11- Les secrets de la légende

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Tandis qu’Alka travaille au problème des infras de B15, je consulte les ressources Xnet qu’elle a mis à ma disposition. Je cherche l’endroit où j’ai grandi. Tout ce que j'ai appris depuis que je suis entré sous les Bulles, s'entrechoque dans ma tête. L’histoire que m’a raconté Saul et tout ce que je découvre ici, me perturbent. Tout me ramène inexorablement au début de mon voyage.

Après le récit de Saul, j’ai fini par accepter de lui montrer mon pendentif et lui raconter où je l’ai trouvé, dans les ruines de Tamanrasset. J’y ai lu le testament de Liam puis j’ai trouvé les papillons qu’ils avaient dessinés sur les murs. Ils m’ont mené jusqu’à l’endroit où il s’est éteint sûrement. Il ne restait plus que le papillon aux ailes translucides, fines, néanmoins assez dures pour résister à des centaines d’années cachées dans le sable.

Saul a insisté pour que je lui répète tout ce que je me souvenais des derniers mots de Liam. Il les trouvait beaux et terribles.

  • Magnifique, s’est-il émerveillé, nous sommes les enfants du Chaos. Quelle belle formulation !

Il m’a fait penser à Ash et à tous ces éternels idéalistes.

  • Non, n’ai-je pu m’empêcher de le contrer, nous, nous sommes les esclaves d’un ordre rigide et sans cœur.

Il m’a souri sans rien répondre. Puis, Il m’a expliqué l’effet papillon, une légende encore. Elle dit qu’un battement d’aile d’un papillon ici, peut provoquer une tempête des milliers de kilomètres plus loin, ce qui signifie qu’un évènement insignifiant peut provoquer, par une réaction en chaîne, des changements majeurs.

  • Comme pour toi, m-a-t-il dit, quelque chose t’a poussé à prendre la route et cela a provoqué des changements dans beaucoup de vies.

Encore une fois, sa vision des choses m’a agacé. Pour commencer, je ne vois pas bien ce que mon voyage a changé à ce monde absurde, si ce n’est en y ajoutant une belle histoire à raconter.

Pour finir, la créature qui m’a poussé sur les routes n’avait ni la grâce, ni la fragilité d’un papillon. Elle était plus proche de ces brutes sanguinaires qui s’affrontent ici, sous Bulle Ter.

Lors de mon voyage, J’avais réussi à mettre à distance ces souvenirs. Hélas, depuis que j’ai entendu cette légende, depuis que j’ai vu ces combattants créés pour tuer et que je vais finir par affronter dans un Ring, ils me hantent à nouveau. Les yeux rivés sur la carte de l’Afrique et le grand désert Sahara, comme le nomme les Bullites, je fixe le petit point indiquant B16. Je revis pour la énième fois le drame.

Un clan voisin était venu planter sa lance de Duel au centre de notre camp. Ses représentants avaient annoncé l'enjeu : un grand puits, notre plus grand puits ! et un grand bâtiment que nous occupions. Celui-ci était très prisé car ses fondations étaient solides et il possédait une immense pièce souterraine qui gardait sa fraîcheur même quand l’air à l’extérieur vous brulait les poumons. Je les avais gagnés pour mon Clan. J’étais l’un de ses guerriers, le meilleur en vérité, suffisamment redouté pour que les autres clans réfléchissent à deux fois avant de nous provoquer.

Les enjeux étaient importants hélas je n’étais pas d’attaque pour un combat : une entorse au poignet récoltée lors d’un jeu de cascades consistant à sauter de toits en toits à toute vitesse. Un jeu enfantin et stupide que j’adorais.

Nous relevâmes le défi sans rien négocier : ni le délai, ni les enjeux. Léo, guerrier du Clan comme moi, fut désigné pour nous représenter. Nos trop nombreuses victoires nous avaient endormis, tous ! Nous vivions sereinement l'approche du Duel.

Quand nous arrivâmes à la lisière sud de la cité, sur l’espace de terre battue choisi par nos adversaires, ils étaient déjà là.

Dès l’instant où je posai les yeux sur leur guerrier, je sus que quelque chose clochait. Son aspect était étrange, sa peau pâle, d’un blanc presque maladif. Il arrivait parfois que naissent des individus plus blancs que les autres. Peu nombreux, on les remarquait et on les reconnaissait. Or, celui-ci, j’étais tout à fait certain de ne l'avoir jamais croisé. Son attitude était singulière. Molle, avachie, les genoux légèrement fléchis, le dos courbé et les bras pendant dans le vide. Seule sa tête se dressait, donnant à voir deux yeux noirs au regard absent et une mâchoire proéminente. Quelque chose dans les proportions de son corps m’interpellait, sans pouvoir préciser quoi.

Il ressemblait à tout sauf à un combattant. Pourtant, il avait été choisi et cela créait chez moi un sentiment de profond malaise.

J’étais si inquiet qu’avant que Léo ne s’avance dans le cercle, je le retins par le bras et lui murmurai que je ne le sentais pas, que je ne voulais pas qu’il y aille. On pouvait encore essayer de discuter avant que l'affrontement ne débute. Sa mère, qui se tenait à ses côtés, prit mes paroles pour du mépris et me rétorqua que je n’étais pas le seul guerrier efficace du clan. Elle m’intima de cesser ou de déguerpir. Je suppliai mon ami d’être sur ses gardes tout en cherchant Ash du regard. Lui pourrait dire, j’en étais certain, si cet homme représentait une menace. Lui, on l’écouterait. Mon ami hocha gravement la tête et me lança un dernier regard brave et souriant.

Alors qu’il se dirigeait vers le centre, l’un des deux hommes encadrant l’adversaire de mon ami lui essuya vigoureusement le visage. Quand il eut fini, le combattant écarquilla des yeux qui brillèrent de folie. J’entendis Ash, qui m’avait enfin rejoint, murmurer.

  • Non, c’est impossible !

À l’unisson, tous s’écartèrent et la cloche annonçant le début du combat tinta. Il était trop tard pour reculer.

  • Arrêtez ! Arrêtez ! leur cria mon grand-père.

Son injonction se perdit dans les clameurs lancées par les deux camps.

En face, l’ennemi spectral de Léo s’était redressé. Il avait écarté les bras et des doigts aux ongles acérés et beaucoup trop brillants pour n’être que de la kératine se déployèrent au bout de ses mains filiformes. Il poussa un cri grinçant, dévoilant des dents aiguisées et argentées. J’étais horrifié. Ash cria encore de stopper ce Duel. En vain.

Le fou furieux fonça droit vers Léo tel un oiseau de proie. Arrivé à quelques mètres de lui, il bondit prodigieusement, un bras s’armant manifestement dans le but d’éventrer mon ami. Celui-ci l’avait compris et l’esquiva de justesse. Son adversaire repartit aussitôt à l’assaut. Ses grands bras griffus fendaient l’air telles des faux, à une vitesse folle.

Nous commencions à nous agiter. Nous étions en train de réaliser l’inconcevable folie de ceux qui nous avaient défiés.

  • C’est un zombie ! asséna Ash, d'une voix blanche.

Depuis toujours, ces créatures arrivaient du Sud. Elles avaient des formes humanoïdes et maîtrisaient rarement le langage, jamais assez en tout cas pour nous expliquer d’où elles venaient. Nous savions une seule chose : c’étaient des tueurs. Rien ne les arrêtait, à part la mort. Avec ce que j’ai découvert dans les Bulles, j’imagine que ce sont des humains génétiquement modifiés, peut-être des expériences qui ont mal tourné et dont nous récoltons les déchets abandonnés sans vergogne au-dehors.

Ce clan, au mépris de tout bon sens, avait capturé celui-là. Nous apprendrions plus tard qu'il s'était piégé tout seul, passant au travers d'un sol trop fragile, et avait atterri dans une cave. Malgré ses capacités physiques impressionnantes, il n'avait pas réussi à en sortir. Avec cette trouvaille, le clan écrasé et décimé par la soif avait mis au point un plan désespéré : ils l'avaient gardé en vie et étudié. Ils avaient découverts qu'il était carnivore et excité par les odeurs humaines et plus encore par le sang. Pour pouvoir l'approcher, ils l'avaient privé de son odorat en lui enduisant les narines d'une pâte à base de plantes.

La dernière phase consistait à le lâcher lors d'un Duel en faisant fi des conséquences aussi désastreuses qu'inévitables d'un tel acte.

Pendant que cette terrible réalité s’abattait sur nous, mon meilleur ami esquivait, feintait, sautait mais que pouvait son agilité et sa maîtrise du combat face à un adversaire infatigable, face à une arme à visage humain. Nous nous étions mis à invectiver l’autre Clan, les sommant d’arrêter cette mascarade, quand une entaille rouge apparut sur l’épaule de Léo. Selon les termes de notre accord, nous avions perdu. Le combat devait s’arrêter. N

Nous hurlâmes aux hommes nous faisant face de rappeler leur monstre. Certains essayèrent.

  • Irsk, allez, viens ! Irsk, viens ! On va te donner à manger ! Viande ! miam, bonne viande pour Irsk, hélaient-ils, son prénom crissant sous leurs lèvres.

Celui-ci, sourd à leurs appels, toucha à nouveau Léo, au ventre cette fois. Tandis que le zombie poussait un glapissement de joie, mon ami me lança un regard désespéré. Pourquoi je ne me suis pas précipité à son secours à ce moment-là ?

Au lieu de cela, j’interpellai nos adversaires, les sommant d’aller le chercher de force. Soudain, je vis la terreur se peindre sur leurs visages. J’entendis mon ami hurler de douleur. Irsk venait de lui lacérer la jambe. Le flot de sang ne laissait aucun doute sur la gravité de sa blessure. Ses yeux plantés dans les miens, Léo s’écroula. Irsk leva la tête vers le ciel et poussa un cri glaçant et démoniaque avant de se jeter sur mon ami. Il le retourna et planta ses dents monstrueuses dans son ventre. J’étais pétrifié, nous l’étions tous, incapables de quitter des yeux ce spectacle abominable.

Kaly, fonçant sur cette créature en hurlant, me sortit de ma léthargie. Elle lui sauta sur le dos et agrippa ses cheveux pour essayer de le faire lâcher. Il se releva pour lui entailler les côtes d’un geste furieux. Elle tomba sur le dos et il tourna vers elle son visage ruisselant du sang de Léo. . Cette fois, je réagis : je lançai mon couteau qui arrêta net la course de son bras prêt à s’abattre sur ma sœur. Cela donna le temps à Kaly de prendre la fuite. Mais Irsk n’en avait pas fini avec elle : il arracha ma lame et se lança à sa poursuite.

Il me tournait le dos, je fonçai.

Je sautai sur son dos, comme Kaly. Il continua sa course tandis que je plantai frénétiquement ma lame partout où je pouvais. Hélas, cela ne l'arrêtait pas pour autant. Je mis toute ma force dans un coup visant sa nuque. Il s'arrêta enfin pour se secouer en tentant de m'attraper. il finit par y arriver. Il me jeta à terre avec une facilité déconcertante. Tandis qu'il dévoilait sa dentition écarlate, je réussis à me relever, juste avant qu'il ne se rue sur moi. Il planta ses dents dans mon bras gauche, recouvert de cataplasme et bandé. Il me l’aurait certainement sectionné s’il n’avait pas relâché sa prise, visiblement écœuré par le goût des plantes. Ignorant la morsure, avec mon bras droit, je lui plantai mon couteau dans la jugulaire, aussi profondément que possible et fouillai cet espace ouvert pour y provoquer un maximum de dégâts.

Son étreinte se desserra enfin. Il s'écroula.

Je restai à califourchon sur son torse, laissant son sang m’éclabousser, pour m’assurer qu’il ne resterait pas la moindre étincelle de vie dans cette horreur.

Alors seulement, je me relevai. Je me forçai à marcher pour aller affronter la vision du cadavre mutilé de mon ami. Je m’agenouillai devant lui, sourd et aveugle au reste du monde. Je le regardais, je l’écoutais. Je lui tenais la main et sur mes lèvres, cette supplique : « S’il te plaît ! Respire ! Je t’en supplie ! Ouvre les yeux ! Je vous en prie… vous les dieux, l’univers, la destinée… peu importe… ».

Je n’ai pas entendu les échanges entre les deux camps. Je n’ai pas vu le camp adverse se cacher. Je n’ai pas entendu les cris affolés des miens. Je n’ai pas perçu le sol vibrer sous les pas de Kaly et Ach quand ils se postèrent à mes côtés. Je n’ai pas senti les mains d’Ely, notre guérisseuse, tenter de colmater tant bien que mal les brèches de mon corps, en psalmodiant ses incantations mystérieuses.

Mon univers se réduisait au corps gisant de Léo et à mes prières.

Pourtant, ce que décida et qu’accomplit mon clan ce jour-là et les suivants mériterait d’entrer dans la légende, car de mémoire d’hommes esclaves, cela n’était jamais arrivé. Un seul clan risqua son existence même, pour tous les autres.

La mère de Léo m’interpella d’une voix brisée :

  • Noway, debout ! Le combat n’est pas fini !

Je levai les yeux, appelé par cette voix qui vibrait de la même peine que moi.

J’étais entouré de tous les miens. Effrayés mais déterminés, leurs regards portaient tous dans la même direction. À l’ombre d’une porte cochère, se détachaient six silhouettes identiques à celle d’Irsk.

Une grande pesanteur s’abattit sur moi. Nous allions tous mourir, à quoi bon nous battre ? Il y avait trop peu de guerriers dans nos rangs pour pouvoir l'emporter.

Les zombies s’avançaient, attirés par l’odeur du sang. Ensuite, ils fondraient sur nous et ce serait un massacre !

  • Noway, je te le redis ! Debout, bon sang !
  • Pour quoi faire ? Partez ! Ceux qui ne sont pas blessés, Partez ! Laissez-moi avec Léo, nous sommes couverts de sang, ça va les attirer ! Sauvez-vous !

Elle se baissa pour me saisir le menton comme quand j’étais enfant, plantant ses yeux dans les miens.

  • J’ai perdu mon fils ! Je refuse d'en perdre un second aujourd’hui ! Qu’aurait fait Léo ? Tu le sais, Noway !

Oui, je le savais. Léo était profondément altruiste et idéaliste. Il prônait la solidarité entre tous les Clans. Il n'aurait jamais laissé des gens sans défense derrière lui. Il aurait voulu qu’on se batte sauver toutes les vies humaines que comptait la cité, sans distinction de Clans.

Pour lui, je me relevai. Kaly, sans un mot, me tendit mes lames qu’elle avait ramassées.

Autour de moi, chaque membre de ma tribu portait des entailles au bras, mutilations volontaires et sanguinolentes. Choqué, je mis quelques secondes à comprendre. Puis la folle stratégie envisagée fit jour dans mon esprit. Ils allaient servir d’appât comme Kaly l’avait fait involontairement pour me permettre de surprendre Irsk.

Ce plan était désespéré mais nous n’avions que celui-là et pas le temps.

  • Maintenant ! cria Ash.

Une vague humaine s’élança et se divisa en trois groupes distincts pour passer sous le nez des six prédateurs et attirer chacun dans son sillage deux clones de Irsk.

Une dizaine d’entre nous, les guerriers, regardèrent ceux qu’ils aimaient détaler. Puis, ils s’élancèrent par groupe de trois ou quatre sur les talons de ces monstres.

La suite, je ne peux pas la raconter. Je ne m’en souviens pas.

Je sais que nous gagnâmes cette horrible bataille, parce que le clan a survécu. Mais au prix de la vie de certains des meilleurs d'entre nous. .

Nous avons perdu vingt-six personnes, ce jour-là. Vingt-sept avec Kaly. Elle, du moins son corps bien qu’abîmé, a survécu. Son âme quant à elle, a éclaté ou s’est effondrée. Qui sait ? Ma seule certitude, c’est que Kaly n’est plus là.

Moi, j’ai passé des semaines entre les deux rives… la vie et la mort. Une infection m’a assiégée, j'ai subi une fièvre intense et des hallucinations peuplées d'horreurs.

Quand enfin la maladie a desserré son étau, je me suis réveillé. À côté de moi, se trouvait un très vieil homme, le visage triste et parcheminé où quelques larmes avaient laissé leurs sillons. Son regard se perdait dans la contemplation d'une petite lucarne en face de lui. Mon esprit embrumé mit quelques secondes à lui donner une identité : Ash. Il avait vieilli de plusieurs années pendant mon absence. Je tentai de prononcer son nom. Je dus m’agiter un peu car ses yeux vinrent se poser sur moi. Son visage se figea, se fronça puis s’illumina. Sa main chaude vint caresser ma joue .

  • Enfin… tu es réveillé, mon petit ! »

Ainsi, commença ma longue convalescence.

J’appris que mon clan, malgré le lourd tribut payé, avait décidé de laisser l’accès à un puits au clan responsable. La mère de Léo, depuis le décès de celui-ci, avait élevé les rêves de son fils au rang de Lois et elle était assez convaincante pour que la majorité la suive. Sous son impulsion, une trêve de trois mois avait été négociée avec l’ensemble des autres clans. Ils avaient accepté de ne pas nous provoquer en Duel durant tout ce temps. Il paraît même que certains nous vinrent en aide, en nous faisant don de nourriture.

Je n’ai eu que de lointains échos de tout ceci. J’étais loin, perdu dans les méandres cauchemardesques de mon esprit brisé. Plus rien n’avait de sens. Rien ne pouvait être juste s’il était permis que des choses si terribles et absurdes arrivent.

J’errais, tel un spectre, tâchant d’éviter la mère de mon ami, son sourire illuminé de Sainte Martyre et ses discours m’appelant au Grand Pardon pour trouver la paix. Je devais aussi me tenir loin des membres du Clan assassin de mon ami car les apercevoir réveillait en moi des images que j’étais incapable de supporter. Enfin, je me heurtais sans cesse à la disparition invisible de Kaly. Régulièrement, je laissais une phrase lui étant adressée en suspend, le regard vide du corps de celle qui fut ma sœur glissant indifféremment sur moi.

Parfois, en proie à une violence intérieure incontrôlable, je quittais la cité. Je rejoignais la forêt pour hurler ma colère, déverser toute ma rage et ma rancune contre l’Univers, contre tous et toutes et, surtout, contre moi-même.

Je rêvais de voir les chenillards sortir de Bulle pour pouvoir me porter au-devant d’eux et enfin en finir.

Mais rien. La vie était accrochée à moi comme une tique.

Alors, un jour, las d’avoir si mal de toujours croiser les fantômes d’une vie à jamais perdue, j’ai fait mon paquetage et foncé droit vers le désert. J'ai fui.

Je ne suis pas un héros de légende. Je suis un homme faillible, un combattant qui a perdu la bataille la plus importante de sa vie. Je suis devenu un voyageur, par désespoir, un survivant malgré moi.

Désormais, je suis un esclave impuissant à la merci d’êtres amnésiques sous la coupe d’une IA omnipotente, un papillon sans ailes.

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