Marché conclu ?

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Les larmes de Juliette sont comme un echo à mes douleurs secrètes. Un vent de rebellion, aussi surprenant que puissant, souffle en moi : il est hors de question qu'elle fasse les mêmes erreurs que moi, je ne la laisserai pas tout gâcher !

Je suis toujours sur le seuil de ma chambre, nos deux verres de jus d'orange à la main, et elle n'a pas encore remarqué ma présence. Le plus silencieusement possible, je fais demi-tour et vais reposer les verres sur la table de la cuisine. Une idée géniale vient de germer dans mon esprit...

Sur la pointe des pieds, je me rends dans la salle de bain, dans laquelle maman finit de se coiffer avant de partir chercher mon frère à son cours de danse. Elle ouvre la bouche, s'apprétant à me parler, mais je pose mon index sur ma bouche pour l'inciter à garder le silence. Elle me fait un clin d'oeil, signe qu'elle a compris, et je murmure :

- Juliette peut rester à la maison jusqu'à lundi, s'il te plaît ?

- C'est peut-être un peu long, ma lumière, on est mercredi. Et ses parents diraient quoi ?

- Ils sont jamais là, et je m'occuperai bien d'elle, j'ai plein de temps vu que je vais pas au collège le lundi, le mercredi et le vendredi ! S'il te plaît, maman.

Elle soupire en levant les yeux au ciel.

- Pourquoi je ne peux jamais rien te refuser ?

- Parce que je suis ta fille préférée !

- J'en ai qu'une !

- Justement !

En riant, je retourne dans ma chambre voir Juliette. Cette dernière lève les yeux de son classeur, me regarde avec surprise et demande :

- Et nos jus d'orange ?

- OOPS !

Elle éclate de rire à travers ses larmes. Ca me met du baume au coeur. Je lui demande d'aller chercher nos verres sur la table de la cuisine. Quand elle revient, je suis en train de pousser de toute mes forces sur les volets, que je n'arrive pas à ouvrir. Et ce n'est pas seulement parce que je suis devenu un squelette ambulant. Cela fait plus d'un an maintenant que je n'ai pas ouvert ma fenêtre et mes volets et qu'ils ont eu le temps de rouiller.

Sans que je ne demande rien, Juliette pose nos verres sur le sol, à côté de la porte, se hâte vers moi et ordonne, autoritaire :

- Laisse-moi faire !

Dans un grincement très désagréable, les volets s'ouvrent et, pour la première fois depuis une éternité, un rai de lumière pénètre dans la pièce, révélant une quantité impressionnante de poussière flottant dans l'air.

- Merci ! J'ai dit à ma maman que tu restes jusqu'à lundi, tu auras tout le temps de me parler de Lucie, et tu m'aideras à remettre ma chambre en état : toi aussi, tu as raison, quand tu dis que ma chambre fait froid dans le dos ! Je t'aide à changer les choses pour Lucie, et tu m'aides à remettre ma vie en ordre, marché conclu ?

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