Chapitre 5

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 Voilà le nœud du problème. Lyna Heiler a simplement peur. Sensation que les médias savent très bien créer. c’est leur but. Faire peur au peuple. Laisser des souvenirs de l’histoire, qui est un scoop pour le journaliste qui a apporté les faits. Celui-ci gagne de l’argent, et tant que la somme est là, il est prêt à beaucoup de choses.

 Il est vrai que Lyna correspondrait plutôt bien au profil de la victime du tueur en série. Jeune femme, assez jolie, ayant une relation avec quelqu’un. Mais je pense que cette peur qu’elle a développée n’est pas justifiée.

 En effet, elle a reçu un cadeau. Un bouquet de roses rouges, pour être plus précis. Ce bouquet est anonyme, et il n’y a pas la trace d’une seule lettre manuscrite dans celui-ci.

 Donc, pour moi, il n’y a pas de quoi s’inquiéter. Car l’unique rose, avec sa lettre manuscrite est la signature du tueur.

 « Vous avez parlé de tout cela à votre compagnon ? lui demandé-je.

 Ça serait la première chose à faire. Car il reste concerné par ses problèmes si ils vivent ensemble.

- En fait… Je lui ai parlé du fait que je rêvais, et que je tombais, mais il ne sait rien de cette histoire de bouquet, ou de la rose que je vois dans mes rêves.

- Et pourquoi ne lui avez-vous pas confié cela ? continué-je, ne comprenant pas trop sa réticence.

 Lyna bouge beaucoup sur cette chaise. Le fameux inconfort de la chaise noire. Ou alors de la gêne. Une action pour préparer l’effort que sa confidence lui demande de produire.

- Je… ne suis pas très fier de cette partie de ma vie… Confie-t-elle. En fait, j’ai… eu quelques… aventures. Avec d’autres. Mais c’était il y a longtemps. Et… j’ai honte.

»

 Je lui demande si elle pense que ce bouquet peut venir de l’un d’eux, et elle confirme mes dires. Elle aurait gardé contact avec l’un d’eux. Enfin. Il essaierait de la joindre depuis le temps. Mais Lyna essaye d’étouffer son contact. Elle veut oublier cette histoire, qui la ronge, et refaire sa vie avec Stan, son compagnon.

 Je tente de faire défaut de mon avis sur cette histoire car cela ne me regarde pas. Mais il est vrai que les mauvaises choses que l’on peut faire, conscient ou non, ont des répercutions. Et je peux comprendre qu’elle ait peur d’en parler à Stan, si ce bouquet vient d’un de ses amants…

« Avez-vous demandé à cet homme, si ce bouquet était de lui ?

 J’essaie de garder un ton plus ou moins neutre. Comme si je contrôlais parfaitement le déroulé de la séance, et comme si tout était planifié. Car c’est de ça dont elle a besoin. Un réconfort, et une attitude forte, pour pouvoir se sentir en sécurité et pour pouvoir parler.

 Mais le problème, c’est que j’ai l’impression que la situation m’échappe. Je pensais être face à une cliente concernée par un fait assez complexe, mais en fait, ce n’est qu’une histoire d’adultère ? Même si cela n’en fait pas quelque chose de plus simple, je l’accorde…

- Euh… non plus… Avoue-t-elle, vaincue. J’ai peur de lui dire car si ce n’est pas de lui, il va continuer a essayer de m’appeler... »

 Je lui conseille très vite d’essayer de régler cette situation car il n’est pas normal de rester comme cela, jusqu’à s’empêcher de dormir. Soit elle pose la question à son amant, ou elle parle de cette affaire à son compagnon, comme elle le souhaite, mais il faut qu’elle se sente soutenue.

 Suite à cela, la séance se termine. Lyna me confirme qu’elle va essayer de régler cette histoire, et que l’on va clore le sujet à la prochaine et, j’espère, dernière séance.

Je l’accompagne jusqu’à l’accueil, où elle part retrouver son compagnon, attendant à l’entrée, et je retourne dans mon bureau, pour effectuer mon compte rendu.

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