JOUR 2 - MERCREDI 10 MARS 2025

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Ce fut rapide. Fulgurant même. Une destruction massive qui avait duré quelques heures. Le renvoi au néant d’années de recherches et de technologies spatiales avancées, un retour en arrière de quelques dizaines d’années en quelques centaines de secondes ; des secondes perdues dans les confins de l’espace-temps, un rien du tout dans l’histoire millénaire de notre humanité.

Il ne restait que des millions de débris , des poussières et, pour les plus gros morceaux, des pièces métalliques de la taille d’une balle de tennis qui se déplaçaient à toute vitesse autour de la Terre mettant parfois en danger la survie de la mission quand ils passaient trop prêts du satellite chinois.

Les membres d’Hydrogène regardaient les dernières particules flotter en réalisant qu’ils étaient devenus les maîtres absolus dans l’espace intersidéral, que le seul satellite qui tournait encore autour de la terre à l’allure sidérante de vingt-huit mille kilomètres par heure c’était celui dont ils avaient pris possession un peu plus tôt. Ils avaient entre leurs mains une puissance de feu que tous les méchants de l’univers leur auraient enviée. Le satellite pouvait encore faire des photos, transmettre des informations, effectuer le comptage des ours sur la banquise, il pouvait aussi viser une ambassade avec son laser magique et la pulvériser si besoin. Rapide, il effectuait une rotation complète de la terre en quatre-vingt-dix minutes chrono.

Un sentiment malsain et supérieur de toute puissance les habitait. Le groupe s’arrêta cinq minutes devant l’écran pour regarder la Terre. Elle était si belle, si bleue et si fragile, simplement à leur merci. Il était clair qu’ils pouvaient faire de gros dégâts.

En bas, cela devait être un sacré bazar. Les premiers dégâts devaient commencer à se faire ressentir même s’il faudrait encore attendre quelques jours pour que les choses prennent définitivement corps et que l’humanité prenne enfin conscience de la nouvelle situation et en analyse la gravité.

Et ils n’avaient pas fini. Il restait la touche finale, le dernier coup de pinceau, la signature du maître, celle qui fait d’un tableau une œuvre d’art inestimable. Max les regarda tous, un par un, lentement, en prenant son temps. Ses yeux verts d’habitude rieurs étaient devenus froids et durs. L’équipe avait devant elle un Max déterminé, glacial et précis que rien ne pouvait plus détourner de son objectif ultime.

- Bon, on va passer à la phase finale, on les laisse mariner quelques heures et on y va. Si certains veulent abandonner le navire et partir, c’est maintenant ! Ensuite, il sera impossible de faire demi-tour, leur annonça-t-il d’une voix détachée et forte.

Mais le groupe était prêt, tous les membres étaient convaincus, parfaitement choisis au moment du recrutement, et aucun d’entre eux n’aurait échangé sa place dans le bunker, même pour tout l’or du monde. En silence, ils s’installèrent derrière leurs écrans, prêts à en découdre avec le monde entier, avant de crier en bons petits soldats, d’une unique voix, dans le rude silence de leur prison de béton :

- Prêts !

- Alors c’est parti ! dit simplement Max sans les regarder, les yeux perdus dans le vague. On engage la phase finale ! Lancez maintenant le dernier programme informatique.

Ils appuyèrent ensemble comme un seul homme sur la touche « Entrée » de leurs ordinateurs pour envoyer la dernière impulsion vers l’espace.

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