Ne me fuis pas

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Elle était là, sa chevelure blonde virevoltant doucement dans la fraîcheur du petit matin, assise sur sa souche de bois habituelle.

Je restais un peu en retrait, continuant à l'observer, l'épaule appuyée contre un arbrisseau, les mains dans les poches.

Sa silhouette immobile, penchée vers l'avant, semblait ne faire qu'un avec le paysage. Ses épaules étaient voûtées comme si elles n'arrivaient pas à supporter un quelconque poids posé sur elles.

Elle paraissait triste et comme perdue dans ses pensées, elle ne m'avait même pas entendu arriver. Son sweater bleu, un peu grand, lui donnait une attitude je-m'en-foutisme que, je l'avoue, j'adorais.

Cet endroit, c'était notre repaire, un petit coin de verdure renfermant la source d'un ruisseau serpentant dans la forêt. C'était ici que je l'avais vue pour la première fois, sur sa souche de bois. Auparavant, cette dernière, je me l'étais attribuée, puis elle était devenue la nôtre. Malgré tout ce n'était pas moi qui l'occupais la plupart du temps, je lui laissais et m'asseyais à même le sol, salissant au passage mes vêtements mais, ça, je m'en fichais. Au bout de quelques minutes, elle se rendit compte de ma présence, elle se retourna et planta ses iris bleues océan dans les miennes sans souffler mot. Elle ne montrait, comme à son habitude, aucune émotion. Son regard était vide et, en même temps, si profond et mystérieux... Au bout de cinq petites secondes, qui me semblèrent une éternité, elle reprit sa contemplation de l'eau. Je m'avançai alors et m'assis à terre, comme d'habitude. Elle ne parlait toujours pas et je ne voulais pas troubler ce silence. Je ne bougeais pas, attendant qu'elle commence la conversation. Ce qu'elle ne fit pas... Cette absence de son n'était pas troublante ni gênante et nous aimions tous les deux le silence. Au bout d'un temps indéterminé, que j'évaluais d'environ un quart d'heure, elle dit simplement :

- Salut.

Je la regardai, elle fixait toujours l'eau qui s'écoulait doucement.

- Hum... Salut, répondis-je, perturbé par son attitude.

Je savais que ça ne servirait strictement à rien de lui demander ce qu'elle avait, sauf à la braquer. Alors je me contentais de fixer, moi aussi, le cours d'eau.

- Je vais déménager, m'annonça-t-elle de but en blanc, comme si tout était totalement normal.
Mais, malgré le ton qu'elle employait, je voyais bien qu'elle luttait contre les larmes.

-Tu ne peux pas... chuchotais-je comme à moi-même.

Ça ne faisait qu'un mois qu'elle était là ! Bien qu'elle soit déjà venue occasionnellement auparavant. Seulement un mois qu'elle était entrée dans ma vie et elle avait tout chamboulé. Elle ne pouvait pas partir, me laisser ainsi avec mes sentiments, beaucoup trop forts et beaucoup trop vrais. Elle ne pouvait pas... Mais peut-être devrais-je commencer par le début, non ?

JeunesseAmour
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