L'audience - 2 भेड़िया

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भेड़िया

Non, mais il me donne des ordres, le despote. Il ne perd rien pour attendre.

Je n’ai jamais pénétré un esprit comme celui de Martô. J’ai l’impression d’avoir mis les pattes dans un immonde marécage à la surface duquel la fermentation fait naître d’énormes bulles qui exhalent des odeurs fétides en éclatant. Sa mémoire ressemble à un ergastule creusé dans un volcan dont la pièce de travail est une salle de torture de laquelle on accède aux geôles où se trouvent ses souvenirs par des galeries parsemées de mofettes.

Je révèle mes intentions à Anthéon, il s’insurge. Je lui communique quelques exploits de Martô, bien qu’horrifié, il hésite. Je mets en exergue les rêves de l’inquisiteur et du despote d’exterminer toute créature liée, de près ou de loin, à la magie et d’imposer leur religion à tous les peuples ; il me donne son accord.

Non sans mal, je réussis à le convaincre de ne rien dévoiler à Liam.

Vais-je m’exécuter comme l’exige Niall ?

Oui, mais à ma façon !

Je subjugue Martô, je contrôle son esprit et ses sens. Je me précipite sur lui, ma gueule se referme sur son crâne, lorsque les os commencent à craquer, je le relâche. Sous la douleur, il porte les mains à sa tête, du sang lui poisse les doigts. Il ouvre la bouche pour appeler au secours, crier que je l’attaque ; j’accentue mon emprise, aucun son ne sort de sa gorge.

Liam s’inquiète, a posteriori, de ce qu’il eût pu subir lorsque je me fus adressé à lui. Je dois le rasséréner.

A contrario, je ne peux lui révéler la vérité, car cela reviendrait à avouer que j’ai enfreint les règles de l’hospitalité qui m’a été accordée. J’informe le roi de l’innocuité, pour les lumineux, de mes contacts télépathiques. Ce qui n’est qu’une légère altération de la réalité.

Simultanément, je demande à Chandra de transmettre mes regrets pour ce qui s’est produit quand j’ai effleuré l’esprit de Martô.

Cet homme de foi aimait faire bonne chère et martyriser les chairs. À moi, et à ses nombreuses victimes, il ne fit pas bon accueil ; des sévices qu’il infligea, il subira les tourments.

Je lui fais éprouver le calvaire d’une gamine qu’il fouetta à mort parce qu’elle refusait de se convertir. Il se lève, tombe à genoux, joint les mains.

« Oui ! Martô, priez, apostat ! Votre foi dans le mal vous a damné ! » le sermonne sarcastique, un despote cornu dont les jambes velues se terminent par des pieds de bouc en se précipitant vers lui. Alors que les lanières de cuir déchirent sa fine peau d’adolescente.

L’inquisiteur, terrorisé par l’empressement de Niall, se signe, puis recule à croupetons. Je n’ai nul besoin de dissuader Maebd de répondre à l’appel à l’aide de Niall, les guerrières d’An t-Eilean Sgitheanach s’en chargent.

Martô fuit le démon en le reniant et le maudissant. Bientôt, son échine est en charpie, la flagellation cesse avant qu’il ne perde connaissance, il pousse des cris épouvantables lorsque du sel est jeté sur ses plaies. Il rampe pour se réfugier dans un coin de la salle… Calé contre le mur, il espère un répit. Or ses entrailles sont brutalement déchirées par un fer chauffé à blanc.

S’il est aisé de persuader un cerveau qu’un dos est fouaillé ou qu’un rectum est affouillé ; il l’est beaucoup moins de faire partager les affres qu’éprouva la mère du garçon de six ans qu’il supplicia ainsi, à un monstre, dépourvu de compassion, tel que lui. Malheureusement, je n’y réussis pas, pour compenser ma déception, je réitère l’introduction du ringard dans son sphincter.

Je revêts le mire, qui approche de son compatriote hagard, des attributs du bourreau. L’inquisiteur bave recroquevillé dans l’angle nord-est de la pièce, il couvre le thérapeute d’injures entrecoupées de cris d’animal blessé et lutte désespérément pour l’empêcher de se saisir de lui.

Alors qu’un brouhaha envahit la salle, je ne peux rester plus longtemps silencieux. Je confie à Liam, me sentir coupable d’avoir effleuré l’esprit d’un homme que je présumais incapable de supporter ce contact, et je réitère mes regrets.

Ce sont maintenant six tourmenteurs munis d’un chevalet et de liens que Martô voit entrer. Malgré sa résistance acharnée, ils finissent par l’allonger sur une planche, hérissée des pointes acérées qu’il avait fait ajouter à l’instrument pour violenter un mari qui refusait de témoigner contre sa mie, accusée de sorcellerie. À l’aide de cordes, on relie ses poignets et chevilles aux axes situés aux extrémités de l’engin. Les six hommes soulèvent l’appareil puis quittent la pièce, suivis du bourreau.

Tout en observant les réactions de chacun, je suis obligé d’argumenter pour convaincre le roi Liam de garder secrète notre communication.

Je maintiens une liaison avec l’esprit de Martô afin de pouvoir le bourreler où qu’il soit.

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