1.4 Les Hautes-Terres d'Oloven

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 Un des soldats arrive finalement à pénétrer sa lame dans la cuirasse de cette créature en le poussant vers la brume noire pour le faire chuter: «Retourne d'où tu viens», dit-il. Au même moment, il se fait attraper par la gorge par un gantelet métallique. Le corps du soldat devient soudainement mou et il relâche son épée qui reste ancrée dans l'armure. Les veines de son visage deviennent noires. La créature le laisse tomber par terre, il est décédé instantanément, sans même échapper un cri. Les autres reculent d'un pas, sur la défensive, réalisant seulement maintenant la complexité de leur situation. Ce monstre peut les achever d'un seul coup.

Arun réagit: « Ne vous laissez pas intimider. Il faiblit! »

 L'objectif du prêtre tout ce temps était d'affaiblir l'aura de l'ennemi. L'ombre qui se propageait de ses pieds ne fait maintenant que quelques mètres de diamètre. Arun peut désormais l'atteindre avec un miracle. D'un geste de la main, il attrape l'air devant lui comme s'il tenait quelque chose. La créature, plus loin, sent à nouveau de la pression sur la lame logée dans son corps et tente instinctivement de la dégager, sans succès. Le miracle d'Arun tient bon. Le prêtre récite ensuite une courte prière: « Ô, Imara, ta grâce bénit mon épée et disperse les ténèbres. » Un éclair de lumière blanche jaillit de l'arme et de la poitrine de leur adversaire. L'obscurité à l'intérieur de l'armure s'échappe rapidement et la créature hurle de douleur. Les soldats en profitent pour lancer un assaut final.

 L'être malfaisant arrive finalement à retirer la lame de sa cuirasse et la lance derrière lui dans le brouillard. Son armure ne le protège plus de la lumière. Il a été touché par les coups portés sur les points faibles de son blindage et il est blessé. Bien que les plaies ne sont pas un problème immédiat pour un mort-vivant comme lui, les flammes du brasier l'affaiblissent considérablement. Il bloque les attaques avec son bras gauche et s'approche du bord de l'océan de ténèbres pour y plonger promptement le bout de son bâton. D'un mouvement circulaire, il tire brusquement et force l'obscurité à s'introduire dans le combat. Une grande vague noire engloutit les quatre combattants et tourbillonne comme un maelstrom sur terre. Les soldats sont complètement aveuglés et étouffés. Leurs prières étant compromises, leur protection s'annule et ils tentent désespérément de sortir de la spirale de mort. Quant à la créature infâme, elle retrouve son élément naturel, repérant sans aucun mal les pauvres soldats s'éloignant en rampant à contre-courant.

 Arun et Aurae sont restés proches du brasier. Le maelstrom n'arrivera pas à dépasser ce point. La prêtresse a conservé sa concentration sur la restauration des flammes d'Imara malgré le chaos. Elle souhaiterait venir au secours des autres, mais la déesse de lumière n'a toujours pas répondu à l'appel du brasier. Arun avance vers les ténèbres: « Aurae, je vais devoir te laisser un moment. Ils vont mourir si je ne les rejoins pas. » Dit-il sans se retourner. Arun retire son pendentif d'Imara et l'attache solidement dans sa main. Il murmure des prières en entrant paisiblement dans le tourbillon.

 Pendant ce temps, de nouveaux ennemis se sont joints à la créature maléfique. Quatre guerriers morts-vivants étaient cramponnés au versant de la montagne caché par les ténèbres attendant le signal de leur maître. Vêtus d'armures légères et équipés d'épées courtes, ils foncent en direction des soldats d'Imara impuissants. Le chef des morts-vivants retire son casque et voit le prêtre s'enfoncer dans l'obscurité. Amusé, il s'exclame: « Tu es fou, prêtre. Fais un pas de plus et ta vis m'appartiendra. » Ignorant la menace, Arun continue d'avancer et arrive face avec un guerrier mort-vivant qui était sur le point d'achever un des soldats au sol. Lorsque le prêtre le touche de la main, le mort prend feu spontanément et cri de douleur avant de s'enfuir en direction opposée pour s'effondrer en cendre un peu plus loin.

 Troublé, le chef ennemi s'interroge: « Les humains ne peuvent pas s'aventurer aussi facilement dans le brouillard du dieu des ténèbres. Ce prêtre est dangereux. » La créature morte-vivante change de stratégie. Il donne un grand coup de bâton au sol provoquant une puissante onde de choc qui repousse les soldats des deux camps à l'extérieur du brouillard, près du brasier. Sa priorité pour le moment est d'empêcher la prêtresse de se concentrer sur son rituel avec ses guerriers et de s'occuper personnellement du prêtre nuisible qui est resté imperturbable. Le vortex s'arrête de tourner, mais l'obscurité s'épaissit. Arun poursuit son avancée vers le mort-vivant sans aucune hésitation. Une fois le chef vaincu, le combat sera terminé.

 Illphas se retrouve au sol. L'onde de choc l'a renversé tout près d'Aurae. Les deux autres soldats sont en train de les protéger des attaques des guerriers morts-vivants: « Relève-toi vite Illphas! » Il se relève péniblement en analysant la situation. Il regarde autour de lui. Sa petite soeur, Aurae, tremble de peur et perd sa concentration sur sa prière. C'est probablement la première fois qu'elle voit les créatures des ténèbres d'aussi près. La demi-sphère de brouillard noir s'étend sur une grande partie de la colline. On peut toujours voir la tour qui est à moitié plongée dans l'ombre. L'escalier par lequel ils sont montés est toujours accessible. Des éclats de lumière s'échappent continuellement des ténèbres témoignant du combat d'Arun. On peut voir la silhouette du prêtre sur les parois du brouillard combattant une gigantesque créature serpentine. Bien que troublé par ces ombres, Illphas a le devoir de rejoindre ses frères d'armes et assurer qu'Aurae termine le rituel. Il rassure sa soeur avant de foncer au combat: « Nous allons nous en sortir Aurae. Quelques morts-vivants, ce n'est rien pour nous! »

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É. de Jacob

Le chemin vers la Lumière, c’est l’amour,
C’est l’amour.
Si tu souffres de l’agression de tes idées noires,
Si tu croupis dans la prison de tes ténèbres en plein jour,
Si tu ne vois plus la lueur au bout de ton désespoir,
Sache que ton chemin vers la Lumière, c’est l’amour.
Apprends à changer ta vision du réel.
N’accorde pas prise aux reproches,
Ni à ta condamnation personnelle.
Du renouveau de ton âme, tu approches.
D’abord, pour les autres et toi : ton pardon ;
Des remords et des regrets : ton absolution ;
Ton apprentissage de l’amour : ta solution ;
Laisser derrière toi le passé, ta résurrection.
Le chemin vers la Lumière, c’est l’amour,
C’est l’amour
La foi en la Divinité te paraît peut-être stupide,
Car tu es persuadé qu’il s’agit d’un monde irréel.
Si une personne t’en parle, tu t’éloignes d’elle,
Tu ne veux pas du tout entendre ces ritournelles.
Mais laisse-moi te dire que la Divinité n’est pas religion ;
Que tu peux entrer en contact avec Elle simplement,
Sans rites, sans dogmes, sans menaces de punitions
Sans obligations, ni restrictions, ni peur du châtiment.
De même que, si tu commences à converser avec Elle,
Elle te répondra, et tu ressentiras alors pour Elle
Un amour illimité qui te fera sentir tout autre.
Ne crains rien, tu n’as pas à devenir apôtre.
Converse avec le ciel, les nuages et les esprits,
Une merveilleuse et magique musique, tu verras,
Commencera à te combler d’une immense joie,
Sur le chemin illuminé de l’amour inédit, infini.
Le chemin vers la Lumière, c’est l’amour,
C’est l’amour.
Mais peu importe que tu refuses ce lien divin,
Si, au moins, tu recherches dans les nuages et le ciel,
Le réconfort bienfaisant de la Lumière spirituelle,
Alors, tu auras, à mes yeux, emprunté le bon chemin.
Le chemin vers la Lumière, c’est l’amour.
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