Rêves et réalités

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                   Fanny

De son côté Fanny trempe déjà ses lèvres dans le verre qu’un vampire lui à offert, il la couvre d’un regard profond, d’une intention particulière que Fanny traduit par de la séduction. Grâce à son maquillage blafard, elle se dit que son interlocuteur ne la voit pas rougir de plaisir et de gêne, elle tente bien de résister à cette explosion d’émotions mais cette présence l’attire inexorablement comme un papillon vers la lumière.

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Lorsqu’elle lève les yeux sur la salle, elle s’étonne de voir autant de vampires, se rassure en ayant fait le bon choix de déguisement. Une main blanche et froide lui attrape le menton pour la ramener vers son visage qui l’aimante.

— Que voudrais-tu de plus ? Demande la voix suave du vampire, la tonalité de ses paroles emporte Fanny dans une rêverie agréable, loin de la réalité.

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Il l’aide à porter son verre qu’elle tient toujours jusqu’à ses lèvres. Fanny absorbe une gorgée de plus du liquide, l’amertume la réveille un instant, elle repousse le verre, cet alcool n’est pas bon. Une pensée fugitive la cueille, elle se demande où est Isa mais la langueur qui l’assaille la reprend. Du regard elle tente de chercher désespérément son amie dans la foule mais au-delà d’un mètre tout est obscur.

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Fanny se sent emportée par vagues successives vers l’indolence pourtant intérieurement elle comprend que quelque chose cloche mais impossible de réaliser concrètement quoi ni de réfléchir davantage. Le vampire l’enlace doucement par la taille et l’attire contre lui. Fanny ressent aussitôt une onde de plaisir à son contact, son ventre s’enflamme, sa respiration s’accélère, il l’embrasse alors tendrement.

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Ses lèvres sont froides mais le baiser est si doux, si agréable que Fanny en ferme les yeux et se laisse complètement aller contre lui en frissonnant. Une langue s’invite lentement, s’insère avec douceur entre ses lèvres qu’elle laisse finalement entrer. Fanny se noie instantanément dans un désir, une fatigue si intense qu’elle ne peut faire autrement que de sombrer. La dernière sensation qu’elle perçoit est un épuisement intérieur profond.

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                  Isa

Par réflexe, Isa plonge sa main qu’elle pense discrète dans sa besace. Ses gestes sont ralentis et elle ne parvient pas à saisir ce qu’elle cherche tout de suite que la voix du sorcier retentit railleuse.

— Ton sel ne sera d’aucune efficacité ici…Ni le reste d’ailleurs…

La phrase résonne dans son crâne pourtant sa main agrippe enfin le petit sachet rempli de sel, d’un geste sûr elle l’ouvre et trace un cercle autour d’elle.

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Lorsqu’elle se redresse, le sorcier est toujours là, un air amusé rivé aux lèvres.

— Qui êtes-vous ? Assène-t-elle.

— Tu le sais déjà. L’homme franchit le cercle d’un pas, le sel semble fondre comme s’il chauffait, des cloques se forment, éclatent et croutent. Il y entre complètement et se poste face à elle maintenant.

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La proximité est telle qu’Isa sent à nouveau sa présence, sa chaleur forte qui la déstabilise davantage. Un étourdissement monte en elle. Des bribes de souvenirs tentent d’émerger, oui elle a déjà vu cet homme, elle en est sûre à présent mais elle a beau fouiller sa mémoire, elle ignore où.

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Son inquiétude pour Fanny grandit, elle la cherche des yeux vers le barnum mais cette brume est toujours aussi opaque et elle n’arrive plus à bouger, à retrouver son souffle. Le sorcier lui tend alors une main :

— Prends-la si tu veux savoir, n’aie pas peur. Son regard pénétrant la trouble, elle ne peut plus détourner ses yeux, avance sa main vers l’homme, hésitante.

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Le sorcier attrape ses doigts et serre sa paume contre la sienne. La main est tiède, puissante et douce à la fois mais Isa n’a pas le temps de penser davantage que la brume autour d’eux s’estompe tranchée par une lumière qui jaillit trop forte. Dans un éclair rapide, elle entrevoit Fanny dans les bras d’un homme qui l’embrasse.

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Puis l’image disparaît subitement et elle se voit en compagnie du sorcier dans un lieux qu’elle connait trop bien. Le flash s’évapore et la laisse muette de stupeur, elle a compris. Isa reconnait l’homme instantanément et la peur la dévore de l’intérieur.

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— Tu n’es pas réel, tu n’existes pas. Murmure Isa, elle tente de retirer sa main affolée mais l’homme resserre sa prise et l’entraîne vers lui dans un mouvement sec, ses bras la réceptionnent et l’enveloppe complètement.

— Je suis réel, j’existe par ta volonté, je suis ce que tu as toujours voulu que je sois, ne sois pas effrayée, tu n’as rien à craindre de moi. Réplique la voix grave.

                 ###

— Non, tu n’es pas réel, ce n’étaient que des rêves, ce n’est pas possible…Qu’est-ce qu’il se passe ici ? Isa immobilisée par les bras puissants, calée contre ce torse qui exhale une odeur de benjoin et de musc assiste tout à coup à des images qui s’impose en elle.

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