Chapitre 3

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Lisa arriva chez elle à six heures, avec le morceau Smells Like Teen Spirit de Nirvana dans les oreilles. Elle et sa mère habitaient dans un quartier résidentiel un peu isolé, en périphérie du village de Clayton, qui ne comptait que quelques centaines d’habitants et qui était situé en pleine campagne. Un vrai trou perdu, en réalité... Mais ici, au moins, on pouvait respirer. C’était l’endroit idéal pour profiter du plein air et de la nature, loin du bruit et du stress de la ville. La maison de Lisa se trouvait tout au bout d’un cul-de-sac, ce qui lui assurait un surcroît de tranquillité. Elle donnait d’un côté sur la route, très peu fréquentée, et de l’autre sur un champ de maïs. C’était une maisonnette à un étage, avec un garage et un petit jardin. Il n’en fallait pas plus pour une mère et sa fille ne vivant que toutes les deux. Lisa était enfant unique. Son père avait quitté sa mère alors qu’elle n’avait que huit ans, et depuis, elle n’en avait plus jamais entendu parler. Ce n’était pas plus mal ainsi.

Lisa sortit sa clé de la poche de son sac à dos et ouvrit la porte d’entrée. Elle retira son casque audio de ses oreilles après avoir franchi le seuil et coupa la musique sur son téléphone. Le silence régnait dans la maison. Sa mère n’était pas encore rentrée. Elle travaillait dans un salon de coiffure de Greentown et terminait ses journées à sept heures du soir. Le temps pour elle de fermer la boutique et de rentrer en voiture, elle arrivait en général à la maison à sept heures et demi, ce qui laissait à Lisa un petit moment de solitude...

- Miaooouuuuu ! Miaooouuuuu ! Miaooouuuuu !

… ou presque.

Un chat blanc aux yeux jaunes venait de surgir de la cuisine et se frottait à présent avec frénésie contre les jambes de Lisa, miaulant à tue-tête pour lui réclamer à manger.

- Oui, oui, une minute ! lui dit la jeune fille en posant son sac à dos sur une chaise placée dans l’entrée. On dirait que tu n’as pas mangé depuis des semaines !

Léo était un chat particulièrement vorace. A trois ans, il pesait déjà huit bons kilos et devait suivre un régime spécial s’il ne voulait pas grossir davantage. C’était un chat abandonné que Lisa avait trouvé deux ans plus tôt dans le refuge pour animaux où elle travaillait en tant que bénévole tous les mercredis après-midis. Après avoir avoir insisté pendant des jours, la jeune fille avait réussi à convaincre sa mère de l’adopter, et Léo était ainsi devenu l’unique mâle de la maison.

Lisa parvint à entrer dans la cuisine, non sans difficultés, car Léo ne cessait de lui tourner autour, restant toujours dans ses pieds. La gamelle qu’elle remplit de croquettes aux légumes fut vidée en moins d’une minute. Léo se lécha les babines et leva la tête pour dévisager sa maîtresse avec ses gros yeux jaunes.

- Miaouu ?

Consternant !

- C’était ta seule ration pour ce soir, Léo, tu le sais ! lui rappela Lisa. Je n’ai pas le droit de t’en donner plus. Il faudra maintenant que tu attendes demain matin.

Mais Léo savait aussi bien que Lisa que ce n’était pas vrai. Dès son retour à la maison, la mère de Lisa serait tellement attendrie par les miaulements plaintifs du pauvre Léo qu’elle lui servirait une deuxième ration.

La jeune fille retourna dans l’entrée pour récupérer son sac à dos et s’apprêta à monter les escaliers pour aller dans sa chambre.

- Miaaaou !

Léo l’avait suivie depuis la cuisine et se tenait maintenant assis devant la porte d’entrée, la tête levée et les yeux fixés sur la poignée. Une chatière avait pourtant été installée et se trouvait à cinq centimètres de ses moustaches.

- Tu plaisantes ? lança la jeune fille, exaspérée. Et ta chatière ? C’est fait pour les chiens ?

Ce n’était pas la première fois que Léo faisait de la rébellion. En vérité, il s’obstinait toujours à vouloir que quelqu’un lui ouvre la porte pour entrer ou sortir, et n’utilisait sa chatière qu’en tout dernier recours (par exemple lorsqu’il passait près d’une demi-heure à miauler dehors à trois heures du matin et que personne ne venait lui ouvrir).

- Bon, très bien, va faire un tour dehors ! s’exclama Lisa en accédant à la requête de Léo qui, à peine la porte entrouverte, fila dans le jardin à la vitesse de l’éclair. En attendant, j’ai des devoirs à faire, moi !


C’étaient surtout ses devoirs de maths qui inquiétaient Lisa. Ses exercices de chimie et d’espagnol ne furent qu’une simple formalité. Ses exercices de trigonométrie, en revanche... Elle avait gardé le meilleur pour la fin. En fait, il ne s’agissait pas d’exercices très longs : la plupart ne comportaient qu’une ou deux questions. Mais la jeune fille buta dès la première question du premier exercice. Elle passa près d’un quart d’heure à griffonner sur son cahier de brouillon des formules de trigo qui, au bout du compte, n’aboutissaient à rien. Elle finit par abandonner et passa à l’exercice suivant. Il semblait pire encore. Cette fois, Lisa ne savait même pas comment aborder la première question, et la nouvelle page de son cahier de brouillon demeura entièrement blanche.

« OK, pas de panique... » se dit Lisa pour essayer de se rassurer. « Voyons voir quels sont les autres exercices de maths à faire pour demain... »

A sept heures et demi, lorsqu’elle entendit sa mère ouvrir la porte d’entrée de la maison, elle n’avait encore résolu aucun problème. Elle songea rageusement qu’Arthur Macmillan, lui, devait avoir terminé ses exercices de maths depuis belle lurette.

Quelques instants plus tard, Amanda Thompson monta les escaliers et poussa doucement la porte déjà entrouverte de la chambre de sa fille.

- Coucou ! Alors, ça travaille dur ? s’enquit-elle en souriant.

A quarante ans passés, Amanda paraissait toujours beaucoup plus jeune que son âge. Elle était petite et mince comme sa fille, et avait les mêmes yeux couleur noisette. Contrairement à Lisa, cependant, Amanda était blonde et portait souvent de courtes queues de cheval.

Lisa, qui était littéralement en train de s’arracher les cheveux devant son problème de maths, se retourna vers sa mère pour lui jeter un regard désespéré.

- J’y arrive paaas ! gémit-elle misérablement.

- Viens donc te changer un peu les idées en regardant la télévision avec moi en bas !

Cette proposition partait d’une bonne intention, mais Lisa avait clairement d’autres moyens de se changer les idées, comme jouer sur son ordinateur, surfer sur internet, écouter de la musique ou lire un bon bouquin.

- Non, non, répondit-elle. J’aurais voulu finir mes devoirs avant le dîner.

Elle n’aimait pas laisser un travail inachevé, et ces questions de trigo commençaient à l’obséder.

- Comme tu veux, fit Amanda. Je commencerai à préparer le dîner vers huit heures. Lasagnes à la bolognaise, ça te dit ?

- Et comment ! s’exclama Lisa avec un grand sourire, soudain remotivée à la pensée de ce bon repas qui l’attendait.


Les lasagnes furent délicieuses. L’heure du dîner était toujours l’occasion pour Lisa et sa mère de se raconter les temps forts de leur journée. Amanda décrivait généralement les coupes de cheveux bizarroïdes que certains de ses clients pouvaient lui demander, et donnait toujours des nouvelles de ses clientes régulières – des retraitées, pour la plupart – que Lisa avait fini par connaître, sans même les avoir jamais rencontrées. Lisa, pour sa part, lui fit un bref résumé de sa première journée de cours, lui parlant d’Astrid et de ses boucles d’oreilles en forme de rondelles de saucisson, de sa nouvelle voisine de casier et de l’aventure qui leur était arrivée, de son nouveau prof de maths et de son nœud papillon, et enfin du nouveau batteur de son groupe de punk rock et de tous ses tatouages.

Ce moment de convivialité autour d’un bon repas fit complètement oublier à Lisa ses problèmes de trigo. Ce ne fut qu’une fois sa part de tarte aux pêches terminée qu’elle se rappela qu’il lui restait des devoirs à faire, et qu’il ne fallait pas trop qu’elle tarde.

- Ne te casse pas trop la tête, quand même, dit Amanda alors que sa fille commençait à remonter dans sa chambre. Ne va pas te coucher trop tard.

- Non, non, ne t’inquiète pas, la rassura Lisa avec un sourire.

Il en avait toujours été ainsi : jamais sa mère ne l’avait forcée à se tuer au travail pour réussir à l’école. Bien au contraire. Elle avait plutôt tendance à encourager sa fille à faire des pauses pour se vider l’esprit et ne pas prendre ses devoirs trop à cœur. C’était Lisa, et elle seule, qui s’imposait un rythme de travail parfois soutenu, parce qu’elle aimait apprendre et relever des défis. Bien sûr, dès que ses devoirs étaient terminés, elle savait se changer les idées en se consacrant entièrement à ses passe-temps favoris. Encore fallait-il qu’elle termine ses devoirs suffisamment tôt… Il était neuf heures du soir. Les aurait-elle finis avant minuit ?

De retour devant son bouquin de maths ouvert à la page du premier exercice, elle eut alors une illumination. Une idée jaillit dans son esprit et elle commença à dérouler sur son cahier une série de formules qui semblaient cette fois-ci la mener quelque part. L’excitation la gagnait de plus en plus. Il ne fallait pas qu’elle lâche le morceau. Elle y était presque. Presque ! Au bout d’une vingtaine de lignes d’équations, elle parvint enfin au résultat demandé.

- J’ai trouvééééé ! hurla-t-elle de joie.

Son cri hystérique retentit dans toute la maison.

- Lisa ? appela une voix venue d’en bas. Tu es sûre que ça va ?

- Oui, oui !

C’était comme si le dîner avait rendu les idées de Lisa plus claires. Elle enchaîna avec le deuxième exercice, qu’elle réussit à résoudre en moins de dix minutes.

« C’était tout simple, en fait ! » réalisa-t-elle.

Portée par son élan d’inspiration, elle s’attaqua aux huit autres problèmes de trigo, et elle les termina tous avec succès avant onze heures du soir. Soulagée, elle referma son bouquin de maths avec la satisfaction du travail accompli. Elle allait pouvoir dormir sur ses deux oreilles.


Ce jour-là, M. Bates avait opté pour un nœud papillon rouge. Il portait une veste et un pantalon beiges, un gilet bleu marine à fines rayures blanches très espacées les unes des autres, et une chemise blanche à petits carreaux dessinés par de fins traits rouges. Il atteignait encore une fois le summum de la classe, et s’il fallait établir un classement des professeurs les plus élégants du lycée Lincoln, il remporterait la première place haut la main.

Lisa Thompson avait retrouvé sa table au premier rang, ce qui expliquait pourquoi elle pouvait si bien observer le costume de son prof de maths. En fait, tous les élèves de sa classe avaient repris la place qu’ils avaient occupée la veille, et Lisa n’avait pas vraiment eu d’autre choix que de se rasseoir à côté d’Arthur Macmillan, à proximité du bureau de l’enseignant. « A croire que je devrai occuper cette place jusqu’à la fin du semestre... » songea-t-elle avec dépit, en posant sur sa table la pancarte en papier sur laquelle elle avait écrit son prénom.

- Vous aviez pour aujourd’hui dix exercices à faire, rappela M. Bates. Y a-t-il un ou une volontaire pour venir corriger le premier exercice au tableau ?

Le cœur de Lisa fit un bond. Ainsi donc, M. Bates était le genre de prof à envoyer ses élèves corriger les exercices au tableau ? Elle avait horreur de ça. Elle détestait passer devant toute la classe, de peur de dire une bêtise et de se faire moquer d’elle. Et même si elle ne disait pas de bêtise, elle savait qu’elle serait jugée sur son apparence par une vingtaine de paires d’yeux.

Jamais aucun des professeurs de maths qu’elle avait eus au lycée n’avait envoyé ses élèves au tableau. M. Bates serait donc le premier à lui infliger un tel supplice... Hélas, en étant assise au premier rang, elle avait peu de chance d’y réchapper.

Lisa Thompson baissa la tête pour examiner le stylo-bille bleu qu’elle avait posé sur sa table et qui lui paraissait subitement très intéressant... Arthur, assis à sa gauche, levait quant à lui la main pour se porter volontaire. Mais M. Bates semblait chercher d’autres élèves à interroger.

- Pas toujours les mêmes..., demanda-t-il, car il se souvenait qu’Arthur était déjà passé au tableau la veille.

« Pitié, pas moi. Pitié, pas moi... » répétait Lisa dans sa tête, en croisant ses doigts sous la table.

- Lisa ?

« Oh non. »

La jeune fille releva la tête pour regarder l’enseignant. Elle se doutait que son regard devait avoir un air tragique, mais qu’importe. C’était fini, maintenant. Elle n’avait pas le choix. M. Bates avait prononcé son nom. Lisa regretta un bref instant de ne pas avoir caché sa pancarte.

- Voudrais-tu venir au tableau nous corriger l’exercice ? s’enquit le professeur avec léger sourire encourageant.

« Pas vraiment, non... » aurait voulu répondre Lisa, mais elle se leva malgré tout de sa chaise et prit son cahier d’exercices. Il y avait quelque chose dans le sourire de M. Bates qui faisait qu’elle ne pouvait qu’accepter sa demande. Une sorte de bienveillance se dégageait de son visage, et il semblait lui faire confiance, bien plus qu’elle ne se faisait confiance à elle-même.

Lisa avança jusqu’au tableau et saisit une craie blanche. Tournant le dos à la classe, elle commença à recopier la première question de l’exercice. En y repensant, elle était bien contente de s’être autant acharnée sur ses devoirs de maths la veille au soir. Elle avait bien failli ne jamais réussir à résoudre le premier exercice. Mais grâce aux lasagnes que sa mère avait préparées pour le dîner, elle était revenue devant son bouquin d’exercices l’esprit plus léger et l’estomac satisfait, et tout s’était soudain éclairé. « Il n’y a pas de doute, il faudra que je demande à ma mère de me faire des lasagnes plus souvent » se dit Lisa en écrivant les premières équations de sa solution au problème. Au bout de la cinquième équation, le professeur l’interrompit alors :

- On est sur le bon chemin, mais ne pouvait-on pas faire plus simple ?

La jeune fille se figea, déconcertée.

- Euh..., fit-elle en relisant ses équations.

Le professeur s’approcha d’elle et prit une craie. Il se tenait à sa gauche et devait bien faire une tête de plus qu’elle. Comme il était tout près, elle put distinguer la couleur marron de ses yeux derrière les carreaux de ses lunettes en écailles de tortue. Il était encore rasé de frais, et Lisa remarqua sur sa joue droite deux petits boutons, ainsi qu’un autre, un peu plus bas, près de son menton.

A côté de la deuxième équation qu’avait inscrite Lisa, il commença à écrire une autre formule. Ce fut à cet instant que Lisa s’aperçut qu’il tenait sa craie de la main gauche : il était gaucher ! « Pas étonnant qu’on ait parfois du mal à déchiffrer son écriture ! » se dit-elle pour plaisanter. La jeune fille parvint cependant à lire ce qu’il avait marqué, et reconnut alors une formule trigonométrique qui figurait dans son manuel de maths, mais qu’elle avait totalement oubliée lorsqu’elle avait cherché à résoudre l’exercice dans sa chambre.

- Ah, mais oui ! s’exclama-t-elle bêtement. Je n’y avais pas pensé...

Grâce à cette formule, il n’était plus nécessaire de passer par toutes les étapes que Lisa avait dû dérouler au tableau, et il ne suffisait plus que d’une seule équation intermédiaire pour aboutir au résultat final. Lisa était à la fois impressionnée et blasée. Impressionnée, car M. Bates venait de lui montrer une nouvelle façon, plus rapide et plus efficace que la sienne, de résoudre ce problème. Blasée, car elle avait passé au total près d’une heure à essayer de trouver la solution à cet exercice, qui pouvait en fait être résolu en moins d’une minute.

Lisa tenta de se rattraper en répondant à la deuxième question. Elle était en train de rédiger la deuxième ligne de sa solution, lorsque M. Bates l’interrompit à nouveau :

- Surtout, n’oubliez pas de parler, quand vous passez au tableau. J’en vois, au fond de la classe, qui commencent à s’endormir... N’est-ce pas, Scott ?

Scott Davis, le capitaine de l’équipe de foot du lycée, était assis au tout dernier rang, avachi sur sa table, les bras repliés sous sa tête pour lui servir de coussin. La mention de son nom ne le tira même pas de son sommeil, et ce fut son voisin de gauche, Jordan Buckley, qui dut le réveiller en se penchant vers lui pour lui secouer le bras.

- Lisa, pourrais-tu nous présenter ta solution au fur et à mesure que tu l’écris, histoire de retenir l’attention de tes camarades ? demanda le prof.

- Euh... Oui, d’accord..., répondit Lisa, un peu déstabilisée – elle avait horreur de prendre la parole en public. Alors, euh... Sachant que cosinus de deux x est égal à cosinus au carré de x moins sinus au carré de x...

Elle faisait du mieux qu’elle pouvait pour essayer d’expliquer son raisonnement en direct, et sa voix, qui au début lui paraissait toute fluette, prenait peu à peu de l’assurance, car elle était sûre d’arriver, à la fin de sa démonstration, au bon résultat. M. Bates l’écoutait attentivement, hochant la tête ou approuvant à voix haute pour l’inviter à poursuivre. Au bout du compte, Lisa s’en tira à la perfection. Cette fois, l’enseignant ne lui fit aucune remarque : elle semblait avoir répondu à la deuxième question tel qu’il l’aurait fait lui-même, et il la remercia pour sa participation. La jeune fille regagna sa place sans plus tarder. Recopiant en vitesse sur son cahier la solution proposée par M. Bates pour répondre à la première question plus efficacement, Lisa se dit que, finalement, son passage au tableau s’était beaucoup mieux passé que ce qu’elle avait redouté. Elle pouvait même se l’avouer : cela n’avait pas été désagréable du tout...

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