L'Audience -1 -भेड़िया

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… puisque nous ignorons comment sont réellement les choses et que

nous n’en connaissons que la représentation que nous en faisons.

Albert Einstein

भेड़िया

Le sergent Seaghdh ouvre le battant droit de la porte, s’efface pour me laisser entrer, ferme derrière lui et s’immobilise barrant la sortie, l’artefact en main.

Ils sont tous là, ceux que j’ai pu observer au travers des yeux de Chandra. En avançant lentement je les dévisage un par un sondant leurs esprits, leurs réactions vont de l’empathie à la peur en passant par la curiosité, l’étonnement, la perplexité, la méfiance, la crainte, le mépris et la haine. Je m’arrête, salue Maebd, puis déverrouille l’accès aux souvenirs que j’avais occultés bien des années plus tôt ; lorsqu’elle me fit débarquer dans une petite crique déserte à environ cinq lieues au nord d’Alexandia, par une chaloupe du navire qui nous ramenait de l’île d’An t-Eilean Sgitheanach. Son sourire et la vague de tendresse, qu’elle m’adresse, mettent fin à la tétanisation qui a frappé l’assistance à mon entrée.

Simultanément :

• Je demande à Chandra d’être mon interprète et lui transmets mes directives : remercier de l’audience qui m’est accordée, puis saluer l’assemblée.

• Je prends contact avec le roi Liam et le prie, de garder secrète cette communication.

• J’incite – à son insu, mais sans efforts – le despote Niall à contester le rôle de Chandra.

• J’explore le cerveau de l’inquisiteur Martô à la recherche de ses affres.

Effrayé par mon aspect, l’un des serviteurs qui viennent d’apparaître laisse tomber son plateau. Alors qu’Eileen lui sourit, je chasse la peur de son esprit. Si inspirer de la frayeur est… comment dire… réjouissant et parfois utile, la terreur d’un serveur est néfaste à mes projets. Ayant recours à la magie du palais – lequel absorbe la nourriture répandue sur le sol – le garçon s’éclipse quelques secondes avant d’émerger du néant chargé de victuailles.

Alors que je demande à Chandra de solliciter en mon nom l’autorisation de me coucher afin d’apaiser les éventuelles craintes des convives. Je négocie avec Anthéon pour qu’il suggère au roi d’également me proposer de m’asseoir.

Bien que je sois débordé, comme je suis bon avec toi, je t’explique :

• Tu comprendras vite pourquoi je ne peux décemment pas faire requérir par Chandra cette position sous prétexte de rassurer les hôtes.

• Je ne peux pas plus solliciter auprès de Liam une autre posture que celle que je réclame par l’intermédiaire de Chandra, sans qu’il s’interroge sur ma motivation.

• Il m’est impossible d’influencer le roi à l’insu d’Anthéon. Or, ce dernier est bien trop dangereux pour que je le contrarie. Il est plus prudent et aisé de le convaincre.

Après avoir, semble-t-il, longuement réfléchi, Liam m’offre le choix. J’opte pour la position assise qui, bien qu’inhabituelle pour un loup adulte, me permet de dominer l’assistance.

Le despote Niall dénie le besoin d’intermédiaire pour communiquer avec moi, dans le cas très improbable où j’en serais réellement capable. Il envisage néanmoins que cela puisse présenter un risque, il charge donc son alter ego l’inquisiteur Martô de cette tâche. Je m’en réjouis, mon plan se déroule à merveille.

Sur sa lancée, il évoque celles qu’il nomme sorcières et que Martô torture, provoquant l’ire de Scáthach et Aífe ainsi que de la reine et de Maebd, à laquelle je recommande d’apaiser ses amies. Je transmets à Chandra mon accord pour une tentative de communication avec le sieur Martô et l’invite à rappeler le péril que court ce dernier.

« Que le loup s’exécute ! » s’exclame le despote.

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