11. Patience, patience, ton heure viendra...

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À force de persévérance, on arrive à tout, dit-on. Pour moi, la patience a été bien meilleure conseillère, et sans elle, je ne serais pas parvenu à atteindre le but que je m’étais fixé.

Lorsque j’ai enfin pu quitter ma chambre d’isolement, qui était, il faut bien le dire, vide et sans âme, comme moi (et c’est ce que je souhaitais au plus profond de moi : une chambre à mon image), j’ai pris mon crayon et ma détermination afin de planifier dans les moindres détails un plan d’action et lister tout ce dont j’avais besoin pour parvenir à mes fins et enfin devenir étrangère à moi-même.

Je n’avais aucune idée de ce que je devais écrire sur ma fichue feuille blanche. Tout ce que je savais, c’était que personne ne devait deviner mes intentions. Et qu’il me fallait une paire de ciseaux, aussi.

De rage, j’avais roulé le papier, qui était encore blanc comme neige contrairement à moi qui avais été souillée par ce salaud de Grosminet, en boule et l’avais jeté en direction de la poubelle, avais manqué ma cible, poussé un juron et étais allée étouffer des grognements de fureur dans mon oreiller.

Ce comportement était très vite devenu mon petit rituel de l’après-midi dans cet hôpital qui me donnait des envies de suicide plutôt que de rémission.

Quelques semaines plus tard, j’avais enfin été autorisée à sortir de ma nouvelle chambre pour arpenter les couloirs, puis la cour, et enfin quitter l’hôpital pour de bon.

Mes trois derniers jours là-bas avaient été à la fois intensifs et lassants. Léo voulait à tout prix m’aider à organiser mon retour à la maison et traînait dans mes pattes en blablatant avec animation. Maman s’inquiétait pour des petits riens. Et papa, lui, restait comme statufié devant la fenêtre durant des heures, l’air hagard et absent. Les médecins, quant à eux, ne se lassaient pas de me rappeler sans cesse que, même si j’étais autorisée à sortir de l’hôpital, je devais continuer à être suivie par leur psychologue spécialisé dans les « cas comme le mien ».

Une manière douce, bien que pas franchement charmante, de me rappeler que j’ai été violée par un sombre connard. Super. En plus, je ne voulais pas être suivie. Je voulais juste oublier. Et pour ça, devenir étrangère à moi-même !

J’enrageais intérieurement, mais me disais en mon for intérieur « Patience, patience, ton heure viendra… ».

Et enfin, l’heure est venue pour moi de mettre en marche mon plan, sans retour en arrière possible : ce n’est pas pour rien que je veux un changement radical !

J’ai désormais l’objet de ma détermination entre les mains : les ciseaux de la victoire ! les ciseaux du changement ! les ciseaux du renouveau !

Je vais pouvoir renaître, étrangère à moi-même mais encore connue et aimée des miens…

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