Chapitre 15

15 minutes de lecture

Durant le week-end, Lisa ne put s’empêcher de ressasser les événements marquants de la soirée qu’elle avait passée chez James. La proposition de Will et la réponse qu’elle lui avait donnée occupaient ses moindres pensées. Elle avait bien du mal à rester concentrée sur ses révisions de physique, ou même sur sa lecture du Vieil homme et la Mer pour préparer son contrôle d’anglais. Sans cesse, elle revoyait le jeune homme lui demander d’un air tout à fait sérieux si elle voulait sortir avec lui, et malgré elle, elle continuait de se demander si la décision qu’elle avait prise était la bonne. Certes, en sondant son cœur, elle constatait qu’elle n’éprouvait rien pour Will. Elle le considérait comme un ami, rien de plus. Mais combien de propositions de ce genre recevait-elle chaque année ? C’était la première, en seize ans d’existence ! S’il lui fallait attendre encore seize ans avant qu’un nouveau garçon lui propose de sortir avec lui, elle venait de rater une sacrée occasion de gagner de l’expérience...

D’un autre côté, elle était sûre de ses sentiments pour M. Bates. Elle l’aimait plus que de raison, et ne voyait pas comment elle aurait pu entamer une relation avec Will tout en continuant de penser à M. Bates à chaque instant de la journée. De plus, n’était-il pas délicat pour deux membres d’un groupe de rock de sortir ensemble ? Cela pouvait vite créer des tensions au sein de la bande, voire la faire éclater... Or, Lisa ne souhaitait pour rien au monde mettre un terme aux débuts si prometteurs des Screaming Donuts.

Elle se demandait comment Will allait se comporter vis-à-vis d’elle lorsqu’elle le retrouverait lundi après-midi aux studios pour leur audition... Allait-il l’ignorer délibérément ou, pire, faire exprès de lui être désagréable ? Allait-il au contraire faire comme s’il ne s’était rien passé vendredi soir, et reprendre avec elle le même type de relation amicale qu’ils entretenaient auparavant ? C’était ce qu’elle espérait. Sinon, comment réussirait-elle à jouer sereinement devant les organisateurs du bal d’hiver ? La moindre contrariété risquait de lui faire foirer sa prestation.

Même en s’entraînant à la basse dans sa chambre, Lisa continuait de repenser aux moments passés avec Will lors de cette soirée qui resterait à jamais gravée dans sa mémoire. Ces divagations la détournaient peu à peu des mélodies qu’elle était censée travailler pour lundi, et à la place, elle se mettait à composer des morceaux particulièrement mélancoliques, joués sur les notes les plus aiguës qu’était capable de produire sa basse. C’était la première fois depuis longtemps qu’elle se sentait aussi inspirée. Jamais elle n’avait imaginé quelque chose d’aussi triste et d’aussi poignant, et elle se disait que cette musique paraîtrait encore plus belle si elle était jouée sur des cordes plus fines. Sa résolution était prise : elle devait à tout prix s’acheter une guitare.


Lorsqu’elle arriva au lycée le lundi matin avec sa basse sur le dos, Lisa se rendit compte qu’elle était plus stressée à la pensée de son audition de l’après-midi qu’à celle de ses contrôles de physique et d’anglais. Il fallait dire que l’enjeu était de taille : si son groupe se faisait engager pour assurer le concert d’ouverture du bal d’hiver, c’était non seulement le début de la gloire, mais surtout l’occasion de jouer sur scène devant M. Bates. A condition bien sûr qu’il daigne venir au bal… Lisa brûlait d’envie de lui demander s’il comptait y aller, mais elle n’osait lui poser la question, de peur qu’il ne la trouve suspecte. Pour le moment, elle ne pouvait que se contenter d’hypothèses, et prier secrètement pour qu’il soit de la partie. En général, il y avait toujours quelques enseignants qui se portaient volontaires pour surveiller la fête. M. Bates semblait être le candidat idéal, vu qu’il avait déjà l’embarras du choix en matière de tenues de soirée ! Et puis, si les Screaming Donuts se faisaient réellement sélectionner pour animer le bal, c’était décidé : Lisa inviterait directement M. Bates à venir la voir jouer en concert. Après tout, pourquoi pas ? Un élève avait bien le droit de proposer à un professeur d’assister à un de ses spectacles.

A trois heures moins cinq de l’après-midi, Lisa retrouva James assis sur l’un des fauteuils de la salle commune des studios. Elle ne l’avait jamais vu aussi nerveux. Lui, qui d’habitude avait toujours l’air très décontracté, agitait frénétiquement sa jambe en pianotant fiévreusement sur son téléphone portable.

- Steve me dit qu’il aura peut-être un peu de retard, annonça le guitariste d’un voix inquiète. Il n’a pas intérêt à rater le début de l’audition ! Le jury est censé arriver dans une demi-heure. J’ai réservé la salle dès maintenant, histoire qu’on puisse s’échauffer un peu.

Will fit son entrée dans le salon, avançant vers ses camarades de sa démarche sereine et assurée. Lisa le regarda s’approcher d’un air anxieux.

- Salut les jeunes, lança-t-il. Vous êtes prêts ?

Cette fois, il n’avait pas ses lunettes de soleil devant les yeux, et il gratifia Lisa d’un regard amical. La jeune fille en éprouva un étrange soulagement. Finalement, il n’était pas aussi rancunier qu’elle l’avait craint. Il lui fit même un sourire, avant de lui demander en aparté :

- Tu es bien rentrée, vendredi soir ?

- Oui, je ne suis pas restée très tard…, répondit Lisa, tandis que James les laissait seuls pour commencer à installer le matériel dans la salle de répétition.

- Je m’inquiétais de ne plus te voir…

- Ma mère est venue me chercher à dix heures et demi, avoua Lisa.

- J’espère que la soirée t’a plu...

- C’était une soirée… plutôt surprenante, confessa la jeune fille en rougissant.

Elle se dirigea vers la salle de répétition pour rejoindre James, et Will la suivit silencieusement. Au bout de quelques pas dans le couloir, le garçon reprit :

- Tu ne veux toujours pas me dire qui c’est ?

« Oh non... » pensa Lisa. Il n’allait pas remettre ça ! C’était lourd, à la fin. Combien de temps allait-il continuer à la harceler ?

- Non seulement je ne veux pas, mais je ne peux pas, répondit Lisa d’un ton catégorique.

- De toute façon, je pense que je finirai bien par le savoir, déclara Will, avant d’entrer dans la salle de répétition.

Que voulait-il dire par là ? S’il pensait qu’il finirait par voir Lisa sortir avec celui dont elle était amoureuse, il se trompait lourdement. Cela n’était pas prêt d’arriver. Pas au lycée, en tout cas.

Les trois musiciens commencèrent à répéter sans Steve. Ils n’avaient le droit de jouer que deux morceaux devant le jury. Leur choix s’était porté sur une de leurs chansons phares, Out Of Line, qui était à la fois très énergique et très simple – et qu’ils savaient donc interpréter les yeux fermés –, mais ils misaient tout sur Nothing Wrong With Me, un morceau beaucoup plus riche musicalement, et qui comportait le fameux solo de basse de Lisa. Celle-ci s’était tellement entraînée chez elle durant le week-end que son solo n’avait maintenant plus de secret pour elle.

A chaque fois que James finissait sa partie à la guitare, elle le voyait jeter un coup d’œil impatient à sa montre. Il lui tardait sans doute de voir rappliquer Steve. Lisa, de son côté, trouvait que leur musique sonnait étrangement mieux sans la voix éraillée du chanteur… S’il pouvait ne pas venir du tout, peut-être le groupe aurait-il finalement plus de chances de réussir cette audition ? Elle se demanda si elle était la seule à avoir cette impression...

Steve finit par arriver avec vingt bonnes minutes de retard, complètement essoufflé, tenant dans les mains un casque de moto.

- Désolé, s’exclama-t-il, j’étais parti faire un tour en moto après les cours, et ma bécane est tombée en panne… Du coup, j’ai dû l’abandonner sur un trottoir et revenir au lycée à pieds. Ce n’était vraiment pas le moment qu’elle me fasse ce coup-là ! J’espère que vous ne m’avez pas trop attendu...

- On a commencé à s’entraîner sans toi, répondit James. Les membres du jury devraient être là dans cinq minutes…

- A vrai dire, je crois qu’ils sont déjà arrivés aux studios, annonça Steve. Je viens de croiser Amber, Julian et Darren à l’entrée. Ce sont bien eux qui organisent le bal d’hiver, cette année ?

- Entre autres, oui..., confirma James d’un air anxieux.

Cela voulait dire que le groupe n’aurait probablement pas le temps de répéter au complet sur un dernier morceau... Lisa commença à se ronger les ongles d’inquiétude. Elle espérait vraiment que Steve avait révisé ses paroles… S’il lui faisait rater sa seule et unique chance de jouer sur scène devant M. Bates, elle lui en voudrait pour le restant de ses jours.

- Ne vous inquiétez pas, lança le chanteur avec un grand sourire qui se voulait réconfortant. Je me suis échauffé la voix en marchant jusqu’au lycée. Si vous aviez vu comme les gens dans la rue me regardaient bizarrement ! Surtout quand je chantais le refrain de Nothing Wrong With Me !

Quelques instants plus tard, les trois membres de l’équipe organisatrice du bal se présentèrent dans la salle de répétition. Il s’agissait de trois élèves de terminale du lycée Lincoln, que Lisa ne connaissait que de vue. Elle se rappelait en particulier avoir croisé plusieurs fois dans les couloirs cette fille aux longs cheveux roux flamboyants, aux yeux verts maquillés à la perfection, et au visage parsemé de taches de rousseur. Elle était grande et mince, et d’une beauté extraordinaire – quoique légèrement gâtée par cette mine hautaine qu’elle affichait constamment.

- Salut Amber ! s’exclama James en avançant vers la rouquine pour l’accueillir. Comment tu vas ?

- Bien, répondit la jeune fille. Désolée de ne pas avoir pu venir à ta fête, vendredi soir. La réunion pour l’organisation du bal d’hiver s’est finie à onze heures et demi, et j’étais tellement crevée que j’ai préféré rentrer directement chez moi pour aller me coucher… Comment s’est passée ta soirée ?

- Oh, on ne s’est pas ennuyés ! On a fini vers huit heures du matin, raconta James, non sans fierté.

A ces mots, Lisa écarquilla les yeux de surprise. Huit heures du matin ? Mais c’était l’heure à laquelle elle s’était réveillée, samedi dernier !

- J’ai passé tout mon samedi après-midi à nettoyer la maison, continua le guitariste. Il y en avait partout ! Quand j’y repense, j’aurais dû installer des seaux dans le salon, ça aurait peut-être permis de sauver le tapis…

Lisa avait peur de comprendre ce dont parlait James... Finalement, elle avait bien fait de quitter la fête à dix heures et demi, avant qu’elle ne se transforme en orgie…

- D’ailleurs, les mecs, ajouta James à l’adresse de Will et Steve, j’espère que ce n’est pas l’un de vous qui s’est amusé dans le lit de mes parents ! Il y en avait plein les draps, j’ai dû tout mettre à nettoyer au lave-linge !

Cette fois, Lisa fronça les sourcils. Elle n’avait aucune idée de ce que James racontait et, au fond, elle se disait qu’il ne valait sans doute mieux pas le savoir… Elle préférait préserver encore un peu ce qui restait de son âme innocente.

Amber, bien sûr, faisait partie des filles pour qui ce genre de propos n’avait plus aucun secret, et elle s’esclaffa d’un rire suraigu qui irrita les tympans de Lisa.

- OK, reprit la rouquine en retrouvant subitement son sérieux. Vous êtes prêts à nous faire écouter ce que vous savez jouer ?

Lisa remarqua qu’Amber ne s’adressait qu’aux trois garçons du groupe et ne lui jetait pas le moindre regard, ce qui avait le don de l’énerver au plus haut point. Pourquoi cette fille faisait-elle exprès de l’ignorer ? Décidément, Lisa ne la sentait pas du tout...

Les Screaming Donuts commencèrent par interpréter le morceau qu’ils connaissaient le mieux : Out Of Line. La ligne de basse de Lisa était tellement facile à jouer qu’elle se permit de quitter des yeux le manche de son instrument pour observer ses camarades. James semblait particulièrement concentré sur sa guitare. Malgré la tension qui pouvait se lire sur son visage, il n’avait pas encore fait la moindre fausse note, et c’était tant mieux. Steve aussi se débrouillait étonnamment bien : il connaissait son texte sur le bout des doigts, et bougeait et sautait dans la salle avec son micro comme s’il se trouvait déjà sur scène. Quant à Will, il n’y avait rien à redire : comme toujours, il assurait. C’était lui le véritable moteur du groupe. Il se démenait sur sa batterie et mettait toute son énergie dans la musique, se livrant corps et âme à sa passion.

En regardant distraitement le jury, Lisa s’aperçut qu’Amber n’avait d’yeux que pour lui. « Encore une qui ne dirait pas non à un rencard avec Will... » songea la jeune fille en reportant son attention sur sa basse.

Ce que Lisa préférait dans Out Of Line, c’était que le morceau se terminait aussi soudainement qu’il avait commencé. Ce qui, à la première écoute, pouvait sembler être un manque d’inspiration des musiciens – comme s’ils n’avaient pas voulu prendre la peine de réfléchir à une fin – était en réalité un effet de style particulièrement surprenant et audacieux.

Lorsque le dernier tintement de cymbale cessa de résonner dans les airs, Amber applaudit faiblement, imitée avec un léger train de retard par ses deux acolytes. Le sourire qu’elle avait sur les lèvres semblait forcé. Elle invita les Screaming Donuts à poursuivre avec leur seconde chanson.

Nothing Wrong With Me était un morceau beaucoup plus technique que le précédent, qui débutait par des notes de guitare jouées en arpège, avec une très légère distorsion. S’ensuivait une ligne de basse rythmique, accompagnée de la batterie, puis le chanteur se mettait à entonner le premier couplet. Le refrain avait un côté à la fois tonique et agressif. En observant les membres du jury, Lisa se demandait comment ils pouvaient rester de marbre face à un tel dynamisme. Elle ne se laissa pas perturber pour autant, et entama son solo de basse avec une pleine concentration. Elle n’avait pas intérêt à se planter. C’était pour M. Bates qu’elle jouait. Elle se voyait déjà sur scène, dans le gymnase du lycée, devant un public en délire, et surtout… face à son prof de maths, debout au fond de la salle, se tenant en retrait pour surveiller les élèves, mais appréciant tout de même la musique, parce qu’il savait reconnaître ce qui était bon. Elle avait à peu près une chance sur mille que son rêve se réalise, mais si cela lui permettait de se donner à fond dans sa musique, autant continuer à se bercer d’illusions. Contre toute attente, elle réussit son solo sans le moindre accroc, et ses camarades reprirent avec elle la dernière partie du morceau, avec un entrain d’autant plus fort qu’ils savaient qu’ils étaient à deux doigts de faire un sans-faute. La chanson s’acheva de façon magistrale, dans une synchronisation parfaite et maîtrisée. Laissant sonner la dernière note de leur instrument, les Screaming Donuts se regardèrent entre eux en souriant. Ils avaient vraiment de quoi être fiers. Ils venaient de faire une prestation absolument irréprochable.

- Alors ? s’enquit James en dévisageant Amber avec un large sourire.

La rouquine paraissait indécise.

- On va délibérer entre nous, répondit-elle en désignant ses deux compères, Julian et Darren, qui étaient restés muets comme des carpes durant toute l’audition. On doit encore voir trois autres groupes cette semaine. On vous communiquera le résultat jeudi soir. En tout cas, je peux vous dire que votre batteur est vraiment doué !

C’était donc tout ce qu’elle avait retenu de leur démonstration ? La performance du batteur ? Certes, le talent de Will était indéniable, mais les autres, alors ? Ils comptaient pour du beurre ? Lisa était persuadée que si Amber avait pu ne retenir que Will, elle l’aurait fait. Malheureusement, un solo de batterie n’était peut-être pas ce qu’il y avait de plus adapté pour animer un bal...

Comme il fallait s’y attendre, la rouquine s’empressa de rejoindre Will pour discuter avec lui et lui poser tout un tas de questions : depuis combien de temps jouait-il de la batterie ? Avait-il déjà joué dans d’autres groupes auparavant ? Quel était son style de musique préféré ? Pendant que le batteur se faisait interviewer, les trois autres membres du groupe se chargeaient de ranger le matériel, en faisant des allers-retours entre la salle de répétition et le local de stockage.

- Sacré Will ! Toujours en train de draguer ! lança James en portant à bras-le-corps son ampli guitare, tandis qu’il se dirigeait avec Steve et Lisa vers le local, au fond du couloir.

- Il a dû avoir du succès à ta fête, vendredi soir ! renchérit Steve en rigolant.

Lisa garda le silence. Elle sentit son ventre se contracter d’appréhension, redoutant que les deux garçons n’en viennent à parler d’elle. Savaient-ils que Will lui avait demandé de sortir avec lui au cours de la soirée ?

- Il a eu plus de succès que moi, en tout cas ! avoua James. Je n’ai même pas réussi à choper une seule meuf à ma propre fête !

- Il faut dire que tu étais tellement torché…

Lisa leva les yeux au ciel en entendant un tel vocabulaire sortir de la bouche de ses camarades. Hélas, elle n’était pas au bout de ses peines...

- Apparemment, Will a voulu se taper Samantha, mais il a dû prendre son mal en patience, parce que la pauvre était indisposée…

- Elle était bourrée, elle aussi ?

- Non, disons qu’elle était… sanglante.

Lisa n’en croyait pas ses oreilles. Les yeux écarquillés d’effroi, elle ne parvenait plus à chasser de son esprit ces mots horrifiants : « se taper Samantha » et « elle était sanglante »... Avait-elle bien compris ? James et Steve parlaient vraiment de Samantha Jenkins, sa voisine de quartier ? Celle avec qui elle avait passé quasiment toute son enfance, avant de la perdre de vue au collège et au lycée, puis qu’elle avait fini par retrouver à la fête du guitariste ? Comment était-ce possible ? Lisa croyait pourtant qu’elle était la seule avec qui Will avait voulu sortir, ce soir-là… C’était bien ce qu’il lui avait dit, non ? Elle avait eu beau lui mentionner Kim Mayer et Astrid Lorensen pour essayer de se tirer d’affaire, il les avait toutes les deux ignorées, en lui assurant qu’il n’y avait qu’elle avec qui il avait envie d’entamer une relation, et il s’était bien abstenu de lui parler de Samantha Jenkins ! A quel moment avait-il bien pu aller l’aborder ? C’était forcément après le départ de Lisa. Tout du moins, après son départ de la cuisine... Une chose était sûre : il n’avait pas perdu de temps ! Lisa avait osé lui flanquer un râteau, et de dépit – ou pour ne pas finir la soirée bredouille – Will s’était aussitôt rabattu sur Samantha… Mais pourquoi elle ? D’accord, elle était bien plus belle que Lisa, avec ses cheveux blonds et raides, ses yeux bleus et sa silhouette sensuelle... Mais Will et Samantha ne se connaissaient même pas ! Il fallait croire que cela n’empêchait pas deux personnes de vouloir coucher ensemble…

En y repensant, Lisa se dit que ce n’était finalement pas si surprenant que Will ait choisi Samantha comme plan B pour passer sa soirée... Lorsqu’elles étaient petites, les deux filles avaient toujours été rivales. Sans cesse jalouses l’une de l’autre, elles s’étaient constamment disputé les meilleurs jouets, les meilleures récompenses, les meilleurs amis… A leur âge, il aurait donc été logique de les voir se disputer les plus beaux garçons du lycée... Mais Lisa et Samantha avaient radicalement changé, l’une par rapport à l’autre. Elles ne partageaient plus du tout les mêmes goûts. En particulier en matière de garçons. Si Samantha voulait de Will, Lisa le lui laissait volontiers. Un autre homme occupait déjà ses pensées et faisait battre son cœur. Cet homme… Il n’avait décidément rien à voir avec les abrutis de son âge.

Lisa restait profondément choquée par l’adjectif qu’avait employé James pour évoquer l’état d’une adolescente qui avait ses règles… « Sanglante »... Comment pouvait-on parler d’une fille de la sorte ? Même de Samantha ?

- Mais si elle n’avait pas eu ce petit désagrément, reprit le guitariste, je suis sûr que Samantha aurait été ravie de passer à la casserole !

Sur ce, Steve éclata de rire. Lisa, elle, grinça des dents. Les mecs de son âge étaient vraiment tous pareils : des crétins en manque, qui ne pensaient qu’à se faire le plus de filles possible… Comment pouvait-elle trouver le moindre intérêt à sortir avec de tels connards ?

A cet instant, Lisa comprit à quel point elle pouvait être fière d’aimer M. Bates.

Annotations

Recommandations

Défi
Anne Cécile B


Leurs yeux s'interrogeaient, pleins de convoitise, essayant de sonder leur pensée, jaugeant leur désir. Celui-ci s'y reflétait intensément, délivrant le signal attendu depuis des heures, peut-être des jours ou des semaines.
Puis le regard tomba sur les lèvres de l'autre, bombées, roses, luisantes de l'humidité qu'y avait passé la langue gourmande, avide de découvrir une nouvelle saveur.
Les mains s'effleurèrent, mais bien vite ce furtif contact se renouvellerait, les doigts s'entremêlant fièvreusement, recherchant un encouragement dans la pression fugace.
Enfin, la bouche tant désirée se rapprocherait, et avec elle son souffle fiévreux, se mêlant d'abord à celui de l'autre.
Enfin, les peaux découvriraient leur douceur , se pressant légèrement au début, pour ensuite s'étreindre de concert avec le plaisir qui croissait.
Les lèvres s'entrouvriraient pour assaillir de caresses la langue de l'autre, l'enveloppant, la contournant, la poursuivant. Le parfum du fruit défendu se répandrait bientôt jusque dans leurs âmes.
Puis, la vue se troublerait pour complètement abdiquer, l'esprit tout entier tourné vers le toucher qui l'embrasait.
Un incendie se déclarerait progressivement dans la poitrine, pour prendre lentement la délicieuse route du Sud.
Est-ce que les amants succomberaient tout de suite à cet appel ou choisiraient-ils de laisser s'éterniser le baiser? Attiseraient-ils le désir en s'alanguissant sur chaque délicieuse étape ou l'éteindraient-ils en l'assouvissant sans attendre?
La suite leur appartenait, ils devraient encore longuement questionner leur envie mutuelle avant de s'abandonner au plaisir suprême.
12
15
2
1
CloeLicorne

Je m’appelle Belle et j’ai dix-huit ans. Je vis dans une maison de riche. A l’époque, une de mes ancêtres nous a rendu riche en se mariant à un prince enfin je vais pas vous raconter sa vie vous la connaisser. Avant tu n’avais cas demander au père du garçon que tu trouves riche si tu peux l’épouser et le père dit oui ou non. Aujourd’hui, il n’y a plus de vie de princesse et trouver l’amour c’est pas du gâteau. Bon je ne vais vous cacher que j’aime un garçon, il est beau mais pas riche mais ça, j’en ai rien à faire. Mais lui il aime une autre fille, Elza. Super... le problème c’est qu’elle est belle et elle a du charme et en plus, une des ancêtres avait des pouvoir, avouer c’est la classe.
Se garçon s’appelle Adam, il est brun avec des yeux bleu en fait le plus troublant c’est qu’il ressemble au mari de mon ancêtre mais bon sa c’est pas bien grave. Se qui m’énerve c’est qu’il est toujours avec Elza mais pourtant il ne lui a jamais dit « Je t’aime ». J’ai deux options pour aboir son cœur, soit j’attends qu’il lui avoue ses sentiments en priant que Elza lui dit que pour elle c’est juste un ami, il sera triste et là je vais le consoler et on vera se qui se passe après ou alors je fais de mon mieux pour qu’il l’oublie. C’est vraiment pas facile de choisir, bon je vais prendre le risque, je fais l’option un. La seule difficulté c’est que j’ai pas de patience, je pense que je vais devoir attendre longtemps avant le jour J.
Ça fait déjà un mois que j’attends et je commence à en avoir sérieusement marre. En plus chez moi y a pas de wi-fi ! Je passe une super journée... Il y a deux semaines j’ai pensé que je pouvais dire à Elza « Adam t’aime et qui voudrait sortir avec toi et que tu devrais dire non car c’est peut-être un bon ami mais c’est pas un bon mec » mais elle ne va pas me croire, elle n’est pas si naïve.
Un jour comme les autres, j’entends Philipe dire à Adam qu’il devrait lui dire aujourd’hui car sinon elle va peut-être avouer ses sentiments à un autre garçon ou inversement. Il part lui dire et je saute sur l’occasion pour les espionners. Maudite branche, je voulais me cacher dans un buisson et à cause de cette branche Adam se retourne.
- Qu’est ce que... Pourquoi tu me suis Belle ?
- Euh... je ne te suis pas, j’allais dans le même direction pour rejoindre Mulan.
- Mais Mulan est assise sur le banc qui est à ta droite sous les arbres.
- Ah oui, euh merci.
Je pars à toute vistesse sans me retourner. J’avais l’air d’une gourde. Au moment où il repart vers Elza, je le suis de nouveau et cette fois je me cache dans se buisson sans faire de bruit.
- Elza !
- Adam, comment ça va ?
- Oui, je pourrais te parler ?
- Oui bien sûr.
- Non mais en privé.
- Ah, les filles je suis désolée, je vous appelle quand on a terminé.
- D’accord. lui dit Aurore.
- Voilà, j’ai une chose à t’avouer, voilà je...
- Tu ?
Elle le dit comme si elle connaissait la réponse, ça commence à m’inquiéter.
- Je... c’est dur à dire...
- Laisse j’ai compris.
Elle s’approche de lui et... vous connaissez la suite, il fallait bien qu’elle l’embrasse ! Non mais c’est pas possible, après un moin de patience mon plan tombe à l’eau. J’exprime de colère mais en même temps de la joie, je suis contente pour eux. Quand j’y réfléchis, l’amour c’est l’amour, alors que je soit à la place de Elza ou pas, j’aurais exprimée la même joie. J'accepte qu'elle l'aime et qu'il l'aime à son tour.
Fin
2
2
30
3
Djurian R


Une matinée de travail ordinaire,
Des instants qui se succèdent,
Sans queue ni tête.

Midi moins dix minutes.
L’ennui et la faim tenaillent,
Une note retient mon attention.

Un détail oublié,
Un problème à régler.
Qui attendra bien une heure de plus.

L’envie soudaine d’écrire,
Un poème, libre et sans grand intérêt,
Mais qui fait du bien à l’esprit.

Loin des mails mal écrits,
Envoyés à la va-vite.
Je me libère un petit moment.

Tiens, il est l’heure de partir.
4
5
0
0

Vous aimez lire Chaton Laveur ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0