Chapitre 4 - Nouveau monde

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Angélique et Gabriel eurent la sensation bizarre que le plafond les aspirait. En l’espace de quelques secondes le décor changea complètement. Le salon avait laissé place à un quartier sombre de Vicard, une petite ville anciennement minière des Cévennes. Leurs têtes tournaient tant que les jumeaux mirent un certain temps avant de pouvoir retrouver l’équilibre.

— Ne vous inquiétez pas. Nous avons toujours la tête qui tourne un peu les premières fois que nous nous téléportons mais après tout rentre dans l’ordre – leur précisa Anna en souriant.

— Je ne connaissais pas ce quartier de Vicard- dit Gabriel en regardant tout autour de lui en grimaçant.

Ils avaient atterri dans une ruelle sale, puante et obscure dans laquelle les tavernes s’alignaient les unes après les autres.

— Seuls les sorciers en connaissent l’existence. Je pense même que tu ignores l’origine du nom de la ville ? – son petit-fils acquiesça – La ville a été nommée ainsi en 1265 quand les sorciers l’ont choisi pour capitale mondiale de la magie. C’est la contraction de Vic pour Victoire et Ard pour Richard…en hommage aux derniers ÉLUS.

— En tout cas il y a autant de bars voire même plus que dans notre monde…

Sa sœur et lui éclatèrent de rire.

— Toujours aussi drôle Gabriel ! Evitons de nous faire remarquer…Nous allons d’abord passer au Grand Conseil.

— Qu’est-ce que c’est que le Grand Conseil ? demandèrent Angélique et Gabriel en chœur tout en emboîtant le pas d’Anna.

— C’est un peu comme un palais de justice, un tribunal. C’est là que sont jugés les litiges, les délits et les crimes entre sorciers, créatures magiques ou autres. Mais c’est aussi là que doivent se rendre les nouveaux sorciers. Ceux qui n’ont pas eu leurs pouvoirs dès la naissance à cause de certains différents, qui ont du attendre leur vingt et un ans pour décider de leur avenir en tant que sorciers…pour que les conseillers leur attribuent leurs pouvoirs…mais pour vous ça sera sûrement un peu différent qu’à l’ordinaire… C’est ici.

Ils étaient arrivés devant un grand bâtiment. Une imposante montée d’escaliers les conduisit à une terrasse ornée d’immenses colonnes où figuraient des reliefs représentant des sorciers et de drôles de créatures. Au dessus de la lourde porte en chêne, les mots « Grand Conseil » étaient inscrits en lettre d’or. Ils franchirent la porte et entrèrent dans le hall. Angélique et Gabriel échangèrent un regard admiratif, tous les deux en chœur émirent un « Waouh !!! ». Dans le hall, le bois, le marbre et le verre se mariaient avec harmonie. C’était immense et magnifique.

— Restez ici. Je vais me renseigner.

Anna s’approcha d’un des six bureaux de marbre qui composait l’accueil.

— Bonjour. Est-ce que les conseillers peuvent nous recevoir, s’il vous plaît ?

Du bout de l’index, elle désigna Angélique, Gabriel et elle-même. La secrétaire, une petite femme brune aux yeux bleus, un peu rondelette se pencha sur le côté et dévisagea les jumeaux de la tête aux pieds puis se retourna vers Anna.

— Je suis désolée…mais ce n’est pas le jour de réception des petits nouveaux. Veuillez revenir lundi.

Elle remit le nez dans ses papiers. Anna se pencha alors vers la secrétaire et lui chuchota à l’oreille :

— Disons que…Ils ne sont peut être pas comme vous l’imaginiez, ils en ont peut être pas encore l’allure mais j’ai toutes les raisons de croire qu’il puisse s’agir des ÉLUS.

La petite femme dévisagea de nouveau les jumeaux.

— Angie ! Pourquoi elle nous dévisage comme ça depuis tout à l’heure ?

— Je ne sais pas. Peut être que les conseillers ne peuvent ou ne veulent pas nous recevoir. Nous ne sommes peut être pas destinés à être des sorciers. Je suis persuadée que ce serait le mieux pour nous.

— Pourquoi tu es aussi réticente à l’idée de devenir une sorcière ? Ça à l’air cool la magie, non ?

— Non, je ne crois pas. Si tu t’enchantes à l’idée de devoir te battre, moi non ! Garde à l’esprit que si nous sommes les ÉLUS nous allons devoir affronter ce fameux Hémolias…et vu l’état dans lequel était Victoire…je doute fort que ce combat soit une partie de plaisir.

— Il n’est peut être pas si puissant que ce qu’ils pensent.

— Pense ce que tu veux, mais visiblement il fait peur à beaucoup de monde et je pense quand même que comme cette femme nous pouvons y rester…

— Ne dis pas de bêtises. Nous n’allons pas mourir. Anna ne nous aurait pas emmenés ici si elle pensait que nous risquions de mourir…

Après avoir jeté un dernier regard à Angélique et Gabriel qui discutaient toujours, la secrétaire reprit : 

— En effet, je m’attendais à…enfin peu importe cela ne me regarde pas et dans ce cas, cela pourrait tout changer ! Je vais voir si les conseillers peuvent vous recevoir.

La petite femme disparue dans un éclair blanc avant de réapparaître quelques instants plus tard.

— Les grands conseillers sont prêts à vous recevoir : douzième étage, sixième porte à droite. Veuillez emprunter les ascenseurs ou les escaliers. Il est interdit aux sorciers étrangers au Conseil de se téléporter.

— Oui bien sur. Merci beaucoup, bonne fin de journée.

Anna se retourna vers ses petits enfants et leur fit signe d’avancer. Ils prirent le premier ascenseur tout en verre situé à leur droite. Anna pressa le bouton indiquant « 12 ème étage ». L’ascenseur s’éleva aussitôt ne laissant aux jumeaux qu’un court instant pour admirer l’immense hall. Les secrétaires, sorciers et autres créatures magiques ne ressemblaient plus qu’à de petites fourmis. Un « ding » retentit, les portes de l’ascenseur s’ouvrirent laissant place à un long couloir donnant lieu à d’innombrables portes d’or. Anna s’engagea dans le couloir suivi de près par ses petits enfants tétanisés par la peur d’affronter les conseillers. Leur grand-mère s’arrêta devant la sixième porte située sur sa droite comme lui avait indiqué la petite femme de l’accueil. Elle poussa la porte d’or. Ils entrèrent dans une grande salle.

Devant eux, quinze hommes et femmes se tenaient assis derrière un immense bureau en arc de cercle. Ils étaient vêtus d’une longue cape noire aux reflets d’or et semblaient tous extrêmement fatigués. Au milieu de la pièce figurait une petite table et trois chaises.

— Veuillez vous asseoir, s’il vous plaît – dit un vieil homme à la voix grave.

Tout le monde prit place à l’endroit qui lui était destiné. Les conseillers avaient tous les yeux rivés sur les jumeaux, ce qui les mit très mal à l’aise. Gabriel semblait avoir du mal à ravaler sa salive et sa sœur prit un teint rouge vif. Après quelques instants de silence, le vieil homme reprit :

— Violette pouvez-vous nous présenter l’affaire ?

Une femme très mince aux traits prononcés, les cheveux grisonnant relevés en un chignon prit la parole.

— Madame Anna Gadisse, ici présente, à demander à s’entretenir avec nous au sujet de ses petits enfants. Elle aurait, d’après elle, toutes les raisons de croire que ces jeunes gens – elle désigna les jumeaux – soient les ÉLUS.

L’homme assis au milieu de l’assemblée se leva. Ce dernier était plutôt grand, très élancé aux premiers abords, les cheveux poivre et sel, une voie profonde et cassée :

— Très bien merci. Madame Gadisse, pouvez-vous nous expliquer quels éléments vous permettent d’affirmer ceci ?

— Bien sûr, Monsieur le Conseiller Suprême - Anna se leva et s’approcha des conseillers - Mes petits enfants sont venus déjeuner chez moi. Gabriel sachant que je faisais des recherches sur notre généalogie m’a parlé de Victoire et de Richard, ensuite, il m’a demandé si je connaissais une légende parlant d’un certain Hémolias. Je tiens à vous préciser que lui et sa sœur ignoraient jusqu’à ce jour mon identité de sorcière.

Elle s’arrêta un court instant, s’éclaircit la voix puis reprit :

— Puis-je vous suggérer de leur laisser la parole ? Eux seuls sont en mesure d’expliquer pourquoi ils en sont venus à me poser cette question.

— Très bien ! Jeunes gens pouvez-vous nous expliquer s’il vous plaît ? – demanda le Conseiller Suprême.

Un pesant silence s’installa. Les jumeaux chuchotaient, ne sachant pas quoi dire ni lequel des deux devaient prendre la parole devant ce jury impressionnant. Anna qui venait de les rejoindre incita ainsi Angélique à se lever.

Elle se retourna pour faire une grimace à son frère qui semblait soulagé. Elle poussa un long soupir avant de se lancer d’une voix hésitante :

— Messieurs et … Mesdames, les grands conseillers ? – elle se retourna vers sa grand-mère, qui acquiesça et l’incita à continuer - mon frère et moi-même faisons des rêves étranges depuis quelques temps.

— Pouvez-vous nous les expliquer ?

— Gabriel rêve du combat d’un certain Hémolias contre un homme et une femme mais il ignore les identités de ces personnes. Il affirme voir plusieurs sphères d’un bleu éclatant, d’autres translucides et étincelantes, voler dans tous les sens, certaines explosant dans les airs. Il y a aussi la présence de diverses créatures.

Gabriel fit un signe de tête affirmatif en direction du Conseiller Suprême.

— Pourriez-vous approcher s’il vous plaît ?

Il s’avança vers les conseillers, la démarche mal assurée.

— Ne craignez rien ! Nous allons seulement scruter vos pensées, montrez nous votre rêve. Cela n’est pas douloureux, un léger picotement au début…

Le silence s’installa dans la salle. Gabriel ressenti une sensation bizarre dans son esprit. Quelqu’un fouillait effectivement dans ses pensées. L’étrange sensation s’estompât petit à petit.

— Bien et vous mademoiselle ?

— Je rêve d’une femme : Victoire. Elle est entrain de mourir dans les bras de son frère Richard. Elle lui demande de faire de leur histoire une légende afin qu’Hémolias ne revienne plus.

— Laissez-nous voir !

Les conseillers scrutèrent l’esprit d’Angélique qui leur montra mentalement le rêve qu’elle faisait toutes les nuits.

— C’est de là, que nous avons déduit que nos rêves étaient liés, qu’ils signifiaient certainement quelque chose. Comme notre grand-mère est une mine d’or concernant les mythes et les légendes nous lui avons demandé si elle avait déjà entendu parler d’Hémolias en espérant qu‘elle puisse nous éclairer sur ces rêves. Nous avons alors appris qu’elle était une sorcière.

— Depuis combien de temps faites-vous ces rêves ?

— Une semaine environ. – précisa Angélique.

— Je ne sais pas si cela peut être utile… - intervint son frère - mais ce matin nos corps portaient les mêmes blessures que celles subies par Victoire et Richard.

— Très bien. L’un d’entre vous aurait-il des questions ? - Le Conseiller Suprême interrogea les autres d’un simple regard, tous firent un signe de tête négatif - Nous allons délibérer, je vous serez grés de patienter ici quelques instants.

Les conseillers quittèrent la grande salle laissant les jumeaux et leur grand-mère seuls.

Les quinze conseillers prirent place autour d’une table. Igor, l’un des plus jeunes conseillers prie la parole :

— Pour ma part, je ne pense pas qu’il puisse s’agir des ÉLUS. Certes Hémolias est de retour mais croyez-vous que ces jeunes gens soient ceux que nous attendons ? Regardez-les, ils étaient tétanisés devant nous. Qu’est-ce que cela sera quand ils se retrouveront devant LUI ? Ils ne connaissent rien de notre monde.

— Igor, c’est normal qu’ils ne connaissent pas notre monde – le plus vieux des conseillers venait de prendre la parole - Étant donné l’histoire qui s’est passée entre leur mère et leur grand-mère, ils devaient attendre leur vingt et unième anniversaire pour connaître leur existence de sorcier et décider de leur avenir. Là, nous sommes dans l’urgence nous ne pouvons pas attendre plus d’un an qu’ils atteignent leur vingt un ans. Anna est issue d’une des plus grandes familles de sorcier, il n’est pas utile de vous rappeler qu’elle est une descendante de Richard. Bronislas aussi était un grand sorcier. Ces jeunes ont la magie dans le sang, elle ne demande qu’à se développer. Leurs rêves sont à prendre au sérieux et le temps presse. Victoire et Richard avaient eux aussi rêvaient du dernier combat d’Hémolias. Notre monde est quelque chose de nouveau pour eux mais se sont les ÉLUS je n’ai aucun doute là-dessus.

— Ils n’ont aucune expérience et Hémolias ne les prendra pas en pitié ! – répliqua Igor.

— Ils vont devoir apprendre très vite et redoubler d’effort – indiqua le Conseiller Suprême - mais je suis de l’avis d’Albisran. Nous n’avons plus de temps à perdre. Hémolias devient de plus en plus puissant, nous avons besoin des ÉLUS ! Nous ne pouvons pas continuer à nous battre sans eux, cela fait à peine deux mois qu’il est revenu et nous sommes déjà exténués. Nous les aiderons à acquérir leur puissance…

Les conseillers passèrent au vote, tous étaient du même avis : les jumeaux étaient ceux qu’ils attendaient. Igor hésita un moment avant de lever la main. Le vote était unanime.

— Très bien… - reprit le Conseiller Suprême - Morgane ?

Un éclair blanc se produisit, la petite femme de l’accueil apparu devant les conseillers.

— Est-ce que votre fils et vous pourriez veiller sur ces jeunes gens, nous tenir informer de tout leur faits et gestes ?

— Oui bien sûr, il n’y a aucun problème…

— Ils louent un appartement dans un quartier proche des facultés, ils étudient le droit, votre fils intégrera leur classe, il fera en sorte de devenir leur colocataire. Quant à vous, le Conseil mettra à votre disposition une maison dans le village de Brassi…Ah, j’allais oublier ! Surtout veillez à garder vos distances, ils ne doivent pas savoir que vous les surveillez.

La petite femme acquiesça d’un signe de tête et disparu.

Le Conseiller Suprême se leva le visage grave :

— Il est temps d’aller leur annoncer la nouvelle… bien qu‘elle ne soit pas joyeuse - ajouta-t-il pour lui même.

Tous les trois se levèrent en voyant les conseillers revenir dans la salle.

— Après délibération nous avons conclu, à l’unanimité, que vous étiez les ÉLUS. Vous recevrez vos premiers pouvoirs d’ici quelques jours. Je suppose que votre grand-mère se fera une joie de vous apprendre les bases de la magie. Surtout veillez à garder secrète votre vie de sorcier, vous ne vous servirez ni de potions ni de vos pouvoirs devant les « autres ». En ce qui concerne notre monde, gardez vous de ne pas dévoiler que vous êtes les ÉLUS sinon Hémiolas n’aura aucune difficulté à vous trouver. Plus il tardera à découvrir votre existence mieux ce sera pour nous tous. Et bien jeunes gens, je n’ai plus qu’à vous souhaiter bonne chance…

Gabriel fut étonné que les conseillers quittent aussi vite la salle. Il se retourna vers sa grand-mère :

— C’est tout ? Ils ne nous expliquent rien de plus sur Hémolias ? Quand nous aurons nos pouvoirs ? Comment nous allons nous battre ?

— Vous aurez vos pouvoirs d’ici quelques jours et durant la dernière semaine de vacance qui vous reste, je vous entraînerais aux combats en vous apprenant la base des arts martiaux, nous concocterons aussi quelques potions en attendant que vous sachiez vous défendre. Quant à Hémolias je vous en dirais un peu plus quand le moment sera venu, l’essentiel pour l’instant est votre apprentissage, vous avez beaucoup à apprendre en très peu de temps - lui expliqua Anna.

Angélique avait le teint livide, le regard perdu.

— Je pense plutôt que nous avons du souci à nous faire pour notre avenir…

— Qu’est ce que tu veux dire par là ?

— Gab ! Ouvre les yeux ! Tu n’as pas l’impression qu’ils veulent nous envoyer au cimetière ? De la façon dont il a dit «  Bonne chance », ce n’était pas très encourageant, j’ai le pressentiment que nous allons droit vers une mort inévitable !

— Voyons Angie ! Ne pense pas ça - elle prit sa petite fille par le cou - Venez nous allons chercher des ingrédients qui vous serons sans doute très utiles.


Anna les entraîna dans la rue principale du quartier. Des boutiques en tout genre s’alignées les unes après les autres des deux cotés de la rue.

De temps à autres, de petites ruelles sombres se dessinées entre deux commerces. Anna s’arrêta devant un magasin à la façade sombre. L’épaisseur de saleté et les toiles d’araignées décorant la vitrine empêchaient les jumeaux de voir l’intérieur de la boutique.

— Ça ne paye pas de mine mais c’est ici que nous trouvons les meilleurs ingrédients pour les potions…et les plus rares aussi.

Anna poussa la porte, entra dans la boutique suivie de près par les jumeaux. Des odeurs d’encens mélangés les saisirent à la gorge, leur donnant la nausée. Sur les étagères, de vieilles boîtes poussiéreuses se mêlaient à de gros bocaux sales contenant soit des liquides visqueux aux couleurs bizarres, soit des insectes et autres bestioles encore vivantes.

Une vieille sorcière voûtée, au visage ridé et au nez crochu sortie de l’arrière boutique s’avançant vers eux d’un pas traînant.

— Ça c’est une sorcière - chuchota Gabriel à l’oreille de sa sœur.

— Bonjour Bertille ! Comment allez-vous ?

— Oh ! Ma chère Anna - s’exclama la vieille dame qui venait tout juste de reconnaître qui était entré dans le magasin - vous savez la vieillesse commence à se faire ressentir. Vivement que mon fils rentre d’Égypte. Il a du partir chercher une livraison de bandelettes de momie qui a pris du retard. - Gabriel réprima une grimace de dégoût - Alors que vous faut-il ?

— J’aurais besoin de racine de guimauve, du pollen, de l’absinthe, de la camomille...

— Pour des potions de protection et des onguents de guérison, j’imagine ? – Anna acquiesça d’un signe de tête – dans ce cas je vous conseille de prendre aussi des racines de Banian. C’est un nouvel ingrédient arrivant d’Inde qui rend les potions de protection beaucoup plus efficaces. 

— Très bien…Il me faudrait aussi des ingrédients pour des potions de destruction. C’est en attendant qu’ils aient leurs pouvoirs.

Anna désigna les jumeaux. Gabriel contemplait des grenouilles gisantes dans un liquide jaune fluo tandis qu’Angélique se contentait de faire le tour de la boutique s’arrêtant parfois devant une étagère pour lire le nom de quelques ingrédients et leurs utilisations.

— Je comprends…Il faut bien qu’ils puissent se défendre...Surtout par les temps qui courent. Je vous rajoute un flacon de venin de vipère et des feuilles de belladone ?

— Oui. Je pense que ça ira pour le début. Ils reviendront s’ils ont besoin d’autres ingrédients.

La vieille sorcière repartit dans l’arrière boutique. Elle réapparut quelques secondes plus tard, les bras chargés de petites boîtes et de fioles qu’elle glissa dans un sac avant de le donner à Gabriel. Sa grand-mère y rajouta un petit flacon contenant une poudre bleue sur lequel était inscrit « Bolet de Satan ».

Une fois qu’Anna et les jumeaux eurent quittés la boutique, la vieille dame se laissa tombée dans un fauteuil poussiéreux et lâcha dans un profond soupir : « Pauvres petits, ils ne savent pas ce qui les attend. »

Tous les trois se mêlèrent à la foule, il leur était difficile de voir où ils mettaient les pieds tellement il y avait de monde. En effet le monde magique ne se constituait pas de seulement trois ou quatre individus.

— Eh ! Vous ne pouvez pas regarder où vous marchez – hurla un petit homme pas plus haut que trois pommes, tout de vert vêtu que Gabriel venait de heurter.

— Désolé Monsieur. Je ne vous avais pas vu.

Le petit homme s’éloigna en râlant, disant quelque chose du genre : «  Tous les mêmes ces sorciers ». Gabriel rejoignis sa sœur et sa grand-mère qui l’attendaient quelques mètres plus loin.

— J’ai eu un petit contretemps avec un nain, pas de jardin mais presque – ajouta-il en étouffant son rire quand il s’aperçu qu’Anna lui faisait les gros yeux.

— Je te déconseille de faire de l’humour sur le physique de certaines créatures, tu risquerais de le regretter plus tard. Leur aide pourrait vous être utile un jour. Nous allons faire un tour chez « Papet’s » chercher de l’encre et des plumes.

Ils s’arrêtèrent devant une grande boutique à la façade jaune tournesol. Au dessus de la vitrine les mots « Papet’s » étaient inscrits en lettre rouge. Dans le magasin les grimoires de potions, de formules et autres se mêlaient aux plumes, aux flacons d’encre. Anna prit un flacon d’encre rouge, un d’encre verte, un d’encre bleue. Elle se retourna et prit six plumes de cygnes qui étaient posées en exposition sur une petite table ronde.

— Voilà. Vous avez tout ce qu’il faut pour commencer. Vous voulez voir autre chose ? Les jumeaux échangèrent un regard avant de dire « non » d’un signe de tête.

— C’est parfait, comme ça nous aurons le temps de préparer quelques fioles de potions.

Tous les trois se donnèrent la main. De nouveau la sensation d’être aspiré par le haut se fit ressentir.

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Ce livre est une fiction entièrement écrit par mes soins. Les personnages principaux sont des inspirations avec des personnes réelles. Je mettrais tout dans la description. Tout ce que j'utilise sera utilisée en fonction fictives. ( je mélange plusieurs de mes anciennes fictions pour plus de contenus)
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