie liée avec Preceptis salutaribus ? Tant de questions que les jeunes cathos se posent entre les poignades d’encoignures… Ambassadrice YSL. Bonne nuit. De moi, c’est petit-lait.
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KumaJeanne


Les catacombes de Paris sont reconnues pour plusieurs choses. Tout d'abord, leur impressionnante collection de restes d'environ six millions de personnes. Ensuite, ses soirées underground plus que prisées par l'élite parisienne.

Pour y accéder, il faut être brave, songe-t-elle en longeant les murs. Ou fou amoureux, ajoute-t-elle mentalement en serrant plus fort la main de Dimitri.
Maintenant qu'elle y pense, c'est probablement son cas. Suivre le sourire enjôleur du beau russe en séjour à Paris dans ces galeries sinistres avait été facile. Mais maintenant qu'elle est là, l'obscurité entourant la petite lumière du portable de Dimitri semble lui cacher une foultitude de squelettes et de morts-vivants. Un souffle sinistre lui caresse le dos d'une manière presque démoniaque. Elle sait que plusieurs mètres au-dessus de sa tête, un orage tout droit sorti des enfers gronde.
« Tu... Tu es sûr que c'est par là ? » murmure-t-elle.
Dimitri s'arrête, la toise de son air glacial si apprécié par les journaux people. Les magazines ne l'appellent pas "Le Prince des Neiges" pour rien.
« Tu veux remonter ?
-Heu... Non ! Bien sûr que non ! »
Le visage du russe se radoucit et elle se sent fondre. Qui pourrait résister à ces cheveux châtains, ces beaux yeux bleus ? Pas elle, en tout cas. Pas quand elle seule - du moins, elle en est presque sûre - connaît la version douce du Prince des Neiges.
« Nous sommes bientôt arrivés. Tu es très courageuse, Maria. »
Sous le compliment, elle sent sa poitrine se gonfler d'espoir. Peut-être qu'après cette soirée, Dimitri renoncera à son mariage arrangé avec une autre gosse de riche de la même nationalité que lui. Il l'avait décrit une fille aux mœurs légères qui en était déjà à son quatrième mariage avant que son père n'y mette un holà en lui imposant une ultime et dernière noce. 
Pendant tout ce temps, Marie s'esquintait dans la boulangerie de sa mère, et maintenant, elle en vient à souhaiter que sa vie prenne un tournant à la Cendrillon pour qu'elle n'y retourne plus jamais. Peut-être qu'en voyant son corps mince et musclé danser à la lumière des bougies, dans ces catacombes qu'elle a bravées, Dimitri succomberait face à elle. Ils partiraient, tous les deux, dans la pénombre parisienne, et n'en reviendraient plus.
Elle s'y voit déjà. Maintenant qu'elle est là, à affronter la pénombre, elle souhaite. Elle souhaite du plus profond de son âme que cette balade ne lui inspirant que de la peur n'ait pas été un sacrifice en vain.
« Normalement, cela devrait être... »
Sans qu'elle ne s'en rende compte, Dimitri l'a emmenée vers une porte. Elle pousse un soupir soulagé. Ses prières ont été entendues. Son vœu a été exaucé. Au moins, elle en a terminé avec la randonnée de la terreur.
« ...ici. »
Dimitri pousse la porte, et Maria se prépare déjà mentalement à apercevoir une foule de corps se trémoussant sur de la musique underground, mais à la place, rien. Une grande salle, vide de toute présence. A la place, une grande pièce dotée d'une voûte à l'ancienne se dévoile devant eux. Ses murs sont tous dissimulés par d'immenses bibliothèques, dont les livres ont été remplacés par des bouteilles. Des fioles, des Bécher, de carafes, des bouteilles de champagne. Il y en a pour tous les goûts – sauf ceux de Maria, dont la vision de ces récipients remplis de liquides qui ne ressemblent à rien de connu lui donne envie de prendre ses jambes à son cou.
Fichu pour fichu, elle se serre contre Dimitri.
« C'est... C'est vraiment ici ?
-Bien sûr que non, répond-t-il d'un ton froid mais légèrement affolé. Je ne comprends pas, le plan nous amène ici, pourtant... Mais ce n'est pas la bonne salle.
-C'est peut-être l'espace... bar ? » suggère Maria en faisant glisser son regard vers les bouteilles.
Un bruissement rompt alors le silence quasi-religieux qui régnait dans la pièce. Le couple se tend. Maria pousse un cri quand une bouteille tombe au sol brutalement, répandant sur le sol une sorte de sérum qui se transforme en vapeur dès qu'il entre en contact avec les dalles de pierre.
« Dimitri ! On ne doit pas rester là ! »
Son amant d'une nuit reste figé pendant quelques secondes, avant qu'il ne sursaute à nouveau et lâche Maria pour se précipiter vers la porte. Celle-ci se referme brutalement, tandis que la jeune fille se sent tirée en arrière. Une main gantée se pose sur sa gorge.
« Elle a souhaité être avec toi pour toujours. » murmure une voix au genre indéfinissable.
Maria écarquille les yeux, repensant au vœu qu'elle a émis quelques minutes plus tôt. Qu'est-ce que... Comment ? Pourquoi ?
Elle entend le tintement distinctif du verre contre la main gantée. Tout à coup, sa tête est lourde. Elle a sommeil. Son corps s'affaisse, et elle voit Dimitri s'effondrer également. Elle voudrait crier, mais ses cordes vocales ont déjà sombré.
Elle se sent légère, si légère...
« Vœu exaucé. Tu me dois un service, désormais. » murmure la voix.
Sans rien y comprendre, Maria se sent aspirée à l'intérieur de quelque chose, tandis que la silhouette mystérieuse s'éloigne d'elle pour se diriger vers une nouvelle étagère. Elle essaye de tendre la main, de crier, mais c'est peine perdue. La silhouette l'ignore complètement. Elle la voit attraper un flacon et le briser au sol.
« Quelqu'un a besoin de toi, Byron. Va. »

C'est la dernière chose qu'elle entend avant que les pénombres des catacombes se referment sur elle.
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Défi
ecrivain77


Le soleil d’automne perce timidement à travers les feuillages du sous-bois en bord de Loire.
Du haut de ses 14 ans, les mains dans les poches, une démarche rêveuse comme à son habitude, un jeune homme fait sa promenade journalière. Son œil aiguisé aperçoit un pavé de feuilles en forme de brique. Aussitôt vu, aussitôt glissé dans sa poche de manteau.
Grâce au vent il perçoit des brides de paroles, d'un couple devant lui.
Savez-vous dit la femme, que dans ce sous-bois il y a un pavé de feuille qui ouvre toutes les portes du savoir.
L'homme se mit à rire et lui répondit, "Comment s'appelle ce pavé de feuilles ?"
Le jeune homme continua dans sa promenade en tenant sa main droite fermement plaquée sur sa poche.
Rassuré sur le fait d'être seul il ouvrit le pavé de feuilles toutes les pages n’étaient que des feuilles de chêne, dont l'écriture apparaissait juste le temps d’une lecture et changeait à chaque nouvelle ouverture.
Vivement demain se dit-il, j’aurai la réponse.
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