18. La rage de vivre.

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Ça y est.

Je me hais comme je n’ai jamais haï personne.

Ma raison me dit une chose, mais mon cœur m’en dit une autre. Et mon cerveau, centre de commandement de mon corps, dirigé en cet instant par la raison, engueule mes mains avec affolement.

Ces dernières, aveuglées par une colère noire, désobéissent et me mutilent avec acharnement.

Et moi, sotte que je suis, je n’arrive pas à lutter contre ces marées d’émotions et de sang qui me noient. Je me lacère le cœur plus que les bras ou les jambes…

J’ai toujours privilégié la sagesse de la raison à la spontanéité des émotions. C’est pour ça que papa m’appelle son petit dictionnaire vivant et que tout le monde a été choqué quand je me suis énervée dans ma chambre d’hôpital et quand j’ai eu mon fou rire. Avant que chaque parole ne traverse la douane de mes lèvres, une assemblée statue sur le sort de la phrase qui veut passer la frontière.

Je ressens en moi la rage de vivre, et pourtant… pourquoi ma pourprée, que j’ai tant chérie puis détestée dans un élan de bon sens, est toujours mue par ma main meurtrière qui jouit à l’idée de voir toujours plus de sang s’écouler ?

Horreur !

Scandale !

En plus de l’avoir en main, je l’ai dans la peau, au sens propre du terme, et bien un peu au figuré aussi, puisque je ne parviens pas à m’en séparer…

Et maintenant, je comprends : ce salaud de Grosminet a toujours le pouvoir sur ma vie, alors que sa présence a été plus éphémère dans ma vie que celle d’un papillon sur Terre.

C’est lui qui guide la lame et ma souffrance. Ma raison n’a rien à voir la-dedans, sinon ma pourprée ne serait pas là !

Maintenant que je comprends ça, je comprends tout.

Moi qui voulais juste tout oublier seule dans mon coin, je comprends que je dois saisir la main secourable que ma famille et les médecins me tendent. Moi qui voulais juste tout oublier seule dans mon coin, je comprends que je dois faire de cette lamentable expérience de vie une force pour avancer, car même au milieu de la nuit la plus profonde, un point lumineux te ramène sur le bon chemin.

N’est-ce pas pour cela que les étoiles existent, après tout ?

Avant, je ne voyais en elles que leur mort qui passe inaperçu, mais maintenant, je comprends, et je vais tout faire pour guider ma rage de vivre dans la bonne direction.

Mon passé m’ouvre l’avenir. Il me faut regarder en arrière pour le forger, et non vivre dans l’hier en oubliant de vivre l’aujourd’hui et de construire demain.

Maintenant que tout est clair au niveau de mon cerveau, et pour que ça le soit au niveau de ma raison, de mon corps et de mon cœur de vandale, il me faut révéler mes erreurs de parcours et mon déclic mental à papa et maman.

J’espère que l’on ira toujours au pas, comme la famille tortue, afin de ne pas griller les étapes et tomber à nouveau dans l’abîme…

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