Chapitre 17

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Le vendredi, à midi pétante, Lisa se trouvait devant le stand de Samantha Jenkins et lui achetait un billet pour le bal d’hiver.

- C’est fantastique ! s’exclama Samantha. C’est la première fois que tu vas au bal d’hiver, n’est-ce pas ? Je suis vraiment contente que tu aies décidé d’y participer cette année ! Je t’avoue que je ne m’attendais pas du tout à te voir débarquer à mon stand !

- A vrai dire, moi non plus..., marmonna Lisa.

Elle ne savait pas trop ce qui l’avait poussée à en arriver là, mais voilà, c’était fait. Elle avait son ticket en main et un billet de dix dollars en moins dans son porte-monnaie, et il était trop tard pour revenir sur sa décision.

- Tu vas voir, tu vas bien t’amuser ! continua Samantha. Nous avons sélectionné un orchestre de jazz pour animer la soirée. Je suis sûre que tu vas a-do-rer !

- Oui, je suis au courant, rétorqua froidement Lisa. Mon groupe de punk rock faisait partie des candidats pour jouer à l’ouverture du bal…

- Ah…

Un peu gênée, Samantha essaya de changer de sujet de conversation.

- Tu as prévu d’aller au bal avec quelqu’un en particulier ? demanda-t-elle avec un petit sourire indiscret.

- Non… Enfin, euh… Oui… Peut-être..., se reprit Lisa en réalisant à quel point l’idée d’aller seule au bal d’hiver pouvait sembler triste.

- Dans ce cas, je te souhaite de bien en profiter ! répondit aimablement Samantha.

« J’espère ne pas le regretter... » se dit Lisa en s’éloignant du stand pour aller à son cours de physique.

Elle se demandait maintenant comment elle allait réussir à trouver une robe et une paire d’escarpins… Il ne lui restait plus que ce week-end pour aller faire du shopping, et M. Bates avait eu la fabuleuse idée de donner à sa classe un contrôle de maths pour lundi matin… Il fallait donc qu’elle choisisse entre le shopping et les révisions… Pour Lisa, le choix n’était pas difficile.

Heureusement que la mère de Lisa était là pour aider sa fille dans les petites tâches de la vie quotidienne, à défaut de pouvoir l’aider dans ses devoirs.

Lorsque Lisa lui annonça le vendredi soir qu’elle comptait participer au bal d’hiver de cette année – malgré le fait qu’elle ne pourrait s’y produire avec son groupe de punk rock –, Amanda Thompson sauta littéralement de joie dans tout le salon. Enfin, sa fille devenait normale ! Enfin, elle choisissait de faire comme les autres filles de son âge et d’aller s’amuser avec ses camarades à l’une des plus grandes fêtes du lycée ! Elle qui désespérait chaque année de voir Lisa s’enfermer dans sa chambre le soir du bal d’hiver, pour passer son temps sur internet ou le nez dans un bouquin... La voilà qui était désormais comblée. Elle soupçonnait secrètement sa fille de vouloir aller au bal pour y retrouver un garçon – et, en cela, elle devinait juste –, mais elle ne voulait pas se mêler de ce qui ne la regardait pas, et elle n’osa se permettre la moindre question indiscrète. Après le temps des réjouissances, vint le temps de l’action.

- Il va falloir te trouver une robe et des chaussures à talons ! déclara Amanda d’une voix surexcitée.

- Je sais, maman… C’est justement ça le problème ! Jamais je n’aurai le temps d’aller faire des courses demain : je dois réviser pour mon devoir de maths de lundi prochain...

- Ne t’inquiète pas ! la rassura sa mère. J’ai tout ce qu’il te faut !

Lisa craignait le pire…

Elle se trompait.

Sa mère la conduisit dans sa chambre et lui montra le contenu de son armoire. Plus d’une cinquantaine de pulls, chemises, robes, manteaux et blousons étaient accrochés à des cintres. Elle fouilla pendant un moment parmi les vêtements suspendus à l’extrémité gauche du portant, et finit par en retirer une petite robe de cocktail, qu’elle présenta fièrement devant sa fille.

- Tadaaam !

C’était une robe courte et évasée, sans manche, faite en dentelle noire et en tissu opaque de la même couleur. La partie uniquement brodée couvrait les épaules et le haut de la poitrine avec des motifs fins et délicats. Elle se superposait à la partie opaque qui prenait naissance à la poitrine et se terminait au-dessus des genoux. Quand sa mère retourna la robe pour lui montrer l’autre côté, Lisa s’aperçut que la partie en dentelle, tout en restant attachée au niveau des épaules, s’ouvrait sur le haut du dos, dans une coupe à la fois sexy et raffinée. Les yeux écarquillés d’émerveillement, la jeune fille réalisa que si jamais cette robe lui allait, elle ferait probablement fureur au bal d’hiver. Et si M. Bates s’y rendait, elle aurait peut-être même une chance de réussir à attirer son attention !

- C’était la robe que je portais à mon bal de promo quand j’avais dix-huit ans, expliqua la mère de Lisa. Je suis quasiment sûre qu’elle t’ira.

Elle tendit la robe à sa fille, qui la posa sur elle pour voir si elle était à sa taille. La jupe s’arrêtait à mi-cuisse, ce qui signifiait qu’elle était à la bonne longueur, et la largeur semblait également convenir. Il ne restait plus qu’à l’essayer pour en être certaine.

- Comme quoi, tu vois : j’ai bien fait de la garder ! s’exclama Amanda.

Lisa avait comme l’impression que sa mère avait précieusement conservé cette robe dans le seul et unique but de la ressortir le jour où sa fille en aurait besoin pour aller à un bal du lycée. Après tant d’années passées à prendre la poussière au fond de cette vieille armoire, cette robe allait enfin pouvoir reprendre du service. Amanda avait bien cru que ce jour n’arriverait jamais, mais finalement, Lisa ne l’avait pas déçue.

Bien sûr, la mère de Lisa avait également gardé les chaussures qui allaient avec la robe. C’était une petite paire de ballerines plates, en cuir verni noir, avec une bride à la cheville, ornée de strass et se refermant par une boucle sur le côté. Lisa était soulagée de constater qu’il ne s’agissait pas de chaussures à talons hauts. Amanda n’était pas non plus une grande amatrice de ce genre de chaussures, et elle confirma à sa fille qu’elle aurait beaucoup moins de difficultés à marcher avec des ballerines qu’avec des escarpins.

- Par contre, il va falloir que tu commences à les porter dès maintenant, si tu veux éviter d’avoir des ampoules le jour du bal…

- A condition d’abord qu’elles soient à ma taille, objecta Lisa.

Mais, de ce côté-là, elle ne se faisait pas trop de soucis : sa mère et elle faisaient la même pointure.

Lisa s’assit sans plus tarder sur le rebord du lit et retira ses chaussons et ses chaussettes. Elle glissa ses pieds dans les ballerines et referma la bride autour de sa cheville. Elle se remit debout et fit quelques pas devant le miroir de la chambre. Ces chaussures lui allaient à ravir. Elle se sentait même à l’aise en les portant, ce qui était un miracle, étant donné que ses pieds n’avaient toujours connu que des baskets...

- Parfait ! se réjouit Amanda. Maintenant, va vite essayer la robe !

Lisa sourit en voyant sa mère aussi excitée. Elle prit la robe sur son cintre et fila dans la salle de bains pour se changer. Quand elle revint quelques minutes plus tard dans la chambre de sa mère, celle-ci ne la reconnut pas. Elle avait devant elle une magnifique jeune fille, qui ressemblait presque déjà à une femme. Cette robe de soirée lui allait à merveille. Elle lui donnait une grâce et une élégance peu communes, et parvenait même à mettre en valeur ses formes féminines peu prononcées. Délicatement serrée à la taille, la jupe retombait sur ses cuisses dans des plis harmonieux. La dentelle qui recouvrait ses épaules et le haut de sa poitrine était d’un chic éblouissant. Lisa fit un tour sur elle-même en écartant légèrement les bras. Le décolleté qu’elle avait dans le dos, sans paraître indécent, achevait de mettre une touche irrésistiblement séduisante à sa robe. Sa mère ne put s’empêcher d’applaudir.

- Tu vas avoir du succès ! lui assura-t-elle d’une voix enjouée.

Lisa sourit de contentement. Elle espérait secrètement que sa mère disait vrai… Même si le succès qu’elle souhaitait avoir au bal d’hiver, elle ne souhaitait l’avoir qu’auprès d’un seul homme...

Grâce aux trouvailles miraculeuses de sa mère, Lisa put consacrer son week-end entier à ses révisions de maths. Joey et Fred étaient désormais habitués à ne plus la voir rappliquer à leur rendez-vous du samedi soir au skatepark. Ils ne comprenaient pas comment leur amie pouvait dépenser autant d’énergie dans ses devoirs, sans éprouver le besoin de sortir pour s’aérer l’esprit. Mais Lisa, elle, ne voyait pas le temps passer, surtout lorsqu’il s’agissait de ses devoirs de maths. En se plongeant dans ses équations, elle avait l’impression de se retrouver en présence de M. Bates. Elle le revoyait écrire au tableau les théorèmes qu’elle relisait à présent dans son cahier de cours. Elle entendait de nouveau le son de sa voix demandant à ses élèves s’ils souhaitaient qu’il fasse la démonstration qu’elle avait maintenant sous les yeux. Quand elle se réentraînait sur tel ou tel exercice, elle se souvenait de la façon dont il avait été corrigé au tableau, et des plaisanteries qui avaient fusé de la bouche de M. Bates au cours de la correction. En somme, elle avait l’impression de revivre ses cours de maths, et cela lui procurait une joie bien plus grande que si elle allait rejoindre ses amis désœuvrés pour traîner dans la rue.

Et puis, elle était de plus en plus fascinée par la beauté des mathématiques. Si quelqu’un lui avait dit, quelques mois plus tôt, que les maths avaient une beauté qui leur était propre, elle lui aurait ri au nez. Désormais, grâce à M. Bates, elle comprenait ce que cela voulait dire. Le meilleur exemple était la façon dont l’enseignant démontrait les théorèmes du cours : ses démonstrations étaient toujours simples et élégantes, et d’une surprenante efficacité ; elles tenaient rarement en plus de dix lignes, même lorsqu’il s’agissait de démontrer les théorèmes les plus complexes en apparence.

Lisa trouvait aussi un plaisir esthétique dans les nombres et les lettres de l’alphabet grec. Elle aimait remplir son cahier de ces symboles abstraits, qui ressemblaient presque à des hiéroglyphes, mais qui avaient tous un sens bien précis. Elle appréciait les belles formules auxquelles elle aboutissait à la fin de la résolution d’un problème, et se faisait à chaque fois une joie de les encadrer, comme elle aurait encadré une œuvre d’art.

Le lundi 12 décembre, à onze heures et quart du matin, Lisa sortit de son devoir surveillé de mathématiques avec une irrésistible envie de rigoler. Elle se plaqua une main contre la bouche pour éviter d’exploser de rire dans le couloir, et regarda ses camarades autour d’elle pour voir si eux aussi ressentaient la même euphorie. Mais apparemment, elle était la seule de la classe à se sentir aussi hilare.

Elle avait encore du mal à comprendre ce qui s’était passé : elle avait réussi à répondre à toutes les questions de tous les exercices du contrôle, et l’avait même terminé avec dix minutes d’avance, ce qui lui avait permis de relire tranquillement sa copie et de dévorer M. Bates des yeux – en toute discrétion, bien entendu.

Cela lui paraissait étrange. M. Bates n’avait pas l’habitude de donner à ses élèves des contrôles aussi faciles. Peut-être avait-il manqué d’inspiration pour celui-ci ? Peut-être avait-il fini par prendre pitié de ses élèves en difficulté et par leur offrir un devoir moins dur que les précédents, comme une sorte de cadeau de Noël anticipé ? C’était l’explication la plus probable. D’autant plus que M. Bates avait dit qu’il rendrait les copies le lundi suivant, deux jours seulement avant le début des vacances de Noël : il devait tenir à ce que ses élèves partent en congés sans être trop déprimés par leur note.

Tout d’un coup, Lisa se sentait libérée d’un poids énorme. Elle éprouvait un tel soulagement qu’elle avait envie de crier sa joie sur tous les toits. Elle n’avait pas d’autre contrôle prévu avant l’année prochaine, les vacances commençaient dans moins de dix jours, et elle avait même trouvé une robe pour le bal d’hiver ! Que désirer de plus ?

Le cœur léger et le sourire aux lèvres, elle rejoignit Astrid, Joey et Kevin à la cafétéria. Celle-ci avait été décorée pour Noël avec des guirlandes bleues et argentées aux couleurs des Lincoln Lions, et des flocons en papier étaient accrochés sur tous les murs. Ces derniers temps, Lisa n’avait jamais de mal à retrouver ses camarades au milieu du flot de lycéens qui déjeunaient ici : Astrid ne quittait plus son bonnet de père Noël et s’amusait même à l’allumer pour faire clignoter les petites étoiles rouges dont il était orné.

- J’espère que tu ne l’allumes pas en cours, quand même…, lança Joey, tandis que Lisa prenait place à côté de la blonde et ouvrait sa lunch box.

- Non, il faut bien que j’économise les piles ! répliqua Astrid.

Puis elle se tourna vers son amie qui venait de s’asseoir à ses côtés, et s’exclama :

- Alors comme ça, il paraît que tu vas au bal d’hiver ?

Lisa, qui s’apprêtait à mordre à pleines dents dans son sandwich au rosbif, dut s’arrêter en plein mouvement. Elle tourna la tête vers la blonde pour lui répondre d’un air innocent :

- Oui, pourquoi ? Tu n’y vas pas, toi ?

A l’entendre, on aurait pu croire que Lisa n’avait jamais manqué aucun bal d’hiver.

- J’y serais bien aller pour te voir jouer, mais puisque ton groupe n’a pas été retenu…, avoua Astrid. Je n’en vois pas l’intérêt...

Lisa remarqua comme un air de désespoir dans le regard de Kevin. Sans doute avait-il espéré pouvoir inviter Astrid à venir au bal avec lui, mais maintenant qu’elle avait dit ne pas être intéressée par cette soirée, le monde semblait s’être écroulé sous les pieds du pauvre garçon.

- Moi non plus, je n’en vois pas l’intérêt, renchérit Joey. C’est beaucoup trop guindé pour moi, et en plus je ne sais même pas danser ! Non, je préfère largement passer ma soirée à jouer à League of Legends. Ça te dit, une partie avec Fred et moi, vendredi soir ? proposa-t-il à Kevin.

Ce dernier se contenta de répondre par un haussement d’épaules. Il était clair qu’il aurait préféré passer un autre style de soirée…

Astrid, qui semblait extrêmement perplexe à l’idée que Lisa ait décidé de participer au bal d’hiver de cette année, poursuivit son interrogatoire :

- Et tu as prévu d’y aller avec qui ?

- J’y vais avec William Flynn ! déclara fièrement Lisa, qui éprouvait un malin plaisir à rendre son amie jalouse.

En réalité, elle ne mentait qu’à moitié : Will avait bel et bien prévu d’aller au bal, mais il ne comptait sûrement pas passer toute la soirée avec elle. Après tout, elle ne s’en souciait pas vraiment : du moment qu’elle avait quelqu’un pour l’accompagner au moins au début du bal et lui épargner la honte d’avoir à s’y rendre toute seule, c’était l’essentiel.

En tout cas, la réponse qu’elle venait de faire à Astrid lui avait littéralement cloué le bec. La blonde passa le restant du repas à manger silencieusement sa salade de riz au thon et à faire semblant de suivre la conversation soporifique de Joey et Kevin, qui parlaient des dernières quêtes qu’ils avaient achevées dans League of Legends. Lisa, de son côté, se disait que pendant que les deux garçons seraient en train d’affronter des grenouilles géantes et des loups à deux têtes, elle serait probablement en train de savourer un concert de jazz avec M. Bates… Mais était-elle sûre qu’il viendrait ?

Nombreux étaient les élèves du lycée Lincoln à se rendre au bal d’hiver en limousine. Ceux qui étaient issus de familles un peu moins aisées se contentaient de venir au bal au volant de la voiture que leur avaient offerte leurs parents. Lisa, elle, débarqua devant le gymnase où se déroulait la soirée à bord de la vieille Ford Fiesta pilotée par sa mère. Elle n’avait pas encore trouvé le temps d’apprendre à conduire, et sa mère ne pouvait se permettre de s’acheter une voiture plus récente. Résultat : son arrivée sur le parking du gymnase fut loin de passer inaperçue. La plupart des couples qui se trouvaient là tournèrent la tête pour voir quel était le vieux tas de ferraille qui faisait autant de bruit, et des sourires moqueurs se dessinèrent sur leurs visages. Deux filles se mirent à glousser, mais elles s’arrêtèrent subitement de rire lorsqu’elles virent Lisa descendre de voiture. La robe sublime qu’elle portait ce soir-là leur rabattit le caquet, et elles continuèrent leur chemin vers l’entrée du gymnase en baissant la tête d’un air frustré.

- On fait comme d’habitude ? Tu m’envoies un SMS quand tu veux que je revienne te chercher ? demanda la mère de Lisa d’une voix forte pour tenter de couvrir le bruit du moteur.

- OK, à tout à l’heure ! répondit Lisa.

Elle se demandait si elle allait réussir à rester à ce bal plus longtemps qu’elle n’était restée à la fête de James. Si M. Bates ne s’y trouvait pas, il y avait peu de chances qu’elle s’y éternise…

Elle regarda autour d’elle pour voir si Will était déjà arrivé, mais elle ne le vit nulle part. Ils s’étaient donné rendez-vous devant l’entrée du gymnase, et elle choisit donc de l’attendre à côté des marches du perron. Les rampes de l’escalier avaient été décorées de guirlandes lumineuses, de même que les massifs d’arbustes qui bordaient les murs du gymnase. Lisa entendait déjà de la musique venir de l’intérieur : une musique rock énergique, qui ressemblait étrangement à du punk rock… La jeune fille se demanda si c’était une blague ou une provocation.

Les couples et les groupes d’amis qui passaient à côté d’elle pour entrer dans le gymnase se retournaient quasiment tous pour lui jeter des regards à la fois surpris et admiratifs. L’effet de sa robe était indéniable. Mis à part le sac à main en cuir noir que lui avait prêté sa mère pour qu’elle puisse y ranger son téléphone portable, elle n’avait ajouté aucun accessoire à sa tenue. Ni collier, ni bracelet, ni boucles d’oreilles (de toute façon, elle n’avait pas les oreilles percées), ni bague, ni gants de soirée, ni diadème. Juste sa robe et ses ballerines… et ses sous-vêtements, bien sûr. Elle avait tout de même tenu à donner une petite touche en plus à son apparence, et avait choisi de se maquiller les yeux pour l’occasion. Elle avait assombri ses paupières avec une légère couche de fard couleur prune, souligné ses yeux au crayon noir et agrandi son regard en recouvrant ses cils de mascara. Pour un premier essai, il fallait reconnaître qu’elle ne s’était pas trop mal débrouillée. Le résultat était même plus que satisfaisant : son maquillage, tout en restant discret, intensifiait son regard et lui donnait un côté à la fois mystérieux et séduisant. Lisa se demandait pourquoi elle n’avait pas pensé plus tôt à mettre ses yeux ainsi en valeur. Désormais, elle ajouterait ce maquillage au nouveau look qu’elle s’était choisi pour essayer de plaire à M. Bates.

Will finit par arriver à vélo au bout de cinq minutes. Il était vêtu d’un smoking très chic, qui contrastait bizarrement avec son moyen de locomotion. Au fond, pourquoi pas ? C’était surfait de venir au bal à bord d’une limousine. Rien ne valait une bonne vieille bicyclette… ou une bonne vieille Ford Fiesta.

Will alla poser son vélo contre un mur, attacha l’une des roues avec l’antivol, puis se dirigea vers les marches du gymnase. Il mit un certain temps avant de reconnaître Lisa. Celle-ci sourit en le voyant s’approcher d’elle. Il portait un élégant costume noir, une paire de chaussures noires, une chemise noire et une fine cravate de satin noire. Cette tenue de soirée entièrement noire était quelque peu audacieuse, mais Lisa devait avouer qu’elle la trouvait étonnamment classe.

- On dirait que nos vêtements sont assortis ! constata la jeune fille en montrant sa robe, noire elle aussi.

- J’ai bien failli ne pas te reconnaître..., confessa Will. Tu es ravissante, ce soir...

Lisa continuait de se demander pourquoi Will avait choisi de venir au bal d’hiver. Il avait acheté son billet après elle, lorsqu’elle lui avait annoncé qu’elle comptait y aller pour soit disant voir ce fameux groupe de jazz qui avait volé la vedette aux Screaming Donuts. Cherchait-il à tenter de nouveau sa chance avec elle ? Pourtant, il semblait être passé à autre chose, depuis la soirée chez James où elle lui avait fait comprendre qu’elle ne souhaitait pas sortir avec lui… La preuve : après sa déconvenue, il s’était directement rabattu sur Samantha Jenkins. Non, si Will avait accepté d’accompagner Lisa au bal d’hiver, et s’il lui faisait des compliments ce soir, c’était uniquement par pure galanterie. Lisa se doutait qu’il avait d’autres idées derrière la tête et qu’il la laisserait bien vite tomber pour aller draguer d’autres filles… Elle se demandait juste au bout de combien de temps il l’abandonnerait à son triste sort.

Ce drôle de couple, tout de noir vêtu, gravit les marches du perron et franchit les portes grandes ouvertes du hall d’accueil. Will et Lisa se joignirent à la file d’élèves qui attendaient de faire contrôler leur billet avant de pouvoir entrer dans le gymnase.

- Il paraît que James vient au bal, lui aussi, déclara Will.

- Ah oui ? fit Lisa d’un air faussement intéressé – à vrai dire, elle aurait préféré que Will lui annonce que M. Bates venait au bal, cela au moins aurait été une vraie bonne nouvelle.

- Apparemment, il sort avec Jennifer Aspell.

Lisa leva les yeux au ciel. Qui dans le lycée ne connaissait pas Jennifer Aspell ? Une jeune fille grande et mince, aux formes parfaites, aux cheveux blond platine, longs et raides, aux yeux bleus limpides et aux lèvres pulpeuses. Il n’y avait pas à dire, certaines personnes étaient vraiment gâtées par la nature… Bien sûr, elle faisait partie de l’équipe des pom-pom girls du lycée. Et dire que, dix jours plus tôt, James se plaignait de n’avoir « pas réussi à choper une seule meuf à sa propre fête »... Voilà maintenant qu’il sortait avec l’une des plus belles filles du lycée… Il s’était vite rattrapé.

La file d’attente avançait petit à petit. Lisa sortit son billet de son sac à main et commença à le triturer nerveusement entre ses doigts. Elle arriva enfin à côté de la table à laquelle était assise la personne qui vérifiait les tickets. Les lycéens devant elle l’empêchaient de voir de qui il s’agissait, mais au milieu du brouhaha, il lui semblait reconnaître comme une voix familière… Une voix qui ressemblait étrangement à celle de…

Lisa écarquilla les yeux d’effroi. Non. Ce n’était pas possible ! Ça ne pouvait pas être lui !

Voulant en avoir le cœur net, elle se pencha en avant pour voir à qui appartenait cette voix. Elle crut alors faire une syncope.

M. Bates accueillait les élèves avec un grand sourire. Il récupérait les tickets pour les écorner, cochait sur une liste le nom des inscrits qui se présentaient devant lui, puis leur rendait leur place en leur souhaitant une agréable soirée. Lisa n’en revenait pas de le voir ici. Elle qui avait espéré de tout son cœur le croiser au bal d’hiver... Jamais elle ne se serait attendue à tomber sur lui dès l’entrée du gymnase ! A l’accueil, en plus ! C’était au-delà de ses espérances.

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