Chapitre 12

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Si les séances de soutien en maths avec Josh Randall avaient tourné court, elles avaient au moins permis à Lisa de se rendre compte de la présence de M. Bates le mardi après-midi à la bibliothèque. Aussi s’empressa-t-elle de s’y rendre dès qu’elle fut sortie de son cours d’espagnol, le mardi 1er novembre, à trois heures moins le quart. Elle prit place à une table située tout au fond, à côté du rayon « Physique-Chimie », de façon à avoir une vue d’ensemble sur la salle d’études. M. Bates n’était pas encore arrivé. Elle l’attendit en sortant son bouquin de maths et en commençant ses devoirs à faire pour le lendemain.

- Tiens ! Qu’est-ce que tu fais là ? s’exclama une voix familière.

Lisa releva la tête : Joey se tenait à côté d’elle, les bras chargés d’une pile de bandes dessinées.

- Je travaille, pardi ! répondit la jeune fille, légèrement agacée d’avoir été interrompue dans sa lecture d’un passionnant exercice sur les hyperboles.

- Ah, ouf ! Je croyais que tu attendais Josh pour son cours de soutien... Il m’a dit la semaine dernière qu’il voulait arrêter...

- Oui, je suis au courant, merci. 

- Mais tu ne connais pas la meilleure ! ajouta Joey en posant ses comics sur la table et en tirant une chaise pour s’asseoir en face de Lisa (celle-ci bouillonna intérieurement : Joey allait lui faire rater l’arrivée de M. Bates !). Josh a été convoqué dans le bureau du CPE pour discuter de ses notes en maths. M. Carver lui a dit qu’il devait absolument se reprendre en main et l’a inscrit d’office à des séances de tutorat en petit groupe, à raison d’une heure chaque après-midi. Tu imagines ? Deux heures de maths par jour ? Le cauchemar !

« Le rêve ! » se dit Lisa, avec des étoiles plein les yeux.

A cet instant, elle aperçut justement M. Bates qui faisait son entrée dans la salle d’études, tenant à la main son cartable en cuir noir, sans doute rempli de copies à corriger. L’homme salua la documentaliste d’un sourire cordial et se dirigea vers le fond de la salle, marchant droit dans la direction de Lisa. Le cœur de la jeune fille se mit à battre la chamade. Elle n’écoutait plus rien de ce que lui racontait Joey et jouait nerveusement avec son stylo-bille.

Lorsque son prof parvint au niveau de sa table, il se pencha vers les deux lycéens et leur demanda d’une voix enjouée :

- Vous faites des maths, j’espère ?


Au cours de la semaine, Lisa prit rapidement conscience que si elle voulait plaire à M. Bates, elle devait cesser de s’habiller comme un garçon manqué. Finis les t-shirts et les sweats à capuche aux couleurs de ses groupes de rock préférés. Elle était fière de revendiquer ses goûts musicaux, mais il fallait bien se l’avouer : ces vêtements, deux fois trop larges pour elle, n’avaient rien de sexy. Il était temps pour elle de tourner la page et de se mettre à la mode.

En observant les filles de son âge et les vêtements qu’elles portaient, Lisa réalisait qu’elle faisait figure d’extraterrestre, au même titre qu’Astrid Lorensen ou que Kim Mayer. Certes, il y avait du bon à vouloir se démarquer, mais il était certainement possible de le faire sans avoir l’air complètement barré.

Inutile aussi d’entrer dans la provocation, en se montrant avec des décolletés plongeants, des jeans ultra-moulants ou des mini-jupes, comme le faisaient certaines pom-pom girls du lycée. Non, ce qu’il fallait à Lisa, c’étaient des habits dans l’air du temps, avec juste la bonne dose de féminité.

A vrai dire, elle avait déjà un modèle en matière de tenue vestimentaire : c’était Ashley Westbrook, sa voisine de casier. A chaque fois qu’elle la voyait, elle se disait qu’elle aurait aimé lui ressembler. Elle était vraiment belle et s’habillait toujours avec goût, dans un style à la fois chic et bohème. En septembre, Lisa lui avait souvent vu porter des vestes en jean, par-dessus des robes ou des chemisiers à fleurs. Depuis que le temps s’était rafraîchi, Ashley avait opté pour des pulls en laine, qui mettaient en valeur ses formes sans paraître indécents. Le reste de sa tenue se composait habituellement de pantalons un peu serrés et de bottines à boucles ou à lacets. Même si Lisa ne se sentait pas encore prête à troquer ses jeans contre des jupes ou des robes, ni même ses Converse contre des chaussures à talons, elle était en revanche bien décidée à faire des efforts sur ses hauts, et pour cela, Ashley était une véritable source d’inspiration.

Cependant, comme Lisa n’avait jamais osé lui demander où elle trouvait toutes ses fringues, elle passa son samedi après-midi entier à parcourir les rues de Greentown, à la recherche de la tenue idéale. Elle visita absolument toutes les boutiques de vêtements féminins de la ville, se chargeant toujours un peu plus de sacs, à mesure qu’elle vidait son porte-monnaie.

En vérité, elle avait horreur du shopping. Elle ne comprenait pas comment les gens pouvaient aimer s’entasser dans des magasins déjà bondés, qui diffusaient sans arrêt de la musique à vous taper sur les nerfs. Elle se disait néanmoins que c’était le prix à payer si elle voulait plaire à M. Bates. Après tout, si son prof prenait autant soin de son apparence, elle pouvait bien en faire de même.

Elle s’arrêta plusieurs fois devant les vitrines des magasins de vêtements pour homme, se délectant à la vue de ces costumes bien taillés, qui lui faisaient irrémédiablement penser à son prof de maths. Si le traditionnel costard-cravate lui paraissait déjà très classe, il n’y avait pas à dire, le costard-nœud pap’ avait quand même un niveau au-dessus.

Le samedi soir, Lisa rentra chez elle par le dernier bus desservant le village de Clayton. Elle arriva à la maison à sept heures et demi, posa toutes ses emplettes dans le salon et s’effondra sur le canapé, claquée. Elle venait de dépenser une bonne partie de ses économies pour renouveler sa garde-robe, mais comme ce genre de folies ne lui arrivait qu’une fois tous les trente-six du mois, elle pouvait bien se le permettre.

Et puis, le résultat était vraiment au rendez-vous. Le lundi matin, elle passa cinq bonnes minutes à s’admirer devant la glace, s’examinant sous toutes les coutures. Elle avait du mal à se reconnaître. Certes, elle avait gardé ses Converse kaki et son jean bleu délavé, mais elle avait désormais revêtu un blouson serré en cuir marron, ouvert sur un chemisier kaki à motifs fleuris, le tout recouvrant un t-shirt noir moulant. Elle s’était également parée d’un long collier à fins anneaux de cuivre, dont le pendentif, qui arrivait à hauteur de sa poitrine, était une petite clé en laiton. « La clé de mon cœur » se disait Lisa, qui commençait à devenir sentimentale. Bien sûr, cette clé n’était que pour M. Bates.

La jeune fille avait aussi troqué son sac à dos à camouflage militaire contre un sac à bandoulière noir, sur lequel elle avait cousu les écussons de ses groupes préférés : Nirvana, The Offspring, Red Hot Chili Peppers… Elle ne pouvait décidément pas se passer de montrer à tous quel style de musique elle écoutait.

Contre toute attente, la première personne à lui faire des compliments sur son nouveau look fut William. Lorsqu’il la croisa dans le couloir principal du lycée, en début de matinée, le batteur lui dit que son petit blouson en cuir lui allait à ravir, et qu’il lui tardait de la retrouver cet après-midi pour leur répétition aux studios. Lisa rougit légèrement, et songea qu’elle était bien partie pour attirer l’attention de M. Bates en cours de maths.

Hélas, si l’enseignant remarqua sa nouvelle tenue et fut agréablement surpris par ce changement, il n’en laissa rien paraître. Sa leçon se déroula comme à l’accoutumée, sans la moindre allusion aux nouveaux habits de Lisa. Naturellement, il n’était pas dans les habitudes des profs de faire des commentaires sur le style vestimentaire de leurs élèves. Lisa comprenait que ce genre de propos pouvait sembler complètement déplacé dans la bouche d’un professeur, et donc peu souhaitable. Elle se demandait tout de même s’il avait fait attention à la petite clé en laiton qui pendait à son cou et qui, dans son imaginaire romantique, lui était destinée.

Lorsqu’elle rejoignit son groupe de punk rock aux studios à trois heures de l’après-midi, le charme de ses nouveaux vêtements continua de faire son effet sur William.

- Joli chemisier, dit-il en la voyant retirer son blouson pour se mettre plus à l’aise.

- Merci, répondit Lisa avec un sourire, avant d’enfiler sur son épaule la sangle de sa basse et de commencer à accorder son instrument.

Ce jour-là, les Screaming Donuts s’entraînaient sur un de leurs derniers morceaux : Nothing Wrong With Me, pour lequel Will avait écrit un solo de basse qui mettait particulièrement en valeur cet instrument. Lisa lui était très reconnaissante d’avoir pensé à elle. D’habitude, dans un groupe de rock, le jeu des bassistes passait souvent inaperçu. Aujourd’hui, grâce à Will, Lisa avait la chance de pouvoir se faire entendre, même si elle ne maîtrisait pas encore tout à fait son solo. Celui-ci était relativement complexe à enchaîner. Il y avait surtout une série de notes pour laquelle Lisa avait du mal à placer correctement les doigts de sa main gauche sur les cordes. Elle avait l’impression que sa main était trop petite, et qu’elle n’arriverait jamais à écarter suffisamment ses doigts pour jouer des notes aussi distantes les unes des autres sur le manche.

Lorsqu’elle rata son solo pour la quatrième fois, Lisa poussa un soupir de découragement. Will se leva de sa batterie et alla la rejoindre.

- Attends un peu. Je vais te montrer comment faire, lui dit-il.

La jeune fille s’apprêta à passer la sangle de sa basse par-dessus sa tête pour confier l’instrument à Will, mais celui-ci lui répondit :

- Non, non. Garde ta basse. Reste comme tu es.

Il vint alors se placer derrière elle. Le corps de Lisa se raidit. Elle n’avait pas l’habitude des contacts physiques, et Will était clairement en train de se coller contre son dos, pour pouvoir poser sa main gauche sur le manche de sa basse et positionner ses doigts sur les bonnes cases. Leurs visages étaient très proches l’un de l’autre, la joue droite de Will effleurant la joue gauche de Lisa. Celle-ci rougissait de plus en plus. James et Steve, pendant ce temps, faisaient mine de ne rien remarquer et discutaient dans leur coin.

- Tu vois ? Si tu places ton index et ton auriculaire de cette façon, tu devrais pouvoir y arriver, expliqua Will.

Lisa essaya de reproduire le même accord avec ses doigts, mais elle ne parvenait pas à garder son auriculaire sur la case souhaitée.

- Ne crispe pas ta main. Relâche-la. Détends-toi.

En même temps, elle n’arrivait plus à se concentrer sur sa basse. Will ne s’était jamais tenu aussi près d’elle, et Lisa se disait que bien des filles auraient rêvé de se trouver à sa place à cet instant. Pourtant, elle ne comprenait pas pourquoi elle avait droit à tant d’égards de sa part, ce jour-là. Etait-ce vraiment à cause de son changement de look ? Jamais elle ne s’était attendue à ce qu’il fasse autant sensation. En tout cas, pas sur Will.

- Voilà, c’est ça, dit le garçon en constatant que Lisa réussissait enfin à maintenir ses doigts dans la bonne position. Tu vois que tu peux le faire.

Will se retira pour laisser Lisa s’exercer toute seule, et alla se rasseoir derrière sa batterie. Lorsque la jeune fille s’estima fin prête, les quatre lycéens reprirent la chanson depuis le début. Lisa réussit alors à jouer son solo sans la moindre faute et, encouragée par cet exploit, elle termina le morceau en apothéose. Will venait de lui redonner confiance en elle.

A la fin de la répétition, à cinq heures, Lisa rangea sa basse dans sa housse et la mit sur son dos pour aller la déposer au local de stockage. Will s’approcha d’elle et lui demanda :

- Ce n’est pas trop lourd ?

- Quoi donc ? fit Lisa, sans comprendre. Ah ! Ma basse ? Oh non, ça va, je peux encore la porter !

Le comportement de Will était de plus en plus étrange... Pourquoi se préoccupait-il maintenant du poids de sa basse ? Elle ne pesait pas plus lourd que d’habitude ! Lisa commençait à se tenir sur ses gardes...

Le batteur l’accompagna jusqu’au local de rangement. C’était une grande pièce austère et froide, remplie de gigantesques coffres en bois, empilés sur deux étages, et dans lesquels les musiciens pouvaient stocker leurs instruments. La salle était déserte. Lisa comprit qu’elle n’avait pas intérêt à s’y attarder avec Will.

Elle marcha rapidement jusqu’au compartiment qui portait l’inscription « Screaming Donuts », sortit une petite clé de la poche de son blouson et ouvrit le cadenas qui maintenait la porte du box fermée. Elle posa sa basse à plat à l’intérieur, puis referma le coffre. Lorsqu’elle se retourna, son cœur fit un bond : Will s’était encore rapproché d’elle.

- Tu as vraiment assuré, tout à l’heure, lui dit-il. Ton solo était parfait.

- Ah, euh... Merci…, répondit Lisa d’une petite voix, en replaçant instinctivement une mèche de cheveux rebelle derrière son oreille.

- Je suis sûr qu’avec ce nouveau morceau, on arrivera à convaincre le lycée de nous choisir pour jouer au bal d’hiver. 

- Oui, sans doute..., fit la jeune fille, qui avait tout de même du mal à croire que les organisateurs du bal d’hiver laisseraient un groupe de punk rock animer leur soirée.

Sans plus tarder, elle remit la clé du box dans sa poche et se dirigea vers la sortie du local. Will lui emboîta le pas à contre-cœur.

- En parlant du bal d’hiver…, reprit-il. Je sais que c’est dans un peu plus d’un mois, mais… tu as déjà une idée de la personne avec qui tu aimerais y aller ?

Cette question prit Lisa complètement au dépourvu. A vrai dire, elle n’avait jamais participé au bal d’hiver, ni même à un seul bal du lycée, car elle n’avait jamais eu de partenaire avec qui y aller. De plus, la simple idée de porter une robe pour cette occasion l’avait toujours rebutée. Elle préférait de loin passer sa soirée à geeker sur son ordinateur ou à lire un bon bouquin. Cette année, elle avait été tellement sûre de pouvoir échapper à nouveau au bal d’hiver qu’elle ne s’était même pas demandée s’il y avait quelqu’un au lycée avec qui elle aurait aimé s’y rendre. Mais maintenant qu’elle y réfléchissait, un seul nom lui venait en tête… Et c’était totalement inenvisageable.

- Euh… Pas encore, non…, mentit-elle d’un air gêné.

Elle voyait de plus en plus clair dans le jeu de Will. Elle comprenait où il voulait en venir, mais ne saisissait pas pourquoi il semblait jeter son dévolu sur elle. Ne lui avait-il pas confié, quelques semaines plus tôt, qu’il cherchait à ressortir avec son ex, Kim Mayer ? Essayant de détourner la conversation vers ce sujet, elle lui demanda :

- Et Kim, alors ? Tu as réussi à aller lui parler ?

- Je l’ai vue il y a quelques jours, confessa Will, mais elle m’a avoué qu’elle n’avait plus de sentiments pour moi… J’ai préféré ne pas insister. 

Lisa se dit que Will n’avait pas été très persévérant. S’il avait vraiment été amoureux de Kim, il aurait fait tout son possible pour regagner son cœur, non ?

- Je suis désolée pour toi..., dit Lisa pour faire semblant de le réconforter, même si elle se doutait que le garçon était déjà passé à autre chose.

Elle était surtout désolée pour elle, car elle était à présent convaincue qu’il cherchait à la draguer, et qu’il ne la lâcherait pas tant qu’elle ne lui aurait pas dit non. Certes, elle était flattée qu’un garçon aussi attirant s’intéresse à elle, mais elle ne cessait de penser que c’était peine perdue pour lui. Son cœur à elle était déjà pris.


Si Lisa restait sourde aux avances de Will, il y avait bien une fille à Lincoln High que la perspective de sortir avec lui n’aurait pas laissée de marbre : c’était Astrid Lorensen. Depuis qu’elle avait découvert que Tom était gay, elle avait reporté tout son intérêt sur Will, et commençait à élaborer une stratégie pour se rapprocher de lui. Le mardi après-midi, à la sortie de leur cours d’espagnol, Astrid fit part de ses plans à Lisa.

- Au fait, dit-elle en accompagnant son amie jusqu’aux casiers, j’ai appris que ma prof de théâtre serait absente jeudi… Il me semble que c’est ce jour-là que tu répètes aux studios avec ton groupe, non ? Tu penses que je pourrai venir assister à votre répétition ?

Au fond d’elle, Lisa s’était toujours doutée qu’il arriverait un jour où Astrid lui poserait cette question... « Ainsi donc, nous y voilà » songea-t-elle avec sarcasme.

- Oui, personnellement, je n’y vois pas d’inconvénient, répondit Lisa. Il faut juste que je demande aux autres s’ils sont d’accord.

- Et tu crois que je pourrai demander à Will de m’apprendre deux ou trois trucs à la batterie ? En fait, j’ai envie de me mettre à jouer du tambour.

Lisa leva les yeux au ciel. Elle était sûre que si Will avait joué du triangle, Astrid aurait voulu s’y mettre aussi.

- Après la répétition, peut-être..., dit la jeune fille, sans conviction.

Elle s’imagina Astrid et Will, restant seuls tous les deux aux studios à la fin de la séance, pour un cours particulier de batterie... Pourquoi cette pensée la contrariait-elle autant ? Craignait-elle que le batteur tombe sous le charme de sa meilleure amie ? Avait-elle peur qu’Astrid lui pique Will ? Mais puisqu’elle ne voulait pas sortir avec lui, où était le problème ?

Le problème, c’était que Lisa n’avait encore jamais connu de garçon qui cherche à la séduire. Will était le premier, et elle n’en était pas peu fière. C’était un sentiment particulièrement grisant que de se dire qu’elle avait tapé dans l’œil de l’un des plus beaux garçons du lycée. De manière tout à fait égoïste, elle aurait aimé qu’il continue à ne s’intéresser qu’à elle.

- Bon, il faut que je file à mon cours de dessin, lança Astrid, alors que Lisa composait le code pour ouvrir son casier. On se retrouve tout à l’heure à la bibliothèque ?

- Ça marche.

Les deux amies avaient choisi de faire équipe pour préparer un exposé d’espagnol sur les plantations d’avocats au Mexique. Elles s’étaient donné rendez-vous à quatre heures à la bibliothèque pour commencer à travailler. Bien sûr, c’était Lisa qui avait choisi le lieu du rendez-vous, puisqu’elle comptait s’y rendre dès trois heures, afin de faire ses devoirs tout en espionnant M. Bates.

La jeune fille sortit de son casier son précieux bouquin de maths, le rangea dans son sac à bandoulière, puis referma son casier et se dirigea joyeusement vers la salle d’études.

Elle alla s’installer à la table qu’elle avait occupée la semaine dernière, tout au fond de la salle. Comme souvent, à cette heure-là, il n’y avait pas grand monde à la bibliothèque. A la fin des cours, la plupart des lycéens se consacraient à leurs activités extrascolaires, ou bien se retrouvaient à l’extérieur du lycée pour grignoter un morceau, avant de retourner éventuellement faire leurs devoirs dans la salle d’études, en fin d’après-midi. Ce jour-là ne faisait pas exception. A part quelques élèves qui faisaient des recherches sur les ordinateurs en accès libre, Lisa était quasiment la seule dans la bibliothèque.

Elle sortit son manuel de mathématiques, l’ouvrit à la page des systèmes d’équations linéaires, et guetta l’arrivée de son prof de maths. Celui-ci entra dans la bibliothèque à trois heures pile. Il n’alla pas tout de suite s’asseoir à sa table habituelle, à gauche de celle de Lisa, mais s’attarda quelques instants à l’accueil, pour discuter avec la documentaliste. En observant les deux adultes, Lisa éprouva comme une pointe de jalousie. Il fallait dire que la documentaliste avait un physique plutôt avantageux, des vêtements particulièrement chics, et surtout : elle semblait être à peu près du même âge que M. Bates. En somme, elle avait beaucoup plus de chances d’attirer l’enseignant que n’en avait Lisa, même avec son nouveau look.

Après environ un quart d’heure de papotage avec la documentaliste, M. Bates vint enfin prendre place à la table à côté de celle de Lisa, et sortit une pile de copies de son cartable. La jeune fille tâchait de l’observer le plus discrètement possible, et profitait des moments où il paraissait le plus concentré sur son travail pour tourner légèrement la tête et mieux le regarder.

Depuis un certain temps déjà, Lisa prenait conscience que quelque chose ne tournait pas rond chez elle… Pourquoi se sentait-elle si irrésistiblement attirée par M. Bates, et pourquoi ne ressentait-elle rien pour Will ? « L’amour ne se commande pas » se disait-elle en guise de réponse. Pourtant, tout aurait été tellement plus simple si elle était tombée amoureuse d’un garçon de son âge... Qu’est-ce qui clochait dans sa tête ? Pourquoi était-elle fascinée par un homme qui avait au moins vingt ans de plus qu’elle ?

En réalité, elle aurait pu passer des heures à répondre à cette question. Il y avait tellement à dire sur M. Bates ! Il était beau, intelligent, drôle, attentionné, il s’habillait avec classe, et c’était un dieu des maths. Et puis, il ne paraissait pas si vieux que ça : ses cheveux bruns décoiffés avec style lui donnaient vraiment un air jeune. Elle adorait sa coiffure, elle adorait son regard, elle adorait son sourire… Bref : elle adorait tout de lui !

Les quelques minutes qu’elle passa à dévorer des yeux son prof de maths avant l’arrivée d’Astrid s’écoulèrent en un rien de temps. Lorsque son amie fit son entrée fracassante dans la salle d’études – poussant la porte d’entrée en s’écriant : « Aaah ! C’est à ça que ressemble la bibliothèque ? » –, Lisa reposa son stylo d’un air contraint, et se dit qu’elle en avait tout de même bien profité.

- Tu ne devineras jamais ce que la prof nous a fait dessiner, aujourd’hui ! s’exclama la blonde d’une voix surexcitée, en rejoignant Lisa à sa table et en s’asseyant en face d’elle.

- Euh…, fit Lisa, qui n’était pas certaine de vouloir entendre la réponse.

- Des crânes !

- Des quoi ?

- Il y en avait de toutes sortes : des crânes de buffle, des crânes de chèvre, des crânes de bélier… Et bien sûr, des crânes humains !

- Ta prof a un léger train de retard..., commenta Lisa. Ça fait une semaine qu’Halloween est passé.

- Peut-être, mais j’ai trouvé ça super intéressant ! dit Astrid en sortant de son sac à dos son carnet de croquis. Tiens, regarde ! Tu as vu la taille des cornes ?

Lisa se pencha sur le dessin d’un crâne de buffle, reproduit à la perfection au crayon à papier. Le talent d’Astrid était indéniable. Cette simple esquisse ressemblait déjà à une œuvre d’art.

- Ça pourrait faire une bonne idée de tatouage, tu ne trouves pas ? continua Astrid. Tu penses que Will serait intéressé ? D’après ce que tu m’as raconté, il a déjà plein de tatouages sur le corps...

Le visage de Lisa tourna au rouge écrevisse en moins de deux secondes. Elle avait été loin de se douter qu’Astrid aborderait ce sujet à la bibliothèque, juste à côté de M. Bates. Qu’allait penser l’enseignant s’il s’imaginait que Lisa avait vu ce dénommé Will dans son plus simple appareil ? Car c’était exactement ce que les propos d’Astrid suggéraient...

Extrêmement mal à l’aise, Lisa jeta un rapide coup d’œil dans la direction de son prof, pour s’assurer qu’il n’avait rien entendu. Hélas, M. Bates semblait s’être arrêté d’écrire, et regardait la copie qu’il corrigeait en fronçant les sourcils d’un air perplexe. Etait-il en train de déchiffrer une écriture particulièrement illisible ou de juger Lisa sévèrement ? La jeune fille essaya de rectifier le tir en clarifiant les choses.

- Je t’ai simplement parlé des tatouages que Will avait sur les bras…, précisa-t-elle à son amie.

- Oui, et de celui qu’il avait sur le torse, ajouta Astrid. Tu m’as aussi parlé de son torse.

- Oui, bon, OK..., fit Lisa, de plus en plus gênée. Il lui arrive parfois de se mettre torse nu quand il a trop chaud durant les répétitions…

- C’est pour ça que j’aimerais vraiment venir vous voir jouer, jeudi après-midi !

- Oui, ça, je l’avais bien compris…, répondit Lisa en passant nerveusement la main dans ses cheveux châtains.

- D’ailleurs, toi aussi tu sembles avoir très, très chaud…, s’inquiéta Astrid à la vue du visage rouge tomate de Lisa. Tu es sûre que ça va ?

- Euh… Ce n’est rien. Je crois juste que les radiateurs chauffent un peu trop fort, dans cette salle…

- C’est vrai que je commence à me dessécher..., admit Astrid. Tiens, ça te dirait qu’on aille travailler ailleurs ? Au Gourmet’s, par exemple ?

- Je ne suis pas sûre que ce soit l’endroit idéal pour travailler, répliqua Lisa d’un air sceptique. Il doit y avoir un max de monde à cette heure-là, et le bruit m’empêche de me concentrer…

- Ça se voit que tu n’es jamais allée au Gourmet’s ! Il y a toujours assez de place pour qu’on puisse trouver un coin tranquille où se poser. Et puis, je ne connais pas de meilleures conditions pour bosser : du café, des cookies, des fauteuils moelleux et une petite musique d’ambiance studieuse… Franchement, que demander de plus ?

Mais Lisa n’était pas convaincue. Elle rechignait surtout à l’idée de devoir abandonner M. Bates et de perdre ainsi les trente dernières minutes qu’elle aurait pu passer à le regarder. En effet, d’après les observations qu’elle avait faites les fois précédentes, l’enseignant quittait toujours la bibliothèque à quatre heures et demi. Pour trente minutes de plus, Astrid aurait bien pu faire un effort.

Néanmoins, Lisa ne voulait pas éveiller les soupçons de son amie. Celle-ci risquait de se demander pourquoi elle tenait tant à rester à la bibliothèque, et la réponse se trouvait juste à côté d’elle. Lisa n’insista pas davantage. Elle remballa ses affaires et se leva de sa chaise à contre-cœur.

Il ne fallut aux jeunes filles que cinq minutes pour se rendre au Gourmet’s. Le café se situait vraiment à deux pas du lycée, ce qui expliquait pourquoi la moitié de sa clientèle était des lycéens. C’était la première fois que Lisa mettait les pieds dans cet endroit. Le décor était très cosy, et il s’en dégageait une atmosphère chaleureuse. Les murs étaient faits de briques rouges, et sur l’un d’entre eux avait été accroché un gigantesque tableau en ardoise, sur lequel les clients pouvaient dessiner ou écrire avec des craies de toutes les couleurs.

Comme elle l’avait redouté, il y avait déjà beaucoup de monde. Le bruit des conversations était cependant d’un niveau supportable, chacun semblant respectueux de ses voisins, et la salle était grande. Astrid parvint sans mal à repérer une table libre, située un peu en retrait au fond de la pièce. Suivie de Lisa, elle marcha jusqu’à la petite table ronde, posa son sac sur l’une des deux chaises en bois, et dit à son amie :

- Je vais me chercher un café. Tu veux boire quelque chose ?

- S’ils font autre chose que du café, oui. Sinon, ce n’est pas la peine... 

- Tu peux toujours venir voir le menu.

Astrid se dirigea vers le comptoir et Lisa lui emboîta le pas. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’elle découvrit que c’était Kim Mayer qui servait les boissons ! Elle était vêtue d’un débardeur noir portant l’inscription « Gourmet’s » qui s’accordait particulièrement bien avec le reste de sa tenue gothique. Ses cheveux couleur ébène étaient coupés courts et coiffés en pics. Une petite étoile était tatouée à la pointe de son sourcil gauche et semblait prolonger celui-ci.

- Salut Astrid, dit Kim. Je te sers la même chose que d’habitude ?

- Oui, s’il te plaît.

Lisa regarda la carte, écrite à la craie sur une ardoise posée sur le comptoir.

- Ça alors ! s’exclama-t-elle soudain. Tu ne m’avais pas dit qu’ils servaient du chocolat chaud !

- Ah oui ? Tiens donc... J’avais oublié.

Lisa n’était pas au bout de ses surprises. Lorsqu’elle posa ses yeux un peu plus loin sur le comptoir, elle vit que d’énormes gâteaux étaient présentés sous des cloches en verre. Elle aperçut un brownie aux noix de pécan, une tarte à la citrouille, et...

- C’est pas vrai ! s’écria-t-elle alors d’une voix hystérique. Ils font aussi du cheesecake ? Mais bon sang ! Pourquoi tu ne m’as rien dit ?

- J’en sais rien, moi, je ne prends jamais ce genre de choses ! C’est beaucoup trop calorique !

- Je prendrai une part de cheesecake et un chocolat chaud ! déclara Lisa sans se soucier des calories.

- Tu voudras un chamallow dans ton chocolat chaud ou un peu de crème chantilly ? demanda Kim.

Lisa n’en croyait pas ses oreilles. Elle avait l’impression de nager dans le bonheur !

- Je vais commencer par la crème chantilly, répondit-elle avec un grand sourire.

Elle retourna s’asseoir avec Astrid, et les deux amies se mirent à papoter en attendant de se faire servir. Pendant qu’Astrid lui racontait ce qu’elle et sa famille avaient prévu pour Thanksgiving, Lisa parcourut distraitement la salle des yeux et reconnut quelques visages familiers. Ashley Westbrook était assise à une petite table ronde, en compagnie de Josh Randall et de Melina Williams – une des pom-pom girls des Lincoln Lions. Plus loin, Tom Hernandez discutait avec Brad Taylor autour d’une tasse de café.

Les deux amies ne tardèrent pas à être servies. Kim arriva vers elles chargée d’un grand plateau sur lequel était posée leur commande. Elle remit à Astrid son mug de café, et posa devant Lisa une grande tasse de chocolat chaud recouvert d’une généreuse couche de crème chantilly, ainsi qu’une grosse part de cheesecake nappée de son coulis de framboises, servie dans une assiette en porcelaine.

- Et voilà, dit-elle en tendant à Lisa l’élément final : une petite cuillère. Bonne dégustation !

Sans plus attendre, Lisa découpa un morceau de cheesecake avec sa cuillère et le porta à ses lèvres. Elle ferma alors les yeux pour mieux savourer cet instant. Ce dessert était un pur délice. Le fromage à la crème était fondant à souhait, avec un léger goût de citron. La base épaisse, faite de biscuits écrasés et de beurre fondu, était absolument exquise. Le nappage à la framboise était comme la cerise sur le gâteau.

- Bon, surtout, je ne voudrais pas te déranger, dit Astrid, mais je crois me rappeler qu’on était venues ici pour travailler sur notre exposé d’espagnol…

Lisa semblait cependant avoir complètement oublié la raison initiale pour laquelle elle se trouvait dans ce café. Peu après avoir avalé son premier morceau de cheesecake, elle s’empressa d’en découper un deuxième.

Une énième surprise se présenta alors à elle, et elle stoppa sa cuillère à mi-chemin entre son assiette et sa bouche déjà entrouverte. Droit devant elle, un nouveau client venait de faire son entrée au Gourmet’s. C’était M. Bates.

Ebahie, Lisa reposa sa cuillère encore pleine dans son assiette. Elle resta bouche bée, fixant M. Bates avec des yeux ahuris. Elle avait l’impression de rêver. M. Bates au café Gourmet’s ? Cela semblait presque irréel ! Ainsi donc, c’était ici qu’il se rendait après avoir fini de corriger ses copies à la bibliothèque ? Pourquoi pas, après tout ? Il avait bien le droit de s’accorder une pause café, après une dure journée de labeur !

Evidemment, l’étonnement de Lisa ne passa pas inaperçu – il fallait dire qu’elle n’avait rien fait pour le cacher – et Astrid lui demanda d’un air soucieux :

- Qu’est-ce qu’il y a ?

Puis elle tourna la tête pour voir ce qui retenait autant l’attention de son amie, et s’exclama :

- Ah oui, M. Bates ! Il vient souvent au Gourmet’s. Il s’assoit toujours à la même table, là-bas, dans le coin du fond, pour lire son journal.

Lisa tombait des nues. M. Bates, un habitué du café Gourmet’s ? Et dire qu’elle s’était obstinée pendant si longtemps à ne pas y mettre les pieds – sous prétexte qu’il y avait trop de monde et qu’elle n’aimait pas le café – et que c’était seulement aujourd’hui qu’elle y entrait pour la première fois… Si elle avait su que M. Bates fréquentait cet endroit aussi souvent, elle s’y serait rendue bien plus tôt ! Elle avait la désagréable sensation d’avoir perdu son temps... Mais comme le disait la fameuse expression : « Mieux vaut tard que jamais », et elle comptait bien se rattraper.

Lisa tâcha de redonner à son visage une expression normale, tout en continuant de surveiller son prof de maths du coin de l’œil. L’enseignant alla directement passer sa commande au comptoir, puis s’installa à la petite table ronde qu’Astrid avait désignée, celle située au fond de la salle, dans le coin opposé à celui où les deux amies se trouvaient.

Lisa avait vraiment une chance inouïe. D’abord elle avait pu l’observer pendant une heure à la bibliothèque, maintenant elle le voyait débarquer au Gourmet’s… Pour un peu, elle aurait pu croire qu’il la suivait !

Kim Mayer apporta à M. Bates son café, qui tenait dans une toute petite tasse blanche posée sur une coupelle. L’enseignant la remercia d’un sourire, puis sortit de son cartable un journal qu’il déplia devant lui sur la table. Assis confortablement, le dos appuyé contre le dossier de sa chaise et les jambes croisées, il se mit à siroter son café tout en feuilletant sa gazette d’un air tranquille. Lisa n’avait jamais vu un homme avec une telle classe. Sa prestance était vraiment inégalable. Elle aurait pu le regarder ainsi pendant des heures, mais elle songea qu’il valait mieux pour elle qu’elle se concentre à nouveau sur son cheesecake, pour ne pas éveiller les soupçons d’Astrid. Ce n’était dans le fond qu’une variation des plaisirs : elle passait juste d’un plaisir des yeux à un plaisir des papilles.

Savourant une nouvelle bouchée de son gâteau, Lisa se dit que le café Gourmet’s était décidément le paradis sur terre. Du cheesecake, du chocolat chaud et une vue sur M. Bates… Franchement, que demander de plus ?

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Leurs yeux s'interrogeaient, pleins de convoitise, essayant de sonder leur pensée, jaugeant leur désir. Celui-ci s'y reflétait intensément, délivrant le signal attendu depuis des heures, peut-être des jours ou des semaines.
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Les mains s'effleurèrent, mais bien vite ce furtif contact se renouvellerait, les doigts s'entremêlant fièvreusement, recherchant un encouragement dans la pression fugace.
Enfin, la bouche tant désirée se rapprocherait, et avec elle son souffle fiévreux, se mêlant d'abord à celui de l'autre.
Enfin, les peaux découvriraient leur douceur , se pressant légèrement au début, pour ensuite s'étreindre de concert avec le plaisir qui croissait.
Les lèvres s'entrouvriraient pour assaillir de caresses la langue de l'autre, l'enveloppant, la contournant, la poursuivant. Le parfum du fruit défendu se répandrait bientôt jusque dans leurs âmes.
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Un incendie se déclarerait progressivement dans la poitrine, pour prendre lentement la délicieuse route du Sud.
Est-ce que les amants succomberaient tout de suite à cet appel ou choisiraient-ils de laisser s'éterniser le baiser? Attiseraient-ils le désir en s'alanguissant sur chaque délicieuse étape ou l'éteindraient-ils en l'assouvissant sans attendre?
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CloeLicorne

Je m’appelle Belle et j’ai dix-huit ans. Je vis dans une maison de riche. A l’époque, une de mes ancêtres nous a rendu riche en se mariant à un prince enfin je vais pas vous raconter sa vie vous la connaisser. Avant tu n’avais cas demander au père du garçon que tu trouves riche si tu peux l’épouser et le père dit oui ou non. Aujourd’hui, il n’y a plus de vie de princesse et trouver l’amour c’est pas du gâteau. Bon je ne vais vous cacher que j’aime un garçon, il est beau mais pas riche mais ça, j’en ai rien à faire. Mais lui il aime une autre fille, Elza. Super... le problème c’est qu’elle est belle et elle a du charme et en plus, une des ancêtres avait des pouvoir, avouer c’est la classe.
Se garçon s’appelle Adam, il est brun avec des yeux bleu en fait le plus troublant c’est qu’il ressemble au mari de mon ancêtre mais bon sa c’est pas bien grave. Se qui m’énerve c’est qu’il est toujours avec Elza mais pourtant il ne lui a jamais dit « Je t’aime ». J’ai deux options pour aboir son cœur, soit j’attends qu’il lui avoue ses sentiments en priant que Elza lui dit que pour elle c’est juste un ami, il sera triste et là je vais le consoler et on vera se qui se passe après ou alors je fais de mon mieux pour qu’il l’oublie. C’est vraiment pas facile de choisir, bon je vais prendre le risque, je fais l’option un. La seule difficulté c’est que j’ai pas de patience, je pense que je vais devoir attendre longtemps avant le jour J.
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- Oui bien sûr.
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Fin
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Djurian R


Une matinée de travail ordinaire,
Des instants qui se succèdent,
Sans queue ni tête.

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Une note retient mon attention.

Un détail oublié,
Un problème à régler.
Qui attendra bien une heure de plus.

L’envie soudaine d’écrire,
Un poème, libre et sans grand intérêt,
Mais qui fait du bien à l’esprit.

Loin des mails mal écrits,
Envoyés à la va-vite.
Je me libère un petit moment.

Tiens, il est l’heure de partir.
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