Fanny

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En entendant sa propre voix, Isa frémit, ces paroles ne sont qu’un appel à l’aide, un cri de désespoir qui la replonge dans la détresse de l’instant. Comment imaginer que ces mots pouvaient représenter une transaction, générer de telles conséquences. Elle se sent soudain très mal, incapable de gérer ce stress paralysant, cette angoisse qui l’étrangle. la sensation de ne rien maîtriser. Plus rien.

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Madoc sent son émotion, son désarroi et soudain l’enlace, la serre.

Isa est épuisée mentalement mais ne s'abandonne pas.

Un souffle chaud, odorant lui parvient et balaye ses tourments, l’apaise définitivement. l'instant d'après, un feu intérieur brûle en elle lorsque des lèvres effleurent les siennes, furtivement.

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Ce geste ranime quelque chose, tout son corps semble s’électrifier à ce mince contact. Chaque parcelle de son corps vibre, répondent aux signes de cet effleurement. Son cerveau ne parvient plus à gérer le flot d’informations contradictoires qui le submerge. Elle est réveillée, en alerte.

Madoc se détache d’elle avec délicatesse et l’exaltation de ses sens diminue, finit par s’éteindre.

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Il attrape sa main qui tressaille encore et y dépose les clés.

Isa les serre dans sa paume pour s’assurer qu’elles sont bien réelles et lorsqu’elle relève les yeux il n’est déjà plus là.

Dans un sursaut, Isa se lève d’un bond, sort sans un regard derrière elle et se précipite dans la voiture. Se retrouver à l’intérieur de quelque chose de familier aussi petit soit-il la rassure instantanément.

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L’espace restreint de l’habitacle agit comme un cocon et sa respiration retrouve un rythme plus régulier.

Pendant le chemin, elle s’efforce de ne penser à rien mais tout la bouscule. Son esprit saturé d’images, de ressentis que sa raison rejette, elle se croit aux portes de la folie. Pourtant elle sait que tout est réel. Se concentrer sur Fanny, pour ne pas flancher.

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Dans un réflexe, elle enclenche la radio, tourne le volume à fond et décide de se laisser envahir par la première chanson qui arrive. Une cadence lancinante démarre, elle reconnait le son trip hop, identifie la chanson Angel de Massive Attack.

Ce hasard entame son assurance, Isa éteint la radio et se met à réciter les tables de multiplication à haute voix comme une forcenée.

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Arrivée à l’hôpital, l’accueil révèle que Fanny à signée une décharge pour sortir. Son cœur fait un bond dans sa poitrine, la secrétaire tente de savoir si Isa est de la famille mais elle a déjà tourné les talons. Elle refoule une envie de pleurer, son portable est resté dans la besace à l’intérieur du gîte. Elle se sent impuissante et frappe énergiquement le volant des mains.

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Soudain elle repense à l’auberge et à Virgile, l’espoir que Fanny s’y soit rendue lui redonne des forces et elle démarre comme une folle.

Quand Isa pousse enfin la porte de l’auberge précipitamment, elle se retrouve nez à nez avec Virgile. La surprise fait place à la compréhension et il lui indique d’un mouvement bref de menton la cheminée.

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Fanny est là, près de l’âtre en grande discussion avec le vieil homme. Son visage s’éclaire lorsqu’elle aperçoit Isa et se lève. Elles tombent dans les bras l’une de l’autre.

— Je t’avais perdue, sanglote soudain Fanny le nez dans son cou. Elle tremble comme une feuille et Isa à bien du mal à la calmer et à la faire assoir.

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Le père de Virgile s’éclipse. Isa se concentre déjà pour choisir ses mots, anticipe un discours qu’elle veut rassurant mais Fanny la regarde d’un drôle d’air et pointe d’un doigt ses cheveux d’un œil rond.

— Tu as une grosse mèche blanche dans les cheveux, je ne l’avais pas remarqué mais bon je ne me rappelle plus de rien…

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— Comment ça tu ne te rappelle plus de rien ? Demande Isa abasourdie en repoussant les doigts qui triturent ses cheveux.

Virgile s’approche et pose une main sur son épaule, ce geste qu’il veut apaisant fait sursauter Isa qui le foudroie.

— Et bien je me rappelle être allée avec toi à cette soirée, pour le reste Virgile m’a expliqué…Continue Fanny embarrassée.

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Isa se consume d’une colère intérieure, elle craint que la version de l’aubergiste soit trop ressemblante à la réalité, à ce qu’il a pu en voir.

Virgile soutient le regard sévère d’Isa et répète calmement :

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— Fanny sait que des drogues ont circulé, qu’elle en a absorbé à son insu. Cette consommation dont elle a été victime a entrainé une perte de mémoire sans gravité. Elle était surtout inquiète à son réveil de ne pas vous voir alors elle est venue ici.

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Une gratitude immense balaye la tension nerveuse d’Isa, ses épaules s’affaissent d’un coup, ses yeux s’humidifient et le soulagement la fait expirer bruyamment.

Fanny caquète déjà, fidèle à ses habitudes, ne tient pas en place et hèle le patriarche au bar.

Isa ne l’entend plus, elle ferme ses paupières, inspire profondément pour reprendre le contrôle. Lorsqu’elle rouvre ses yeux, Virgile à prit place tout près d’elle.

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— Ces deux-là s’entendent à merveille, je crois qu’elle lui fait penser à Sabine, ma sœur, fait-il en suivant les yeux d’Isa qui cherche déjà Fanny.

— Merci, murmure Isa en lui adressant un sourire sincère, elle s’apprête à se lever mais Virgile l’arrête d’un geste pour l’inciter à rester encore et murmure :

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— J’ai bien compris que vous ne vouliez pas parler de ce qui s’est passé cette nuit. Fanny à la chance d’avoir oublié et de ce que j’en ai vu il vaut mieux que cela dure, mais si vous, vous vouliez me parler de quelque chose en particulier je veux que vous sachiez que je suis là et que je sais que cela peut dépasser l’entendement…

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Ma sœur Sabine tient toujours des propos incohérents dû à l’absorption massive de la Datura pourtant elle répète toujours la même chose, elle a vu des ombres. Je crois avoir vu ces ombres sur Fanny, sur les autres et je la crois à présent. Mais j’ai la sensation de louper quelque chose, et vous pourriez m’aider, cette Marianne c’était votre amie ?

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Vis9vies
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docno
Cette histoire est totalement et définitivement inventée pour répondre au défi d'un personnage détestable.
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Bonjour, chers et innombrables admirateurs. Je condescends à vous conter une histoire superbement écrite, en espérant que vous saurez élever votre niveau pour me rejoindre. Il est vrai que je gravite dans ces sphères souvent inaccessibles au commun du grouillot qui m'entoure.

Début de ma narration. (1)

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Un jour, mes neurones ayant besoin de s'aérer un peu, je me promenais dans une forêt domaniale au nord ouest de la capitale, c'est là que je fis la rencontre d'une créature étonnante. Il s'agissait d'un humain, certes, mais il me fut impossible d'en déterminer ni le sexe, ni l'age. Sa tenue vestimentaire, que dis-je son accoutrement était hétéroclite et de fort mauvais goût, quelle idée saugrenue de se chausser de bottes à talons hauts en forêt ? Ma curiosité étant néanmoins titillée, je m'approchais de cet être étrange pour lui adresser un bonjour poli. Ce n'est pas parce que l'on se sait supérieur que l'on doit être méprisant, n'est-ce-pas ? L'humain rehaussé de cuissardes approchait les deux mètres de stature, en outre, son maquillage excessif avait quelque chose d'ostentatoire.

Sa réponse me stupéfia :

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Sans que je n'ai eu le temps de m'opposer à ses sombres desseins, la créature m'attira dans le maquis (2) et ses mains expertes s'employèrent à extirper de mon pantalon de tweed mes modestes attributs. Je dus fermer les yeux, pour échapper à cette vision d'horreur, sa bouche ayant hélas remplacé ses mains ! Cette petite opération ne dura que quelques minutes avant qu'un traître orgasme ne conclut ce triste intermède.

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Je dus vider ma bourse pour la seconde fois, et je ne saurais dire celle des deux qui me fut la moins désagréable.

Tous égaux, ah la belle affaire. Je n'ai absolument rien de comparable avec cette, heu, ce..... Pouah quelle horreur !


(1) Je simplifie pour mes lecteurs, il en est d'un peu lourds...
(2) Gare au goriiiiiille.
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