Trahison

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— Mais tu m’as demandé de dire ton nom pour aider Fanny ? Tu m’as trompée, tu t’es servi de ces évènements ignobles pour me forcer la main, pour arriver à tes fins, crache Isa.

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Une montée d’adrénaline l’électrise et la fait soudain basculer dans une colère qui la submerge. Elle bouillonne de l’intérieur, sa fureur augmente comme un torrent de lave qui dévale une pente. Et si même la raison lui dicte le calme et la réflexion, c’est sa première impulsion qui l’emporte, dominante et destructrice.

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Elle veut l’atteindre et lui faire mal et le chemin le plus court de la haine se termine par celui de la violence. Isa se jette sur lui cédant à l’ultime pulsion qui l’envahit.

D’un geste qu’elle ne voit pas, Madoc la cueille dans son élan. Telles les tasses volant dans l’air, une force la suspend, elle aussi, dans l’espace qui la contient. Isa flotte.

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Une odeur douce émane du sorcier, se fait plus forte et brise sa colère instantanément. La violence du charme la saisit, extrait le sentiment négatif, la vide de cette substance qui la ronge. Elle laisse échapper une larme douloureuse, unique témoin impuissant de sa rage. Immobilisée par cette force, elle commence à ressentir au plus profond d’elle une chaleur emplit de bienveillance et de calme.

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Ô combien de fois elle avait espéré, attendu cette présence mais jamais dans ses rêves les plus fous elle n’imaginait les conséquences, le prix à payer. Son libre-arbitre, sa liberté.

— Je n’ai agi que sur tes propres désirs et en fonction de tes seuls intérêts.

— Non, ce n’étaient que les désirs fous d’une adolescente, tu m’as trompée, parvient à dire Isa, les mâchoires crispées par un reste de tension.

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D’un doigt, Madoc rompt le charme et elle touche enfin le sol. Il sonde son visage de ses yeux perçant. D’un pouce, il écrase sans pitié la larme qui s’est figée sur sa joue. Son visage n’exprime qu’austérité et froideur, sa voix est d’autant plus glaciale :

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— Tu m’as autorisé à intervenir en échange d’une requête. Ma demande n’a pas outrepassée ta volonté. Aussitôt, il lui fait entendre les mots qu’elle a prononcé : « Aides-là, sors-nous de là et je ferais ce que tu veux ».

— Fin de la 2eme leçon : les mots génèrent la création.

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