Ch 13. Le petit

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La jeune fille, enfin passée derrière le zinc, se trouva prise au dépourvu. Elle ne connaissait pas la disposition du plan de travail, ni les enchantements d’assistance, ni même l’endroit où étaient rangés les verres. Au premier regard, elle ne retrouva ni l’évier ni la tireuse à bière dont elle avait l’habitude au pub. Maestro s’était bien gardé de lui donner la moindre indication.

Elle entreprit donc d’explorer méthodiquement son nouvel environnement et ouvrit un à un chaque placard qui se présentait à elle. Et, au détour d’un rangement, elle tomba nez à nez avec le webster. Assis dans l’ombre, silencieux et discret, comme tous ceux de sa race, il paraissait presque invisible. Naola fut tellement surprise de le découvrir qu’elle resta plantée devant lui une bonne dizaine de secondes. Le regard au sol, la créature prenait grand soin de ne pas la dévisager.

Le webster est petit parce que c’est un enfant, songea Naola.

« Aide-moi, souffla-t-elle. Je ne sais pas comment fonctionne ce bar. Je ne sais pas où sont les boissons. J’ai trouvé les verres à cocktail, mais pas les chopes. Et surtout… j’n’ai aucune idée de comment travailler avec un webster. »

La dernière remarque tira un regard furtif au gamin qu’elle jura avoir vu sourire.

« Je vais vous montrer, Mademoiselle », répondit-il en s’extirpant de son rangement.

Une bonne heure durant, il lui présenta toutes les configurations possibles de l’espace de travail. Comme Naola s’en doutait, le degré d’enchantement du bar s’avéra très élevé et sa modularité complexe. Fort heureusement, il lui suffisait de demander et le petit webster s’exécutait. Lorsqu’elle fut satisfaite autant de la place de l’évier que de l’agencement de l’impressionnante collection de liquoreux à sa disposition, Naola poussa un soupir de soulagement. Elle avait fait en sorte d’être au plus proche du bar du Mordret’s Pub, pour ne pas être trop désorientée.

« Bien. Tu peux… hum… te ranger ? » dit-elle au webster qui attendait sagement l’instruction suivante.

Le gamin perdit une seconde son inexpressivité et ne bougea pas, troublé. La sorcière s’en rendit compte.

« Qu’est ce qu’il y a ? Qu’est ce que j’ai dit ? J’ai mal ordonné ? Je t’ai prévenu, je ne sais pas bosser avec un webster… Réponds-moi ! »

Cette dernière exclamation, elle l’avait lâché avec une expression désemparée, car le petit n’avait même pas semblé entendre ses questions.

« C’est que je dois aider Mademoiselle lors du service », souffla-t-il.

La voix fluette du garçonnet elle trahissait un malaise tel que Naola sentit son coeur se serrer.

« Je vais m’en débrouiller, du service. Vraiment, ne te soucis pas ce ça, répondit Naola avec douceur. Comme j’ai pas l’habitude, tu risques plus de me gêner que de m’aider.

— Comme Mademoiselle voudra », articula le webster d’une voix blanche.

Et il regagna son placard en toute discrétion. Naola se retrouva alors désœuvrée. Elle décida de mettre à profit son temps pour tester une recette qui lui semblait très prometteuse. Au Mordret’s Pub, elle n’avait pas les bons ingrédients à dispositions. Mais ici, tout s’étalait à profusion, jusqu’aux fruits frais exotiques, conservés dans un compartiment de suspension temporelle légère.

Elle était toute entière concentrée sur le cocktail lorsqu’un des mécamages en faction de son côté de la salle s’approcha du zinc. Il resta une vingtaine de minutes, à effectuer des aller-retour, à lui jeter des coups d’œil, à s’éloigner puis revenir dans la zone, comme s’il n’osait pas l’approcher. Elle le détaillait discrètement, sans comprendre pourquoi il ne se décidait pas à l’aborder.

Il devait avoir quelques années de plus qu’elle, mais c’était difficile à juger, car les êtres non magiques, et a fortiori ceux qui s’augmentaient de prothèses, vieillissaient très différemment des sorciers. Grand, les cheveux clairs, coupés très court, habillé d’un treillis gris et d’un tee-shirt sans manche blanc, pour un méca, il présentait bien. Son bras droit et sa jambe gauche luisaient d’une mécanique bien huilée et de plutôt bonne qualité. Il affichait ses mécartifices comme des armes de dissuasion. Son épaule brillait d’éclats métalliques, mais l’autre, organique, roulait sous une musculature fine et bien dessinée. La jeune fille ne voyait pas ses yeux, dissimulés derrière une paire de lunettes teintées, mais elle savait qu’il l’observait également, à la dérobée.

Elle finit par s’en agacer. Certes, elle était consignée dans l’espace-bar, mais elle avait quand même le droit de parler avec les gens présents ! Si il voulait lui dire quelque chose, même la draguer, qu’il le fasse ! Finalement, le méca se décida. Elle fit mine de l’ignorer lorsqu’il se posta de l’autre côté du zinc et il toussota pour attirer son attention. Elle leva la tête vers lui et il releva ses lunettes et puis passa sa main dans ses cheveux, gênés. Ses yeux brillaient d’un beau bleu.

« M’dame, votre webster, ’faut vous en servir, s’vous plaît. Sinon il est mal, si on lui permet pas d’remplir sa mission. »

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