Chapitre 39

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Contrairement à ce que Lisa avait redouté, ses grandes vacances ne commencèrent pas si mal que ça. Dès le deuxième jour de ses congés – qui était aussi le premier jour de l’été –, elle eut l’occasion de se réjouir en découvrant sur internet les résultats de son test de l’ACT : alors que l’essai qu’elle avait écrit durant son épreuve optionnelle de rédaction fut gratifié d’un honorable 5/6, ses réponses au QCM d’anglais, de maths, de sciences et de lecture lui valurent la note inespérée de 35/36, ce qui la propulsait directement parmi les meilleurs candidats au MIT. Inutile de dire qu’elle fêta cette heureuse nouvelle le soir même avec sa mère, autour d’un barbecue qu’elles improvisèrent toutes les deux dans le jardin, en faisant griller des ribs, des brochettes de bœuf et des épis de maïs.

Lisa retrouva rapidement le bonheur de pouvoir faire la grasse matinée tous les jours, et de pouvoir prendre de longs petits déjeuners devant la télé en regardant des dessins animés idiots. Comme sa mère continuait de travailler du matin au soir, elle avait la maison pour elle toute seule, mais elle préférait passer le plus clair de son temps dehors, dans le jardin. Elle voulait profiter au maximum du plein air, et s’adonnait à la plupart de ses activités à ciel ouvert, que ce soit pour lire – elle s’était replongée dans la saga Harry Potter –, pour écrire – elle griffonnait sur un carnet des poèmes d’amour dédiés à M. Bates – ou pour jouer aux échecs – elle essayait d’apprendre toute seule, dans l’espoir qu’un jour elle pourrait se mesurer à son prof de maths.

Mais ce qu’elle préférait par-dessus tout, c’était jouer de la guitare, pieds nus dans l’herbe de son jardin. Ses morceaux se faisaient de plus en plus sombres et mélancoliques. Elle s’entraînait sur ATWA de System Of A Down, dont l’intro lente et triste la plongeait dans une sorte de torpeur sentimentale, et dont les paroles, en lui rappelant son amour impossible pour M. Bates, ne faisaient qu’aggraver sa douleur. « You don’t care about how I feel, I don’t feel it anymore »... Oui, c’était bien cela qui lui causait le plus de peine : M. Bates ne se préoccupait pas le moins du monde de ce qu’elle pouvait ressentir pour lui... Peut-être un jour finirait-elle par se lasser et par ne plus rien éprouver pour lui ? Hélas, elle avait l’étrange pressentiment que son amour pour lui durerait toute sa vie...

Les propres compositions musicales de Lisa étaient maintenant bien éloignées du style punk rock de ses débuts. Elles se rapprochaient inexorablement du genre gothique que la jeune fille avait appris à aimer, en écoutant en boucle des groupes comme Nightwish, Within Temptation ou Leave’s Eyes. Inspirée par ses sentiments pour M. Bates, affligée à la pensée que jamais son amour ne serait réciproque, elle faisait sortir de sa guitare des mélodies chargées de langueur et de nostalgie. Elle se plaisait à jouer en contemplant les nuages, et se couchait parfois dans l’herbe, avec sa guitare sur le ventre, pour admirer le ciel tout en continuant de gratter les cordes de son instrument. Bien sûr, Léo se demandait si Lisa avait encore toute sa tête lorsqu’il la retrouvait ainsi allongée au beau milieu du jardin, comme écrasée sous le poids de sa propre guitare. Mais le chat ne s’attardait jamais bien longtemps près du corps de sa maîtresse, car le bruit qui continuait de sortir de l’instrument lui cassait beaucoup trop les oreilles. Contrarié, il s’enfuyait le plus loin possible pour trouver un coin tranquille où faire la sieste.

Les derniers jours de juin furent marqués par une série d’orages particulièrement violents. Lisa, qui adorait regarder les éclairs, se faisait une joie de rester dehors sur la terrasse, assise sur son banc en face du champ de maïs du voisin. Au-dessus de la plantation, elle voyait défiler d’immenses nuages noirs qui obscurcissaient le ciel  et menaçaient de crever à tout moment. L’air était lourd et chargé de l’odeur un peu musquée de la pluie et de la terre mouillée. Une odeur si agréable, que Lisa respirait à pleins poumons, savourant ce parfum qui n’était pas sans lui rappeler celui de M. Bates… Elle apercevait par instants des éclairs lointains, accompagnés par le grondement du tonnerre. S’ensuivaient toujours des ondées salvatrices qui venaient rafraîchir l’atmosphère. Lisa se réfugiait alors à la maison et regardait la pluie battre contre les fenêtres du salon, en appréciant le bonheur de se sentir à l’abri.

Parmi les dates importantes du mois de juillet – outre celle de la fête nationale des Etats-Unis qui était célébrée le mardi 4 –, le mercredi 12 juillet était le jour tant redouté de la publication des résultats de la dernière épreuve du SAT de printemps. Pour Lisa, il s’agissait de son test de maths de niveau 2, celui qu’elle se souvenait avoir réussi avec une incroyable facilité. Aussi s’empressa-t-elle de se connecter au site internet du SAT pour y découvrir son score… de 800/800.

Ouvrant des yeux ronds comme des billes, Lisa se pencha sur l’écran de son ordinateur pour s’assurer qu’elle avait bien lu. 800/800 ? Ne s’agissait-il pas d’un bug informatique ou d’une faute de frappe ? Certes, elle savait qu’elle s’était plutôt bien débrouillée à cette épreuve, mais de là à faire un sans-faute ? Elle n’en revenait pas. C’était tellement beau ! Tout cela, elle le devait à M. Bates. C’était lui qui, par la qualité de ses cours et la quantité de ses exercices, lui avait permis de réussir ce test haut la main. Si seulement elle avait pu le revoir, elle se serait jetée dans ses bras pour le remercier ! A la place, elle se contenta de ressortir la photo qu’elle avait prise de lui en janvier et d’embrasser tendrement son visage.

Si l’arrivée du 12 juillet avait plongé Lisa dans une certaine fébrilité, la date qu’elle attendait avec le plus d’impatience était sans conteste celle du 27 juillet, jour d’ouverture du Green Jazz Festival. Ce jour-là, la ville de Greentown était en pleine effervescence. Des touristes affluaient dans les rues pour écouter des groupes de jazz venus de tous les horizons, parmi lesquels les Midnight Owls, dont le leader n’était autre que le grand frère de Joey, Matt Barker. Celui-ci entamait avec sa formation une tournée qui devait durer tout l’été et traverser les états de Californie, d’Oregon et de Washington. Âgé de vingt-sept ans – soit dix années de plus que Joey –, il travaillait en tant que prof d’histoire dans un collège de Denver. Son temps libre était consacré à la musique, et plus particulièrement au jazz : à la fois chanteur, trompettiste et clarinettiste amateur, il avait formé les Midnight Owls en s’entourant d’un bassiste, d’un batteur et d’une saxophoniste. De par la qualité de leurs morceaux et de leurs prestations scéniques, les quatre musiciens avaient acquis une certaine renommée dans le Colorado, et avaient fini par exporter leur musique par le biais d’albums studios et de tournées régulières. Le groupe avait bientôt vu naître un petit fan club, qui s’était rapidement agrandi, attirant toujours plus de jeunes femmes qui tombaient sous le charme du chanteur. Il fallait dire que Matt n’était pas désagréable à regarder, bien au contraire. Les cheveux bruns et courts, les yeux bleus, il avait un visage avenant et une carrure solide. Lorsqu’il était sur scène, il se dégageait de lui un tel charisme qu’il n’avait pas de mal à séduire le public.

Lisa, qui n’avait entendu parler de lui que par le biais de Joey, eut la chance de faire sa connaissance dès le premier jour du festival. Ce jour-là, elle se rendit avec Kevin et Astrid au centre ville de Greentown, et tous les trois allèrent retrouver Joey devant le bar du Pass’Port où devait se produire le groupe de son frère. Joey, qui était arrivé sur place une heure auparavant pour aider Matt et ses musiciens à mettre en place leur matériel et régler la sono, s’accorda une pause pour accueillir ses amis. Il portait un t-shirt « Midnight Owls » avec le mot « Staff » écrit en lettres majuscules dans son dos, ce qui n’était pas sans lui donner une certaine fierté. Bientôt rejoint par son grand frère, Joey s’empressa de faire les présentations. La première chose qui sauta aux yeux de Lisa fut l’absence de ressemblance entre les deux frangins. Si elle n’avait pas déjà été au courant de leur lien de parenté, jamais elle ne l’aurait deviné. De figure, Matt lui paraissait beaucoup plus mâture que Joey, dont le visage rond et presque lunaire lui avait toujours semblé un peu candide. Peut-être cela était-il dû à leur différence d’âge assez importante ? Dans tous les cas, Lisa devait avouer qu’elle trouvait Matt bien plus séduisant que son petit frère, et elle n’était pas étonnée que Joey lui ait confié un jour être jaloux du succès de son frangin auprès des filles.

- A quelle heure commence votre concert ? s’enquit Astrid, qui portait ce jour-là un chapeau de paille et des boucles d’oreilles en forme de cornet de glace vanille-fraise.

- Ça ne va pas tarder, répondit Matt. Encore quelques réglages, et nous devrions être prêts dans un quart d’heure.

- Parfait ! En attendant, on peut s’installer en terrasse et commander quelque chose, proposa la blonde.

Lisa suivit Kevin et Astrid jusqu’à une petite table ronde ensoleillée, tandis que Joey retournait avec son frère procéder aux derniers ajustements. Si le couple d’amoureux qu’elle accompagnait semblait profiter sereinement de cette belle après-midi estivale, Lisa, elle, était sur le qui-vive. Elle tournait la tête de tous côtés pour tenter d’apercevoir M. Bates parmi les passants ou les clients du Pass’Port assis en terrasse. Pour le moment, elle ne le distinguait nulle part, mais elle gardait bon espoir. Après tout, Joey ne lui avait-il pas dit que les Midnight Owls figuraient parmi les meilleurs groupes du festival ? Tôt ou tard, M. Bates finirait par entendre parler d’eux et par venir les écouter.

Même si elle ne raffolait pas de jazz, Lisa dut admettre qu’elle fut impressionnée par la performance des Midnight Owls. Leur concert débuta à cinq heures pile et attira une foule de curieux. Les spectateurs, d’abord séduits par cette musique entraînante et joyeuse, furent rapidement conquis par le talent des musiciens, en particulier celui de Matt, qui maîtrisait la trompette aussi bien que la clarinette, et dont la voix de crooner était un pur plaisir pour les oreilles. Le groupe invita bientôt le public à danser le swing sur ses morceaux, et plusieurs couples se mirent à se balancer au rythme de la batterie et de la basse, sur une petite piste de danse improvisée devant la scène.

- Ça te dit de les rejoindre ? proposa Kevin à Astrid.

- Et comment ! s’écria gaiement la blonde. Lisa, ça t’embête si on t’abandonne cinq minutes ? Je peux te confier mon chapeau ?

- Euh… OK…, fit la jeune fille en récupérant dans ses mains le chapeau de paille de son amie.

En moins de deux, Lisa se retrouva assise toute seule, devant une table chargée des verres encore à moitié remplis de limonade que ses camarades avaient laissés derrière eux. Elle essaya de compenser son désarroi en sirotant son thé glacé à la pêche, mais elle ne put s’empêcher de se sentir frustrée. Encore une fois, elle venait de se faire larguer... Pourquoi avait-elle toujours l’impression que cela n’arrivait qu’à elle ? Si seulement Joey était là pour lui tenir compagnie… Mais le garçon était bien trop occupé à vendre des disques et des t-shirts des Midnight Owls aux spectateurs qui se laissaient tenter.

Kevin et Astrid se mêlèrent aux danseurs et commencèrent à se trémousser sur un solo de saxophone enfiévré. Il ne leur fallut pas plus de quelques instants avant de se laisser emporter par la musique, virevoltant l’un autour de l’autre sur un rythme endiablé, Kevin tenant sa partenaire par la main et Astrid faisant tournoyer ses cheveux blond cendré et sa jupe vert pomme. Lisa, qui les observait d’un œil amusé, se demandait si elle pouvait s’attendre à voir M. Bates débarquer sur la piste et se mettre à danser lui aussi. Honnêtement, elle avait du mal à l’imaginer en train de gigoter de la sorte... Il lui avait toujours paru être un homme sage et distingué, et la seule danse qu’elle pouvait envisager de le voir danser – avec elle, de préférence – était le slow.

En attendant, elle ne l’apercevait nulle part dans la foule, et commençait à se demander si cela valait le coup de s’attarder ici encore longtemps... Elle resta cependant jusqu’à la fin du concert, joignit ses applaudissements à ceux du public, avant de voir Kevin et Astrid regagner sa table, à bout de souffle. Tous les deux s’affalèrent sur leur chaise et vidèrent d’un trait leur verre de limonade.

- Fiou ! Qu’est-ce qu’il fait chaud ! s’exclama la blonde en agitant ses mains devant son visage rouge pivoine pour s’éventer.

- Tu l’as dit ! acquiesça Kevin. Je crois bien que je vais me reprendre quelque chose à boire, car je suis mort de soif… 

- Qu’est-ce que vous diriez si on allait plutôt se balader dans les rues pour voir les autres groupes ? suggéra Lisa. Je suis sûre qu’il y a plein d’autres jazz bands qui pourraient vous plaire.

- C’est une bonne idée, admit Astrid. Allons demander à Joey s’il veut nous accompagner !

Hélas, le garçon ne semblait pas prêt de pouvoir se libérer de sitôt. Les Midnight Owls enchaînaient les concerts devant le Pass’Port jusqu’à sept heures du soir, avec des pauses d’un quart d’heure seulement entre chaque performance, et Joey devait rester avec eux jusqu’à la fin pour écouler leurs albums et les aider à tout ranger avant de céder la place au groupe suivant.

- On peut se retrouver à sept heures et demi au Mollie’s Diner ? proposa-t-il à ses camarades, à défaut de pouvoir se joindre à eux.

- Ça marche ! répondit Kevin. A tout à l’heure !

Cela leur laissait deux bonnes heures pour vagabonder dans les rues de la ville, à la recherche de nouveaux musiciens talentueux ou – dans le cas de Lisa – à la recherche de M. Bates. Elle n’avait de cesse de regarder dans tous les sens pour essayer de le trouver, ce qui lui valut plusieurs fois d’entrer en collision avec des passants, qui s’éloignaient d’elle d’un air renfrogné en lui conseillant de regarder où elle mettait les pieds. Plusieurs fois aussi elle crut l’apercevoir au milieu de la foule, mais elle se trompa systématiquement, réalisant qu’il ne s’agissait que d’un inconnu qui lui ressemblait vaguement ou qui portait les mêmes lunettes que lui. Au bout de deux heures de pérégrinations d’une scène de concert à une autre, Lisa s’avoua vaincue. M. Bates était absolument introuvable, et elle en arriva à la triste conclusion qu’il avait choisi de passer ses vacances bien loin de Greentown... Elle ne se doutait pas qu’elle serait bientôt détrompée.

Lorsque les quatre amis se retrouvèrent autour d’une table à banquettes du Mollie’s Diner, Joey s’écria d’une voix surexcitée :

- Devinez qui m’a acheté un album, tout à l’heure ?

- Je ne sais pas, moi… Le pape ? lança Kevin.

- La reine d’Angleterre ? s’enquit Astrid.

- Mais non, bande d’idiots ! s’exclama Joey en riant. M. Bates !

- Quoi ? se récria Lisa en faisant un bond sur sa chaise et en écarquillant des yeux médusés. M. Bates était là ?

- Oui, il a assisté au concert de six heures et demi, et il l’a trouvé génial ! Il m’a dit qu’il écoutait beaucoup de jazz et qu’il avait rarement entendu un groupe contemporain aussi bon.

- Waouh ! Tu devais être content ! dit Astrid.

- J’avoue. Pour une fois que je l’entends me faire un compliment… D’habitude, en cours de maths, j’ai toujours droit à des commentaires du genre : « Passable » ou « Peut mieux faire »... Ça fait plaisir de le voir enfin apprécier quelque chose !

- Même si ce n’est pas vraiment ton travail qu’il a apprécié… C’est plutôt celui de ton frère ! fit remarquer Kevin avec un brin de malice.

- Peut-être, mais c’est moi qui ai réglé la sono ! rétorqua Joey. Moi aussi j’ai droit à ma part de louanges !

- Tu penses que si le disque qu’il t’a acheté lui plaît, M. Bates fera remonter ta moyenne en maths ? questionna Astrid.

- Dieu merci, je n’aurai plus de maths l’année prochaine ! s’exclama Joey en serrant le poing d’un geste victorieux.

Lisa, elle, brûlait d’envie de lui poser tout un tas d’autres questions : M. Bates était-il venu accompagné ? Avait-il dansé ? Quel album avait-il acheté ? Comment était-il habillé ? Où était-il allé ensuite ? Avait-il précisé s’il retournerait voir les Midnight Owls ? Des questions dignes d’une enquête de police – voire de l’Inquisition espagnole – qu’elle devait malheureusement garder pour elle, si elle ne voulait pas que ses amis découvrent à quel point elle s’intéressait à son prof de maths.

La jeune fille se mordait les doigts de ne pas être restée aux autres concerts des Midnight Owls au Pass’Port. Si elle avait su que M. Bates y ferait son apparition, jamais elle n’aurait proposé à Kevin et Astrid d’aller faire un tour ailleurs, et elle n’aurait pas quitté la terrasse de toute la soirée. Hélas, c’était trop tard, maintenant… Elle avait raté sa chance. Il ne lui restait plus qu’à espérer que M. Bates se déciderait à retourner au Green Jazz Festival les jours suivants... Au moins, elle savait qu’il était dans les parages, ce qui était bon signe. Si les premiers groupes qu’il avait entendus au festival lui avaient plu, il y avait de grandes chances pour qu’il y remette les pieds.


Le vendredi 28 juillet, même si Kevin et Astrid préférèrent passer leur journée à la plage, Lisa retourna sans hésiter au Green Jazz Festival, bien décidée à y croiser la route de M. Bates. Dès deux heures de l’après-midi, elle retrouva Joey sur la terrasse du Fox & Goose, une brasserie devant laquelle devaient se produire les Midnight Owls, et lui tint compagnie pendant la durée des préparatifs.

- Tu crois que si j’achète un des albums de ton frère, il pourra me le dédicacer ? demanda la jeune fille, alors que Joey positionnait les micros autour de la batterie.

- Bien sûr, répondit-il. Quel album te ferait envie ? Il y a un morceau en particulier que tu voudrais retrouver ?

- Oh… Euh… Je… Je ne sais pas trop…, balbutia Lisa, pour qui tous les morceaux de jazz – y compris ceux des Midnight Owls – se ressemblaient. Quel album tu me conseillerais, toi ?

- Le dernier, sans hésiter ! Il contient la plupart des morceaux que mon frère joue durant le festival, et c’est celui que je recommande à chaque fois ! C’est d’ailleurs celui que j’ai vendu à M. Bates, hier soir.

- Parfait ! s’exclama Lisa avec un grand sourire. Dans ce cas, je vais prendre celui-là !

C’était un coup de chance incroyable ! Joey venait de répondre à l’une des questions qui obsédaient le plus Lisa, sans même qu’elle ait eu besoin de la lui poser. Quelques instants plus tard, elle se retrouvait en possession de l’album Hullabaloo, dont la pochette représentait une chouette jouant du saxophone, et était signée au feutre noir par ces mots affectueux : « Pour Lisa, en souvenir du Green Jazz Festival. Matt ». Se réjouissant à l’idée qu’elle allait désormais pouvoir écouter exactement la même musique que M. Bates, Lisa prit congé des frères Barker et commença sa balade dans les rues de Greentown.

Malheureusement pour elle, la chance qui lui avait souri en début d’après-midi ne dura pas bien longtemps, car elle eut beau faire la tournée des jam sessions et autres concerts improvisés, nulle part elle ne réussit à trouver son prof de maths. Il fallait dire aussi que les rues étaient de plus en plus noires de monde. Comment parvenir à reconnaître M. Bates dans toute cette cohue ? Autant chercher une aiguille dans une botte de foin ! A supposer d’ailleurs que l’aiguille s’y trouvait...

Le jour suivant attira encore plus de festivaliers, car c’était un samedi, et tous ceux qui n’étaient pas encore en vacances pouvaient désormais profiter du week-end pour se rendre au festival. Tel était le cas d’Amanda Thompson, qui décida d’accompagner sa fille en milieu d’après-midi pour qu’elle lui présente le jazz band du frère de Joey. A cette occasion, Lisa acheta un deuxième album des Midnight Owls, Mayhem, qu’elle prit soin de ne pas faire dédicacer, car elle avait l’intention secrète de l’offrir à M. Bates dès la rentrée de septembre. Ce disque lui ferait forcément plaisir, puisqu’elle était sûre qu’il ne l’avait pas, mais qu’il était fan des Midnight Owls. Restait à savoir où et comment elle le lui remettrait… En attendant, elle continuait d’observer la foule dans l’espoir de le voir, en tâchant cependant de ne pas éveiller les soupçons de sa mère, qui risquait de finir par se demander pourquoi sa fille préférait regarder les spectateurs plutôt que les musiciens qui jouaient sur scène. Au bout de deux heures, le bruit des trompettes et autres cuivres finit par avoir raison d’Amanda : celle-ci attrapa une violente migraine, et Lisa n’eut d’autre choix que de déclarer forfait et de rentrer à la maison avec sa mère. Encore une fois, ses recherches s’étaient soldées par un échec. Il ne lui restait plus qu’un jour pour tenter d’apercevoir M. Bates au Green Jazz Festival...


Le dimanche 30 juillet était le jour de sa dernière chance. Ce jour-là, elle avait rendez-vous avec Kevin et Astrid à trois heures de l’après-midi, sur la place de l’hôtel de ville de Greentown, où devait se produire l’une des têtes d’affiche du festival : le Pink Panther Orchestra. Les pires craintes de Lisa se trouvèrent justifiées lorsqu’en arrivant sur place, elle se rendit compte que tous les musiciens du jazz band étaient déguisés en panthères roses.

- Ils ne doivent pas avoir froid dans leur costume ! commenta Astrid.

Lisa, qui trouvait cet accoutrement complètement ridicule, était certaine que jamais un spectacle aussi absurde n’attirerait M. Bates.

Et pourtant…

Comme elle et ses amis se tenaient debout au premier rang, elle avait une vue entière sur les autres spectateurs de la première rangée, placés tout autour de l’orchestre, et elle remarqua bientôt parmi eux, sur sa droite, un homme qui ressemblait étrangement à M. Bates. Il se tenait à une vingtaine de mètres d’elle, ce qui était une distance suffisamment grande pour l’empêcher de discerner clairement les traits de son visage et ainsi semer le doute dans son esprit. Après tout, elle avait déjà cru l’apercevoir plusieurs fois au cours du festival. Ce n’aurait pas été la première fois qu’elle se serait trompée...

Il y avait cependant quelque chose chez cet homme qui la captivait. Impossible pour elle de le quitter des yeux, tant elle était intriguée. Comme M. Bates, il portait des lunettes arrondies, à monture épaisse. Comme M. Bates, il avait les cheveux bruns et courts, légèrement décoiffés, mais décoiffés avec style. Il était vêtu d’un jean bleu foncé et d’une chemise blanche aux manches retroussées jusqu’aux coudes, déboutonnée au niveau du col, ce qui lui donnait une allure à la fois classe et décontractée. Plus elle l’observait, plus Lisa sentait les battements de son cœur s’accélérer... Il n’y avait plus de doute, c’était bien M. Bates ! Qui d’autre que lui pouvait la mettre dans un tel état ?

Une folle excitation s’empara de Lisa, et elle fut à deux doigts de s’écrier à l’adresse de Kevin et Astrid :

- Regardez, là-bas ! C’est M. Bates !

Elle parvint cependant à contenir sa joie et à garder son calme, s’efforçant de faire comme si de rien n’était. Enfin son vœu le plus cher se réalisait ! Elle ne rêvait pas. Il était là, devant elle. A quelques mètres seulement. Elle le voyait enfin. Le simple fait de le voir était déjà pour elle un bonheur immense. Il lui avait tellement manqué !

Alors que le Pink Panther Orchestra entamait les premières notes de son concert, Lisa n’arrivait pas à détourner son regard de M. Bates. Les mains dans les poches de son jean, il remuait doucement la tête au rythme de la musique, et regardait les musiciens en souriant, sans doute amusé par leur accoutrement grotesque. A la fin du premier morceau, Kevin s’exclama au milieu des applaudissements :

- Ça valait le coup de venir, non ? Je parie que vous n’aviez encore jamais vu une panthère rose jouer du trombone !

Lisa, elle, vit M. Bates s’adresser à sa voisine de droite, une dame d’un certain âge, habillée d’un chemisier et d’une longue jupe à fleurs, et dont les cheveux blonds étaient relevés par un chignon. La jeune fille fronça les sourcils en se demandant qui cela pouvait bien être… Cette femme paraissait un peu vieille pour être la copine de M. Bates… Peut-être s’agissait-il d’une amie ou d’une simple connaissance ? Peut-être venait-il seulement de la rencontrer à l’occasion de ce concert ? Quelques instants plus tard, Lisa aperçut M. Bates en train d’échanger des mots avec son voisin de gauche, un homme de haute taille, aux cheveux gris et portant une moustache. Dès lors, elle se dit qu’il s’agissait très certainement d’un couple d’amis avec lequel M. Bates était venu profiter du festival. A moins que ces deux personnes ne soient en réalité ses parents ? Dans tous les cas, Lisa était heureuse de constater une fois de plus que M. Bates n’était pas accompagné d’une femme qui aurait pu être sa compagne.

Son bonheur ne fut hélas que de courte durée, car au bout d’à peine dix minutes, Astrid fit part à ses amis de son ennui profond et de son souhait d’aller voir ailleurs s’il y avait de meilleurs concerts. Kevin accéda naturellement à sa requête, et Lisa, qui ne pouvait s’entêter à rester ici sans éveiller les soupçons, dut finir par céder. Déçue, elle jeta un dernier regard plein de tristesse en direction de M. Bates, puis se résigna à suivre ses camarades pour quitter les lieux, abandonnant derrière elle l’homme qu’elle aimait et qu’elle venait tout juste de retrouver.

Les errances d’Astrid, Kevin et Lisa à travers les rues de Greentown les conduisirent jusqu’au Cocoon, où ils passèrent dire bonjour à Joey et à son frère, car c’était là que jouaient les Midnight Owls pour leur dernier jour de festival. Ils marchèrent ensuite jusqu’au square St Nicholas, où ils s’attardèrent plus d’une heure pour écouter une séance d’improvisation entre un orchestre brésilien et un autre venu du Minnesota. Enfin, ils terminèrent leur route au Gourmet’s, dont la terrasse était animée par un trio de jazz du nom de Jimmy Jam Band.

- On n’a qu’à se poser là, ça a l’air sympa, proposa Astrid, qui commençait à se sentir fatiguée par cette longue balade.

Il était cinq heures de l’après-midi et cela faisait plus de deux heures que Lisa ne s’était pas assise. Autant dire qu’elle accueillit la proposition d’Astrid avec un grand soulagement. Les trois amis s’installèrent à une petite table carrée, placée à proximité de la scène où jouait le Jimmy Jam Band, et commandèrent des boissons. Tandis qu’Astrid et Kevin optèrent pour du thé glacé au jasmin, Lisa, elle, demanda un frappuccino au chocolat, en souvenir de la fois où elle s’était retrouvée en tête-à-tête ici avec M. Bates.

Depuis qu’elle l’avait revu sur la place de l’hôtel de ville, elle était comme sur un petit nuage. Certes, elle n’avait pu l’observer bien longtemps, mais le simple fait de le voir l’avait mise dans un tel état de joie qu’elle se sentait désormais prête à patienter encore un mois de plus avant de le retrouver au lycée. Voir M. Bates. Cela semblait si peu de chose, et pourtant… Cet ardent désir qu’avait eu Lisa depuis le début de ses vacances venait de se réaliser, et elle se sentait comblée.

Elle avait eu une telle chance ! La probabilité de croiser M. Bates au milieu de milliers de festivaliers était infime, mais finalement… Le monde était petit ! Elle en eut d’ailleurs une nouvelle preuve lorsqu’elle reconnut Tom Hernandez, assis à une table à quelques mètres de la sienne, en compagnie d’un beau jeune homme au teint mat, aux cheveux bruns et courts et aux épais sourcils noirs.

- Tiens, mais c’est Tom, là-bas ! ne put-elle s’empêcher de s’exclamer pour voir la réaction d’Astrid, qui avait toujours eu un faible pour ce garçon – avant, bien sûr, qu’elle ne découvre qu’il était gay et qu’elle ne sorte avec Kevin.

- Ah ? fit la blonde en se retournant pour voir si Lisa disait vrai. Ah oui, c’est lui… On dirait même qu’il a changé de copain… 

- Quoi ? Il n’est plus avec Brad ? s’étonna Kevin, qui semblait lui aussi au courant de la relation entre ces deux lycéens de Lincoln High.

- Visiblement, non… Il est avec quelqu’un d’autre, mais je n’arrive pas à savoir qui c’est… 

- Sa tête ne me dit rien non plus..., ajouta Lisa. Il ne doit pas être au lycée...

- Bah, après tout, il a bien le droit de sortir avec qui il veut ! lança Astrid.

A cet instant, la blonde vit passer à côté d’elle une jeune femme d’une vingtaine d’années, qui tenait par la main un homme plus âgé, dont les tempes grisonnantes laissaient deviner qu’il avait dépassé la quarantaine. Ce couple pour le moins atypique alla s’installer à une table voisine, et Astrid ne put s’empêcher de les dévisager avec des yeux ébahis.

- C’est moi ou il a plus du double de son âge ? souffla-t-elle à l’adresse de ses amis d’un air scandalisé.

Lisa fronça les sourcils. Elle ne comprenait pas pourquoi Astrid était choquée de voir un homme et une femme sortir ensemble malgré leur grande différence d’âge, alors qu’un couple d’homosexuels comme Tom et son nouveau copain suscitait toute sa sympathie. Elle qui venait quelques secondes plus tôt de dire que Tom avait bien le droit de sortir avec qui il voulait... Pourquoi désapprouvait-elle le choix qu’avait fait cette jeune femme de fréquenter un homme plus vieux qu’elle ? Ce n’était pas juste !

- C’est peut-être son père ? suggéra Kevin avec un sourire espiègle.

- Non, regarde ! Ils sont en train de s’embrasser ! Baaah, c’est répugnant ! s’offusqua Astrid en buvant malgré tout une gorgée de son thé glacé.

Lisa, qui avait cru voir dans ce couple la preuve rassurante qu’une jeune femme pouvait s’afficher sans honte avec un homme d’âge mûr, se demandait maintenant si tout le monde pensait comme Astrid… Si tel était le cas, elle avait du souci à se faire, elle qui rêvait de sortir un jour avec M. Bates… Bien sûr, pour qu’un tel miracle se produise, elle devait d’abord attendre d’avoir terminé le lycée. Jamais elle ne prendrait le risque de faire perdre son job à M. Bates, en entamant une relation avec lui alors qu’elle était toujours son élève. Non, elle patienterait jusqu’à la fin de sa terminale avant de lui faire une demande. Mais même en prenant ces précautions, et à supposer qu’il accepte sa proposition, pourraient-ils vraiment se montrer en public ? Pourraient-ils se balader dans la rue, main dans la main, sans provoquer sur leur passage des rires moqueurs ou des remarques désobligeantes ? Lisa parviendrait-elle à supporter le regard des autres ? Réussirait-elle à surmonter leurs préjugés ? Devrait-elle au contraire faire profil bas, et veiller à ce que sa relation avec M. Bates reste secrète ? Devraient-ils rester cachés toute leur vie ? Bien des questions auxquelles elle ne pourrait sans doute jamais répondre, car le jour où elle réussirait à sortir avec son prof de maths n’était hélas pas prêt d’arriver…

Annotations

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Défi
Anne Cécile B


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Puis le regard tomba sur les lèvres de l'autre, bombées, roses, luisantes de l'humidité qu'y avait passé la langue gourmande, avide de découvrir une nouvelle saveur.
Les mains s'effleurèrent, mais bien vite ce furtif contact se renouvellerait, les doigts s'entremêlant fièvreusement, recherchant un encouragement dans la pression fugace.
Enfin, la bouche tant désirée se rapprocherait, et avec elle son souffle fiévreux, se mêlant d'abord à celui de l'autre.
Enfin, les peaux découvriraient leur douceur , se pressant légèrement au début, pour ensuite s'étreindre de concert avec le plaisir qui croissait.
Les lèvres s'entrouvriraient pour assaillir de caresses la langue de l'autre, l'enveloppant, la contournant, la poursuivant. Le parfum du fruit défendu se répandrait bientôt jusque dans leurs âmes.
Puis, la vue se troublerait pour complètement abdiquer, l'esprit tout entier tourné vers le toucher qui l'embrasait.
Un incendie se déclarerait progressivement dans la poitrine, pour prendre lentement la délicieuse route du Sud.
Est-ce que les amants succomberaient tout de suite à cet appel ou choisiraient-ils de laisser s'éterniser le baiser? Attiseraient-ils le désir en s'alanguissant sur chaque délicieuse étape ou l'éteindraient-ils en l'assouvissant sans attendre?
La suite leur appartenait, ils devraient encore longuement questionner leur envie mutuelle avant de s'abandonner au plaisir suprême.
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CloeLicorne

Je m’appelle Belle et j’ai dix-huit ans. Je vis dans une maison de riche. A l’époque, une de mes ancêtres nous a rendu riche en se mariant à un prince enfin je vais pas vous raconter sa vie vous la connaisser. Avant tu n’avais cas demander au père du garçon que tu trouves riche si tu peux l’épouser et le père dit oui ou non. Aujourd’hui, il n’y a plus de vie de princesse et trouver l’amour c’est pas du gâteau. Bon je ne vais vous cacher que j’aime un garçon, il est beau mais pas riche mais ça, j’en ai rien à faire. Mais lui il aime une autre fille, Elza. Super... le problème c’est qu’elle est belle et elle a du charme et en plus, une des ancêtres avait des pouvoir, avouer c’est la classe.
Se garçon s’appelle Adam, il est brun avec des yeux bleu en fait le plus troublant c’est qu’il ressemble au mari de mon ancêtre mais bon sa c’est pas bien grave. Se qui m’énerve c’est qu’il est toujours avec Elza mais pourtant il ne lui a jamais dit « Je t’aime ». J’ai deux options pour aboir son cœur, soit j’attends qu’il lui avoue ses sentiments en priant que Elza lui dit que pour elle c’est juste un ami, il sera triste et là je vais le consoler et on vera se qui se passe après ou alors je fais de mon mieux pour qu’il l’oublie. C’est vraiment pas facile de choisir, bon je vais prendre le risque, je fais l’option un. La seule difficulté c’est que j’ai pas de patience, je pense que je vais devoir attendre longtemps avant le jour J.
Ça fait déjà un mois que j’attends et je commence à en avoir sérieusement marre. En plus chez moi y a pas de wi-fi ! Je passe une super journée... Il y a deux semaines j’ai pensé que je pouvais dire à Elza « Adam t’aime et qui voudrait sortir avec toi et que tu devrais dire non car c’est peut-être un bon ami mais c’est pas un bon mec » mais elle ne va pas me croire, elle n’est pas si naïve.
Un jour comme les autres, j’entends Philipe dire à Adam qu’il devrait lui dire aujourd’hui car sinon elle va peut-être avouer ses sentiments à un autre garçon ou inversement. Il part lui dire et je saute sur l’occasion pour les espionners. Maudite branche, je voulais me cacher dans un buisson et à cause de cette branche Adam se retourne.
- Qu’est ce que... Pourquoi tu me suis Belle ?
- Euh... je ne te suis pas, j’allais dans le même direction pour rejoindre Mulan.
- Mais Mulan est assise sur le banc qui est à ta droite sous les arbres.
- Ah oui, euh merci.
Je pars à toute vistesse sans me retourner. J’avais l’air d’une gourde. Au moment où il repart vers Elza, je le suis de nouveau et cette fois je me cache dans se buisson sans faire de bruit.
- Elza !
- Adam, comment ça va ?
- Oui, je pourrais te parler ?
- Oui bien sûr.
- Non mais en privé.
- Ah, les filles je suis désolée, je vous appelle quand on a terminé.
- D’accord. lui dit Aurore.
- Voilà, j’ai une chose à t’avouer, voilà je...
- Tu ?
Elle le dit comme si elle connaissait la réponse, ça commence à m’inquiéter.
- Je... c’est dur à dire...
- Laisse j’ai compris.
Elle s’approche de lui et... vous connaissez la suite, il fallait bien qu’elle l’embrasse ! Non mais c’est pas possible, après un moin de patience mon plan tombe à l’eau. J’exprime de colère mais en même temps de la joie, je suis contente pour eux. Quand j’y réfléchis, l’amour c’est l’amour, alors que je soit à la place de Elza ou pas, j’aurais exprimée la même joie. J'accepte qu'elle l'aime et qu'il l'aime à son tour.
Fin
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Djurian R


Une matinée de travail ordinaire,
Des instants qui se succèdent,
Sans queue ni tête.

Midi moins dix minutes.
L’ennui et la faim tenaillent,
Une note retient mon attention.

Un détail oublié,
Un problème à régler.
Qui attendra bien une heure de plus.

L’envie soudaine d’écrire,
Un poème, libre et sans grand intérêt,
Mais qui fait du bien à l’esprit.

Loin des mails mal écrits,
Envoyés à la va-vite.
Je me libère un petit moment.

Tiens, il est l’heure de partir.
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