Partie I

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Pour les scientifiques, l'amour chimiquement parlant, n'est qu'un composé de messages hormonaux envoyés au cerveau des "amoureux". Pour d'autres, il s'agit d'un objectif qui fera l'objet d'une quête, qui durera parfois toute une vie. Pour certain, c'est un sentiment parmi tant d'autres, qui ne représente qu'un intérêt moyen.

L'amour a bien des originies et une infinité d'identités, cette notion a fait, fait et fera débattre encore des dizaines de générations chez les Hommes. Ce sentiment, tout le monde peut le ressentir, même Marcel. Pourtant il n'est qu'un lapin. Marcel se moque éperdument de ce qu'est réellement l'amour, lui, il veut le vivre !

Marcel ressentait au fond de lui un amour infini depuis si longtemps, qu'il ne saurait compter le nombre de nuits à réver d'elle, allongé et le pompon détendu à deux pas de l'entrée de son terrier. Il s'imaginait ensemble, en sécurité et vivant d'amour et d'eau fraîche. Il observait le ciel, chaque nuage représentait une scène de leur future vie, un baiser, une promenade et des petits à leur image.

Il se souviendrait toujours du premier jour où il la vit, si belle, si désirable.

Marcel faillit en tomber à la renverse, cette divine créature dégustait une salade de jeunes pousses. Sa crinière de feu flamboyait sous les timides rayons du soleil couchant. Elle prenait son temps, savourant son plat tout autant que la caresse du vent, qui lui faisait vireloter ses mèches rebelles.

Marcel n'en crut pas ses yeux, était-ce une halucination due aux premier émois printanier de l'année ou bien une exquise réalité ? Peut importait, il devait absoluement trouver un moyen pour la rencontrer, quelqu'il soit. Malheureusement, elle avait beau être sa voisine, la distance qui les séparait semblait infranchissable. Marcel n'avait jamais quitté la sécurité de sa maison à l'orée du bois. Même si par miracle il arrivait à la rejoindre, dans son château peint en un doux dégradé de bleu, il était certain qu'il ne lui plairait pas. En effet, contrairement à la beauté envoutante de son aimée, Marcel n'avait rien d'exceptionnel. Il était le dernier né d'une même portée, composée de trois frères et de quatres soeurs. Ils étaient tous semblables, la même taille et les mêmes petits yeux marrons. Seule, leur personnalité pourvait faire d'eux des êtres discociables.

Sa promise, enfin l'espérait-il, possédait de sublimes yeux bleus. Ces derniers étaient mis en valeur par de longs et gracieux cils qui papillonnaient d'émotions à chaque bouchée de ses copieux banquets. Chacun d'entre eux étaient docilement servi matin et soir par ses deux humains asservient. Ce rituel était une torture pour Marcel qui souffrait régulièrement de la faim, en particulier lors des froides nuits d'hiver. Toutefois, la voir se délecter d'opulentes et grasses fânes de carottes lui réchauffait le coeur. Il devait se contenter de fades et terreuses racines en compagnie de sa famille, avec qui il ne semblait rien avoir en commun.

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