Les contes d'Eléanore

de Image de profil de Isabelle DanureIsabelle Danure

Avec le soutien de  Le Molosse, moonbird, Gobbolino 
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Il était une fois, par une froide nuit d’hiver cinq enfants allongés dans un grenier. C’était la nuit de noël et les enfants étaient sagement en train d’écouter une histoire. Ils attendaient avec impatience la venue du Père Noël qui leur apporterait certainement de beaux cadeaux. Ces enfants s’appelaient Jacques, Michel, Marie, Jeanne et Elisa et leur conteuse, Eléanore.

Cette dernière est une adolescente de 15 ans qui ne croit plus au Père Noël mais qui adore inventer des histoires le concernant.
Mais ce soir n’est pas un soir comme les autres, en effet, il flotte dans l’air, une atmosphère magique. Les étoiles brillent de mille-feux et il fait doux pour un 24 décembre.

Soudain, une clochette retentit dans la nuit, bientôt suivie par de nombreuses autres. Tous les enfants et même la conteuse s’assoient et écoutent ce bruit surprenant.
Tout à coup, une petite tête apparaît à la fenêtre, c’est un tout petit bonhomme avec des oreilles pointues. Il a l’air tout étonné de les voir éveillés et à l’écoute des moindres bruits. Il demande aux enfants de lui ouvrir la fenêtre, et Jacques se précipite pour répondre à sa demande. Pendant ce temps là, le petit bonhomme se tourne vers une partie sombre du toit et annonce à la personne qui l’attend que les enfants sont encore éveillés. La personne qui se tenait jusqu’ici dans l’ombre s’avance et les enfants et Eléanore découvrent avec stupéfaction, un vieil homme habillé de rouge avec une longue barbe blanche.
Les deux personnages entrent dans la pièce par la fenêtre et se présentent comme le Père Noël et comme le lutin Flocon. Les enfants restent bouche-bée un long moment et c’est finalement la petite Elisa qui demande au Père Noël pourquoi il est venu les voir au lieu de déposer les cadeaux. Ce à quoi, il répond que Flocon et lui-même adorent les histoires d’Eléanore, et qu’ils se postent tout le temps à la fenêtre pour écouter.
Michel l’interroge aussi sur le bruit de clochette entendu plus tôt. Et c’est Flocon qui explique que Rudolf a voulu enlever un flocon de neige qui s’était collé sur le bout de son museau et qu’il a fait une cabriole. Ce qui a entraîné une embardée du traineau et le bruit de clochettes entendu. Nos deux invités s’assirent sur le sol et Eléanore put enfin commencer son histoire.

« Cette histoire se passe comme aujourd’hui un 24 décembre, Mia s’était tranquillement installée dans le canapé bleu situé devant la cheminée pour attendre le Père-Noël. Elle portait son pyjama bleu ciel et lisait « La Petite Sirène » d’Andersen. Tout à coup, les boules du sapin se mirent à briller, leur chaude lumière bleu-vert envahie la pièce. Elle devint si aveuglante que Mia dut fermer les yeux.
Lorsqu’elle rouvrit les yeux, un peu plus tard elle ne reconnut pas la pièce dans laquelle elle était. La moquette avait été remplacée par du parquet et le canapé bleu était devenu un magnifique fauteuil rouge vermillon. Elle se leva et découvrit avec stupeur la longue robe bleu-vert qu’elle portait à présent.
Elle fit le tour de la pièce et arriva devant une porte, celle-ci s’ouvrit à la première poussée. Derrière cette porte, elle trouva un atelier de jouets plus grand encore que dans ses rêves les plus fous. Elle avança prudemment dans la pièce, mais le bruit de sa longue robe trainant par terre fit se retourner un vieil homme. Cet homme était tout de rouge vêtu.
-Père Noël, c’est vous ? demanda Mia

-Non, je suis son frère. Je m’appelle Louis, et voici mon assistante Lou, répondit le vieil homme.

-Enchantée, Lou, dit-elle à la petite elfe cachée derrière le monsieur.

-Elle est timide, lui expliqua Louis.

-Comment es-tu arrivée ici ?

-Je ne sais pas, j’ai vu une lumière bleue et j’ai fermé les yeux. Ensuite, quand je les ai rouverts, j’étais dans la pièce à côté.

-Ca, ça veut dire que le Père-Noël a besoin de toi, intervint pour la première fois Lou.

-Mais comment aurait-il besoin de moi, lui, qui est aidé par les elfes ? s’étonna Mia.

-De temps en temps, le Père-Noël fait appel à un humain pour l’aider dans sa tournée. Cependant, il choisit une personne qui n’a jamais quitté la liste des enfants sages, et qui au contraire passe le plus clair de son temps à aider les autres, expliqua Lou.

-Mais je n’ai jamais aidé personne, s’exclama Mia.

-Je n’en serais pas si sûr à ta place, mais le mieux, ce serait que tu lui demande. Passe la porte verte située au fond de l’atelier et tu le verras. Il sera certainement en train de boire un chocolat chaud comme souvent à cette période de l’année.

Mia se dirigea vers le fond de l’atelier entrouvrit la porte, et se glissa à l’intérieur du bureau seulement éclairé par le feu de la cheminée. Le Père-Noël se leva à son entrée et l’invita à s’assoir en face de lui.

-Bonjour, Mia, je suis ravi de te rencontrer enfin, entama-t-il.

-Bonjour, comment suis-je arrivée ici, lui demanda-t-elle ?

-Je t’ai juste téléportée, répondit-il simplement. J’ai besoin de ton aide, car ma tournée a pris du retard.

-Pourquoi ne pas demander l’aide des elfes, s’étonna-t-elle ?

-Ma tournée a pris du retard à cause d’eux, ils sont en grève et n’ont pas fini d’emballer les cadeaux. Heureusement, certains ne sont pas en grève et continuent le travail. Et mon frère Louis a accepté de m’aider.

-Que puis-je faire, et surtout pourquoi moi ?

- Je t’ai vue faire preuve de diplomatie à l’école et à la maison lors des disputes ; j’aimerai que tu fasses pareil ici et que tu me dises pourquoi ils sont en colère.

- Je vais me renseigner, et essayer de régler le problème mais je ne promets rien.

-Tu trouveras les elfes dans la cuisine, ils sont en réunion.

-Comment se rend-on à la cuisine ?

-Tu te souviens de la pièce dans laquelle tu es arrivée ? Dans cette pièce, à côté de la cheminée, il y a une statue. Il suffit de lui tourner la tête, et tu entreras dans un passage secret qui te conduira à la cuisine.

-Il faut juste aller tout droit alors, dit-elle.

-Oui.

Elle refit le chemin en sens inverse, salua Louis et Lou et se prépara à sa rencontre avec les elfes. Arrivée dans le salon, elle tourna la tête de la statue et s’engouffra dans le passage secret. Lorsqu’elle parvint au bout du chemin, elle tomba nez-à-nez avec un elfe tout de vert et de rouge vêtu.

-Tu ne peux pas passer, nous sommes en réunion.

-Comment t’appelles-tu ? lui demanda-t-elle. Moi c’est Mia.

-Je m’appelle Sucre d’Orge. Pourquoi es-tu là ?

-Le Père-Noël aimerait savoir pourquoi vous faites grève.

-Répond à cette question et tu pourras entrer dans la cuisine pour le savoir. Tu es prête ?

-Oui.

-Qu’est-ce qui peut être liquide, solide ou alors se transformer en vapeur ?

-Attends, je l’ai sur le bout de la langue… C’est l’eau, elle est liquide lorsqu’on la boit, solide quand elle se transforme en glace ou en neige ; et enfin elle se transforme en vapeur si elle est soumise à une forte chaleur.

-C’est ça, tu peux entrer.

Il lui ouvrit la porte et la fit pénétrer dans la cuisine, envahie par une foule d’elfes rouge et verts. Elle se présenta, et se dirigea vers l’elfe qui lui sembla être le chef.

-Bonjour, pourriez-vous m’indiquer l’objet de cette grève ?

-Bonjour, je m’appelle Etoile, nous faisons grève car nous sommes fatigués de faire toujours les mêmes choses. Nous aimerions pouvoir choisir notre emploi et en changer à notre guise.

Les elfes s’approchèrent d’eux lorsqu’ils entendirent l’objet de la discussion.

-Pourquoi ne pas en avoir parlé au Père-Noël ou à Louis, se risqua-t-elle à demander ?

Chacun entreprit de lui expliquer son point de vue, mais Etoile leur demanda de se taire afin qu’elle puisse comprendre.
-Nous sommes trop timides et nous sentons trop petits à côté de lui.

-L’un d’entre-vous veut-il m’accompagner pour expliquer au Père-Noël ce qui se passe.

Ne voyant aucune main se lever, Mia leur annonça que pour donner du poids à leur demande, il fallait que l’un d’eux y aille avec elle. Sucre d’Orge s’avança et lui dit qu’il allait l’accompagner. Ils reprirent le passage retraversèrent l’atelier et se rendirent dans le bureau. Le Père-Noël les y attendait et leur demanda de s’assoir.

Mia prit la parole et lui expliqua que comme les humains, les elfes aimeraient choisir leur emploi, et pouvoir en changer à leur guise. Sucre d’Orge expliqua que Sucette préfèrerait être à l’emballage plutôt qu’à la livraison et qu’Etoile préfèrerait livrer qu’emballer. Il lui expliqua que de nombreux elfes aimeraient permuter leurs emplois, afin d’être dans un poste qui leur plait. Le Père-Noël ayant enfin compris le problème, décida de se rendre à la cuisine.

Lorsqu’ils entrèrent dans la cuisine par la grande porte, le silence se fit et le Père-Noël leur annonça sa décision de leur accorder les permutations. Il leur demanda de prendre un papier, de noter leur nom, leur ancien poste et le poste qu’ils souhaiteraient avoir. Mia prit un sac, passa entre les elfes pour récupérer les papiers, et leur demanda de reprendre leurs anciens poste le temps qu’ils étudient les demandes.

Les elfes se dirigèrent vers l’atelier et travaillèrent afin de rattraper leur retard. Deux heures plus tard, on entendit le Père-Noël rire aux éclats ; il venait de découvrir le papier de Sucre d’Orge. Celui-ci, demandait tout simplement à être le Père-Noël ; ce dernier le fit appeler dans son bureau et lui demanda le poste qu’il voulait réellement occuper. Sucre d’Orge réfléchit un moment, et demanda à Mia de le suivre dans un coin du bureau pour lui parler.

-J’aimerais faire le lien entre le Père-Noël et les elfes comme tu me l’as montré.

-Tu veux être délégué du personnel alors.

-Si c’est comme ça que cela s’appelle, oui. Il n’y aurait plus de problèmes entre le chef et nous, vu que je ferais le lien. C’est une bonne idée, reste à la soumettre au Père-Noël.

Ils rejoignirent le Père-Noël et lui expliquèrent rapidement leur projet. Ce dernier approuva, et demanda immédiatement conseil à l’elfe car deux de ses camarades souhaitaient avoir le même poste.

-Pourquoi ne pas alterner les deux. En mettre un pour la première semaine et le second la seconde semaine, et ainsi de suite, expliqua-t-il en regardant Mia.

-C’est une très bonne idée à laquelle je n’aurai pas pensé moi-même, s’extasia-t-elle.

-Donc c’est d’accord, allons leur annoncer les changements, intervint le Père-Noël.

Ils se dirigèrent vers l’atelier, et demandèrent aux elfes de se regrouper près d’eux.

Toutes vos demandes ont été acceptées. Cependant, je dois vous annoncer que nous avons deux elfes pour un même poste. C’est Sucre d’Orge qui a trouvé la solution ; les deux elfes interviendront sur ce poste toutes les deux semaines.

-Quand à moi, intervint Sucre d’Orge, je deviens délégué du personnel. Donc en cas de réclamation à faire au Père-Noël, vous viendrez me voir et je lui transmettrais. Cela favorisera les échanges, et en cas de question simple je la règlerais.

Les elfes rejoignirent leurs nouveaux postes et Mia passa dans les rangs pour leur dire au revoir ; elle termina par Louis et Lou qui la remercièrent d’avoir désamorcer ce problème. Elle se dirigea ensuite vers le salon, où l’attendaient Sucre d’Orge et le Père-Noël. Ils lui dirent au revoir et lui demandèrent de s’installer dans le fauteuil rouge. Sucre d’Orge alluma ensuite le sapin et la lumière bleu-vert qu’elle avait déjà vue revint. Elle ferma de nouveau les yeux et lorsqu’elle les rouvrit, elle était de retour chez elle. Le Père-Noël était déjà passé et lui avait apporté des cadeaux.»

Lorsqu’Eléanore se tut, le silence tomba sur la pièce. Jeanne se tourna rêveuse vers la fenêtre et découvrit avec stupeur que la neige s’était mise à tomber pendant l’histoire. Elle rompit le silence en en poussant un cri, afin de prévenir les autres de cet évènement. Les enfants se levèrent criant de joie. Le Père-Noël s’approcha d’Eléanore et la félicita pour son histoire.

-Merci, pour cette belle histoire. Tu les raconte magnifiquement bien.

-Alors, vous existez réellement, je ne rêve pas.

-Oui, j’existe. Et toutes les personnes que tu as citées existent aussi. D’ailleurs, je pense que c’est Etoile qui a déposé vos cadeaux aujourd’hui.

Soudain, un bruit retentit sur le toit. Un raclement de sabot, suivi d’un renâclement de Rudolf donnèrent le signal du départ pour Flocon et le Père-Noël.

-Les enfants, je pense que vos cadeaux sont arrivés. Mais n’oubliez jamais que le plus beau des cadeaux est parfois une simple histoire. Eléanore, continue à nous faire vivre dans tes histoires, il est important que la magie de Noël vive à toute époque de l’année.

-Au revoir Flocon, au revoir Père-Noël, s’écrièrent les enfants quand ils disparurent par la fenêtre.

-Au revoir les enfants, s’entendirent-ils répondre.

Ils virent le traîneau s’envoler, Rudolf, le rêne au nez rouge à sa tête. De tout côté, on agita les mains pour se dire au revoir une dernière fois. Les enfants descendirent silencieusement du grenier, et se dirigèrent vers le salon. Ils s’assirent en cercle autour du sapin et attendirent qu’Eléanore commence la distribution des cadeaux. Ils découvrirent dans leurs paquets, tous les objets qu’ils avaient commandés et se dirigèrent donc sans rechigner vers leurs lits. Ils se couchèrent heureux de cette soirée magique. Eléanore vint les border et leur dire Bonne Nuit. Une fois cette tâche accomplie, elle s’allongea sur son lit et se mit à réfléchir à cette soirée et surtout à sa prochaine histoire sur le Père-Noël.

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Révolte chez les elfesChapitre21 messages | 3 ans

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