Chapitre 19

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Les chansons s’enchaînèrent de façon fluide et maîtrisée, preuve du talent du DJ. Au bout du quatrième morceau, Tom fut rejoint sur scène par Brad Taylor, ce qui ne laissa plus aucun doute sur leur relation. Lisa, elle, eut la surprise de voir arriver vers elle un garçon qu’elle ne connaissait pas, et qui lui demanda en souriant si elle accepterait de danser avec lui. Naturellement, elle se mit à rougir, et la première réponse qui lui vint à l’esprit fut :

- Désolée, je ne sais pas danser !

- Moi non plus ! répliqua le garçon d’un air jovial.

Les gradins étaient plongés dans la pénombre, et Lisa plissa les yeux pour essayer de mieux distinguer les traits du visage de cet inconnu, mais il n’y avait rien à faire : elle ne le remettait pas. Il lui semblait ne jamais l’avoir croisé au lycée. Il n’était pas si désagréable que ça à regarder – les cheveux courts et noirs, un sourire avenant, un costume sans cravate, à la fois classe et décontracté… Mais Lisa n’avait vraiment pas envie de mêler aux autres sur la piste de danse pour se forcer à gigoter comme une dinde.

- Je ne sais pas danser, mais par contre je sais sauter ! ajouta le garçon en bondissant sur place pour illustrer ses propos.

Cela le rendait parfaitement ridicule, mais au moins il faisait rire Lisa.

- Alors ? demanda-t-il à nouveau.

- Non, désolée, vraiment…, s’excusa la jeune fille. Ça ne me dit rien du tout…

- Comme tu veux. Moi, en tout cas, je vais aller sauter là-bas, près de la scène. N’hésite pas à me rejoindre, si jamais tu changes d’avis !

Sur ce, le garçon fit un clin d’œil à Lisa, puis redescendit les marches des gradins avant de disparaître dans la foule. Encore un qui avait tenté sa chance. Encore un qui avait été éconduit. Et après ça, Lisa se plaignait de rester toujours seule… Mais ce n’était pas de sa faute si le seul homme avec lequel elle avait envie de danser ne se manifestait pas !

D’ailleurs, n’était-ce pas lui qui se tenait debout, là-bas, près des portes d’entrée du gymnase ? Le rythme cardiaque de Lisa s’accéléra subitement. Elle fronça les sourcils pour essayer d’y voir plus clair… Mais non. Ce n’était qu’un élève qui portait d’épaisses lunettes, et qui avait eu l’idée de s’habiller en blanc et de mettre un nœud papillon pour le bal. Clairement, son costard-nœud pap’ lui allait beaucoup moins bien qu’à M. Bates. Que faisait celui-ci, bon sang ? A cette heure-là, et vu à quel point la salle était pleine à craquer, il ne devait plus y avoir personne qui arrivait au gymnase… Il aurait dû être libéré de ses fonctions depuis longtemps. Mais Lisa avait beau regarder autour d’elle, par-dessus cette masse de jeunes qui sautillaient dans tous les sens au son d’une musique rock endiablée, elle ne le voyait nulle part...

Tom Hernandez mit fin au morceau de rock par un fondu contrôlé, et Brad Taylor prit le micro pour annoncer le morceau suivant d’une voix sensuelle :

- Et maintenant, pour tous les romantiques du lycée Lincoln, que vous soyez seul ou que vous ayez déjà trouvé l’âme sœur… Cette chanson est pour vous.

Une voix féminine, délicate et aérienne, se mit à fredonner d’un air à la fois langoureux et fantomatique. Elle fut bientôt rejointe par les notes d’une guitare électrique, claires et réverbérées, lentement jouées en arpège, telle une berceuse. Puis ces intonations s’évanouirent, et une voix masculine se mit alors à entonner les premières paroles de la chanson. Une voix de crooner, chaude et mélancolique, chargée d’émotion et de sensibilité.

Quelques élèves quittèrent la piste de danse pour retourner dans les gradins ou aller à la buvette, ne laissant plus que les couples d’amoureux. Ceux-ci commencèrent à s’enlacer pour danser sur ce slow qui leur était dédié. Certains se bécotaient déjà, d’autres se contentaient de se regarder les yeux dans les yeux, en souriant et en tournant doucement.

Lisa songea alors au bonheur qu’elle aurait éprouvé si elle avait pu danser avec M. Bates. Bien sûr, cela ne relevait que de la pure fiction. Jamais un professeur ne serait venu demander à une de ses élèves si elle voulait danser avec lui. Une telle proposition aurait paru immorale, voire contre nature, et M. Bates aurait eu de sérieux ennuis avec l’administration… Mais si, juste le temps de cette chanson, Lisa oubliait les conventions sociales et l’idée même de vraisemblance ? Tout ce qu’elle pouvait imaginer dans sa tête n’en sortirait jamais et ne choquerait personne. Elle pouvait bien donner libre cours à son imagination, tant qu’elle gardait toutes ses pensées pour elle...

Lisa se laissa bercer par la musique et se mit à fantasmer comme dans un songe… Elle aurait rêvé de voir M. Bates venir s’asseoir à côté d’elle sur le banc. Il se serait étonné de la trouver toute seule, alors que tant d’élèves de son âge étaient en train de danser sur la piste. Elle aurait rougi, et lui aurait avoué qu’elle était venue au bal sans véritable cavalier. Il l’aurait alors observée de son regard intense et pénétrant, et lui aurait tendu la main pour l’inviter à danser. Même si elle ne connaissait pas le moindre pas de danse, elle aurait accepté. Sans hésitation. Avec lui, elle était prête à tout.

Elle aurait glissé sa petite main dans la sienne et se serait levée avec lui. Ensemble, ils auraient descendu les marches des gradins, main dans la main, et se seraient faufilés entre les couples de danseurs pour rejoindre le milieu de la piste. Se faisant face, ils se seraient souri ; lui tendrement, elle timidement. Ce n’aurait été qu’à ce moment-là qu’elle lui aurait confié qu’en réalité elle ne savait pas danser.

- Ne t’inquiète pas, lui aurait dit M. Bates pour la rassurer. Tout ce que tu as à faire, c’est suivre mes pas.

Il était vrai que, pour un slow, l’homme menait traditionnellement la danse et la femme suivait son mouvement. Lisa n’y aurait vu aucun inconvénient, bien au contraire. Elle se serait fait une joie de se laisser guider par M. Bates et de s’abandonner à lui.

Toutefois, elle n’aurait pu s’empêcher de regarder autour d’elle pour voir comment faisaient les autres. Constatant que les filles passaient leurs bras autour du cou de leur partenaire, elle aurait reporté son regard sur M. Bates, pour s’apercevoir qu’il faisait au moins une tête de plus qu’elle et que ses larges épaules lui arrivaient à la hauteur des yeux. Regrettant amèrement de ne pas avoir mis des chaussures à talons, elle se serait sentie mal à l’aise, jusqu’à ce que M. Bates lui propose une autre technique : de sa main gauche, il aurait doucement saisi la main droite de la jeune fille pour la lever au niveau de son épaule, avant de poser délicatement son autre main sur sa taille. Sentant le contact chaud et réconfortant de cette main au-dessus de sa hanche, Lisa aurait repris confiance en elle, suffisamment pour oser placer sa main gauche sur l’épaule de M. Bates. Elle aurait effleuré de ses doigts le tissu blanc de sa veste, pour le simple plaisir de caresser cette étoffe.

La tête levée vers celle de M. Bates, Lisa aurait plongé son regard dans le sien, et se serait laissé entraîner, lentement mais sûrement, dans ce slow si envoûtant. Oubliant la présence des autres danseurs autour d’elle, elle n’aurait eu d’yeux que pour M. Bates. Elle aurait profité de ce moment d’intimité pour lui dire à quel point elle était heureuse qu’il soit venu au bal. Il lui aurait répondu que, étant nouveau au lycée Lincoln, il avait été poussé par la curiosité, et qu’il était loin d’être déçu.

- Je suis contente que la soirée vous plaise…, lui aurait dit Lisa avec un sourire radieux, preuve que la soirée, à elle, lui plaisait énormément.

Dans une étroite proximité des corps, les deux danseurs auraient continué à se mouvoir doucement dans la lumière tamisée, et à faire comme si le monde autour d’eux avait cessé d’exister. Laissant son regard s’attarder sur le nœud papillon turquoise de M. Bates, Lisa aurait senti son parfum la griser. Cette odeur suave et boisée, aux délicates touches fruitées, aurait attisé son désir et attiré son visage encore plus près du sien. Elle aurait promené ses yeux le long du cou blanc de M. Bates, éprouvant le besoin irrésistible d’y déposer un baiser. Elle aurait dû lutter contre l’envie folle de remonter sa main gauche, qu’elle avait posée sur son épaule, jusqu’à son cou, puis de caresser sa nuque et de faire glisser ses doigts dans ses cheveux bruns et courts. Leurs bouches auraient été si proches l’une de l’autre que Lisa aurait senti son cœur s’emballer et sa gorge se serrer à l’idée qu’un seul mouvement lui aurait suffi pour embrasser l’homme qu’elle aimait. Mais elle se serait retenue, gardant malgré tout ses yeux rivés sur les lèvres de M. Bates. Ces lèvres fines, étirées en un charmant sourire, qui l’attiraient comme un aimant…

Un rire hystérique sortit brutalement Lisa de ses pensées. Elle ne mit pas longtemps avant de trouver à qui il appartenait. Au beau milieu de la piste de danse, Melina Williams, une des pom-pom girls du lycée, riait aux éclats. Tous les regards s’étaient tournés vers elle, et les danseurs constataient avec surprise qu’elle avait du mal à tenir debout. Les bretelles de sa robe étaient retombées sur ses bras, et son cavalier, Jason Rockwell, devait la soutenir pour ne pas qu’elle s’effondre sur le sol. La pauvre fille avait l’air complètement ivre. Visiblement, James n’était pas le seul à avoir rapporté de l’alcool au lycée…

Frustrée d’avoir été si cruellement arrachée de son rêve, Lisa tenta de se concentrer à nouveau sur la musique. La chanson parlait d’amour perdu et de peine de cœur, et la jeune fille ne pouvait s’empêcher de penser à sa propre situation... Certes, son cas était bien différent : l’amour qu’elle ressentait n’était qu’un amour à sens unique, qu’elle n’avait encore jamais osé exprimer. Mais elle se doutait qu’il ne conduirait à rien de bon. C’était un amour impossible. Elle en avait conscience, et cela la désolait. A mesure qu’elle écoutait les paroles de cette chanson si triste, elle se laissait sombrer dans un état de langueur qui lui fit bientôt monter les larmes aux yeux. Elle s’efforça de retenir ses pleurs, de peur de faire dégouliner son mascara, et regretta de ne pas avoir pensé à prendre un paquet de mouchoirs.

Lorsque le morceau prit fin, Lisa était si abattue qu’elle décida de ne pas faire durer son supplice plus longtemps. Elle sortit son téléphone portable de son sac à main et envoya un message à sa mère pour lui demander de venir la chercher. Il était dix heures et quart. Au moins, elle avait battu son record : lors de la soirée chez James, elle n’avait tenu que jusqu’à dix heures, avant d’appeler sa mère au secours. Elle se demanda ce qu’elle allait faire en attendant que sa mère arrive… Celle-ci en avait bien pour une demi-heure de route, et Lisa ne se sentait pas le courage de rester encore tout ce temps dans le gymnase. La musique avait radicalement changé de style, le slow ayant fait place à un morceau d’électro dont les boum boum synthétiques de la grosse caisse commençaient à lui taper sur les nerfs. Elle avait besoin d’air.

Elle se leva de son banc, enfila son sac sur son épaule et descendit des gradins. Le seul moyen pour elle de sortir de la salle était de repasser par là où elle était entrée, et elle se dit qu’avec un peu de chance M. Bates serait toujours assis dans le hall d’accueil... Si tel était le cas, elle pourrait le revoir une dernière fois et lui souhaiter une bonne nuit. Motivée à cette idée, elle se dirigea sans plus tarder vers les portes du gymnase. Elle ne chercha même pas à dire au revoir à qui que ce soit. Will, James et Steve l’avaient probablement déjà oubliée, et elle n’avait croisé aucune autre connaissance à la fête. Les rires suraigus de Melina Williams lui confirmèrent qu’il était temps de partir.

Lisa franchit les portes de sortie en poussant un soupir de soulagement, mais constata avec déception que le hall d’entrée était vide. Il ne restait plus que la table à laquelle M. Bates s’était assis quelques heures plus tôt. Tant pis. Au moins, elle l’avait vu une fois. Elle ne pouvait pas dire qu’elle était venue à ce bal pour rien...

Elle finit par sortir dehors et s’arrêta en haut de l’escalier pour respirer l’air vivifiant de la nuit. Le parking était désert. Seules s’y trouvaient les voitures flambant neuves des élèves qui continuaient de s’amuser à l’intérieur du gymnase. D’ici, Lisa continuait d’entendre la musique, mais elle lui cassait nettement moins les oreilles, et elle avait l’impression de se retrouver enfin au calme.

Pour patienter, elle alla s’asseoir sur la plus haute marche de l’escalier, et sortit son téléphone pour regarder l’heure. Encore vingt-cinq minutes à attendre… L’air était frais, et elle n’avait rien pour se couvrir les épaules. Si seulement elle avait écouté sa mère et pris un manteau...

Une étrange odeur de barbe à papa se fit sentir, et Lisa tourna instinctivement la tête dans la direction d’où provenait ce parfum. Elle aperçut des volutes de fumée monter de derrière la rambarde de l’escalier. En se penchant légèrement en avant pour essayer de découvrir la source de ces petits nuages blancs, elle crut alors faire une crise cardiaque. M. Bates était en train de vapoter tranquillement à côté des marches du perron ! Cette fois-ci, elle ne rêvait pas : c’était bien lui, en chair et en os. La jeune fille se plaqua une main contre la bouche pour étouffer un gloussement de joie. Naturellement, celui-ci ne passa pas inaperçu, et M. Bates remarqua bientôt la présence de son élève sur les marches de l’escalier.

- Re-bonsoir, dit-il en souriant. Tout se passe bien ?

Le cœur de Lisa battait à tout rompre. Elle ne revenait pas de ce qui lui arrivait. Quelle chance incroyable ! Elle n’avait même pas eu besoin de chercher M. Bates : le hasard l’avait conduite jusqu’à lui !

- Oui, oui, tout va bien ! répondit-elle en essayant de garder son sang froid. J’avais juste besoin d’un peu d’air frais…

A ces mots, M. Bates dut penser qu’il gênait Lisa avec la fumée de sa cigarette électronique, car il finit par l’éteindre et la ranger dans la poche de son pantalon blanc.

- Oh, vous pouviez continuer à fumer, ça ne me dérangeait pas ! lui assura Lisa, un peu embarrassée de l’avoir interrompu.

- Non, mieux vaut ne pas abuser des bonnes choses, comme on dit.

Lisa ne se doutait pas que M. Bates fumait la cigarette électronique… Cela voulait certainement dire qu’il avait fumé de vraies cigarettes avant que les vapoteuses n’apparaissent sur le marché… Il avait bien fait de passer à la version électronique. Les e-cigarettes étaient censées être moins nocives, et Lisa tenait à ce que M. Bates fasse attention à sa santé.

L’enseignant sortit sa montre à gousset de la poche intérieure de sa veste et l’ouvrit pour consulter l’heure.

- Dix heures vingt ! s’exclama-t-il. Il est déjà si tard !

Lisa sourit d’amusement. Elle était heureuse de constater qu’elle et lui partageaient la même définition de ce qu’était une heure tardive.

- Eh oui…, fit la jeune fille. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai décidé de rentrer… Ce bal m’a épuisée…

- Fatiguée d’avoir trop dansé ? lança M. Bates d’un air espiègle.

- Dansé ? répéta Lisa en riant. Si seulement je savais danser ! Non, non, c’est surtout la musique qui m’a tuée…

- Ils ont mis le volume un peu fort, en effet…, confirma l’enseignant.

- C’est ce qui m’a poussée dehors, expliqua Lisa. Ça fait du bien d’être enfin au calme…

- Oui, je te comprends… Et puis, il vaut mieux se reposer un peu, avant de reprendre la voiture…

- Oh, ce n’est pas moi qui conduis pour rentrer ! précisa Lisa. J’attends mon taxi !

- Ah ! Dans ce cas, je vais attendre avec toi...

Lisa n’en croyait ni ses yeux, ni ses oreilles. M. Bates se proposait de lui tenir compagnie jusqu’à ce que sa mère revienne la chercher ? Elle dut se pincer discrètement la joue pour vérifier qu’elle ne rêvait pas. Il voulait sans doute veiller à ce qu’il ne lui arrive rien… Après tout, ce n’était peut-être pas la meilleure des idées pour une jeune fille en robe courte que d’attendre toute seule dans le froid et la nuit, à côté d’un parking désert… M. Bates ne pouvait imaginer à quel point Lisa appréciait son geste. Elle avait une entière confiance en lui, et se sentait pleinement en sécurité à ses côtés.

Le plaisir qu’elle éprouvait à discuter avec l’homme qu’elle aimait était indicible. Elle qui était pourtant si timide... Elle se sentait incroyablement à l’aise avec lui. Les mots lui venaient naturellement à l’esprit, et elle les prononçait avec spontanéité, comme si elle connaissait M. Bates depuis toujours.

- Vous avez quand même pu profiter un peu du bal d’hiver ? demanda-t-elle à l’enseignant.

Celui-ci se tenait toujours debout à côté des marches de l’escalier, les mains dans les poches et le regard perdu au loin.

- Oh oui, j’ai pu entendre le concert du Lincoln Jazz Band, pendant que je contrôlais les billets à l’entrée, répondit M. Bates avec un sourire. Ce n’était pas mal du tout. J’aurais aimé les voir sur scène, mais hélas, je ne pouvais pas être partout à la fois… Pour le reste, ce n’est pas trop mon style de musique… 

- Qu’est-ce que vous préférez écouter, comme musique ? demanda Lisa en cédant à la curiosité. A part le jazz, bien sûr.

- J’écoute un peu de classique : Bach, Schubert, Beethoven… Et un peu de rock, aussi : les Beatles, les Rolling Stones… Et toi ?

Lisa rougit légèrement avant d’énoncer la liste de ses groupes de punk rock et de grunge préférés. Elle était aux anges. Si quelqu’un lui avait dit qu’elle passerait la fin de sa soirée à parler de musique avec M. Bates, jamais elle ne l’aurait cru.

- Il y a beaucoup de guitare électrique dans ces groupes-là, n’est-ce pas ?

- Oui, acquiesça Lisa. C’est mon instrument préféré. Je rêve de m’en acheter une, un jour. Pour l’instant, je me contente de jouer de la basse dans mon groupe de punk rock...

- Ah ? Je ne savais pas que tu faisais partie d’un groupe.

- A vrai dire, notre groupe a failli jouer à l’ouverture du bal d’hiver… Mais finalement, les organisateurs ont préféré choisir l’orchestre de jazz du lycée. Ce qui n’est pas plus mal, après tout.

- Pourquoi ?

- Eh bien… Si notre groupe avait été retenu, vous n’auriez pas pu apprécier le concert du Lincoln Jazz Band !

- C’est vrai…, reconnut M. Bates. Mais qui te dit que je n’aurais pas apprécié ton concert ?

- Hmmm… Je ne crois pas me souvenir vous avoir entendu parler de punk rock, lorsque vous avez cité vos styles de musique préférés !

M. Bates se mit à rire de bon cœur. Le visage de Lisa rayonna de bonheur à la pensée qu’elle venait de faire rire l’homme qu’elle aimait. Celui-ci finit par regarder distraitement la marche sur laquelle était assise Lisa et lui demanda :

- Tu permets que je vienne m’asseoir à côté de toi ?

- Bien sûr ! s’empressa de répondre la jeune fille.

Lisa sentit son cœur s’emballer à nouveau en voyant l’enseignant gravir les marches du perron. Elle croyait vivre un conte de fées. M. Bates allait s’asseoir à côté d’elle ! M. Bates allait s’asseoir à côté d’elle ! Exactement comme ce qu’elle avait imaginé dans le gymnase, quelques instants plus tôt.

M. Bates prit place à sa gauche. Tous les deux se retrouvèrent assis côte à côte, entourés par les guirlandes lumineuses qui décoraient les rampes de l’escalier. Ils étaient si proches que Lisa pouvait étudier les traits du visage de son professeur dans ses moindres détails. Tout chez lui l’attirait : ses yeux marron, à la fois doux et vifs, ses lèvres fines, sa peau toujours rasée à la perfection, et même les petits boutons sur sa joue droite – deux au niveau de la pommette, l’autre plus près du menton – qui auraient pu être perçus comme des imperfections, mais qui pour Lisa n’en étaient pas, car ils lui donnaient au contraire un charme tout particulier.

M. Bates tourna la tête vers Lisa pour lui adresser un sourire plein de bienveillance, mais une lueur d’inquiétude traversa son regard, et il s’exclama d’une voix soucieuse :

- Tu n’as pas froid ?

- Oh ? Euh… Non, non, ça va…, répondit la jeune fille, un peu gênée.

Elle avait la chair de poule. Ces petites marques de frisson qu’elle avait sur les bras et les jambes ne pouvaient échapper à l’attention de M. Bates.

- Tu n’as pas de manteau avec toi ? demanda-t-il.

- Non, j’ai fait la bêtise de le laisser à la maison…, avoua Lisa.

- Tu devrais retourner à l’intérieur, conseilla l’enseignant. Je sais que la musique est assez pénible, mais au moins tu aurais plus chaud qu’ici…

- Je préfère encore attendre vingt minutes de plus dans le froid plutôt que de subir vingt secondes de plus de cette musique assommante, déclara la jeune fille d’un ton catégorique.

M. Bates paraissait étrangement mal à l’aise. C’était comme s’il se sentait désolé de se retrouver impuissant face à l’entêtement de son élève, qui était manifestement frigorifiée. Il regarda autour de lui d’un air embarrassé, puis reporta son attention sur Lisa et lui dit :

- Je sais que je ne devrais peut-être pas faire ça, mais…

Perplexe, Lisa tourna la tête vers lui et le vit alors retirer sa veste blanche. Elle ouvrit des yeux ronds comme des billes et s’écria aussitôt d’une voix alarmée :

- Non, surtout pas ! Gardez votre veste ! C’est vous qui allez attraper froid !

- Ne t’inquiète pas pour moi, dit M. Bates en posant sa veste sur les épaules de Lisa. Je pense que tu en as plus besoin que moi…

Dès qu’elle reçut le vêtement sur ses épaules, Lisa n’osa plus bouger. Tétanisée, elle se permit juste de baisser la tête pour admirer ce tissu blanc qu’elle avait rêvé de caresser quelques minutes plus tôt et qui était maintenant collé contre son corps. Elle exultait. Son cœur tambourinait si fort dans sa poitrine qu’elle crut qu’il allait finir par exploser de joie. Même dans ses rêves les plus fous, jamais elle n’aurait imaginé pareille situation. Elle n’avait aucune idée de la façon dont elle en était arrivée là. Tout portait à croire qu’elle avait fait exprès de se retrouver en tenue légère à côté de M. Bates et de lui montrer qu’elle était transie de froid, dans le seul et unique but de susciter sa compassion et de l’inciter à lui prêter sa veste pour lui tenir chaud. Mais en réalité, il n’en était rien. Jamais elle n’aurait osé manipuler M. Bates de la sorte. Elle était trop innocente pour cela.

Elle se demanda si un enseignant avait le droit de prêter sa veste à une élève pour la réchauffer, ou s’il ne risquait pas plutôt d’avoir des problèmes… Elle savait au fond qu’il agissait par pure gentillesse, sans aucune idée louche derrière la tête, mais elle ne voulait surtout pas lui attirer des ennuis… Heureusement, il ne semblait y avoir personne aux alentours, et c’était sans doute ce dont M. Bates s’était assuré en regardant brièvement autour de lui avant de poser sa veste sur les épaules de Lisa.

Comme Lisa pouvait s’y attendre, la veste de M. Bates était bien trop large pour elle. En revanche, elle ne s’attendait pas à ce que ce  vêtement soit aussi lourd. Au moins, il la réchauffait. Il lui recouvrait entièrement les épaules et les bras, et protégeait son dos nu contre le froid. La jeune fille referma doucement le devant de la veste sur sa poitrine pour garder la chaleur. Elle remarqua que M. Bates avait laissé son mouchoir en lin turquoise dans la poche extérieure gauche. Il avait en revanche récupéré sa montre à gousset et était à présent occupé à la remonter.

C’était la première fois que Lisa le voyait en simple chemise. Ce soir-là, contrairement à ses habitudes, il ne portait pas de gilet. Cela le rendait plus décontracté, mais toujours aussi séduisant. Lisa craignait cependant qu’il n’attrape froid par sa faute. Elle avait de plus en plus l’impression d’abuser de sa gentillesse et finit par lui dire :

- Vous êtes sûr que vous ne voulez pas la reprendre ? Je m’en voudrais si vous tombiez malade à cause de moi... Surtout avant les vacances de Noël…

- Garde-la en attendant ton taxi, insista M. Bates. Je ne voudrais pas que ton chauffeur te retrouve sous forme de glaçon...

Lisa ne put s’empêcher de rigoler. M. Bates, qui avait fini de remonter sa montre à gousset, en observait maintenant le mécanisme d’un œil distrait. Lisa, elle, était toujours aussi fascinée par ce bijou d’horlogerie.

- J’adore votre montre, confia-t-elle en rougissant légèrement.

- Merci, répondit M. Bates avec un sourire. Je l’ai achetée à Londres. A Greenwich, plus précisément.

Le méridien de Greenwich... Bien sûr, cela paraissait logique qu’on y vende des montres. Lisa, qui n’avait jamais quitté les Etats-Unis, écoutait M. Bates avec passion.

- C’était il y a longtemps, lors d’un voyage scolaire, quand j’étudiais à l’université.

- Vous avez fait quelle université ? s’enquit Lisa.

Elle qui ne savait pas encore dans quelle fac elle souhaitait aller après le lycée, elle se disait que M. Bates allait peut-être pouvoir lui donner des idées. L’enseignant se racla légèrement la gorge, avant de répondre d’une voix tout à fait neutre et sans prétention :

- J’ai fait Harvard.

Lisa entrouvrit la bouche de stupeur. Abasourdie, elle contempla son prof avec des yeux écarquillés d’étonnement. Elle n’en croyait pas ses oreilles ! Avait-elle bien entendu ? Le volume de la musique dans le gymnase lui avait peut-être fait perdre de l’audition ?

- Harvard ? répéta-t-elle pour en avoir le cœur net.

- A Boston, oui, confirma M. Bates, comme s’il pouvait y avoir plusieurs universités du nom de Harvard.

Lisa en resta bouche bée. Elle était assise à côté d’un homme qui avait étudié à Harvard ! La plus prestigieuse université américaine ! Sa stupéfaction laissa bientôt place à l’admiration. Elle était tellement impressionnée qu’elle ne savait plus quoi dire. Cette révélation chamboulait tout dans son esprit. C’était comme si M. Bates lui apparaissait sous un nouveau jour. Comme si tout s’expliquait enfin. Désormais, elle comprenait mieux pourquoi elle l’avait toujours admiré. Dès le début, elle avait été scotchée par son talent et son éloquence. Jamais elle n’avait connu de prof de maths aussi doué ni aussi passionné que lui. De là à s’imaginer qu’il était passé par Harvard… Elle devait bien se l’avouer, jamais elle n’y aurait songé ! Il fallait dire que cette université formait en grande majorité des ingénieurs, des managers, des hommes d’affaires, voire même des hommes politiques... Lisa était loin de se douter que des professeurs pouvaient également sortir de Harvard… Encore moins des professeurs venant enseigner dans des petits lycées de Californie… Que faisait M. Bates au lycée Lincoln ? A son niveau, il aurait pu donner des cours dans une université aussi réputée que celle dans laquelle il avait étudié !

- Lorsque je suis entré à Harvard, je n’avais pas encore d’idée précise de ce que je voulais faire, expliqua l’enseignant. Bien sûr, je me suis spécialisé en mathématiques, car c’était ma matière de prédilection. Mais au fil du temps, j’ai compris que je ne voulais ni devenir ingénieur, ni devenir chercheur, et que ce qui me plaisait le plus, c’était de donner des cours de tutorat. C’est comme ça que j’ai choisi d’être prof. 

Les yeux de Lisa brillaient de respect et d’amour. Elle trouvait cela incroyable que M. Bates ait réussi à entrer à Harvard sans même savoir ce qu’il voulait faire plus tard. Elle non plus n’avait aucune idée du métier qu’elle voulait exercer, mais ce dont elle était sûre, en revanche, c’était qu’elle n’avait quasiment aucune chance d’entrer à Harvard. C’était une université beaucoup trop élitiste, qui ne sélectionnait que les élèves les plus brillants, voire les surdoués. Or, même si elle avait quelques facilités dans les matières scientifiques, Lisa était loin de se considérer comme un génie.

- Tu as une idée de l’université dans laquelle tu voudrais faire tes études ? demanda M. Bates.

- Pas vraiment…, admit Lisa.

Le moment de postuler à différentes universités lui semblait encore lointain, même si, en réalité, il approchait à grands pas... Lisa savait qu’il lui faudrait constituer un dossier de candidature dès la fin de son année de première, au plus tard au début de son année de terminale, et qu’elle allait donc devoir commencer à réfléchir sérieusement à son avenir...

- Il y a quelques bonnes universités en Californie, comme Berkeley ou Stanford, poursuivit M. Bates. Tout dépend si tu souhaites rester dans la région ou changer de paysage… A l’origine, j’habitais dans le Tennessee, et j’avoue que venir étudier à Boston m’a fait un choc, même si évidemment ça valait le coup ! Tu peux aussi tenter Columbia ou le MIT. Ce sont d’excellentes universités, qui proposent un large panel de cursus.

Lisa se sentait un peu gênée. M. Bates ne lui citait que les facs les plus renommées des Etats-Unis – des facs privées, pour la plupart – et elle doutait fortement qu’elle parvienne à y entrer un jour. Non seulement ces universités étaient réputées pour n’accueillir que les meilleurs élèves, mais elles étaient aussi connues pour coûter très cher…

- J’avoue que ça me plairait beaucoup d’y faire mes études, mais je ne suis pas sûre d’avoir le niveau…, confia la jeune fille, qui se retint d’ajouter : « Tout le monde ne peut pas être aussi doué que vous ! ».

- Si j’étais toi, je ne me ferais pas trop de soucis sur ce point…, la rassura l’enseignant. Ton niveau en maths est plus que satisfaisant, et ton dernier devoir a été très réussi.

Le cœur de Lisa manqua un battement. Ainsi donc, M. Bates avait déjà corrigé sa copie ? Il avait fait vite ! Le contrôle n’avait eu lieu que quatre jours plus tôt. Elle se souvenait de l’avoir fini en entier et en avance, et ce que venait de lui révéler M. Bates la fit rougir de plaisir.

- En plus de ça, tu as l’air de parfaitement te débrouiller dans les autres matières, aussi bien scientifiques que littéraires... Continue ainsi et tu auras vraiment toutes les chances de ton côté pour tenter une grande université !

Déjà rouge écarlate, le visage de Lisa tourna au rouge écrevisse. Cela faisait trop de compliments à la fois ! Venant de l’homme qu’elle aimait, ils étaient d’autant plus précieux. Lisa ne s’était pas du tout attendue à ce que son prof la félicite de la sorte. Ce n’était pas non plus ce qu’elle avait cherché en lui faisant part de ses doutes sur ses capacités à intégrer une grande université. Elle avait simplement tenu à s’ouvrir à lui, en toute sincérité. Elle se sentait tellement à l’aise avec lui qu’elle avait l’impression de pouvoir lui parler de ses moindres problèmes. Après un petit moment d’hésitation, elle continua :

- Il y a pourtant autre chose qui m’inquiète…

- Quoi donc ?

C’était un sujet délicat, mais elle avait suffisamment confiance en M. Bates pour oser l’aborder avec lui.

- Je ne pense pas avoir les moyens de me payer de telles études…, confia-t-elle en baissant la tête d’un air penaud.

- Ça, ce n’est pas un problème, répondit alors M. Bates. La plupart des grandes universités proposent des bourses à leurs étudiants. Moi-même, je venais d’un milieu plutôt modeste, et j’ai pu bénéficier d’une bourse de Harvard, ce qui m’a permis de financer la totalité de mes études.

A ces mots, Lisa sentit aussitôt l’espoir renaître en elle. Sa mère l’avait toujours dissuadée de viser des universités trop renommées – et donc trop onéreuses – ou même de faire de longues études, étant donnés ses maigres revenus. Aujourd’hui, M. Bates lui expliquait que ce n’était pas une raison pour renoncer à ses ambitions et que, au contraire, tout était possible. Au nom du principe d’égalité des chances, les universités américaines les plus prestigieuses offraient à leurs étudiants des aides financières, afin de leur permettre d’accéder aux meilleures formations, quel que soit leur milieu social. Tout d’un coup, Lisa voyait s’ouvrir devant elle un vaste champ de possibilités. Des possibilités insoupçonnées, mais auxquelles elle pouvait prétendre, d’après les encouragements de M. Bates, si elle se donnait la peine de persévérer.

Son prof lui-même venait de lui avouer ses origines modestes. Lisa devait reconnaître qu’elle était agréablement surprise de découvrir qu’elle et lui partageaient ce point commun. Et dire qu’il avait malgré tout réussi à entrer à Harvard… Cela avait de quoi forcer le respect. Le parcours de M. Bates était un magnifique exemple à suivre pour Lisa, si elle souhaitait elle aussi gravir les échelons.

Bientôt, des bruits de moteur se firent entendre au loin. L’élève et son professeur cessèrent leur discussion pour prêter une oreille curieuse et attentive à ce vrombissement qui se rapprochait de plus en plus. Une vieille Ford Fiesta noire fit son entrée sur le parking et Lisa reconnut sa mère au volant.

- Ah, voilà mon taxi ! s’exclama-t-elle avec une pointe d’embarras dans la voix – elle aurait préféré que M. Bates ne la voie pas repartir à bord de cette épave.

Lisa se leva instinctivement, et M. Bates l’imita. Tous les deux, debout côte à côte sur les marches du perron, regardèrent la voiture se garer devant eux. La mère de Lisa laissa ronfler le moteur en attendant sa fille.

- Bon, eh bien…, fit Lisa en se tournant vers M. Bates. Merci d’avoir attendu avec moi !

- Je t’en prie.

Elle avait été tellement heureuse de passer ces quelques instants avec lui qu’elle aurait voulu lui dire bien plus pour le  remercier... Hélas, elle n’osa pas, de peur d’en faire trop, et elle se contenta de lui souhaiter une bonne nuit, en mettant autant d’intensité que possible dans ces deux mots.

- Bonne nuit ! lui répondit M. Bates avec un aimable sourire.

Radieuse, Lisa descendit les marches du perron pour rejoindre la voiture de sa mère. Lorsqu’elle parvint en bas de l’escalier, elle entendit alors M. Bates lui dire :

- Par contre, si ça ne te dérange pas, je voudrais bien récupérer ma veste !

- Ah, pardon ! s’exclama la jeune fille d’un air horrifié.

Mais quelle cruche ! Sans s’en rendre compte, elle avait gardé la veste blanche de M. Bates sur ses épaules, et elle s’apprêtait à repartir avec !

« Bien essayé, Lisa ! » lui souffla sa petite voix intérieure.

Consternée par sa bêtise, la jeune fille s’empressa de retirer le vêtement et d’aller le rendre à son professeur.

- Je suis vraiment désolée, s’excusa-t-elle à nouveau d’une voix confuse, tandis que M. Bates enfilait sa veste en riant d’amusement. J’avais la tête ailleurs… Encore merci de me l’avoir prêtée.

- Pas de soucis, la rassura M. Bates. A lundi !

- A lundi !

Rouge comme une pivoine, Lisa se dépêcha de redescendre les marches du perron et s’engouffra dans la voiture de sa mère. Dès qu’elle eut attaché sa ceinture, la Ford Fiesta se remit en route, et Lisa s’efforça de ne pas se retourner pour regarder une dernière fois M. Bates. Le souffle court, elle fixa son regard droit devant elle, écoutant son cœur qui battait la chamade. Elle avait encore du mal à réaliser ce qui venait de lui arriver.

- Qui était-ce ? s’enquit sa mère.

- Ah, euh… C’était mon prof de maths, répondit Lisa, qui se sentit soudain très mal à l’aise.

C’était la première fois que sa mère voyait M. Bates, et elle était à des années-lumière de se douter que sa fille en était amoureuse. Cependant, elle venait de la surprendre avec la veste de son prof de maths sur les épaules, et cela avait de quoi la rendre perplexe… Craignant que sa mère ne se fasse des idées, Lisa tenta de clarifier la situation au plus vite :

- Il m’a prêté sa veste car il s’est aperçu que j’avais un peu froid en t’attendant dehors… 

- Tu vois ! Je t’avais bien dit de prendre un manteau !

- Oui, maman…, répondit Lisa pour lui faire plaisir.

Au fond, elle était persuadée que si elle avait écouté sa mère, jamais elle n’aurait eu la chance de porter la veste de M. Bates. Heureusement qu’elle avait préféré ne pas s’encombrer avec son manteau !

- En tout cas, il n’est pas si mal que ça, ton prof de maths ! commenta Amanda avec un sourire espiègle.

Quelque peu surprise par cette remarque – M. Bates avait-il également tapé dans l’œil de sa mère ? –, Lisa se dit que oui, effectivement, son prof de maths n’était pas si mal que ça… Il n’était pas mal du tout, même…

Et c’était justement ça le problème !

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