Le temps d'une danse.

2 minutes de lecture

Cela fait une éternité que je n'ai pas été au restaurant en tête à tête avec papa. Depuis que j'ai quatre ans, c'est notre moment privilégié, quand on se crée un monde rien qu'à nous, sans Léo et maman, sans l'école, sans le travail. Une fois par mois, il n'y a que lui, moi, et l'univers. Je repense avec nostalgie à tous ces moments passés ensembles : nos fous rires, nos colères, nos déceptions, nos joies... et nos danses, mes pieds sur les siens, ma tête posée contre son coeur !

- Alors ma princesse, on commande quoi ?

Sa question me sort de mes pensées et je le fixe comme s'il venait des pommiers de la lune, avant de baragouiner :

- Gnein ? Heu, je veux dire... comment ?

- On commande quoi ?

- Salade de chèvre chaud en entrée, et après on avisera ?

- Va pour la salade de chèvre chaud, ma biquette !

- Papa ! m'exclamé-je en lui faisant les yeux ronds, riant aux éclats.

Cela fait un peu plus d'un an maintenant que je n'ai plus entendu les blagues de mauvais goût de papa. J'en avais presque oublié à quel point elles me faisaient rire et m'exaspéraient à la fois. Des larmes perlent au coin de mes yeux, mais cette fois, ce sont des larmes de bonheur.

- Papa ?

- Oui mon coeur ?

- Je t'aime.

- Je sais mon bébé, je sais. Je t'aime aussi !

Cette fois, ce sont des torrents de larmes qui coulent sur mes joues. Papa, dont j'ai hérité mon extrême sensibilité, se met à pleurer à son tour et, la voix tremblante d'émotion, murmure :

- Oh, ma princesse, viens là...

Avec une délicatesse infinie, il replace quelques mèches de cheveux rebelles derrière mes oreilles, essuie mes larmes de ses pouces et embrasse ma joue. Puis, alors qu'il me regarde avec l'amour infini que tout père devrait porter à son enfant, il s'agenouille devant moi et tend une main.

- Mademoiselle, m'accorderiez-vous cette danse ? demande-t-il alors qu'il n'y a pas de musique et que tous les regards sont tournés vers nous.

- Ce serait un honneur, sire ! réponds-je en souriant, essayant de le regarder à travers mes larmes.

En quelques secondes, tout redevient comme avant. Enfin, je peux perdre le contrôle et me laisser aller car papa mène la danse : il est là, et je ne risque rien, ma tête posée contre son coeur et mes pieds sur les siens. Ca y est, le malheur n'existe plus, il n'y a que lui et moi... Même l'univers n'existe plus !

Annotations

Recommandations

lina arlli
Voici quelques poèmes que j'ai écrit pendant mon temps libre à l'école.
Dans ces moments là, je me posais énormément de questions dont je n'ai pas toutes les réponses.
Bonne lecture.
7
6
9
2
Défi
Kafui Akakpo
"Ce soir je vous enlève".
En allant à une fête privée à la place de sa grande soeur plus agée,Inna, dix-sept ans, ne sait pas ce qui l'attend. Et bien sûr, lorsqu'Alarico Capello le meilleur ami de Matteo Venetti un influent homme d'affaires italien, pose les yeux sur elle, la jeune fille sait immédiatement qu'elle s'est attirée des ennuis....
8
6
3
9
Myfanwi
Les tambours rageurs se mirent à frapper dans le lointain. Je me trouvais toujours dans ma cellule et pourtant je savais qu’ils m’étaient adressés. Mon visage se ferma immédiatement à cette idée. L’heure approchait.

******

Nouvelle fantasy inspirée de l'univers médiéval fantasy de mon roman, Tyrnformen.
4
2
9
12

Vous aimez lire Je suis une loutre ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0