Ch2. La Terrrible

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Naola resta près d’une minute allongée sur le dos à tenter de reprendre sa respiration coupée par le choc. Elle crispa les poings et frappa le sol dans un cri de rage. Disqualifiée à trois mètres de la ligne d’arrivée !

Elle se redressa avec précaution. La dernière accélération avait puisé très bas dans ses réserves de magie. Il faudrait des heures pour que son organisme en régénère assez pour s’éloigner du seuil critique. L’adolescente en ressentait des vertiges à tel point qu’elle crut perdre conscience. Mais elle se raccrocha à la réalité, les dents serrées à les faire crisser.

« Nao ! » sonna la voix de Thomas, à quelques mètres d’elle.

Il avait à peine validé sa victoire qu’il se précipitait déjà sur son amie devant qui il s’accroupit. Elle se fit violence pour lui servir un sourire de circonstance.

« Bravo, belle victoire, articula-t-elle.

— Dans quel état tu t’es foutu ! » rétorqua-t-il, sans parvenir à masquer son air satisfait.

Le compliment, même forcé, avait de quoi le rendre fier. Il la battait au Steeple-Chase pour la toute première fois. Naola ne répondit pas à sa remarque, mais saisit la main qu’il lui tendait. Il l’aida à se mettre debout, passa un bras sous son épaule et l’entraîna vers la zone de rassemblement. La sorcière, d’un geste mécanique, activa le charme qui rapatriait son Hexoplan dans le carcan qu’elle portait dans le dos. La manœuvre, si infime fût-elle, lui provoqua une crampe au creux du ventre et lui tira un petit gémissement de douleur. Plus de magie. Du tout, songea-t-elle, la tête hachée d’une migraine subite. Elle s’effondra un peu plus sur Thomas qui tituba avec une exclamation de surprise.

« Nao, reste avec moi, grogna-t-il en la secouant.

— Je suis là », répondit-elle, incertaine.

L’adolescente garda le silence, concentrée pour avancer. Elle comptait les pas jusqu’aux baraquements des juges de la course.

« Je t’amène à l’infirmerie, t’es allée trop loin.

— Ça va. J’allais pas te laisser gagner si facilement, articula-t-elle. Je veux pas louper le débrief. »

La tentative de plaisanterie, toute pitoyable fut-elle, dissuada le grand blond de la conduire jusqu’à la tente de soins.

Ils assistèrent, avec le reste des élèves, au long monologue de leurs professeurs titulaires. Le corps enseignant détailla en long, en large et en travers toutes les difficultés de l’épreuve. Les forces de Naola lui revenaient peu à peu. Elle se tenait toute seule sur ses deux jambes quand, Mme Mercjik, son entraîneur principal la félicita pour la façon dont elle avait géré son passage dans la Toile.

La jeune fille se serait en revanche bien dispensée de la rediffusion de sa fin de course, au ralenti et en boucle sur le mnémotique géant au centre de l’assemblée. Naola rougit de honte en constatant l’air désespéré qui s’était peint sur son visage au moment de l’impact. Elle ignora les quelques rires de ses camarades et se concentra pour reprendre une expression neutre.

Mercjik, l’élocution terminée, passa serrer la main de Thomas et le félicita avec une chaleur qu’elle perdit immédiatement lorsque son regard tomba sur Naola, un pas en retrait de son ami.

« Nous reparrlerons de votre course demain matin à l’entrraînement, lâcha le professeur.

— Mais demain il n’y a pas…

— Pourr vous si, coupa la femme avec sécheresse. Vous courrrez pour reprrésenter l’école dans moins d’un mois. Vacances ou pas il est horrs de question que je vous laisse parrtir comme ça. »

Mercjick était une très petite femme au visage doux, encadré par des cheveux châtains qui tombaient, en anglaises souples, jusqu’au milieu de son dos. Elle jouait de son apparence avenante, et de son charrrmant défaut d’élocution pour attendrir ses interlocuteurs. Elle feignait la candeur et la crédulité avec une aisance désarmante. Un masque de douceur que ses élèves apprenaient très vite à dépasser tant La Terrrible se montrait impitoyable lorsqu’il s’agissait de compétition.

Thomas tapota l’épaule de sa malheureuse collègue alors que la professeur s’éloignait..

« Bhé, j’aimerais pas être à ta place demain… » souffla-t-il.

Elle lui répondit par une grimace déconfite. Ils s’engagèrent vers le dortoir qu’ils partageaient avec une dizaine d’autres filles et garçons. Le bâtiment haut de six étages couronnés de tuiles rouges était un vestige pré-cataclysmes, miraculeusement épargné par le temps. Il donnait autrefois sur un terrain où les humains s’amusaient à faire concourir des chevaux les uns contre les autres, autour d’un grand pré ovale.

Les fondateurs de l’institution, cinquante ans plus tôt, avaient trouvé l’endroit intéressant et s’étaient appuyés sur les anciennes installations en ruine pour construire leurs infrastructures. Cela offrait au complexe sportif un cachet très particulier, dont tous les élèves étaient fiers. On avait baptisé le circuit de Steeple Chase L’hippodrome, et l’école tenait son nom de l’un des rares panneaux signalétiques retrouvé près de là : K3760. Les humains avaient d’étranges façons de nommer leurs lieux.

Naola et Thomas gagnèrent le dortoir où s’alignait une dizaine de lits, d’étagères et d’armoire en pin. Un style simple que les habitants pré-cataclysmiques semblaient apprécier.

Les deux jeunes ne parlaient pas, fatigués par la course, il leur restait un peu de temps pour se reposer, avant le repas du soir. D’ici là, ils devaient préparer leur valise pour les dix jours de vacances à venir. Un temps libre que Naola allait passer au Pub.

Thomas se dirigea vers son armoire alors qu’une grande malle sortait de sous son lit, s’étirait, baillait et montait se poser au bout du matelas, prête à attraper au vol les vêtements que lui lancerait de sorcier.

Naola s’affala dans un fauteuil avec un grognement mécontent. Elle entamerait donc ses vacances par un sermon de Mercjick à propos de la course, puis par un sermon de Mordret, à propos de son retard. Le vampire l’attendait pour huit heures le lendemain matin et j’ai perdu la première course de l’année ne constituait, très probablement, pas une excuse valable, de son point de vue.

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