Ch11. Madame la présidente

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Les vacances s’achevèrent sans plus d’anicroches. Ni Mordret ni Naola n’évoquèrent le contrat que la jeune fille avait accepté. Ils firent comme si leur disputent n’avaient jamais eu lieu.

Le dimanche, la sorcière insista pour faire le point sur les dix jours passés à ouvrir le pub dès la fin d’après-midi. Les recettes s’avéraient faibles, mais pas inexistantes. Certains clients revenaient plusieurs soirs d’affilée . Elle avait sympathisé avec deux gars un peu plus âgés qu’elle. Lawrence et Niles, deux têtes brûlées en mal d’adrénaline qui avaient trouvé leur nouveau passe-temps : jouer aux cartes menteuses avec des vampires. Des petits branleurs, pensait Naola lorsqu’elle les surveillait du coin de l’œil. Mais des branleurs pétés de thunes qui payaient régulièrement leur tournée. Elle leur devait une bonne partie du chiffre d’affaires des vacances.

Les trois jours de cours qui précédèrent le contrat de la Vieille Naine parurent terriblement fades à Naola. Rester assise toute la matinée pour ingurgiter une théorie qu’elle connaissait déjà fut un supplice. Même les après-midi de pratique et d’exercices de vol ne la tirèrent pas de son ennui. Elle pensait au Pub, à ses clients, à de nouvelles idées de cocktails. De fait, ses résultats ne décolèrent pas au-dessus du médiocre.

Lorsque le jeudi arriva enfin, Naola se présenta au bâtiment de la Vieille Naine aux alentours de quatorze heures. À l’accueil, on lui donna des coordonnées où se transférer, car la réception du soir ne se déroulait pas sur place. Le hall, le bureau un peu plus loin, et les entrepôts grouillaient de leur activité habituelle. Des mécas ouvriers allaient et venaient, chargés de caisses, de pile de tissus et de pièces détachées mécaniques. Cette effervescence abrutissante ne manquait pas du tout à la jeune fille qui s’empressa de ressortir.

Elle se transféra dans un grand hall, ou un réfectoire. De larges tables rondes s’éparpillaient dans tout l’espace, entourées de banc et de chaises dépareillées. Le lieu, vide, resonna sous les pas de Naola. Elle tourna sur elle-même, perplexe. Elle ne pouvait pourtant pas s’être trompée d’endroit.

« Naola ! alpagua la voix de la Vieille Naine derrière elle. Par ici, dépêche-toi. »

La jeune fille s’empressa de rejoindre la mégère qui trottinait à travers un long couloir.

« Je pensais que ça se passerait chez vous…

— Tu peux me tutoyer tu sais, ma petite », répondit la femme en lui faisant signe de presser le pas.

Elle s’avérait étonnamment véloce pour de si courtes jambes. Elle s’engagea dans un escalier et demanda, de but en blanc :

« Tu as voté aujourd’hui ?

— Heu… » souffla Naola, pris au dépourvu par la question.

Aujourd’hui avait eu lieu un scrutin pour désigner l’un des trois Président de la Fédération. Tous les trois ans, les Fédérés se concertaient, via un simple sortilège, pour élire ou réélire l’un des trois mages qui les représentaient. Naola n’avait rien suivi à cette actualité. Elle était trop jeune pour connaître le sort-bulletin. Et à la vérité, elle ne se sentait pas concernée par la question.

« Eh bien, oui ou non ? demanda la femme avec un brin d’agressivité.

— C’est à dire que je ne suis pas vraiment, encore, tout à fait majeure… »

La Vieille Naine se stoppa net et se tourna vers la sorcière, puis partit d’un grand rire.

« Évidemment. Maestro va me détester, s’exclama-t-elle en se remettant en route, hilare.

— Maestro ?

— Mon intendant. C’est lui qui s’occupe d’orchestrer la réception. D’après les premiers relevés, Pétra Perm est bien partie pour être réélue. On va lui offrir une fête mémorable !

— Mais la soirée est en l’honneur de…

— De Madame la Présidente. Il va falloir que tu assures, ma petite, mais j’ai confiance en toi… »

Naola lâcha un sifflement et écarquilla les yeux. Ça, elle ne l’avait pas calculé. Elle sentit une boule resserrer son ventre et ralentit le pas. La Naine s’arrêta quelques mètres plus loin devant une porte en métal rouge. Elle l’entrebâilla pour découvrir les rangées d’armoires d’un vestiaire.

« Casier Vingt-Huit, précisa-t-elle en lui envoyant une clé. Tu y trouveras une tenue pour ce soir. Enfile là, puis tu montes à l’étage et tu demandes Maestro. Tu lui dis que tu viens pour les cocktails. Il s’occupera de t’expliquer comment ça va se passer, c’est compris ?

— Heu, oui, bredouilla la jeune fille.

— Parfait, je te laisse ma petite, j’ai beaucoup de choses à faire. Tu trouveras ta paie demain matin dans ton casier. »

Et la véloce Naine disparut dans l’escalier qui s’ouvrait, à droite du vestiaire, abandonnant Naola perplexe et stressée. Merlin, la Présidente…. Pourquoi la Vieille Naine avait-elle tenu à la recruter, elle ? Il devait y avoir des tonnes de serveurs plus expérimentés !

Lorsqu’elle extirpa son uniforme du casier vingt-huit, elle constata que ses mains tremblaient. Elle prit une longue inspiration et se raisonna. Servir des politiques ne pouvait être plus difficile que de s’occuper de vampires.

Naola avisa une douche, au bout d’une enfilade d’armoires et s’y glissa pour se changer. Elle avait craint que la vieille Naine l’oblige à porter une tenue ridicule, ou vulgaire, mais il n’en était rien.

Le pantalon gris, bien taillé, tombait jusqu’à ses chevilles avec un pli d’une parfaite symétrie. Elle passa une chemise blanche, d’apparence très simple, mais dont l’intérieur du col et les manchettes étaient noirs. Elle trouva enfin un blazer anthracite, à mettre par dessus, ainsi que de petites ballerines de la même couleur, très confortables. Le tout offrait une tenue belle et pratique. Elle s’observa dans la glace et se sentit bien plus confiante. Au moins, elle ne ressemblait pas à rien.

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