L'invitation

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— Cette invitation n’a aucun sens ! On sait très bien toutes les deux qu’elle ne peut pas nous blairer ! enrage Isa.

Elle regarde la lettre comme si c’est un vieux kleenex usagé qui dégage une odeur nauséabonde. La jeune femme inspire longuement en faisant la moue, attend une réaction de la part de Fanny qui semble encore réfléchir.

— Oui mais j’ai très envie d’y aller, finit par admettre celle-ci dans un murmure.

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Fanny attrape son mug rempli de thé vert et en boit une longue gorgée pour éviter de regarder sa colocatrice. Le carton d’invitation trône bien en évidence sur la table basse séparant les deux étudiantes et amies. Leurs yeux sont sans cesse ramenés, attirés à venir se poser sur le délicat papier, leurs prénoms sont écrits avec de grandes lettres dorées.

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Un fin liseré en filigrane transparent borde un texte court qui indique un lieu, une date et la mention « déguisement obligatoire ». En l’occurrence, les filles sont invitées à se rendre à « la ferme cachée » le 31 octobre pour la soirée d’Halloween. Sur l’enveloppe figure le prénom Marianne, il y a été estampillé au verso dans de grandes courbes noires calligraphiées.

— On ne sait même pas où se trouve cette foutue ferme, souffle Isa.

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Elle se lève soudain brusquement lorsqu’elle voit la pendule, avec fébrilité cherche à enfiler les manches de son manteau. À tergiverser sur ces âneries, elle allait encore finir par être en retard pour prendre son service. C’était peut-être les vacances scolaires mais elle avait besoin de ce job comme serveuse et elle avait du mal à être à l’heure. Pourtant le restaurant se trouvait au coin de leur rue à peine à 50 mètres.

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Ses retards récurrents horripilaient son patron qui la tenait déjà à l’œil.

— Tu vas devoir courir… Annonce Fanny en souriant.

— Je suis bonne en sprint, crache Isa en passant la porte.

Fanny se love plus confortablement sur le canapé et ramène le plaid sur elle. Son regard se pose une fois de plus sur l’invitation. Le soleil couchant que filtre la persienne derrière elle vient lécher, iriser le papier en de longues lignes horizontales.

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La couleur dorée semble davantage y flamboyer, le filigrane trouve vie dans un relief singulier. Quelque chose capte soudain son attention, comme un mouvement lent et rapide à la fois. Dans ce mince canal de lumière, l’astre d’hiver souligne un signe qui auparavant ne s’y trouvait pas. À présent il est possible de discerner sous le texte noir deux caractères supplémentaires.

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Fanny vient d’être témoin de la matérialisation d’un trait, une maigre fumette s’évapore aussitôt en s’élevant dans les airs. Elle assiste incrédule, sans oser bouger, au phénomène, finit par se redresser d’un bond pour examiner le carton avec attention. Deux chiffres sont là sous ses yeux : 44.

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NATOS

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Début de ma narration. (1)

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Un jour, mes neurones ayant besoin de s'aérer un peu, je me promenais dans une forêt domaniale au nord ouest de la capitale, c'est là que je fis la rencontre d'une créature étonnante. Il s'agissait d'un humain, certes, mais il me fut impossible d'en déterminer ni le sexe, ni l'age. Sa tenue vestimentaire, que dis-je son accoutrement était hétéroclite et de fort mauvais goût, quelle idée saugrenue de se chausser de bottes à talons hauts en forêt ? Ma curiosité étant néanmoins titillée, je m'approchais de cet être étrange pour lui adresser un bonjour poli. Ce n'est pas parce que l'on se sait supérieur que l'on doit être méprisant, n'est-ce-pas ? L'humain rehaussé de cuissardes approchait les deux mètres de stature, en outre, son maquillage excessif avait quelque chose d'ostentatoire.

Sa réponse me stupéfia :

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- Keep cool Raoul, on se planque derrière le fusain, tu vas voir ça va te faire du bien !

Sans que je n'ai eu le temps de m'opposer à ses sombres desseins, la créature m'attira dans le maquis (2) et ses mains expertes s'employèrent à extirper de mon pantalon de tweed mes modestes attributs. Je dus fermer les yeux, pour échapper à cette vision d'horreur, sa bouche ayant hélas remplacé ses mains ! Cette petite opération ne dura que quelques minutes avant qu'un traître orgasme ne conclut ce triste intermède.

- Ce fut alors, qu'il, ou elle, me dit : "ça fera trente Euros".

Je dus vider ma bourse pour la seconde fois, et je ne saurais dire celle des deux qui me fut la moins désagréable.

Tous égaux, ah la belle affaire. Je n'ai absolument rien de comparable avec cette, heu, ce..... Pouah quelle horreur !


(1) Je simplifie pour mes lecteurs, il en est d'un peu lourds...
(2) Gare au goriiiiiille.
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3
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Zelen Awal

— C’est à vous, Paul Charveron, vous êtes à l’antenne.
— Vous m’entendez ? Nous avons un léger problème…
— On vous entend, Paul…
— C’est une catastrophe, Delaloose ! Le pays est plongé dans un marasme complet. La voyelle est toujours séquestrée, quatre heures qu’elle est l’otage de madame Zelen Awal…
— Paul ! Paul ! Vous m’entendez ?
— Je vous entends, Delaloose, je vous entends…
— Savez-vous ce que madame Awal réclame comme rançon ?
— Le drame est qu’elle ne demande aucune rançon.
— Non ? Que veut-elle alors ?
— Elle veut mettre les po nts sur les " ".
— Comment ? Désolé Paul, on ne vous comprend pas !
— Je n’en peux plus, quel stress ! Sans cette chère voyelle notre langue est comme morte !
— Essayez avec d’autres mots, de grâce !
— C’est d’un confus ! À se pendre devant les téléspectateurs !
— Calmez-vous, Paul, calmez-vous !
— Arrrgh… Donc, madame Awal refuse de collaborer tant que les hommes, tous les hommes, d t-elle, ne s’engagent solennellement à abandonner la gouvernance du pays durant deux cents ans et permettre par conséquent aux femmes d’élaborer les moyens pour prouver leurs compétences à la tête de notre pays. Du chantage, c’est du chantage ! Quel scandale ! Quelle honte ! On aura tout vu ! La BAC est sur place et le chef d'État converse, non sans panache, avec madame Awal et jure être prêt à céder sa place, du moment que sa femme accède à la tête du gouvernement et la conserve durant trente ans.
— Trente ans ?
— Exactement, Jules Delaloose ! Exactement ! Un moment, un moment… ne coupez pas, ne coupez surtout pas… Attendez…attendez…
— Quel est ce fracas épouvantable, Paul ? Répondez, Paul…
— Bonne nouvelle, Delaloose, madame Awal a éjecté la voyelle par la fenêtre… La BAC tente de maîtriser Zelen Awal qui menace de porter atteinte, cette fois-ci, à l’ensemble de l’alphabet ! Les dernières révélations laissent entendre que madame Awal est une dangereuse sorcière qui a échappé à la surveillance de nos services de renseignements. Le “I” a été transporté au Val de Grâce pour subir toute une batterie d'examen, et selon le chef de service de l’hôpital, il ne présente aucun signe de maltraitance. Sauvés, on est sauvés, mon cher Delaloose ! OUI, OUI, OUI, la plus belle des voyelles est libre ! Quelle joie ! Delaloose, vous m’entendez ? Quelle joie ! Encore un mot, encore un mot… Que le monde entier soit témoin : voyez la preuve, la preuve flagrante, n’en déplaise aux féministes de tout bord, que les femmes ne savent toujours pas ce qu’elles veulent ! Oui, je le crie haut et fort : les femmes ne savent pas ce qu’elles veulent ! Et ça veut gouverner, et ça veut décider…
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