Retour à la réalité

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Isa ouvre doucement les yeux, sa tête la fait souffrir, les élancements sont insupportables et irradient les deux hémisphères de son crâne.

Une lueur pâle commence à envahir la lucarne du toit et éclaire la mezzanine du gîte, le jour se lève. Elle s’assoit péniblement sur le bord du lit. Lentement, elle fouille dans son sac à dos et déniche deux dolipranes 500 qu’elle gobe. Isa laisse errer ses yeux sur le lit, constate qu’il n’est pas défait.

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La chaleur l’indispose soudain et dans un état second elle entreprend laborieusement de descendre les escaliers marche après marche dans un rythme mou et saccadé.

Lorsque, plusieurs coups sourds se font entendre contre la porte. Le bruit résonne aussitôt dans sa tête en s’amplifiant et elle crie :

— Oui, Oui je viens, Arrêtez de taper bon sang !

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Isa ouvre la porte, excédée. Un homme la regarde avec une drôle d’expression, elle reconnait vaguement l’aubergiste mais se désintéresse totalement de la raison de sa présence tant sa migraine la tenaille.

Il se présente toutefois devant la mine absente de la jeune-fille.

— Je suis Virgile, le patron de l’auberge.

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— Je sais qui vous êtes ! Aboit Isa en se tenant le crâne d’une main, chaque mot qu’elle prononce lui arrache des douleurs supplémentaires et elle enfonce le plus possible sa tête entre ses épaules.

— Vous allez bien c’est le principal, je viens vous avertir que votre amie a été admise à l’hôpital de Langogne, elle va bien ne vous inquiétez pas, elle est juste en observation.

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Isa parait ne pas comprendre les paroles pendant un instant, une stupeur muette la suspend et elle doit s’accrocher à la porte pour ne pas tomber quand elle réalise la teneur du message.

Virgile la voyant vaciller la soutient par un bras, la pousse doucement à l’intérieur et l’assoit sur la première chaise qu’il voit. Elle semble encore blanchir davantage révélant encore plus les cernes sombres sous ses yeux en reprenant lentement conscience.

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— Je vais vous préparer un bon café, fait d’office Virgile en s’activant dans le coin cuisine. Il la surveille du coin de l’œil, de grosses larmes roulent sur ses joues qu’elle essuie frénétiquement.

elle tourne la tête partout, semble chercher quelque chose ou quelqu’un. Virgile lui pose la tasse devant les mains et s’assied près d’elle.

— Comment êtes-vous revenue ici ?

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Isa baisse les yeux dans sa tasse, souffle sur le café brûlant. Elle n’en sait rien mais l’orgie d’Halloween lui revient en mémoire progressivement.

Des scènes d’horreurs d’abord affluent dans son cerveau puis l’image de l’homme en noir revient en elle.

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— Je ne me souviens pas, murmure Isa avant de plonger ses lèvres dans le café. Ses mains tremblent autour de la tasse qu’elle serre. Elle grimace, la boisson est un vrai tord-boyau mais se force à la boire pour retrouver sa maîtrise. Elle pense à Fanny, c’est elle la priorité.

                  ###

— Vous comprenez que vous avez été drogué ? Insiste Virgile, la salle était truffée de diffuseurs, vous avez respiré une plante hautement toxique et dangereuse, de la Datura, on l’appelle aussi l’herbe du diable ; sans compter l’alcool, tous les invités l’ignoraient mais tous ont reconnu en avoir ressenti les effets. Ils décrivent tous des histoires différentes…selon ce qu’ils venaient chercher dans cette soirée je suppose.

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Défi
docno
Cette histoire est totalement et définitivement inventée pour répondre au défi d'un personnage détestable.
Toute ressemblance avec des personnes existantes est pure coïncidence.
Il s'agit d'une fiction.
Rien n'est réel.
Rien.
Si, c'est vrai !
D'ailleurs, il est pas si détestable que ça. C'est même une victime en fait. Quand on y pense.
16
5
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Défi
NATOS

Bonjour, chers et innombrables admirateurs. Je condescends à vous conter une histoire superbement écrite, en espérant que vous saurez élever votre niveau pour me rejoindre. Il est vrai que je gravite dans ces sphères souvent inaccessibles au commun du grouillot qui m'entoure.

Début de ma narration. (1)

On a coutume de dire que nous naissons tous égaux, Pfffff !

Un jour, mes neurones ayant besoin de s'aérer un peu, je me promenais dans une forêt domaniale au nord ouest de la capitale, c'est là que je fis la rencontre d'une créature étonnante. Il s'agissait d'un humain, certes, mais il me fut impossible d'en déterminer ni le sexe, ni l'age. Sa tenue vestimentaire, que dis-je son accoutrement était hétéroclite et de fort mauvais goût, quelle idée saugrenue de se chausser de bottes à talons hauts en forêt ? Ma curiosité étant néanmoins titillée, je m'approchais de cet être étrange pour lui adresser un bonjour poli. Ce n'est pas parce que l'on se sait supérieur que l'on doit être méprisant, n'est-ce-pas ? L'humain rehaussé de cuissardes approchait les deux mètres de stature, en outre, son maquillage excessif avait quelque chose d'ostentatoire.

Sa réponse me stupéfia :

- Salut mon chou, serais-tu tenté par une ch'tite bouffarde ?

- Plaît-il ? Je ne pense pas qu'il soit autorisé de fumer en ce lieu !

- Keep cool Raoul, on se planque derrière le fusain, tu vas voir ça va te faire du bien !

Sans que je n'ai eu le temps de m'opposer à ses sombres desseins, la créature m'attira dans le maquis (2) et ses mains expertes s'employèrent à extirper de mon pantalon de tweed mes modestes attributs. Je dus fermer les yeux, pour échapper à cette vision d'horreur, sa bouche ayant hélas remplacé ses mains ! Cette petite opération ne dura que quelques minutes avant qu'un traître orgasme ne conclut ce triste intermède.

- Ce fut alors, qu'il, ou elle, me dit : "ça fera trente Euros".

Je dus vider ma bourse pour la seconde fois, et je ne saurais dire celle des deux qui me fut la moins désagréable.

Tous égaux, ah la belle affaire. Je n'ai absolument rien de comparable avec cette, heu, ce..... Pouah quelle horreur !


(1) Je simplifie pour mes lecteurs, il en est d'un peu lourds...
(2) Gare au goriiiiiille.
5
3
2
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Défi
Zelen Awal

— C’est à vous, Paul Charveron, vous êtes à l’antenne.
— Vous m’entendez ? Nous avons un léger problème…
— On vous entend, Paul…
— C’est une catastrophe, Delaloose ! Le pays est plongé dans un marasme complet. La voyelle est toujours séquestrée, quatre heures qu’elle est l’otage de madame Zelen Awal…
— Paul ! Paul ! Vous m’entendez ?
— Je vous entends, Delaloose, je vous entends…
— Savez-vous ce que madame Awal réclame comme rançon ?
— Le drame est qu’elle ne demande aucune rançon.
— Non ? Que veut-elle alors ?
— Elle veut mettre les po nts sur les " ".
— Comment ? Désolé Paul, on ne vous comprend pas !
— Je n’en peux plus, quel stress ! Sans cette chère voyelle notre langue est comme morte !
— Essayez avec d’autres mots, de grâce !
— C’est d’un confus ! À se pendre devant les téléspectateurs !
— Calmez-vous, Paul, calmez-vous !
— Arrrgh… Donc, madame Awal refuse de collaborer tant que les hommes, tous les hommes, d t-elle, ne s’engagent solennellement à abandonner la gouvernance du pays durant deux cents ans et permettre par conséquent aux femmes d’élaborer les moyens pour prouver leurs compétences à la tête de notre pays. Du chantage, c’est du chantage ! Quel scandale ! Quelle honte ! On aura tout vu ! La BAC est sur place et le chef d'État converse, non sans panache, avec madame Awal et jure être prêt à céder sa place, du moment que sa femme accède à la tête du gouvernement et la conserve durant trente ans.
— Trente ans ?
— Exactement, Jules Delaloose ! Exactement ! Un moment, un moment… ne coupez pas, ne coupez surtout pas… Attendez…attendez…
— Quel est ce fracas épouvantable, Paul ? Répondez, Paul…
— Bonne nouvelle, Delaloose, madame Awal a éjecté la voyelle par la fenêtre… La BAC tente de maîtriser Zelen Awal qui menace de porter atteinte, cette fois-ci, à l’ensemble de l’alphabet ! Les dernières révélations laissent entendre que madame Awal est une dangereuse sorcière qui a échappé à la surveillance de nos services de renseignements. Le “I” a été transporté au Val de Grâce pour subir toute une batterie d'examen, et selon le chef de service de l’hôpital, il ne présente aucun signe de maltraitance. Sauvés, on est sauvés, mon cher Delaloose ! OUI, OUI, OUI, la plus belle des voyelles est libre ! Quelle joie ! Delaloose, vous m’entendez ? Quelle joie ! Encore un mot, encore un mot… Que le monde entier soit témoin : voyez la preuve, la preuve flagrante, n’en déplaise aux féministes de tout bord, que les femmes ne savent toujours pas ce qu’elles veulent ! Oui, je le crie haut et fort : les femmes ne savent pas ce qu’elles veulent ! Et ça veut gouverner, et ça veut décider…
— Coupez ! coupez ! Mais coupez bordel !
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24
14
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