8. Saoul rire.

Une minute de lecture

Un incendie de douleur ravage mes poumons. Au moins, celles à ma mâchoire et à mon bras cassé s’estompent…

Lorsque je me suis mise à tousser comme une furie, j’ai dû reposer Léo sur le sol. J’ai les yeux remplis de larmes, mais même sans ça, je ne vois plus rien car la souffrance m’aveugle.

— Léo, reste avec moi, mon p’tit lion… murmurè-je le plus sereinement possible, mes mains caressant le vide.

— LÉA ! LÉA ! J’VA CHERCHER UN DOCTEUR ! J’VA CHERCHER UN DOCTEUR !

Mes nerfs lâchent sans crier gare. Je m’écroule sur le sol en suffoquant, tant parce que mes poumons me font souffrir que parce que je suis prise d’hilarité.

— FHUHUHUHUUHUUUUUUH… J… J… J’VA CHERCHÉHÉHÉÉÉÉÉÉÉHER UN DO… DO… DO… DOCTEUHEUHEUUUHEUHEUUUUUR! FHUHUHUUHUUUUUUHUUUUUH, J’EN P… P… PEUX PLUHUHUUUUUUUH HAAAAAAAAAAALALAAAAAAAAAAAAAAAAA ! J’VA… CHERCHER… UN DOCTEUR… FHUHUHUUUUH !

Il n’y a absolument rien de drôle dans cette situation, mais mon cerveau est parti dans un coin retranché sans me demander mon avis.

Une infirmière vient me relever sans un mot. Elle me fait don de sa personne le temps de me ramener à mon lit. Sur le trajet, alors que je ris toujours comme une baleine, elle m’apprend qu’elle s’appelle Léonie.

Je n’attends plus que Léonard, Léonardo, Léonarda, Léopoldine, Léopold et Léopoldon pour avoir la famille au complet… C’est fou comme le hasard peut se mêler de ce qui ne le regarde pas !

Déjà que mes parents ont eu l’idée saugrenue de nous appeler Léo et Léa, mon frère et moi parce que papa n’a pas de mémoire… Si en plus je venais à apprendre que j’ai des frères et sœurs cachés nommés comme ça !?

Cette chère Léonie vient interrompre mes divagations pensorielles et mon inventationnement de mots, de prénoms et de vies saugrenus :

— Vous respirez mieux, mademoiselle ?

— J’avais pas ri depuiiiiiiis… si longt-hanhanhaaaan ! FHUHUUHUUH ! YIHAAAAAHAH !

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