Chapitre 77 : Enterrement !

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Je vous propose pour ce chapitre une musique de Sköne : Au coeur de la nuit. (techno trans)

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J’y vais avec une boule au ventre terrible et resasse dans mon esprit les bons moments passé avec lui, ça ne fait pourtant même pas un an qu’on se connait mais … des souvenirs à ses côtés, il y en a un paquet : la première fois que je l’ai vu lorsqu’il est arrivé dans la classe, la fois où je l’ai vu dans le lit d’hôpital dans lequel je l’avais envoyé, cette fois durant nos heures de retenues où un jeu de regard c’est fait entre nous, le soir où on s’est avoué comme un cœur à l’unisson qu’on s’aimait, la nuit endiablé qui en a suivi. Mon réveil du coma à ses côtés, le voyage en Californie qui restera à graver jamais dans ma mémoire… et surtout, ce qui reste dans mon esprit et qui je pense ne me quitterons jamais sont ses dernières paroles où il me disait qu’il ne voulait pas se battre sans moi et qu’il m’aimait… putain ! Il m’aimait et tout ce que j’ai réussi à faire c’est le laisser se faire tuer.

J’arrive finalement devant l’église, je vois beaucoup de nos amis ou d’autres élèves du lycée qui ont fait le déplacement pour ce terrible évènement. Pourquoi ? pourquoi il a fallu qu’il parte, il n’avait même pas encore 18 ans. Je reste cependant à l’écart de tout le monde durant toute la cérémonie n’osant pas rejoindre mes amis qui me prennent peut-être pour le meurtrier de Victor. Après des discours plus déchirant les uns que les autres je suis le cortège funèbre toujours loin des autres, je ne m’approche pas de la tombe, attendant d’y aller quand tous seront partis… Je regarde cette déchirante scène, je ressens une profonde haine envers ce que je suis… un monstre, un être abject, qui a plongé dans la drogue l’alcool et la baise… qu’est ce qu’il faut de plus. Alors que tout se termine que Victor est maintenant sous terre. Je vois Sacha quitter Zach qui me regarde avec un regard indescriptible, il m’en veut donc à ce point… Le petit blond s’approche de moi :

S : ‘lut Allan, ça va à peu près ?

Al : Non… ça ne va pas… mon mec est enterré mon meilleur ami ne peut pas me voir… pourquoi il n’est pas avec toi, j’ai bien vu qu’il m’a regardé… Il sait que je suis là et il ne vient même pas putain !

S : Tu sais ce n’est pas évident pour lui …

Al : Parce que ça l’est pour moi peut être ?

S : Ce n’est pas ce que je voulais dire… je sais que c’est bien plus dur pour toi. Mais il a peur Allan, il craint que ça soit toi qui ait fait ça …

Al : Et toi p’tit frère tu le pense aussi ? Tu penses que je suis un meurtrier !

S : Non Allan… Je sais que ce n’est pas toi…Je suis sûr que tu es innocent, tu n’es pas comme ça…

Al : Ouais… j’ai l’impression de revivre l’enterrement d’Aldwin.

S : J’ai aussi l’impression de t’y revoir, je t’avais tout de suite remarqué, toi qui étais à l’écart de tous, t’avais d’ailleurs le même regard que maintenant en colère contre toi-même, je me trompe ?

Al : Ouais… Je n’arrive pas à savoir ce que je veux, j’ai l’impression d’être un monstre Sacha… Que je finis par tuer, tous ceux que j’aime… ton frère, Victor… le prochain se sera qui toi ou bien Zach…

S : Non, Allan tu n’es pas un monstre ces deux tragédies ne sont pas de ta faute, je me suis efforcé de l’expliquer à Zach on s’est même engueulé pour ça… Alors non, ce n’est pas ta faute Allan ce ne sont que des tragiques évènements, mais tu n’en es aucunement le responsable Allan ! Tu sais je pense qu’il faudrait que tu revois Zach, ça vous ferais du bien à tous les deux sans toi, il est … différent.

Al : Ouais… mais tu n’as jamais pensé que je pouvais être à l’origine du meurtre de ton grand frère ?

S : Non jamais ! La seule que chose que j’ai pensé vis-à-vis de toi c’est que tu l’as remplacé avec brio ! A mes yeux t’es plus qu’un grand frère Allan, alors ressaisis toi ! Et je ne suis pas sûr que l’alcool et la drogue soit la bonne solution, tu empestes ! dit-il en allant rejoindre Zach.

Malgré les reproches de Sacha. Le soir même je replonge et retourne au Nightfader, après m’être pris un pète bien chargé, comme tous les autres soirs, j’essaye d’oublier, comme tous les soir j’y arrive plus ou moins en prenant « du bon temps » avec un mec rencontré il y a quelques heures…

Nous sommes samedi quand je m’apprête à sortir de nouveau mais maman m’interpelle :

M : Allan ? Je veux bien te laisser vivre ta vie, comme tu l’entends… Mais ça, dit-elle en tenant mon sachet de cannabis, ça ce n’est pas vivre sa vie, c’est ce la détruire lentement. Explique-moi ce que ce truc faisait dans la poche de ton jean ?

Al : Eh merde ! Je ne sais pas trop… tu sais, ça fait du bien. Redonne…Je… J’en ai besoin !

Le visage de ma mère reste totalement impassible très noir, puis s’éclaircit. Elle se rapproche de moi et me prend dans ses bras, sa chaleur me réconforte, me fait du bien. Je vous ai déjà dit à qu’elle point l’étreinte d’une mère pouvait être agréable dans les pires moment ? A quel point je l’aimais. Durant cette étreinte, j’ai l’impression de sentir des larmes sur mon épaule, après quelques minutes, ses bras de mère aimante quitte le corps frêle à l’esprit décomposé de son fils, pour finalement dire :

M : Mon chéri… tu sais que ça peut te faire du mal, encore plus qu’aux autres… n’oublie pas que tu peux faire des crises à tout moment et que … et que…

Al : Que je peux en mourir. Tu sais je m’y suis fait et franchement je crois que mourir demain, ne me ferais ni chaud ni froid… peut être même du bien.

M : Comment tu peux dire des choses pareilles ! Ne dis pas ça, Allan ! La vie mérite d’être vécu peut importe les mauvaises passes, ont fini toujours pas se relever et vivre des moments de bonheurs, qui le sont d’autant plus, quand on a connu des moments douloureux. Il faut juste profiter pleinement de ces moments de joie et faire table rase sur les moments tristes.

Al : Oui… mais bon… quand tu peux mourir à tout moment… que toutes les personnes que tu aimes finissent par mourir… t’as juste envie que tout ça s’arrête.

M : Que veux-tu dire par là ? Tu penses être responsable des décès d’Aldwin et Victor ?

Al : Oui… parce que je les ai aimés, je les ai tués… et… et je ne veux pas que ça lui arrive aussi.

M : Ne penses pas ça, Allan ce n’est pas de ta faute, c’est juste un coup du sort… Et ne t’en fais pas je suis sûr qu’il ne lui arrivera rien, c’est à Zach que tu penses n’est-ce pas ?

Al : …Oui…

M : Eh bien ! Tu sais quoi, tu ferais bien de le voir de nouveau, je pense que ça te ferait le plus grand bien. Mais ce week-end tu restes à la maison pour que je garde un œil sur toi ! Lundi je t’amènerai moi-même au lycée et demanderai à ton oncle de veiller à ce que tu ne fasses pas de bêtise et que tu ne retouche pas à cette merde, dit-elle en jetant le sachet dans la poubelle.

Al : Tu penses… J’ai peur maman.

Etrangement, je me sentais extrêmement faible. Le Allan fort et sûr de lui, venait à cet instant de disparaître complétement laissant place à un Allan faible, comme si je retournais en enfance, j’ouvris simplement mes bras et demanda tout doucement :

Al : Maman, tu peux me reprendre dans tes bras ?

M : Si tu me promets de ne pas retoucher à ces merdes ! Et de tout faire pour croquer la vie à pleine dent !

Al : Je vais essayer, dis-je en tentant un sourire.

Elle me reprit dans son étreinte maternelle, ça faisait du bien… un bien fou. Le week-end qui s’en suivi juste au prêt de ma mère, me fit aussi du bien le dimanche mon oncle vient manger avec son mari et mon petit cousin, dû haut de ses 4 ans ce petit est déjà un vrai petit diable voulant toujours jouer avec moi ! Maman explique à son frère ma situation et le fait qu’elle attend de lui, une surveillance de fer et qu’il en fasse part à toute l’équipe pédagogique. Pendant ce temps-là, je me dois de jouer les nounous, ce qui est loin de me déplaire me faisant oublier un peu tout le malheur du monde, en voyant toute cette innocence et cette joie de vivre dans un si petit être.

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