Une journée qui promet !

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Ce n'est que la récréation du matin et je suis déjà en train de pleurer... la journée promet d'être longue !

Nola me caresse le dos tandis que Larisso, trop émotive, commence à pleurer, comme si mon désarroi et ma tristesse étaient contagieux. Steeven est un peu isolé du reste du groupe, comme s'il voulait à tout prix respecter mon espace vital. Sophie marmonne des paroles qui se veulent réconfortantes, mais elle n'est pas très douée pour ça et ne fait que répéter «Là, là, ça va aller...» sans arrêt. Salomon, comme d'habitude, arrive avec trois trains de retard et, contre toute attente, cela me fait éclater de rire.

En cet instant, j'ai l'impression que rien n'a changé, que je n'ai jamais été absente et que «ça» n'est jamais arrivé. Je crois qu'ils viennent tous de m'offrir la normalité que je souhaitais tant sur un plateau d'argent, et je leur en suis reconnaissante. Même à Lucie, Manu et leurs sbires !

Mon éclat de rire est aussi surprenant que vivifiant : je ne vais pas me laisser abattre dès les premières heures de mon retour !

Je sais que ça va être dur : certains sons, certaines odeurs, certains mouvements me ramènent à l'horreur de mon viol. Et plus j'ai de flash, plus je me dis que, depuis le début, ma mémoire rejette en bloc tout ce qu'il s'est passé. Je ne sais même plus distinguer le vrai du faux : la scène ne se déroule jamais de la même manière, ni au même endroit, ni dans mes souvenirs, ni dans mes rêves ! Je ne garde que trois moments très précis en tête : lorsque Grosminet m'a sautée dessus, et lorsque j'ai repris vaguement connaissance pour voir une vague silhoutte s'éloigner avant de sombrer de nouveau. Lorsque j'ai repris conscience une énième fois, je me souviens avoir titubé pour tenter de sortir du Pamu. Ma tête est allée se fracasser contre les marches qui permettaient de sortir du parc. Le lendemain, au petit matin, une jeune mère de famille me croyait morte et hurlait d'horreur, alarmant les passants...

- La terre appelle Léa ! s'exclame Salomon en claquant des doigts devant mes yeux. La cloche a sonné, ajoute-t-il en voyant le regard interrogateur que je lui lance.

- A tout à l'heure, murmuré-je en l'embrassant sur la joue. Steeven, attend-moi ! crié-je ensuite, faisant sursauter Salomon, car je viens de lui hurler dans l'oreille sans m'en rendre compte.

Steeven est loin devant moi et je ne sais pas où Diable est passée Sophie ! Tout ce que je sais, c'est que je ne peux pas me permettre de rester seule à ressasser des souvenirs atroces...

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