AU COMMENCEMENT ETAIT LE VERBE.

Une minute de lecture

À quel moment ai-je compris que nous avions perdu définitivement le contrôle de la situation ? Je ne me souviens pas du jour précis. C’était au début du printemps. Les arbres commençaient juste à verdir et il flottait dans l’air cette impression de renouveau, de renaissance qui nous pousse tous hors de nos murs. S’il m’est impossible de vous donner un jour, l’heure, en revanche, est restée gravée, tatouée dans ma mémoire.

10 : 53. Quatre chiffres qui se sont posés de façon définitive sur le petit poste qui me sert de radio réveil, à côté du lit. Quatre chiffres blancs sur fond noir, restés immobiles, qui brillent d’une lumière fluorescente. Dix heures cinquante-trois.

À cette minute précise, il y eut un grondement, puis un flash lumineux. J’étais assise à la cuisine, je me servais un bol de céréales avec du lait. Mes pensées se perdaient dans l’analyse des événements des derniers jours quand, subitement, le congélateur bipa de façon stridente pour signaler qu’il était coupé. Ensuite, plus rien n’a jamais été comme avant. Le monde que nous connaissions s’est éteint.

Au commencement était le Verbe. Et le Verbe lui-même fut vaporisé.

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