Chapitre 6

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- Où étais-tu passée ? s’exclama Astrid lorsqu’elle vit enfin arriver Lisa à leur table de pique-nique.

La blonde avait déjà fini de manger, à en juger par la boîte Tupperware vide et la peau de banane posées devant elle. Joey et Kevin étaient assis avec elle et continuaient de déjeuner.

- J’avais un contrôle de maths, expliqua Lisa. Le prof a accordé à ceux qui le voulaient quinze minutes de plus pour terminer le devoir. J’ai décidé de rester pour essayer de grappiller des points…

- Quelle idée ! lança Joey tout en mastiquant son hamburger. Rester quinze minutes de plus en cours de maths ! Il faut vraiment être maso !

- C’est vrai, renchérit Kevin. Moi, je serais plutôt resté quinze minutes de moins !

- C’était possible aussi…, admit Lisa avant de s’asseoir sur le banc et de sortir son repas de sa lunch box.

Il lui restait encore une demi-heure pour manger avant de reprendre les cours de l’après-midi. Elle avait largement le temps de savourer son fameux sandwich au pastrami et au cream cheese.

- Moi aussi j’ai un contrôle de maths cet après-midi, déclara Joey.

- Dans ce cas, bon courage ! Celui que je viens d’avoir n’était pas de la tarte... Et pourtant, j’ai passé tout mon week-end à réviser... J’ai l’impression que ça n’a servi à rien. Franchement, je ne m’attendais pas à un devoir aussi dur. 

- Il faut espérer que tout le monde l’ait foiré, dit Astrid. Comme ça, tu t’en tireras quand même avec une bonne note. 

- Bof…, répondit Lisa d’un air découragé. Dans le meilleur des cas, j’aurai un C…

- Tu dis toujours ça, et tu as toujours des A ! rétorqua la blonde.

- Cette fois-ci, je peux t’assurer que je n’aurai pas un A !

- De toute manière, je me suis plutôt bien préparé pour ce devoir, dit Joey. Hier soir, j’ai passé une heure à mettre toutes les formules vues en cours dans ma calculatrice. Avec ça, je pense que ça devrait aller. 

- Pfff…, soupira Lisa, toujours blasée par ce genre de pratiques. Tu vas passer plus de temps à chercher la bonne formule sur ta calculette que tu n’en mettrais à la retrouver si tu l’avais apprise par cœur…

- Peut-être, mais tu imagines le temps que j’aurais mis si j’avais voulu apprendre par cœur toutes les formules ? Tandis que là, ça ne m’a pris qu’une heure pour toutes les entrer dans ma machine ! Et puis, après tout, M. Bates nous a dit qu’on avait le droit d’utiliser notre calculatrice lors du devoir, donc autant qu’elle serve à quelque chose !

- Je pense aussi que M. Bates a dû vous dire que le plus important, c’était d’apprendre votre cours…, répliqua Lisa.

En parlant de son prof, elle revit alors le tendre sourire qu’il lui avait adressé quelques instant plus tôt pour lui souhaiter un bon appétit. Ce sourire… Ce maudit sourire... Pourquoi n’arrivait-elle pas à le chasser de son esprit ?


La répétition aux studios de l’après-midi fut une bonne occasion pour Lisa de se changer les idées et d’oublier à la fois son contrôle de maths raté et le sourire de M. Bates. Lorsqu’elle arriva à trois heures dans la salle commune, elle retrouva Will assis tout seul sur un canapé. James et Steve n’étaient pas encore arrivés.

- Salut ! fit Lisa en rejoignant le garçon. Tu es là depuis longtemps ?

- Tiens, bonjour Lisa ! Non, ça fait cinq minutes que je suis arrivé. Je suis repassé chez moi chercher ma guitare, pour vous faire écouter un nouveau morceau que j’ai trouvé...

Grâce à ses talents musicaux, Will avait redonné un vrai coup de boost à la productivité des Screaming Donuts. Jamais le groupe n’avait composé autant de nouvelles chansons en aussi peu de temps – trois, depuis l’arrivée du batteur – et ces morceaux avaient été si bien travaillés qu’ils figuraient parmi les meilleurs du répertoire des Screaming Donuts. Will était une véritable source d’inspiration et ne semblait jamais à court d’idées. Il était le moteur de la bande, sans pour autant prendre la grosse tête et vouloir tout diriger, comme avait malheureusement tendance à le faire James. Il savait rester humble, et se contentait de proposer des idées, toutes aussi bonnes les unes que les autres.

La guitare de Will était rangée dans un étui noir, qu’il avait posé à plat sur la table basse en face de lui.

- Je peux la voir ? demanda Lisa en désignant l’instrument d’un petit signe de la tête.

- Bien sûr !

Sans quitter son canapé, Will se pencha en avant pour ouvrir l’étui, révélant une magnifique guitare noire, équipée de deux micros et d’un vibrato. Sa tête reverse se terminait par un bout pointu, comme la pointe d’un couteau, et son manche était composé de touches en palissandre, incrustées de têtes de mort nacrées.

- Waouh ! fit Lisa, émerveillée. Elle est magnifique !

- C’est une ESP de la série Kirk Hammett, précisa Will.

- C’est qui ?

- Le guitariste soliste de Metallica.

- Ah ! Tu écoutes du metal ?

- En fait, j’écoute beaucoup plus de metal que de punk rock, admit Will. Je jouais dans un groupe de metal symphonique, dans mon ancien lycée. Cette année, j’ai voulu changer un peu. A force de toujours jouer le même style, on finit par tourner en rond…

- Et tu écoutes quoi d’autre, comme groupes de metal ? questionna Lisa, visiblement intéressée.

- Des groupes comme Slipknot, Korn, Nightwish, System Of A Down…

Lisa n’avait encore jamais entendu ces noms, et il lui semblait qu’un univers totalement nouveau s’ouvrait devant elle. Elle était fascinée. Will remarqua la lueur d’enchantement qui brillait dans les yeux de la jeune fille, et il ajouta avec un sourire :

- Je pourrai te prêter des albums, si tu veux.

A cet instant, Lisa sentit son téléphone vibrer dans sa poche. Elle le sortit pour constater qu’elle venait de recevoir un message de James, l’informant que Steve et lui étaient partis faire quelques courses au Walmart et qu’ils arriveraient certainement avec un peu de retard.

- On peut toujours commencer à installer le matériel dans la salle, suggéra Will après avoir lu le message sur le smartphone de Lisa.

Un quart d’heure plus tard – le temps pour Lisa et Will de brancher et d’accorder leurs instruments –, James et Steve n’étaient toujours pas arrivés. Pour continuer à les attendre, Will proposa à Lisa de lui faire écouter le morceau de guitare qu’il avait composé durant le week-end. Il régla l’ampli de façon à créer un son très légèrement distordu, et se mit à jouer les premières notes. C’était une mélodie planante, à la fois aérienne et mystérieuse, qui charma tout de suite les oreilles de Lisa. Certaines notes étaient plus accentuées que d’autres, pour donner un rythme à cette musique lente et envoûtante. Le garçon semblait maîtriser la guitare aussi bien qu’il maîtrisait la batterie : ses doigts longs et fins parcouraient le manche de l’instrument avec une dextérité impressionnante, et Lisa se rendit peu à peu compte qu’il était un bien meilleur guitariste que James...

- Alors, qu’en penses-tu ? s’enquit Will lorsque la dernière note cessa de résonner dans l’air.

Lisa était bluffée.

- C’est génial ! s’exclama-t-elle. Ça pourrait faire une superbe intro pour un nouveau morceau !

- C’est ce que je me suis dit aussi. Accompagné de légères touches de cymbales, pour donner un fond à la mélodie.

Will continua de faire écouter à Lisa d’autres solos de guitare de sa composition, y compris des solos qu’il avait écrits pour le guitariste de son ancien groupe de metal symphonique. La jeune fille put ainsi avoir un aperçu de ce style musical qui lui était jusqu’alors inconnu, et elle fut subjuguée.

- J’avais proposé ce morceau-là à mon ancien groupe, expliqua Will après avoir joué un nouvel extrait de son répertoire, mais la chanteuse l’a refusé en disant qu’elle ne trouverait jamais rien à chanter par-dessus.

- Tu aurais pu lui trouver des paroles !

- Non, elle interdisait à quiconque de lui écrire des paroles. Elle disait qu’il n’y avait qu’elle qui pouvait le faire, car c’était elle la chanteuse.

- Dans ce cas, tu aurais pu lui dire que c’était un morceau instrumental et qu’il n’était pas prévu d’y ajouter de paroles...

- Je ne pense pas qu’elle l’aurait beaucoup apprécié. Déjà qu’elle se plaignait de s’ennuyer pendant les solos de guitare, qu’elle trouvait toujours trop longs à son goût…

- Elle n’avait pas l’air commode… 

- Non, c’est le moins qu’on puisse dire… Elle était plutôt du genre dominateur. C’était elle qui menait le groupe à la baguette, et il ne fallait pas la contredire, car elle avait toujours raison.

- Un vrai tyran ! C’est à cause d’elle que tu as changé de lycée ? demanda Lisa pour plaisanter.

Le regard de Will s’assombrit.

- Non, répondit-il en baissant la tête. Si j’ai changé de lycée, c’est pour une tout autre raison…

Devant le visage morose du garçon, Lisa comprit qu’elle avait commis un impair.

- Pardon, dit-elle. Je ne voulais pas te forcer à en parler…

- Non, ça ne me dérange pas… Après tout, autant t’en parler maintenant, pendant qu’on est seuls…

C’était vrai que cela faisait plus d’une demi-heure que Lisa et Will se trouvaient en tête-à-tête dans la même pièce. La jeune fille n’avait pas vu le temps filer, et elle réalisait seulement à quel point cette situation pouvait paraître embarrassante : passer l’après-midi enfermée avec un jeune homme dans une salle insonorisée avait de quoi alimenter les ragots du lycée…

- Si j’ai changé de lycée, reprit Will, c’est parce que je voulais me rapprocher de quelqu’un…

« Ah... » se dit Lisa, un peu déçue. C’était donc une histoire de cœur... Elle qui n’était encore jamais tombée amoureuse, elle avait tendance à mépriser ce genre de romance. C’était quelque chose qui la dépassait et elle ne parvenait pas à comprendre comment on pouvait décider de changer de lycée par amour. De toute façon, la réponse lui importait peu. Tout ce qu’elle voulait savoir, pour le moment, c’était le nom de la personne à laquelle Will faisait allusion.

- Est-ce que tu connais Kim Mayer ? demanda Will.

Kim. Bien sûr que Lisa la connaissait. Même si elle ne la connaissait que de nom. C’était la gothique du lycée Lincoln. Celle qui ne s’habillait que de vêtements noirs, qui portait tout un tas de chaînes autour du cou et dont le corps paraissait recouvert de tatouages. Un déclic se fit alors dans la tête de Lisa. « Naturellement » pensa-t-elle. Will et Kim se ressemblaient comme deux gouttes d’eau. Ils devaient être faits l’un pour l’autre.

Lisa répondit à Will qu’elle voyait de qui il voulait parler, et le garçon reprit :

- J’ai rencontré Kim lors d’une fête, l’année dernière, à laquelle elle semblait avoir été traînée de force. On est sortis ensemble durant trois mois, puis on a cassé, pour diverses raisons... Elle avait beaucoup de problèmes personnels, et j’avais du mal à lui remonter le moral… C’est elle qui a tenu à ce qu’on rompe. Avec le recul, je me dis que c’est peut-être parce qu’on ne se voyait pas assez… N’étant pas du même lycée, on ne pouvait se retrouver que le soir, après nos cours et nos activités… J’espère que les choses vont changer, cette année…

- Vous sortez de nouveau ensemble ?

- Non, je n’ai toujours pas osé lui demander si elle voulait encore de moi… Malheureusement, en ce qui me concerne, je suis resté amoureux d’elle…

Lisa ne trouva rien à lui répondre. Elle ne voyait pas pourquoi Will faisait tout un drame de cette histoire, alors qu’il n’était sorti avec Kim que pendant trois mois. Elle ne saisissait pas non plus pourquoi il s’accrochait obstinément à une fille qui l’avait manifestement rejeté sans chercher à reprendre contact. Après tout, avec le physique qu’il avait, il pouvait se trouver une nouvelle petite amie sans problème. Et vu le nombre de célibataires dont le lycée Lincoln regorgeait, il ne tarderait pas à avoir des prétendantes – Astrid la première.

- Courage. Je suis sûre que ça va s’arranger…, répondit malgré tout Lisa avec la claire sensation de ne pas savoir de quoi elle parlait.

James et Steve arrivèrent aux studios avec une heure de retard. Ils disaient avoir voulu se balader dans ce nouveau supermarché géant qui venait d’ouvrir le week-end dernier, et s’être perdus dans les rayons « Musique » et « Bandes-dessinées » – Lisa soupçonnait qu’ils ne s’y étaient pas perdus par hasard. Après quoi, ils avouèrent s’être un peu attardés aux rayons « Son, hi-fi » et « Photo, caméra ». Comme des gosses, ils ne purent s’empêcher de montrer leurs trouvailles.

- Je me suis acheté un nouveau casque audio ! s’exclama Steve en sortant de son sac à dos un casque noir sans fil, de marque Beats.

- Et moi, je n’ai pas pu résister : j’ai craqué pour la dernière GoPro ! dit James en brandissant devant les autres la boîte contenant le petit caméscope.

Lisa n’avait pas d’idée précise du prix d’une telle caméra, mais elle paria qu’il devait allègrement dépasser les trois cents dollars. Comment James pouvait-il débourser une telle somme sur un simple coup de tête ? Et d’où lui venait tout cet argent ? Ce n’était certainement pas lui qui l’avait gagné, car il n’avait pas de petit boulot… Non, bien sûr, c’était l’argent de ses parents. James Cooper était un véritable fils à papa. Il était toujours habillé à la dernière mode, et venait à l’école au volant d’une Chevrolet flambant neuve que lui avaient offerte ses parents pour ses seize ans. Lisa pensa avec amertume que tout le monde ne partait pas avec les mêmes chances dans la vie…

- Et en plus, elle filme en 4K ! renchérit James. J’ai aussi acheté le bras flexible de fixation, comme ça je pourrai monter la GoPro sur la tête de ma guitare et filmer ce que je joue. J’ai vu des vidéos de guitaristes qui faisaient ça, sur YouTube. Ça rendait trop bien !

- C’est une bonne idée, approuva Will. Ça sera du meilleur effet lorsqu’on filmera nos concerts.

- Encore faut-il que l’on soit suffisamment prêts pour donner des concerts..., objecta Lisa.

- C’est pour ça qu’on est là pour s’entraîner ! répliqua James, comme s’il passait outre le fait d’avoir manqué la première moitié de la répétition. Allez, hop ! Au travail ! Il ne nous reste plus qu’une heure !

Le comportement désinvolte du guitariste laissa la jeune fille médusée. Finalement, elle regrettait cette première heure passée en la seule compagnie de Will, à écouter ses morceaux de guitare et ses confidences...


La remise des copies de maths eut lieu le lundi 26 septembre, soit une semaine après le contrôle. Lisa était tétanisée. M. Bates passait entre les rangs pour remettre aux élèves leur devoir, accompagné de la correction, et Lisa attendait avec anxiété de recevoir sa note. Durant la nuit, elle avait eu un rêve prémonitoire, dans lequel elle avait vu apparaître un C sur sa copie. Un C… Jamais elle n’avait eu un C ! Surtout pas en maths ! Mais après tout, elle n’avait réussi à faire que deux exercices sur quatre, alors que pouvait-elle espérer de plus ? La mort dans l’âme, elle attendait le verdict, comme un accusé attendant sa sentence… A chaque fois que M. Bates marchait près de sa table, les battements de son cœur s’accéléraient : elle croyait que le prof venait pour lui donner sa copie, mais il se dirigeait finalement vers un autre élève. Le suspense était insoutenable. Encore une minute de plus et elle allait frôler la crise de nerfs. Pourquoi était-ce aussi long ? Elle se souvint alors que le jour du contrôle, elle avait été la dernière à remettre sa copie. M. Bates l’avait posée tout en haut de la pile, et il avait certainement commencé par corriger celle-ci, avant d’entasser toutes les autres par-dessus, au fur et à mesure de sa correction. Bien. Au moins, maintenant, Lisa était fixée : son devoir lui serait délivré en dernier. Ne disait-on pas aussi qu’il fallait toujours garder le meilleur pour la fin ?

Une minute plus tard, le moment fatidique arriva : il ne restait plus dans les mains de M. Bates qu’une seule copie, et le cœur de Lisa se figea lorsque l’enseignant s’approcha d’elle. Pétrifiée, elle n’osa même pas relever la tête, et vit simplement la main gauche de M. Bates déposer son devoir sur sa table. Elle se pencha en avant pour tenter de déchiffrer la note, écrite en rouge, en haut à droite. Ça ne ressemblait pas à un C… C’était un… B+ ? Elle cligna plusieurs fois des yeux pour s’assurer qu’elle lisait la bonne lettre et le bon signe. Il n’y avait pas de doute, c’était bien ça... Comment était-ce possible ? Il fallait croire que ce qu’avait suggéré Astrid s’était réalisé : tout le monde dans la classe avait raté ce devoir, à tel point que même Lisa, en ayant fait seulement deux exercices sur quatre, se retrouvait avec une note des plus honorables. Il était vrai qu’elle n’avait commis aucune erreur dans sa résolution des deux problèmes. Mais comment expliquer son B+, si sa copie avait été la première à être corrigée ?

- J’ai réajusté un peu les notes après avoir corrigé toutes les copies, précisa M. Bates. Ce devoir n’a pas eu beaucoup de succès, dans l’ensemble… Seul l’un d’entre vous a réussi à traiter les quatre exercices. Je lui ai donné la meilleure note, et j’ai réadapté les autres en fonction de la sienne, sinon cela aurait donné beaucoup trop de D… J’essaierai de faire un devoir un peu moins dur, la prochaine fois…

La meilleure note… Bien sûr, elle ne pouvait avoir été décernée qu’à Arthur Macmillan. Un bref coup d’œil à sa gauche confirma à Lisa qu’elle avait deviné juste. Le petit génie avait reçu un A, et il ne cachait pas sa fierté, arborant sur son visage un petit sourire satisfait. Mais pour Lisa, l’heure n’était pas à la jalousie. Elle était suffisamment heureuse d’avoir obtenu un B+ pour ne pas se laisser aller à la convoitise. Arthur méritait très certainement sa note, et elle, au contraire, ne voyait toujours pas comment elle pouvait mériter la sienne. Mais soit. Elle n’allait pas s’en plaindre. C’était un tel soulagement pour elle que de recevoir une note qui dépassait toutes ses espérances ! Le poids qu’elle avait eu sur l’estomac depuis le début de la matinée s’était soudain envolé. C’était comme si elle pouvait enfin respirer. Elle regardait désormais M. Bates avec des yeux pleins de reconnaissance, pendant qu’il faisait la correction du devoir au tableau. Elle avait l’impression de le voir différemment... Le cœur gonflé de gratitude, avec un sourire béat sur les lèvres, elle ne parvenait plus à le lâcher du regard...

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